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8e interruption des programmes – Comment se faire réélire avec un bilan désastreux ? En trichant !

Le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) est composé de neuf membres, nommés par le Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Sénat. Ils sont renouvelés par tiers tous les trois ans.

Françoise Laborde et Francine Mariani-Ducray ont été nommées à ce poste par Nicolas Sarkozy.

J’ose espérer que, dans le cadre de l’enquête que le CSA doit mener sur la publicité politique (à peine) déguisée que l’Institut Montaigne fait pour le compte de Nicolas Sarkozy, ces deux personnes sauront se mettre en retrait. Si ce n’est pas un cas typique de conflit d’intérêts, c’est qu’il faut revoir la définition de cette expression…


De la publicité politique à la télévision ? par LeNouvelObservateur

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95 – Les jours heureux. Ou comment de Gaulle a été transformé en zombie.

Cet article est le plus vieux brouillon qu’il me restait : il date du 02 janvier 2012.

Mon général

Le général Charles de Gaulle est une figure un peu floue de mon enfance. Présenté en cours d’histoire comme le « sauveur de la France » – tout seul avec ses petits grands bras musclés – mais aussi comme un président pas mal chahuté. D’ailleurs, Claude François a écrit une chanson sur ses allers-retours au pouvoir.

« Ça s’en va, et ça revient… »

Au-delà de la blague, la comparaison avec la Chanson populaire de Cloclo n’est pas si improbable que ça : j’ai plusieurs fois lu qu’il y avait de l’amour entre de Gaulle et le peuple français.

Je serai mis à mort et, le troisième jour, je reviendrai à la vie.

Ils sont nombreux à avoir voulu s’approprier une partie de cet amour. Sous l’appellation de Gaullisme, voire de néo-Gaullisme, la majeure partie de la droite française a incanté le nom du président mort en 1970.

Ce n’est plus de Gaulle contre les zombies, c’est de Gaulle lui-même qui est devenu un zombie, ranimé par Chirac, puis Sarkozy, pour servir de go-go-dancer durant leurs discours.

J’exagère ?

Il y a eu les cérémonies (vaudou ?) sur la tombe du défunt.

Mais le problème récurrent des zombies, c’est que ça se voit qu’ils sont morts. Les ficelles qui les animent sont un peu grosses.

Un « aidez-moi » que Mongénéral a utilisé à plusieurs reprises.

L’escroquerie pure et simple : les mots ont un sens.

Mais si Sarkozy se contentait de plagier les discours d’un ancien président, ce serait purement anecdotique. Malheureusement, s’il plagie l’apparence, c’est pour mieux faire le contraire dans les actes.

Des militants émus de cette contradiction ont réédité un texte indispensable. Les jours heureux : Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : Comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition

Parce que le gaullisme, en 1945, c’était avant tout un programme politique. Un programme qui visait à reconstruire la France. Mais qui voyait bien plus loin, en cherchant à bâtir une société meilleure que celle d’avant la guerre.

J’exagère encore ? Quelques extraits du texte, disponible en entier sur l’indispensable Wikisource.

[…]
4) Afin d’assurer :
l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
le respect de la personne humaine ;
l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
[…]

Laissez donc le zombie de De Gaulle reposer en paix…

Je voulais mettre des liens pour montrer à quel point le sarkozysme est la contradiction totale, pleine et entière du programme du Conseil National de la Résistance. Mais il y en aurait tellement à mettre que j’y passerais des journées entières. Je vous laisse donc faire le travail vous-même. Il n’y a pas à chercher longtemps pour trouver.

L’objectif annoncé – et réalisé – est clair : sous couvert de modernisation, supprimer tous les progrès sociaux construits depuis 1945.

… sinon, nous devrons en prendre le contrôle !

La solution ?

Elle est fort heureusement donnée dans le programme du CNR. Il faut combattre. Notre société nous permet encore de le faire pacifiquement. Donc votez. Et puis descendez dans la rue, pour exiger une société plus juste.

Sarkozy a pu ignorer les manifestations populaires, parce qu’elles ne constituent pas son électorat. Ce ne sera pas le cas de François Hollande.

PS: Merci à Lectures Libres pour ce bijou.

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70 – Les méthodes (pas trop) cachées du chef

Nous avons vu il y a trois semaines une des méthodes de notre gouvernement actuel : maintenir un état d’urgence, de crise, de choc.

Mais comment font-ils, pour maintenir cet état ?

Vous voulez savoir qui a raison ? Mais je vais vous le dire !

D’une part, des méthodes pas très récentes, issues de l’Art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer :

Extraits choisis :

32. Faire une association dégradante
Nous pouvons rapidement éliminer ou du moins rendre suspecte une affirmation de l’adversaire opposée à la nôtre en la rangeant dans une catégorie exécrable, pour peu qu’elle s’y rattache par similitude ou même très vaguement.

Exemple totalement imaginaire : « Êtes-vous du côté des voyous ou du côté des victimes ? Moi, je suis du côté des victimes. »

Et ainsi de suite, pour soutenir une atmosphère de conflit permanent. L’État est en guerre contre tout :  les les immigrés profiteurs, voyous, les chômeurs feignants, etc. A tel point que l’intervention de l’armée dans les banlieues est déjà planifiée, comme l’indiquait Fabrice Epelboin sur reflets.info il y a quelques jours.

Papy, raconte-moi une histoire.

D’autre part, des méthodes bien plus récentes, directement tirées des méthodes de storytelling des marketeux américains. Pour en savoir plus, emparez-vous vite de ce livre de Christian Salmon : « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater des esprits« .

Au travers de nombreux exemples, Christian Salmon explique pourquoi et comment les communicants de la planète entière se sont tournés vers le storytelling pour améliorer leurs performances. Si vous avez la flemme de lire un livre de plus, voici une alternative : lisez l’excellent blog de Frank Plasse intitulé « storytelling, une autre communication« .

Et notamment sa série de billets, « storytelling, pourquoi ça marche« . 4 parties : 1, 2, 3 et 4

En passant, Franck est un parfait exemple de quelqu’un de bizarre : rôliste – auteur – éditeur, il est aussi père de famille, prof de communication et directeur de cabinet d’un maire de la banlieue parisienne.

Ajout du 11/03/2012 : Franck propose une version condensée ici. Voyez ça comme une mise en bouche à consommer avant sa série.

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49 – La stratégie du choc (ou comment on nous enfume)

Un gros livre.


Un moins gros livre

Un film en DVD ou en téléchargement probablement illégal.

Trois bonnes raisons de découvrir Naomi Klein. Vous y comprendrez tout le discours de nos dirigeants actuels.

Pourquoi notre premier ministre actuel déclarait ouvertement notre État en faillite en 2007.

Pourquoi on nous serine avec la crise, qui justifie tous les reculs sociaux.

L’important n’est plus la réalité, l’important est de nous convaincre que tout va mal. Pour qu’ensuite, nous acceptions l’inacceptable, au nom de cet état d’urgence autoproclamé. C’est la crise, on vous dit !

C’est comme ça qu’un candidat à la présidentielle, ministre de l’intérieur depuis 2 ans, peut faire campagne sur le thème de l’insécurité. Il passe deux ans à dire que tout va mal, puis se présente comme le sauveur. Étrange schizophrénie façon pompier-pyromane.

Mais ça marche. La Stratégie du Choc, la montée d’un capitalisme du désastre détaille tous les ressorts psychologiques et économiques de cette manœuvre, répétée dans de nombreux pays depuis 50 ans.

Vous voulez en savoir plus avant de vous lancer ? L’excellent journal Owni en parle ici : Qui veut voter pour l’enfer ?.

Je vous recommande chaudement le film. Ces 80 min seront l’occasion de comprendre l’état du monde entier, rien de moins (et sans vous ennuyer !)

Ajout : Grâce à Cyril P., voici le film en visionnage sur youtube !

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47 – Le candidat du passif

Hier, le citoyen Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Pour mémoire, il est président de la République française depuis 5 ans, et, les 14 années précédentes, ministre durant 5 ans et demi.
Son action politique a donc largement façonné notre pays durant une décennie. Caractérisée par une hyperactivité entretenue, quelles en sont les conséquences?
C’est à cette question que Monique Charlot-Pinçon et Michel Pinçon ont répondu, dans un ouvrage très complet. Fort justement intitulé « Le président des riches« , vous y trouverez, entre autres :

  • Le rappel des liens entre nos dirigeants politiques actuels et le monde des affaires, symbolisé par le dîner du Fouquet’s.
  • Les toutes premières mesures, à commencer par le bouclier fiscal visant à protéger les hauts revenus.
  • Les niches fiscales comme s’il en pleuvait.
  • Les avantages fiscaux pour les héritiers.
  • Le détail de l’oligarchie  au pouvoir.
  • Les récompenses officielles dévoyées en cadeaux aux amis (Sarkozy faisant Stéphane Richard chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2006 : « Stéphane, t’es riche, t’as une belle maison, t’as fait fortune… Peut-être plus tard y parviendrai-je moi-même… C’est la France que j’aime !« )
  • La répression de la misère, présentée comme une cause de la délinquance plutôt qu’une conséquence des politiques menées.
  • La guerre psychologique menée avec le soutien objectif des grands médias.
  • Les antécédents de Nicolas Sarkozy en tant qu’avocat d’affaires.
  • Le mélange des genres entre l’État, la famille et le couple présidentiel (Jean Sarkozy, président de l’EPAD ?).
  • Les mots pour ne pas le dire (« Les paradis fiscaux, c’est ter-mi-né !« ).

Mais ce constat, fort bien réalisé, serait passablement déprimant s’il s’arrêtait là. Parce que face à cette mafia organisée au sommet de l’État et de l’argent, le citoyen se sent démuni. La vraie force de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, c’est dans le dernier chapitre qu’on la trouve.

Reprenant un titre à haute teneur historique, le chapitre « Que faire » donne des axes de travail, de résistance, tout à fait réalisables par chacun de nous. Quelques exemples :

  • La vigilance idéologique : faites attention aux mots employés, et aux réalités qu’ils cachent.
  • Faire connaissance avec l’oligarchie. A commencer par celle de votre commune. Exercice pratique : qui est votre maire ? Quels sont ses contacts professionnels ? Qui sont ses amis ? En répondant  ces trois questions, vous verrez probablement se dessiner les contours de l’oligarchie locale, et en particulier ses conflits d’intérêts…

Au-delà du niveau local et individuel, des principes collectifs sont mis en avant :

  • Abolir le cumul des mandats.
  • Rendre le vote obligatoire.
  • Nationaliser les banques.
  • Rendre l’impôt réellement progressif, par un prélèvement à la source sur les revenus du travail comme du capital.

Lisez ce livre, parlez-en autour de vous, c’est le meilleur médicament contre un (improbable) second mandat Sarkozy.


PS: ce bouquin est l’équivalent d’un déjeuner gastronomique. Que du bon, mais pas en quantité exagérée. Si vous voulez la version fast-food, voici 600 (bonnes) raisons de ne pas voter Sarkozy, par Samuel Duhamel, de Rue89.

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