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2014-064 – « TV Lobotomie – La vérité scientifique sur les effets de la télévision »


Regardez, ne serait-ce que quelques minutes. Ça se passe de commentaires !

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2013-026 – La série « Revolution » a tout faux. Je vous la recommande.

Je vous ai parlé il y a quelques temps de la série Revolution.

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Le pitch est court – ce sont les plus efficaces : nous sommes en 2028, tous les appareils électriques se sont arrêtés depuis 15 ans.
Il s’agit donc d’un univers post-apocalyptique assez classique. Après la catastrophe, les humains ont dû se réorganiser considérablement. Le niveau technologique est revenu à l’ère industrielle, à base de puissance animale et de vapeur.

Une série pleine de qualités…

Sachez que le créateur J. J. Abrams a aussi pondu Lost et de Fringe. Si comme moi vous pensez avoir perdu bêtement plus de 100h de votre vie à regarder Lost, attendez un peu avant de partir en courant. Il a appris de ses erreurs.
Vous retrouverez donc des personnages attachants et complexes, des mystères, des flashbacks, des mystères, la musique d’ambiance, des mystères, des traîtrises inattendues, et des mystères.

Mais.

Un gros Mais.

Vous n’aurez pas, du moins durant la seule saison à ce jour, de mystère sans réponse. Et ça, c’est énorme ! Enfin, pas en tant que tel. C’est surtout un soulagement après Lost.

…mais où la science n’est souvent qu’un prétexte.

La grande différence entre le genre science-fiction et le genre fantastique, c’est que le premier est censé justifier tous les événements de manière scientifique. Par exemple, les vampires peuvent exister dans les deux genres. Dans le premier, ils seront expliqués par une maladie ou une mutation. Dans le second, ils seront expliqués par une malédiction divine ou un sortilège.

Revolution fait partie de la première catégorie. Les événements devraient donc respecter les théories scientifiques les plus récentes, ou une nouvelle théorie si nécessaire. C’est bien le cas.

Mais derrière cette réflexion globale réussie se cache un échec dans les détails. Tout d’abord, de nombreux objets antérieurs au black-out sont retrouvés par les personnages. Ils sont tous parfaitement fonctionnels. Dans notre société du tout-jetable, il y a bien peu d’objets manufacturés dotés d’une aussi longue conservation sans entretien (obsolescence programmée ou pas).

Plus largement, le niveau de vie est ramené, en Amérique du Nord, au XIXe siècle. Les déplacements se font à cheval. La vie est organisée autour des cultures. Je trouve cela peu crédible.

L’épistémologie, ce n’est pas un gros mot.

L’évolution des sciences se fait par progrès successifs dans toutes les disciplines. Personne n’a inventé l’automobile. Il y a d’abord eu des chariots, avec de nombreux modèles de roues et de fixations. Puis l’installation d’une propulsion. Chaque étape, chaque petit progrès, a nécessité des centaines d’innovations.

Si toute la planète perdait l’électricité demain, qui connaîtrait, pratiquement, les techniques pré-électricité du XIXe siècle ? Une infime partie doit être connue de quelques rares historiens, répartis sur toute la planète.

Pas convaincu ? Demandez aujourd’hui à un concepteur d’automobile de concevoir intégralement une voiture des années 70. Il lui manquera la connaissance de dizaines de contraintes.

Idem avec un médecin que vous priveriez de toute la pharmacopée moderne. Il connaît les médicaments, peut-être même leur composition chimique. Bon courage pour reproduire un antihistaminique, sans aucune machine électrique.

L’ingénieur Thomas Thwaites a essayé de réaliser seul un grille-pain. Il en a démonté un. Il a ensuite tenté de reproduire toutes les pièces en extrayant lui-même les matières premières. « The Toaster Project« , le récit de son échec est très amusant et instructif à lire. Tonton Alias en parle ici.

En conclusion, je pense que si les appareils électriques s’arrêtaient demain, notre niveau technologique régresserait bien plus loin que le XIXe siècle, du fait de la perte de savoirs et de savoir-faire. Il faudrait redécouvrir tout le processus agricole local, puisque les transports que nous connaissons disparaitraient.

On peut imaginer que nous finirions par revenir à l’ère de la vapeur. Mais en quinze ans seulement ? Rien que le nombre d’animaux nécessaire poserait un énorme problème. Il faudrait comparer le ratio chevaux/humains de l’époque et maintenant. J’ai trouvé 2 420 000 chevaux en France en 1950. Revenir à une telle quantité demanderait bien plus que quinze ans…

Le progrès technologique est comme un déplacement en monocycle. Dès qu’on s’arrête, on tombe et on se fait mal !

Post scriptum : oui, le personnage principal du premier épisode de Revolution se savait ardemment recherché. Il n’a cependant pas cru utile de changer de nom après avoir déménagé…

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158 – Pour nourrir la planète, la seule solution est (d’abandonner) l’agriculture intensive.

On m’a régulièrement fait la remarque que le bio, c’était bien gentil, mais que pour nourrir 7 milliards d’humains, il fallait quand même être sérieux. Les rendements étant nettement inférieurs, il faudrait beaucoup plus de terres agricoles, et c’est pas possible.

N’étant pas un spécialiste de l’agriculture, j’en suis même arrivé à expliquer que c’était quand même important de produire des aliments de qualité, qu’on ne pouvait pas laisser les pesticides mener la danse. Jusqu’à ce que je vois deux documentaires qui déconstruisent point par point les arguments en faveur de l’agriculture « intensive ». Tous deux sont de Marie-Monique Robins. Le premier est « Le Monde selon Monsanto« . Sorti en 2005, il est devenu assez célèbre.

Je vous recommande donc son dernier documentaire, Les moissons du futur. C’est passionnant, ça passe tout seul, et ça vous montrera à quel point ceux qui ont un intérêt à la vente de pesticides ont réussi à tous nous enfumer…

Ajout du 03/12/2012

Je suis à la fois fier et honteux du premier commentaire de cet article, qui me vient ni plus ni moins de Marie-Monique Robin,  l’auteur de cet excellent documentaire. Sur ses recommandations, je rajoute donc ici les liens amazon vers le livre et le DVD !

 

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16 – (Im)possible (?)

Vous connaissez la série Fringe ?

Quelques bonnes idées, mais une saison 1 un peu confuse, et une saison 3 qui tourne en rond. Le protagoniste, c’est une agent du FBI, chargée d’enquêter sur des évènements mystérieux. Elle découvre qu’un vieux scientifique amnésique, Walter Bishop, est le découvreur des machines à l’origine des phénomènes. Il faut donc le babysitter – comme dans « nourrir », « surveiller », et surtout « changer les couches » – en attendant que ses souvenirs refassent surface. C’est d’ailleurs Walter, en élément comico-dramatique, qui est le vrai personnage marquant de la série.

Le point important, c’est que les connaissances scientifiques actuelles sont gaiement emplafonnées : téléportation, croissance accélérée, transfert de mémoire, lecture de pensée, métamorphose…

Un chercheur en informatique m’a confié aimer la série, avant d’ajouter « mais bon, tout ça, c’est impossible ». Un chercheur. Un type dont le métier est de rendre de nouvelles choses possibles. Qui utilise un smartphone dont les fonctions n’étaient imaginées que dans Star Trek au moment de sa naissance.

Allez, petit flashback. J’utilise Internet quotidiennement depuis 1997. A l’époque, ça révolutionnait le courrier, ce qui était déjà beaucoup.

Est-ce que j’imaginais Facebook ? Non, mais ce n’est jamais qu’une variante du mail.

Est-ce que j’imaginais avoir un GPS dans mon téléphone en 2008 ? Non, certainement pas.

Est-ce que j’imaginais Google Maps, et ses photos Streetview ? Pfff…

Nos smartphones nous donnent accès aujourd’hui à une approximation de plusieurs superpouvoirs : omniscience, télécommunication, vision à distance, et je dois en oublier…

Tout cela était de la science-fiction il y a 20 ans. Affirmer aujourd’hui que quelque chose est impossible, c’est quand même gonflé 🙂

En supposant que j’atteindrai l’espérance de vie moyenne de ma classe d’âge, j’ai au moins 50 ans à vivre devant moi. Jouons aux pronostics, par ordre de proximité dans le temps :

  • Les imprimantes 3D. Je n’ai aucun mérite, elles sont déjà là. La Marketbot Replicator est disponible à 2 000$, il n’y a aucune raison pour que les prix s’arrêtent de baisser. Nous pourrons donc, dans un avenir proche, produire chez nous des objets de consommation courante. Si j’étais vous, je m’inscrirais dès aujourd’hui à des cours de modélisation 3D, la demande va exploser !
  • L’enregistrement permanent : dans les prochaines années, il sera tout à fait possible d’avoir des lunettes incorporant une caméra HD, qui enregistrera tout ce que nous verrons et entendrons durant une journée. Ce qui manque encore, ce sont les outils pour exploiter autant de données. Il faudra que les paroles prononcées, ainsi que ceux qui les prononcent, soient reconnues et accessibles au format texte. On pourra alors fouiller précisément les paroles échangées, définir précisément le vocabulaire que nous employons. C’est en cours de développement : à quoi croyez-vous que servira le générateur de sous-titres de Youtube ?
  • Les interfaces neurales : une connexion directe entre un cerveau et un ordinateur. On pourra recevoir des informations, stocker une partie de notre mémoire, et commander des machines par la pensée. C’est déjà en test, notamment pour des membres cybernétiques implantés à des amputés.
  • Les utérus artificiels. Parce que faire grandir son embryon dans une salle blindée, c’est plus sécurisant, et reposant ! Vous verrez même que les avantages l’emporteront tellement que ce sera le seul choix raisonnable.
  • Les intelligences artificielles. Gaffe à Skynet !
  • Les nanotechnologies. Ca, c’est vraiment flippant. Pour ce qu’on en sait, nous sommes peut-être déjà tous porteur de traceurs invisibles et indétectables…

Cela dit, il reste de nombreuses choses difficiles aujourd’hui. Au point d’être qualifiées d’impossibles par certains. Comme écrire votre premier livre, par exemple. Seth Godin a écrit un livre qui peut vous aider si, comme moi, vous avez tendance à commencer plein de trucs et à rarement les finir : Le DIP : Un petit livre qui vous enseignera quand renoncer (et quand persévérer)

Et vous ? Qu’attendez-vous du futur ?

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