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2013-036 – Vers la sobriété heureuse, de Pierre Rahbi

Je lis mon premier livre écrit par Pierre Rahbi. Il s’agit de « Vers la sobriété heureuse« . Je vous remets ci-dessous un extrait, qui recouvre plusieurs thèmes abordés dans des articles de ce blog.

« Si l’on veut instaurer sur notre planète commune une équité inspirée par les impératifs moraux, on est amené à dire que, tant que l’ensemble des êtres humains n’a pas accès aux ressources vitales, il y a spoliation. Tant qu’un seul enfant naît dépourvu de ce qui lui revient légitimement en tant qu’être vivant, il y a usurpation car les biens venus de la terre, qui sont encore abondants, sont dédiés à tous les êtres vivants qu’elle héberge et non à ceux qui, par le pouvoir politique, la loi du marché, les finances ou les armes, s’en attribuent la légitimité. Un tel hold-up est aujourd’hui entériné par des lois qui en font une norme que l’on ne peut remettre en question. Tant que cette malhonnêteté ne sera pas considérée comme illicite selon l’ordre et l’intelligence de la vie, l’humanité ne pourra être pérenne. »

Ainsi, misère, pauvreté et richesse cohabitent sur notre planète commune et créent des hiérarchies de l’avoir et du pouvoir débouchant sur toutes les répressions – le tout imputable à l’idéologie du toujours-plus illimité. »

Les articles auxquels je ne peux m’empêcher de penser sont les suivants :

Il pose un diagnostic intéressant de nos sociétés occidentales, et trace une voie vers un avenir meilleur. Mais le point le plus intéressant est qu’il se penche aussi sur les contradictions inhérentes à son propre mode de vie. Pour diffuser ses idées au plus grand nombre, il est contraint de prendre part à la société capitaliste. La seule alternative étant le repli sur soi-même, il a choisi parmi tous les maux celui qui lui paraissait le moindre : propager son message passe avant sa propre exemplarité.

Je n’ai pas encore fini ce livre. Je sais cependant déjà qu’il prendra une grande importance dans mes réflexions.

Et vous ? Vous êtes-vous déjà penché sur la question de ce que vous pouviez changer en vous et autour de vous ?

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78 – Les français sont des veaux. Oui, même vous.

Je vous disais hier que notre pays n’avait plus que l’apparence d’une démocratie. Nous sommes, dans les faits, dans un système d’oligarchie. Bien sûr, c’est plus facile à admettre lorsque l’on parle d’un autre pays. Prenez la Russie. Un président et un premier ministre qui s’échangent les rôles à intervalles réguliers, ça ne fait pas très sérieux. On n’en est pas là chez nous, hein. Hein ?

Revenons sur un point précis de l’article de Yovan Menkevick, Oligarchie 2012 : welcome to the Matrix, les sondages.

Dans ce monde, les élections n’ont aucun enjeu véritable : les entreprises de sondages qui appartiennent à l’oligarchie entraînent les foules à voter pour des politiciens mesurés (des acteurs mineurs de l’oligarchie), qui savent composer avec les véritables acteurs majeurs de cette oligarchie qui détient à elle seule 90% des outils de production de richesse du pays.

Ce point résonne douloureusement avec cet autre article, de Yovan Menkevick (encore !), Présidentielle : pas la peine d’aller voter.

Imaginez un instant une société sans sondages politiques des intentions de vote. Avec comme seul et logique repère, les débats politiques, les déclarations d’intention des candidats, les programmes. Si vous ne saviez pas que Nicolas S. est à 26% ou 28%, que vous n’aviez comme repère que son discours, son bilan de président sortant ? Et mieux, si les propositions de changement de système de certains candidats qui emballent toute une partie de la population, épuisée par la crise, n’étaient pas créditées d’intentions de vote ?

Les mathématiques le disent, les sondages, c’est de la daube.

Il était une fois un petit village. 450 habitants, 360 électeurs, 280 votants. Lors des élections municipales, deux listes sont en lice. Lors du dépouillement, le soir du premier tour, la liste sortante était en tête. Une fois les 140 premiers bulletins ouverts, ils gagnaient haut la main. Si l’on avait fait un sondage auprès de la moitié des habitants, le résultat aurait donc été « victoire des sortants ».

Sauf que, le résultat réel, celui correspondant à 100% des sondés/votants, c’était « victoire de l’opposition ». L’on voit donc qu’un sondage auprès de 50% de la population concernée peut tout à fait se planter. Et encore, nous parlons de bulletins réels. Il y a une grosse différence entre le vote que l’on admet auprès d’un sondeur, et le bulletin que l’on met dans l’urne…

Comment peut-on faire confiance à un sondeur qui, après avoir interrogé 1 000 français, prétend en tirer des conclusions sur ce que pensent 60 000 000 de français ??

S’il y en a qui me répondent « mais, et la méthode des quotas ? », je les renvoie au coin. Les critères de sélection des-dits quotas introduisent tellement de biais que, sur un échantillon aussi faible, les quotas ne peuvent pas faire mieux qu’une sélection aléatoire. Surtout que les sondeurs reconnaissent tout à fait leurs bidouilles des résultats bruts. Parce que leur soi-disant méthode scientifique se plante trop souvent.

Les JOURNALISTES QUI RÉPÈTENT LES SONDAGES le disent, les sondages, c’est de la daube.

Un article intéressant sur le site arretsurimage.net : Marges d’erreur : Duhamel ne veut pas « dévaloriser » l’info

Quand les sondeurs reconnaissent des marges d’erreurs allant jusqu’à 6%, la déontologie journalistique devrait inciter tout journaliste qui se respecte à le dire clairement, avant même de répéter le score du sondeur.

Je ne vois pas comment interpréter autrement le 3e devoir du journaliste : Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.

Que dit Alain Duhamel, journaliste célèbre ?

« Quand nous, on reçoit le rapport, pas simplement des chiffres sur une dépêche, […], ils indiquent quelles sont les marges d’erreur […] Il faut pas qu’on soit hypocrites, ni vous, ni Jean-Michel, ni moi. Pourquoi est-ce qu’on ne le dit pas ? C’est parce que si vous dites « Tiens, X ou Y gagne ou perd 2 points », mais qu’à la phrase d’après vous dites « mais à 2 points et demi près, ça ne veut rien dire », autant ne pas en parler. On ne va pas dévaloriser chaque nouvelle qu’on donne. »

Il n’y a pas d’autre interprétation possible : Alain Duhamel se torche avec la charte de la déontologie journalistique. Il répète tous les sondages en sachant pertinemment qu’ils ne représentent rien. La (trop triste) alternative serait de faire un travail de journaliste sur le fond, au lieu de contenter des idées prémâchées des instituts de sondage. C’est vrai que ça fait moins envie…

Les solutions ?

C’est pas compliqué : au minimum, arrêter de lire, mentionner ou commenter toute intervention écrite ou orale basée sur un sondage (et renvoyer vos interlocuteurs à cet article). Se moquer de tout prétendu journaliste qui fait de même.

Politiquement, se positionner pour une limitation des sondages, par exemple interdire de parler d’un sondage sans mentionner sa marge d’erreur.

La solution idéale, c’est l’interdiction pure et simple des sondages présentant une marge d’erreur supérieure à 1%. Le chiffre vous paraît faible ? Imagineriez-vous un fabricant de voitures dont plus d’une voiture sur cent serait totalement défectueuse ? Ou un journaliste qui plus d’une fois sur cent annoncerait une nouvelle totalement fausse ?

PS : pour calmer la fièvre sondagière, on peut toujours espérer qu’Anticor parvienne à faire condamner quelques ministres. Ce serait toujours ça d’argent public récupéré.

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77 – Mais non Riton ! C’est pour ça qu’on est en démocratie aujourd’hui ! — M’sieur ! M’sieur ! C’est quoi la démocratie m’sieur ? — Mais la démocratie les enfants ! On est dedans !

J’ai déjà cité deux fois des articles de Yovan Menkevick.

Le premier, c’était la stratégie du rejet. Il faisait partie des sources de mon article 24 – Pas si maso.

Le deuxième, c’était “François H : le vide tranquille (analyse de la présidentielle)”, pour illustrer mon article 39 – Le vote utile (de qui ? pour qui ? contre qui ? avec qui ? selon qui ?

J’arrive donc à la conclusion qu’avec un 3e article aujourd’hui, ce journaliste dont j’ignore tout est bien parti pour me plaire.

Voici la perle du jour :

Oligarchie 2012 : welcome to the Matrix

Enfin, du jour, du jour, l’article est paru avant-hier. Venez pas m’emmerder avec des détails. Ce qui est intéressant, c’est le contenu, pas la date. C’est pas un œuf de supermarché.

Le titre de l’article mentionne Matrix, il s’agit bien du film. Ce qui peut rendre la longue métaphore filée basée exclusivement sur le film – réalité, apparence de la réalité, pilule bleue, pilule rouge – un peu absconse pour ceux qui ne l’auraient pas vu. Ou qui l’ont vu mais juste pour les scènes de baston.

Je vais donc vous faire un petit digest des meilleurs morceaux.

  • L’apparence de la réalité, une apparence dans laquelle nous vivons tous et que nous partageons, c’est ça :
[…]il y a une crise économique mondiale, des partis politiques opposés qui luttent pour gagner une élection, un système économique et social en péril, enfin bon, la routine quoi. Tu hésites à aller voter, mais quand même, la citoyenneté faut pas déconner, c’est un des derniers trucs qu’il te reste pour te sentir un peu acteur de la vaste machine qui t’entoure.[…]
[…]il n’y a pas de crise financière ou économique véritable. Les ultra-riches qui composent la super-classe dominante (et qui dirige l’oligarchie planétaire), au lieu de souffrir de la crise financière, se sont au contraire enrichis et continuent de le faire allégrement. Dans ce monde, les élections n’ont aucun enjeu véritable: les entreprises de sondages qui appartiennent à l’oligarchie entraînent les foules à voter pour des politiciens mesurés (des acteurs mineurs de l’oligarchie), qui savent composer avec les véritables acteurs majeurs de cette oligarchie qui détient à elle seule 90% des outils de production de richesse du pays.
 
Dans ce monde réel, décrit par ces chercheurs, la liberté d’expression a été remplacée par la liberté d’opinion (qui ne dérange pas du tout l’oligarchie), et la presse, rachetée par l’oligarchie à 80% simule les débats d’idées et les oppositions politiques entièrement composées sur une partition oligarchique.[…]
 
L’oligarchie est composée d’une petite poignée d’hommes d’affaires à la tête de méta-entreprises internationales : leurs chiffres d’affaire à ces méta-entreprises sont supérieurs aux PIB de nombreux pays européens. Ces hommes à leur tête peuvent à tout moment frapper à la porte de n’importe quel chef d’Etat de la planète pour y être reçus, écoutés. Ils tiennent entre leurs mains le sort de millions d’individus : par les conflits qu’ils peuvent déclencher (dans le cadre de l’énergie par exemple), ou des modifications économiques, sociales qu’ils peuvent imprimer à des pays entiers. Ils influencent le destin de l’humanité puisqu’ils sont ceux qui détiennent la quasi totalité des richesses mondiales […]

A vous de vous faire votre idée. Pensez-vous vraiment être dans une démocratie ? Un système politique où, après réflexion et débat, les décisions ne sont prises que par une majorité de TOUS les citoyens ?

Attention, je dis bien « les citoyens ». Pas leurs représentants élus, et indéboulonnables durant leur mandat. Non, vous et moi.

Comme le disent les Pinçon-Charlot dans « Le président des riches« , le meilleur moyen de lutter contre l’oligarchie qui s’est emparée de notre démocratie, c’est de réaliser sa présence, puis de la dénoncer sans relâche. Parce que les oligarques et leurs sbires n’aiment rien tant que de rester dans l’ombre, avec une étiquette de démocrate.

En conclusion, un grand merci à Yovan Menkevick, et n’oubliez pas de Flattrer son article.

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47 – Le candidat du passif

Hier, le citoyen Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Pour mémoire, il est président de la République française depuis 5 ans, et, les 14 années précédentes, ministre durant 5 ans et demi.
Son action politique a donc largement façonné notre pays durant une décennie. Caractérisée par une hyperactivité entretenue, quelles en sont les conséquences?
C’est à cette question que Monique Charlot-Pinçon et Michel Pinçon ont répondu, dans un ouvrage très complet. Fort justement intitulé « Le président des riches« , vous y trouverez, entre autres :

  • Le rappel des liens entre nos dirigeants politiques actuels et le monde des affaires, symbolisé par le dîner du Fouquet’s.
  • Les toutes premières mesures, à commencer par le bouclier fiscal visant à protéger les hauts revenus.
  • Les niches fiscales comme s’il en pleuvait.
  • Les avantages fiscaux pour les héritiers.
  • Le détail de l’oligarchie  au pouvoir.
  • Les récompenses officielles dévoyées en cadeaux aux amis (Sarkozy faisant Stéphane Richard chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2006 : « Stéphane, t’es riche, t’as une belle maison, t’as fait fortune… Peut-être plus tard y parviendrai-je moi-même… C’est la France que j’aime !« )
  • La répression de la misère, présentée comme une cause de la délinquance plutôt qu’une conséquence des politiques menées.
  • La guerre psychologique menée avec le soutien objectif des grands médias.
  • Les antécédents de Nicolas Sarkozy en tant qu’avocat d’affaires.
  • Le mélange des genres entre l’État, la famille et le couple présidentiel (Jean Sarkozy, président de l’EPAD ?).
  • Les mots pour ne pas le dire (« Les paradis fiscaux, c’est ter-mi-né !« ).

Mais ce constat, fort bien réalisé, serait passablement déprimant s’il s’arrêtait là. Parce que face à cette mafia organisée au sommet de l’État et de l’argent, le citoyen se sent démuni. La vraie force de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, c’est dans le dernier chapitre qu’on la trouve.

Reprenant un titre à haute teneur historique, le chapitre « Que faire » donne des axes de travail, de résistance, tout à fait réalisables par chacun de nous. Quelques exemples :

  • La vigilance idéologique : faites attention aux mots employés, et aux réalités qu’ils cachent.
  • Faire connaissance avec l’oligarchie. A commencer par celle de votre commune. Exercice pratique : qui est votre maire ? Quels sont ses contacts professionnels ? Qui sont ses amis ? En répondant  ces trois questions, vous verrez probablement se dessiner les contours de l’oligarchie locale, et en particulier ses conflits d’intérêts…

Au-delà du niveau local et individuel, des principes collectifs sont mis en avant :

  • Abolir le cumul des mandats.
  • Rendre le vote obligatoire.
  • Nationaliser les banques.
  • Rendre l’impôt réellement progressif, par un prélèvement à la source sur les revenus du travail comme du capital.

Lisez ce livre, parlez-en autour de vous, c’est le meilleur médicament contre un (improbable) second mandat Sarkozy.


PS: ce bouquin est l’équivalent d’un déjeuner gastronomique. Que du bon, mais pas en quantité exagérée. Si vous voulez la version fast-food, voici 600 (bonnes) raisons de ne pas voter Sarkozy, par Samuel Duhamel, de Rue89.

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6 – Une histoire populaire de l’Empire américain

Howard Zinn est mort.

Et c’est bien dommage. Fort heureusement, il nous a laissé un fabuleux souvenir de son passage sur notre Terre (par opposition à toutes les autres, où il n’a jamais mis les pieds).

Un pavé intitulé « Une Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 a nos jours« .

Il y fait réapparaître à la surface des pans entiers de l’histoire américaine dont nous n’entendons jamais parler. Il s’agit bien sûr des pans que l’Histoire Officielle (Avec Tout Plein De Majuscule) cache sciemment, comme on balaie la poussière sous le tapis. Vous pensiez que l’engagement américain durant la Seconde Guerre Mondiale (notez les majuscules) était motivé par la justice et la compassion des citoyens du pays ? C’était probablement le cas de la majorité des trouffions, mais certainement pas celui des dirigeants ni celui des industriels…

Je sais cependant que certains de mes lecteurs sont allergiques (temporairement ou non) aux gros pavés. C’est pourquoi je vais aussi vous proposer « Une histoire populaire de l’Empire américain« , la version en images fixes :

C’est une excellente BD, que je n’ai pas pu lâcher avant de l’avoir finie. 288 pages, un excellent rapport qualité/quantité/prix. C’est encore trop de temps pour vous ? J’ai encore mieux ! La version en images animées qui parlent, le film « Howard Zinn – une histoire populaire américaine« . Il sortira en DVD au printemps 2012, et n’attend que votre soutien. Allez donc jeter un œil chez www.lesmutins.org !

Howard Zinn - une histoire populaire américaine

Si avec tout ça, je ne vous ai pas convaincu de parcourir cette œuvre (quel que soit le format), c’est à désespérer !

 

PS: un grand merci à Alias pour m’avoir signalé cette perle.

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