Articles tagués Nicolas Sarkozy

114 – Extrême France. Le combat continue.

Le Front National se maintient à un score impressionnant. Une fois de plus, les sondages se sont plantés.

Je vous ai dit que la première arme contre l’oligarchie, c’était de la dénoncer, de l’exposer au grand jour.

Pour l’extrême-droite, c’est la même chose. Je vous recommande donc l’enquête de Fiammetta Venner, extrême France. Parce que l’extrême-droit française n’a pas qu’un seul credo, mais que toutes les chapelles sont liées, directement ou indirectement. Et que c’est parmi ces réseaux que se trouvent les 20% d’électeurs de Celle-dont-il-n’aurait-pas-fallu-mettre-le-bulletin-dans-l’urne.

Je rappelle, à toutes fins utiles, que le mot race n’a aucune application concrète, ni fond de vérité, lorsque l’on parle de l’espèce humaine.

Espérons que François Hollande soit élu, et qu’il tienne ses promesses de réduire la misère d’une partie grandissante de la population française. C’est cette misère qui est le terreau du vote FN.

Nicolas Sarkozy - La race forte / fn

, , , , , , ,

Poster un commentaire

107 – Les apparences sont trompeuses. Et mes connaissances superficielles.

Je porte un badge proclamant mon soutien politique à la candidature d’Eva Joly à l’élection présidentielle.

Depuis que je l’ai, je constate un phénomène étrange.

J’ai reçu des quantités de remarque sur ses lunettes. La couleur de leur monture. Le fait que les verres soient fumés, ou pas. Si j’ajoute les remarques sur son accent. Sur sa diction lente et posée. Sur sa nationalité. Sur son âge.

J’arrive à un portrait étrange de ce que mes concitoyens attendent d’un candidat au poste de Président-e de la République Française.

Oh, je sais que ce n’est pas la seule.

Jean-Luc Mélenchon parle bien, mais a de vilaines dents.

Nicolas Sarkozy a des tics.

Philippe Poutou a un nom de famille ridicule.

Et jamais, au grand jamais, on est venu me dire « J’ai lu un passage du programme du candidat X, je suis totalement d’accord (ou pas), qu’en penses-tu, toi ? »

Aucun n’a jamais commenté une comparaison non-partisane des candidats, comme le fait le Véritomètre.

Mais c’est normal !

Un-e Président-e représente la France aux yeux du monde entier. C’est normal de vouloir qu’il nous fasse honneur !

Je pensais bêtement que le job de Président-e, ça consistait à influer lourdement sur le gouvernement du pays. Sur son avenir. Que l’image, c’était plutôt ce qu’on demandait à Miss France lors du concours de Miss Univers.

Faut pas venir se plaindre que la campagne est inintéressante, quand on s’intéresse au look plutôt qu’au cerveau. A la forme plutôt qu’au fond.

On élit une personne avec un programme, pas un mannequin avec un book.

Et vous, dans 6 jours, vous votez pour quel programme ?

, , , ,

4 Commentaires

8e interruption des programmes – Comment se faire réélire avec un bilan désastreux ? En trichant !

Le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) est composé de neuf membres, nommés par le Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Sénat. Ils sont renouvelés par tiers tous les trois ans.

Françoise Laborde et Francine Mariani-Ducray ont été nommées à ce poste par Nicolas Sarkozy.

J’ose espérer que, dans le cadre de l’enquête que le CSA doit mener sur la publicité politique (à peine) déguisée que l’Institut Montaigne fait pour le compte de Nicolas Sarkozy, ces deux personnes sauront se mettre en retrait. Si ce n’est pas un cas typique de conflit d’intérêts, c’est qu’il faut revoir la définition de cette expression…


De la publicité politique à la télévision ? par LeNouvelObservateur

, , , , , , , , ,

Poster un commentaire

95 – Les jours heureux. Ou comment de Gaulle a été transformé en zombie.

Cet article est le plus vieux brouillon qu’il me restait : il date du 02 janvier 2012.

Mon général

Le général Charles de Gaulle est une figure un peu floue de mon enfance. Présenté en cours d’histoire comme le « sauveur de la France » – tout seul avec ses petits grands bras musclés – mais aussi comme un président pas mal chahuté. D’ailleurs, Claude François a écrit une chanson sur ses allers-retours au pouvoir.

« Ça s’en va, et ça revient… »

Au-delà de la blague, la comparaison avec la Chanson populaire de Cloclo n’est pas si improbable que ça : j’ai plusieurs fois lu qu’il y avait de l’amour entre de Gaulle et le peuple français.

Je serai mis à mort et, le troisième jour, je reviendrai à la vie.

Ils sont nombreux à avoir voulu s’approprier une partie de cet amour. Sous l’appellation de Gaullisme, voire de néo-Gaullisme, la majeure partie de la droite française a incanté le nom du président mort en 1970.

Ce n’est plus de Gaulle contre les zombies, c’est de Gaulle lui-même qui est devenu un zombie, ranimé par Chirac, puis Sarkozy, pour servir de go-go-dancer durant leurs discours.

J’exagère ?

Il y a eu les cérémonies (vaudou ?) sur la tombe du défunt.

Mais le problème récurrent des zombies, c’est que ça se voit qu’ils sont morts. Les ficelles qui les animent sont un peu grosses.

Un « aidez-moi » que Mongénéral a utilisé à plusieurs reprises.

L’escroquerie pure et simple : les mots ont un sens.

Mais si Sarkozy se contentait de plagier les discours d’un ancien président, ce serait purement anecdotique. Malheureusement, s’il plagie l’apparence, c’est pour mieux faire le contraire dans les actes.

Des militants émus de cette contradiction ont réédité un texte indispensable. Les jours heureux : Le programme du Conseil National de la Résistance de mars 1944 : Comment il a été écrit et mis en œuvre, et comment Sarkozy accélère sa démolition

Parce que le gaullisme, en 1945, c’était avant tout un programme politique. Un programme qui visait à reconstruire la France. Mais qui voyait bien plus loin, en cherchant à bâtir une société meilleure que celle d’avant la guerre.

J’exagère encore ? Quelques extraits du texte, disponible en entier sur l’indispensable Wikisource.

[…]
4) Afin d’assurer :
l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
le respect de la personne humaine ;
l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;
l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ;
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation.
[…]

Laissez donc le zombie de De Gaulle reposer en paix…

Je voulais mettre des liens pour montrer à quel point le sarkozysme est la contradiction totale, pleine et entière du programme du Conseil National de la Résistance. Mais il y en aurait tellement à mettre que j’y passerais des journées entières. Je vous laisse donc faire le travail vous-même. Il n’y a pas à chercher longtemps pour trouver.

L’objectif annoncé – et réalisé – est clair : sous couvert de modernisation, supprimer tous les progrès sociaux construits depuis 1945.

… sinon, nous devrons en prendre le contrôle !

La solution ?

Elle est fort heureusement donnée dans le programme du CNR. Il faut combattre. Notre société nous permet encore de le faire pacifiquement. Donc votez. Et puis descendez dans la rue, pour exiger une société plus juste.

Sarkozy a pu ignorer les manifestations populaires, parce qu’elles ne constituent pas son électorat. Ce ne sera pas le cas de François Hollande.

PS: Merci à Lectures Libres pour ce bijou.

, , , , , , , , , ,

2 Commentaires

78 – Les français sont des veaux. Oui, même vous.

Je vous disais hier que notre pays n’avait plus que l’apparence d’une démocratie. Nous sommes, dans les faits, dans un système d’oligarchie. Bien sûr, c’est plus facile à admettre lorsque l’on parle d’un autre pays. Prenez la Russie. Un président et un premier ministre qui s’échangent les rôles à intervalles réguliers, ça ne fait pas très sérieux. On n’en est pas là chez nous, hein. Hein ?

Revenons sur un point précis de l’article de Yovan Menkevick, Oligarchie 2012 : welcome to the Matrix, les sondages.

Dans ce monde, les élections n’ont aucun enjeu véritable : les entreprises de sondages qui appartiennent à l’oligarchie entraînent les foules à voter pour des politiciens mesurés (des acteurs mineurs de l’oligarchie), qui savent composer avec les véritables acteurs majeurs de cette oligarchie qui détient à elle seule 90% des outils de production de richesse du pays.

Ce point résonne douloureusement avec cet autre article, de Yovan Menkevick (encore !), Présidentielle : pas la peine d’aller voter.

Imaginez un instant une société sans sondages politiques des intentions de vote. Avec comme seul et logique repère, les débats politiques, les déclarations d’intention des candidats, les programmes. Si vous ne saviez pas que Nicolas S. est à 26% ou 28%, que vous n’aviez comme repère que son discours, son bilan de président sortant ? Et mieux, si les propositions de changement de système de certains candidats qui emballent toute une partie de la population, épuisée par la crise, n’étaient pas créditées d’intentions de vote ?

Les mathématiques le disent, les sondages, c’est de la daube.

Il était une fois un petit village. 450 habitants, 360 électeurs, 280 votants. Lors des élections municipales, deux listes sont en lice. Lors du dépouillement, le soir du premier tour, la liste sortante était en tête. Une fois les 140 premiers bulletins ouverts, ils gagnaient haut la main. Si l’on avait fait un sondage auprès de la moitié des habitants, le résultat aurait donc été « victoire des sortants ».

Sauf que, le résultat réel, celui correspondant à 100% des sondés/votants, c’était « victoire de l’opposition ». L’on voit donc qu’un sondage auprès de 50% de la population concernée peut tout à fait se planter. Et encore, nous parlons de bulletins réels. Il y a une grosse différence entre le vote que l’on admet auprès d’un sondeur, et le bulletin que l’on met dans l’urne…

Comment peut-on faire confiance à un sondeur qui, après avoir interrogé 1 000 français, prétend en tirer des conclusions sur ce que pensent 60 000 000 de français ??

S’il y en a qui me répondent « mais, et la méthode des quotas ? », je les renvoie au coin. Les critères de sélection des-dits quotas introduisent tellement de biais que, sur un échantillon aussi faible, les quotas ne peuvent pas faire mieux qu’une sélection aléatoire. Surtout que les sondeurs reconnaissent tout à fait leurs bidouilles des résultats bruts. Parce que leur soi-disant méthode scientifique se plante trop souvent.

Les JOURNALISTES QUI RÉPÈTENT LES SONDAGES le disent, les sondages, c’est de la daube.

Un article intéressant sur le site arretsurimage.net : Marges d’erreur : Duhamel ne veut pas « dévaloriser » l’info

Quand les sondeurs reconnaissent des marges d’erreurs allant jusqu’à 6%, la déontologie journalistique devrait inciter tout journaliste qui se respecte à le dire clairement, avant même de répéter le score du sondeur.

Je ne vois pas comment interpréter autrement le 3e devoir du journaliste : Publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents.

Que dit Alain Duhamel, journaliste célèbre ?

« Quand nous, on reçoit le rapport, pas simplement des chiffres sur une dépêche, […], ils indiquent quelles sont les marges d’erreur […] Il faut pas qu’on soit hypocrites, ni vous, ni Jean-Michel, ni moi. Pourquoi est-ce qu’on ne le dit pas ? C’est parce que si vous dites « Tiens, X ou Y gagne ou perd 2 points », mais qu’à la phrase d’après vous dites « mais à 2 points et demi près, ça ne veut rien dire », autant ne pas en parler. On ne va pas dévaloriser chaque nouvelle qu’on donne. »

Il n’y a pas d’autre interprétation possible : Alain Duhamel se torche avec la charte de la déontologie journalistique. Il répète tous les sondages en sachant pertinemment qu’ils ne représentent rien. La (trop triste) alternative serait de faire un travail de journaliste sur le fond, au lieu de contenter des idées prémâchées des instituts de sondage. C’est vrai que ça fait moins envie…

Les solutions ?

C’est pas compliqué : au minimum, arrêter de lire, mentionner ou commenter toute intervention écrite ou orale basée sur un sondage (et renvoyer vos interlocuteurs à cet article). Se moquer de tout prétendu journaliste qui fait de même.

Politiquement, se positionner pour une limitation des sondages, par exemple interdire de parler d’un sondage sans mentionner sa marge d’erreur.

La solution idéale, c’est l’interdiction pure et simple des sondages présentant une marge d’erreur supérieure à 1%. Le chiffre vous paraît faible ? Imagineriez-vous un fabricant de voitures dont plus d’une voiture sur cent serait totalement défectueuse ? Ou un journaliste qui plus d’une fois sur cent annoncerait une nouvelle totalement fausse ?

PS : pour calmer la fièvre sondagière, on peut toujours espérer qu’Anticor parvienne à faire condamner quelques ministres. Ce serait toujours ça d’argent public récupéré.

, , , , , , , ,

1 commentaire

%d blogueurs aiment cette page :