Articles tagués Microsoft

2014-019 – Technologies libres, Framasoft par Bastamag

Quand l’excellent journal Bastamag présente l’excellent portail Framasoft, ça donne un excellent article, qui parle logiciel libre, communauté et résistance aux monstres numériques que nous avons trop nourris : http://www.bastamag.net/article3277.html

, , , , , , , , ,

Poster un commentaire

88bis – J’ai pas eu de réponse à ma question sur la messagerie Microsoft, mais j’ai été entendu (par les CNIL)

Souvenez-vous. En mars dernier, je me demandais si les conditions d’utilisation de la messagerie Hotmail de Microsoft étaient bien légales.

Aucun avocat ou juriste n’a daigné commenter mon article, ce dont je suis fort marri. Mais je ne suis pas le seul que cela ait choqué. Les 27 CNIL européennes ont ouvert une enquête concernant ces mêmes conditions d’utilisation. Certes, elles ont changé depuis. Mais d’une part, j’ai cru reconnaître les passages que j’incriminais en mars, et d’autre part, j’ai la flemme de décortiquer les différences entre les CGU de mars et celles d’octobre.

Comme l’indique Jacob Kohnstamm, qui préside le groupe des régulateurs dans l’enquête, ces derniers ont d’ailleurs « décidé de vérifier les conséquences potentielles pour la protection des données personnelles de ces utilisateurs au travers d’une procédure coordonnée »

Donc, j’avais raison de m’inquiéter, et j’espère que les CNIL obtiendront gain de cause. Ça commence à bien faire, M. Microsoft !

PS: j’ai eu l’occasion de participer à un atelier de la CNIL. Si tous les salariés sont à la hauteur des trois que j’ai rencontrés, c’est un organisme dont nous pouvons être fier. Dommage que leur budget soit aussi ridicule (32 ans d’existence lui valent un budget de 13 millions d’euros. Ce qu’Hadopi a atteint en un an. La première s’occupe du respect de nos libertés démocratiques fondamentales dans l’univers numérique. La seconde des mères de familles qui copient des mp3. Cherchez l’erreur…)

, , , , , , ,

Poster un commentaire

164 – Oh, les vilaines entreprises qui utilisent les lois votées pour elles

Le président de Google, Eric Schmidt, a défendu avec le plus grand cynisme le montage financier qui permet à sa société d’échapper à une très grande part de son imposition.

« Je suis très fier de la structure que nous avons mise en place« , a-t-il confié à Bloomberg. « Nous l’avons fait en nous basant sur les incitations que les gouvernements nous ont proposées pour établir nos activités« .

« Cela s’appelle le capitalisme. Nous sommes fièrement capitalistes. Je n’ai aucune gêne à ce sujet« .

Le fisc français semble d’un avis différent : selon le ministre du budget français, Jérôme Cahuzac, Google serait redevable de 1,7 milliards d’euros.

J’en tire deux conclusions. Soit les dirigeants de Google n’ont pas respecté les lois, auquel cas ils doivent être poursuivis, rien que de très habituel.

Soit les dirigeants de Google ont scrupuleusement respecté les lois, et ces dernières sont donc gravement défectueuses ! Si la libre circulation des capitaux aboutit à ce que les plus grosses entreprises, celles qui ont les moyens de recourir à des montages financiers complexes, ne paient légalement pas d’impôts, c’est une injustice flagrante.

Et si on remettait un peu de taxes aux frontières, pour voir ? Allez, une taxe financière de 1% sur tous les mouvements de capitaux entre les pays européens ? Entre européens, ce serait indolore, puisque tout le monde serait traité à la même enseigne. Mais pour ça, il faudrait des dirigeants qui ne soient pas issus des grandes banques et des grandes entreprises qui ont un intérêt marqué pour le statu quo du système financier actuel.

Bref, voir des politiques cracher sur Google, Amazon, Microsoft et Apple, c’est amusant : soit ces entreprises sont délinquantes, et c’est la justice qui doit les punir. Soit elles ne font que respecter les lois votées par les mêmes politiques…

, , , , , , , , , , ,

Poster un commentaire

147 – Le Pouvoir Magique – les techniques du chamanisme managérial

Entrez avec moi dans un monde différent. Un monde peuplé de sorciers, de divination, de rituels, d’invocations et de quêtes chimériques. Je sais qu’un certain nombre d’entre vous ne se sent pas attiré, ni même concerné, par un tel monde. Mais que vous le vouliez ou non, ce monde, qui paraît si lointain, est pourtant adossé au nôtre. Ils sont indissociables, liés par une membrane parfois épaisse, et parfois fine comme du papier à cigarette.

Ce monde parallèle, c’est le monde de l’entreprise.

Je pourrais poursuivre ma comparaison plus avant, mais l’auteur de ce livre, Jean-Michel Théron, m’a mâché le travail grâce à son premier chapitre, qui nous explique en quoi la maîtrise de la magie est non seulement nécessaire au manager, mais en plus indissociable à toute activité humaine.

Extrait :

Les trois ressorts du besoin de magie

Le besoin de magie de l’homme obéit à trois ressorts très puissants : l’ignorance, l’impuissance et l’envie de tricher.

L’ignorance. Imaginons un paysan de la vallée du Nil, 4 000 ans avant Jésus-Christ. Son activité, son existence et celle de sa famille dépendent du fleuve. Il n’a jamais vu tomber une goutte de pluie. D’où vient cette eau ? Chaque année, à la même époque, le niveau du fleuve monte et le Nil vient fertiliser sa terre et assurer ses récoltes. Comment peut-il savoir que ce phénomène bienfaisant vient de pluies abondantes sur les hauts plateaux de l’Afrique équatoriale, quelques semaines auparavant ? S’il veut l’expliquer, ses rares options sont la magie et la religion. Ce sont d’ailleurs bien celles qu’il choisissait.

L’impuissance. Que peut un couple de primitifs dont l’enfant tombe gravement malade et souffre devant eux ? S’ils ne supportent pas le sentiment d’impuissance, s’ils veulent répondre à l’angoisse par l’action, s’ils ont les moyens d’acheter un peu d’espoir, ils iront trouver le chaman guérisseur. Celui-ci prodiguera quelques incantations et fera quelques dessins dan la poussière. Dans une proportion non négligeable de cas, les mécanismes naturels de défense du corps de l’enfant lui permettront de se rétablir. Les pouvoirs du chaman et l’efficacité des incantations se trouveront confirmés. Les parents ne seront pas restés impuissants devant la souffrance de leur enfant.

L’envie de tricher avec la réalité. L’idée d’éviter des efforts difficiles et fastidieux, de s’enrichir le plus facilement possible, de maximiser le ratio output sur input n’a pas attendu l’invention de la microéconomie. Chasser l’aurochs avec des silex taillés est une technique à la fois dangereuse et peu productive. Comment mettre le maximum de chances de son côté ? En dessinant sur la paroi de la caverne l’animal percé de projectiles, ce qui ne peut manquer de l’affaiblir. Comment éviter de galérer des semaines dans le désert, dans un sable mou et brûlant, en tirant par sa longe un chameau sans conversation ? Grâce au tapis volant, moyen de transport aussi rapide que confortable.  Comment gagner beaucoup d’argent très vite ? Avec la pierre philosophale, dont le business plan aurait fait pleurer de joie le plus coincé des contrôleurs de gestion.

[…]

Magie et management, une rencontre inévitable et nécessaire.

L’ignorance fait partie des angoisses quotidiennes du manager. L’éleveur de porc, qui est un manager de plein exercice, ne sait pas à quel prix du kilo il vendra dans trois mois les animaux qu’il engraisse aujourd’hui avec des aliments coûteux. […]

L’impuissance est aussi une sensation très répandue dans la vie des affaires. Le producteur de glaces à la pistache ne peut agir sur la météorologie estivale. Au-delà des phénomènes naturels, le résultat de l’entreprise dépend très largement du fonctionnement du marché. Le fonctionnement du marché est lui-même la résultante des comportements d’un très grand nombre d’intervenants. Un manager ne contrôle pas les agissements de ses concurrents, les décisions de ses clients, les interventions des autorités administratives. […]

L’envie de tricher est une tentation immédiate et permanente dès lors qu’on a l’objectif d’obtenir un maximum de résultats pour un minimum de coûts. Le manager peut tricher avec le fisc, ne pas payer les charges sociales, ne pas respecter une réglementation contraignante. Certains le font. La plupart sont respectueux des lois ou craignent les sanctions. Ils hésitent beaucoup moins à essayer de tricher avec la réalité, consciemment ou inconsciemment. […] Ils achètent des ouvrages qui décrivent des méthodes merveilleuses pour réussir en affaires. Ils cherchent à prédire le futur. Ils paient fort cher des gourous qui les rassurent et prétendent détenir des pouvoirs étonnants. Ils répètent à l’infini des incantations. Ils utilisent des mots sacrés. Ils retournent à l’animisme. Ils réorganisent leur entreprise.

En bref, ils revisitent toute la panoplie des arts de la magie à travers les siècles et les continents.

Cela leur est d’autant plus nécessaire que manager, comme le rappelle Le Management pour les nuls, c’est aussi l’art de faire travailler les autres. Faire travailler les autres devient de plus en plus compliqué. Longtemps a prévalu le modèle de l’esclavage. L’usage du fouet et le droit de vie et de mort assuraient en général au maître une collaboration sans discussion. Puis est apparue l’organisation militaire, reposant sur une hiérarchie stricte, des instructions non discutables et des sanctions systématiques pour tout manquement à la hiérarchie ou non-respect des instructions. Le modèle miiltaire, sous une forme plus ou moins atténuée, a largement inspiré les entreprises. Il y a encore quelques dizaines d’années, les chefs du personnel étaient souvent des officiers à la retraite.

Le manager d’aujourd’hui n’a, en principe, plus en face de lui des esclaves. Les lois sociales sont passées par là. Et les théories récentes du management soutiennent qu’il a en face de lui des collaborateurs qui ne demandent qu’à bien faire. Il lui est donc déconseillé d’exhiber systématiquement ses galons ou de recourir trop fréquemment à la menace d’une sanction. Il doit « animer », « impulser », « susciter l’adhésion », « faire sentir aux salariés qu’ils font partie d’une aventure collective », en bref, faire travailler les autres sans recourir à la coercition. Différentes possibilités s’offrent à lui pour cela. Il peut faire des promesses. Mais que se passera-t-il s’il ne les tient pas ? Il peut acheter les bonnes volontés, mais il n’aura pas les moyens d’acheter tout le monde tout le temps.

Il peut aussi recourir à cet outil économique et efficace qu’est la magie. En créant un mythe et en en faisant une croyance partagée, il entraînera ses collaborateurs dans une pseudo-aventure collective, baptisée par exemple projet d’entreprise ou projet de service. En accréditant l’idée qu’il est lui-même doté de pouvoirs magiques, qu’il peut prévoir le futur, assurer le succès des chasses commerciales, être entendu par les dieux du siège, il suscite effectivement l’adhésion à ses idées ou l’obéissance.

Quand bien même le manager n’aurait pas spontanément l’idée de faire appel à la magie, il y sera conduit par la demande des salariés. Pour eux aussi, l’univers de plus en plus mouvant des entreprises est devenu incompréhensible et angoissant. Pour ne pas perdre leur emploi, ils réclament des chefs dotés du pouvoir de conjurer la menace des concurrents ou de s’attirer les bonnes grâces du marché. Avec un sorcier pour manager les rassure.

[…]

Les ressorts qui poussent le management dans les bras accueillants de la magie – l’ignorance, l’impuissance et l’envie de tricher – sont ainsi clairement identifiables, universels et formidablement puissants. Conduites des affaires et des hommes, constructions mythiques et rituels magiques ne peuvent que se combiner en une alchimie inévitable et nécessaire.

Si avec ce (très) (long) extrait, je ne vous ai pas donné envie de lire ce livre, je ne sais pas quoi faire. Ah, si, je peux mentionner le chapitre sur Le chamanisme Microsoft. Ou comment Powerpoint et Excel ne sont que des outils magiques, et pas des outils scientifiques. Le déguisement est bon, hein ? Allez, lisez !

PS: ah, j’oubliais. Le droit d’auteur interdit explicitement ce que je viens de faire, à savoir recopier 3 pages d’un livre pour les mettre à disposition du grand public. J’attends avec impatience un procès condamnant mon action. Vu que ma seule source de rémunération sur ce blog provient de commissions lorsque quelqu’un achète un livre en cliquant sur l’image, ce serait rigolo d’être poursuivi pour avoir aidé à vendre un livre…

, , , , , , ,

1 commentaire

88 – Y a-t-il un avocat dans la salle ? J’aimerais savoir si une liberté fondamentale de notre république est bafouée par Microsoft.

Vous connaissez la citation attribuée à Benjamin Franklin :

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.

Elle a beaucoup été employée ces derniers temps, notamment comme argument contre la politique sécuritaire bornée du gouvernement actuel. Mais on pense moins à l’employer contre les entreprises qui veulent notre bien.

And here comes the whistleblower

C’est Korben qui diffuse l’info, dans son article « MSN Live – On vous protège contre votre volonté« .

Extraits :

Dernière connerie en date, celle de Microsoft qui a décidé, on ne sait pas pourquoi, de censurer simplement tous les liens pointant vers The Pirate Bay échangé sur son service de messagerie instantanée MSN Live.[…]
La raison officielle avancée par Microsoft, c’est la protection. The Pirate Bay est dangereux pour les utilisateurs de MSN Live, donc protégeons-les en censurant le service.[…]
En même temps, Microsoft fait ce qu’il veut puisque ses conditions générales l’autorisent à ce genre de pratique… Évidemment, c’est ridicule puisqu’avec n’importe quel raccourcisseur d’URL, il est quand même possible de faire passer les liens.[…]
Sérieux les gars, arrêtez les conneries… C’est totalement inutile et ça vous fait vraiment passer pour des petits caporaux censeurs.

« Ecrire c’est lever toutes les censures. », Jean Genet.

Au-delà de l’aspect censure, c’est l’aspect « droit à la correspondance privée » qui m’interpelle.

Vérifions tout d’abord l’histoire des conditions générales. Elles se trouvent ici, et voici l’alinéa qui nous intéresse (enfin, qui m’intéresse moi, je ne vous force pas à lire).

5. Votre contenu
À l’exception des documents que nous vous avons concédés sous licence, nous ne revendiquons pas la propriété des documents que vous publiez ou fournissez sur le service. Vous restez seul propriétaire du contenu. Nous ne procédons à aucun contrôle ni à aucune vérification concernant le contenu que vous et d’autres personnes mettez à disposition sur le service et nous n’assumons aucune responsabilité concernant ces contenus.
[…]
Vous reconnaissez que dans la cadre de la fourniture du service, Microsoft est susceptible d’utiliser, de modifier, d’adapter, de reproduire, de distribuer et d’afficher le contenu publié sur le service, et vous autorisez Microsoft à effectuer ces opérations.[…]

Déjà, là, ça pose question. Microsoft s’engage à ne procéder à aucun contrôle ni aucune vérification, mais est susceptible de faire ce qu’il veut avec. En l’occurrence, pour détecter les liens considérés comme dangereux, il y a forcément une procédure de contrôle !

Dura Lex Sed Lex

Si j’en crois le code pénal, Partie législative, LIVRE II : Des crimes et délits contre les personnes, TITRE II : Des atteintes à la personne humaine, CHAPITRE VI : Des atteintes à la personnalité, Section 4 : De l’atteinte au secret., Paragraphe 2 : De l’atteinte au secret des correspondances., Article 226-15, je lis ceci :

Le fait, commis de mauvaise foi, d’ouvrir, de supprimer, de retarder ou de détourner des correspondances arrivées ou non à destination et adressées à des tiers, ou d’en prendre frauduleusement connaissance, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.
 
Est puni des mêmes peines le fait, commis de mauvaise foi, d’intercepter, de détourner, d’utiliser ou de divulguer des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie électronique ou de procéder à l’installation d’appareils conçus pour réaliser de telles interceptions.

Cogito Ergo Cogito

Si mes cours sur la hiérarchie des lois s’appliquent bien à ce sujet, le fait que Microsoft se couvre avec des conditions générales d’utilisation que personne ne lit, ne le protège absolument pas face à une éventuelle violation du code pénal. Donc, je réitère ma demande, y a-t-il un avocat dans la salle pour me dire si j’ai raison (auquel cas on peut tous ouvrir un compte Live, faire constater par un huissier la censure automatisée pratiquée par Microsoft, et gagner notre procès contre cette sympathique start-up de Seattle) ou si j’ai tort (ce qui est tout à fait possible, vu mon incroyable amateurisme en matière de droit autre que celui du travail).

Bien sûr, si vous connaissez un avocat, ayez la gentillesse de lui transmettre un lien. Un lien vaut mieux que deux tu l’auras.

Ouch, il est temps que je me couche. Saleté de décalage horaire !

, , , , , , ,

2 Commentaires

%d blogueurs aiment cette page :