Articles tagués mensonge

2014-080 – En finir pour de bon avec le Père Noël

Melinda Wenner Moyer a publié un article intitulé « Continuez de dire à vos enfants que le Père Noël existe » sur Slate.fr. La position défendue est qu’il est bon pour les enfants de leur faire croire au Père Noël.

L’existence du Père Noël est un «bon mensonge», et fait travailler l’imagination de nos enfants, ce qui aide à leur développement.

Voici l’enchaînement du raisonnement :

Les enfants ont besoin de récits et de personnages imaginaires pour se développer.

Le Père Noël est un personnage imaginaire.

Les enfants ont besoin de croire au Père Noël, donc leurs parents doivent leur mentir pour leur bien.

En termes logiques, on appelle ce type d’enchaînement un sophisme. L’exemple habituel parle de chats et de Socrate. Je vais plutôt vous l’illustrer avec un de mes profs de fac. Ce monsieur a tenté durant son cours de promouvoir la nécessité de la gifle comme méthode éducative. Ça donnait : les enfants ont besoin d’un cadre, et ce cadre doit être mis en pratique par des sanctions. Donc la gifle est nécessaire.

Vous comprenez où ça coince ?

L’auteur finit pourtant par le reconnaître : Bien entendu, les enfants jouent à faire semblant même lorsqu’ils ne croient pas au Père Noël. Le personnage n’est en rien essentiel au bon développement de l’enfant. Une fois de plus, le titre de l’article finit par être démenti par son contenu. La mythologie grecque ou Bilbo le Hobbit sont tout aussi capables d’alimenter l’imaginaire de vos enfants. Sans jamais prétendre qu’il s’agit d’événements réels…

En conclusion, je vous invite à lire et faire lire aux enfants qui vous entourent « Agathe ne croit pas au Père Noël« , de Catherine Dumonteil-Kremen et Marie-Pierre Emorine. Vous y trouverez de quoi alimenter intelligemment l’histoire du Père Noël, sans faire croire n’importe quoi aux enfants.

Je ne vous renvoie pas vers Amazon, je soutiens le mouvement de grève de leurs (serfs) salariés.

Agathe ne croit pas au Père Noël. Pourtant, elle se réjouit à l’idée de donner et de recevoir, de participer aux préparatifs dans les moindres détails. La magie de Noël est bien là !

 

PS : merci à Emmanuel F. pour avoir publié l’article de Slate sur FB.

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130 – PSA ferait des voitures ? En tout cas, s’ils le font, ce n’est pas pour l’argent !

Après Yovan Menkevic, c’est un nouveau journaliste que je découvre chez reflets.info. Pierre Deruelle commente de manière décalée le Plan de Sauvegarde de l’Emploi de PSA à Aulnay-sous-Bois (notez ce bel emploi du novlangue : un plan qui vise à licencier des salariés, donc à détruire des emplois, est devenu un Plan de Sauvegarde de l’Emploi…).

L’article étant un peu long, je me permets de le résumer ici : PSA est connu pour les voitures qu’il fabrique. Ça, c’est la vision du grand public. Mais en réalité, au sein du groupe, l’activité véhicules, en termes de revenus, est totalement éclipsée par les autres filiales, notamment les totalement inconnues filiales banques et assurances. Remarquez, c’est courant, que les filiales installées dans les paradis fiscaux soient méconnues. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y envoie les bénéfices des autres activités.

Il a bon dos, notre fleuron national. Une fois de plus, on nous leurre avec de grands mots. Mais avez-vous un reportage qui traitait de la totalité du groupe PSA sur les grandes chaînes publiques ? Non, il est tellement plus simple de faire pleurer à chaudes larmes sur les pauvres ouvriers, et leur combat désespéré pour garder leur boulot. Rappelez-moi de vous parler de l’inutilité de ces combats, un jour…

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67 – L’épreuve de vérité

Le Véritomètre, dont je vous parlais il y a 10 jours, poursuit son chemin.Voici le bilan du 06/03, où l’on constate que, malgré de nombreux mouvements,les candidats « de gauche » restent largement en tête. Les trois candidats « de droite » sont sous la barre des 50%. Bref, ça a l’air compliqué, de dire la vérité à droite…

Un point important : les scores sont basés sur la moyenne des notes depuis le début de la campagne. Le poids des mensonges et autres approximations passés va donc se faire de plus en plus lourd, et difficile à remonter. Les mauvais élèves le savent, il est difficile de sauver deux trimestres pourris lors du troisième. Bon courage aux candidats qui se sont déjà donné un gros handicap.

Mes lecteurs habituels se seront rendus compte que les articles sont plutôt légers en ce moment.

C’est vrai.

On pourrait même m’accuser de faire du remplissage.

Ce serait exagéré.

Il se trouve que mes journées sont bien remplies (ainsi que mes nuits, mais cela ne vous regarde pas !)

Donc, bonne nuit !

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63 – Message à François F. et Antoine A. : Non, il n’y a rien à garder dans HADOPI. Rien du tout.

Je l’ai déjà dit. Mais comme le message n’est pas passé, je le redis (la prochaine fois, François, il faudra écouter et retenir, hein ?).

Je te cite, François :

nous ne considérons pas le piratage comme un problème mineur. Nous soutiendrons et rendrons plus efficaces les actions judiciaires visant à tarir à la source la diffusion illégale des œuvres protégées.

Bref, une HADOPI 3, probablement sous un autre nom, histoire de faire « je suis de gauche » ?

Prenons l’exemple de la musique. Comment est né le système actuel de la diffusion de la musique ?

Il est né de trois contraintes :

  1. La difficulté d’accéder aux créateurs : avant 1995, le grand public ne pouvait pas physiquement accéder à l’ensemble des artistes. D’où la nécessité d’intermédiaires, qui sélectionnaient parmi les artistes ceux qui seront proposés au public.
  2. La rareté des compétences de production : accéder à un studio n’était pas simple pour un jeune groupe. D’où la nécessité d’intermédiaires, qui proposaient des ingénieurs du son, des directeurs artistiques et du matériel d’enregistrement coûteux.
  3. Le coût élevé de la diffusion : enregistrer un 33 tours ou un CD, le produire en milliers/millions d’exemplaires, le distribuer dans tout le pays, ça demande un réseau et des investissements considérables. D’où la nécessité d’intermédiaires spécialisés dans cette activité.

Que reste-t-il de ces contraintes aujourd’hui ?

  1. Je peux proposer une chanson, via Youtube ou Myspace, en quelques minutes, à la planète entière. Exit le besoin d’intermédiaire pour proposer mon œuvre au grand public.
  2. Le matériel d’enregistrement n’a jamais été aussi bon marché : il y a des caméras HD dans tous les supermarchés.
  3. Une fois mon œuvre en ligne, le coût de diffusion est nul. Il se trouve des dizaines de plate-formes en ligne pour offrir ce service.
  4. (3bis, en fait) Vous voulez produire une œuvre sur un support papier ? Les plate-formes de financement par souscription sont en plein boom :
  • kickstarter.com (généraliste, en anglais) : le dessinateur de Order Of The Stick, une bd INTEGRALEMENT GRATUITE sur Internet, vient de recevoir 1,254,120 $ (oui oui, 1,25 millions de dollars) de la part de ses fans pour rééditer les premiers albums.
  •  ulule.com (généraliste, en français) : l’éditeur Footbridge a reçu 23.108€ pour publier les Légendes de la Garde, soit 355% des besoins du projet.
  • MyWittyGames : vous avez une idée de jeu de société ? Demandez aux internautes de financer la production de votre bébé.
  • On ne présente plus MyMajorCompany

Bref, le modèle économique du XXe siècle du secteur musical n’a plus de raison d’être.

Il est tard, j’ai pas le temps de vous détailler à quel point mettre en place des logiciels de filtrage dans toute notre architecture réseau est une idée stupide et dangereuse. Cory Doctorow en parlait encore aujourd’hui.

Je rappellerai donc juste deux choses :

  • MegaUpload se faisait des millions de dollars. Il y a donc toujours des gens prêts à payer pour la culture. Et qui auraient préféré payer les artistes plutôt qu’un site pirate. Seulement, les Majors n’ont proposé aucune alternative à leur modèle dépassé.
  • Le transfert de données informatiques ne va pas disparaître. Il faut donc s’y adapter, plutôt que de tenter de le ralentir au maximum. Imaginez le même personnel politique lorsque la téléportation sera inventée. Tenteront-ils de l’interdire, pour concurrence déloyale envers Total, Renault et la SNCF ?

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58 – La vérité finit toujours par se savoir…

Après mon apologie du mensonge pour la bonne cause d’hier, je me devais de réhabiliter l’intérêt de la vérité.

Voici donc un nouveau site Web, le Véritomètre. Il me paraît bien parti pour rejoindre ces sites indispensables, dont on se demande comment on faisait avant leur invention.

Commençons par une image (qui vaut mieux), le long discours (qui vaut moins) est en-dessous.

Le véritomètre du 26/02/2012, à 11h36

Principes de fonctionnement

Cette application, conçue et réalisée par i>TÉLÉ et OWNI, vise à vérifier le discours politique des six principaux candidats (François Bayrou, François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy) durant la campagne présidentielle.

Elle propose un recensement et une vérification des interventions des six principaux candidats. Ces interventions sont vérifiées par OWNI à l’aide des bases de données de l’application mais également de sources externes.

Chaque citation vérifiée est notée entre « correct » (ce qui correspond à une note de 100%), « incorrect » (ce qui correspond à une note de 0%), et « imprécis » (50%). La catégorie « imprécis » nous permet de noter les citations trop floues ou approximatives, sans pour autant pouvoir être considérées comme entièrement vraies ou entièrement fausses.

La note globale d’une intervention est calculée en divisant le pourcentage obtenu par le nombre de citations vérifiées pour cette intervention. La note globale d’un candidat est calculée sur le même principe de moyenne.

Classement d’hier

L’image ci-dessus montre le classement de la « crédibilité » des candidats. Et je ne peux pas résister au plaisir de constater que les trois candidats de gauche présents ont un meilleur score que les trois candidats de droite…

Défauts

Le principal écueil de ce système de notation, c’est que chaque vérité compte de manière identique. Un candidat qui voudrait manipuler sa note n’a qu’à enchaîner quelques statistiques – correctement – recopiées de l’INSEE, et sa note montera mécaniquement.

De la même manière, toutes les approximations et les erreurs reçoivent la même importance. Se tromper de 10% dans les chiffres du chômage, ça donne la même pénalité que prétendre que la présence d’immigrés sur le territoire est responsable du chômage, de la délinquance, du mauvais temps et de ma tendinite.

Bref, le véritomètre serait meilleur avec quelques coefficients pondérateurs. Mais il faudra alors décider de leurs valeurs, ce qui posera à nouveau des difficultés.

Conclusion

Cette initiative d’Owni et i>TÉLÉ est utile et bien conçue. Elle présente quelques défauts de jeunesse, mais rien d’insurmontable. J’espère qu’elle recevra suffisamment d’attention, pour que les politiciens accordent plus d’importance aux faits. Enfin, elle remplit exactement le rôle prévu par xkcd dans ce dessin :

"Citation nécessaire"

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