Articles tagués Le président des riches

77 – Mais non Riton ! C’est pour ça qu’on est en démocratie aujourd’hui ! — M’sieur ! M’sieur ! C’est quoi la démocratie m’sieur ? — Mais la démocratie les enfants ! On est dedans !

J’ai déjà cité deux fois des articles de Yovan Menkevick.

Le premier, c’était la stratégie du rejet. Il faisait partie des sources de mon article 24 – Pas si maso.

Le deuxième, c’était “François H : le vide tranquille (analyse de la présidentielle)”, pour illustrer mon article 39 – Le vote utile (de qui ? pour qui ? contre qui ? avec qui ? selon qui ?

J’arrive donc à la conclusion qu’avec un 3e article aujourd’hui, ce journaliste dont j’ignore tout est bien parti pour me plaire.

Voici la perle du jour :

Oligarchie 2012 : welcome to the Matrix

Enfin, du jour, du jour, l’article est paru avant-hier. Venez pas m’emmerder avec des détails. Ce qui est intéressant, c’est le contenu, pas la date. C’est pas un œuf de supermarché.

Le titre de l’article mentionne Matrix, il s’agit bien du film. Ce qui peut rendre la longue métaphore filée basée exclusivement sur le film – réalité, apparence de la réalité, pilule bleue, pilule rouge – un peu absconse pour ceux qui ne l’auraient pas vu. Ou qui l’ont vu mais juste pour les scènes de baston.

Je vais donc vous faire un petit digest des meilleurs morceaux.

  • L’apparence de la réalité, une apparence dans laquelle nous vivons tous et que nous partageons, c’est ça :
[...]il y a une crise économique mondiale, des partis politiques opposés qui luttent pour gagner une élection, un système économique et social en péril, enfin bon, la routine quoi. Tu hésites à aller voter, mais quand même, la citoyenneté faut pas déconner, c’est un des derniers trucs qu’il te reste pour te sentir un peu acteur de la vaste machine qui t’entoure.[...]
[...]il n’y a pas de crise financière ou économique véritable. Les ultra-riches qui composent la super-classe dominante (et qui dirige l’oligarchie planétaire), au lieu de souffrir de la crise financière, se sont au contraire enrichis et continuent de le faire allégrement. Dans ce monde, les élections n’ont aucun enjeu véritable: les entreprises de sondages qui appartiennent à l’oligarchie entraînent les foules à voter pour des politiciens mesurés (des acteurs mineurs de l’oligarchie), qui savent composer avec les véritables acteurs majeurs de cette oligarchie qui détient à elle seule 90% des outils de production de richesse du pays.
 
Dans ce monde réel, décrit par ces chercheurs, la liberté d’expression a été remplacée par la liberté d’opinion (qui ne dérange pas du tout l’oligarchie), et la presse, rachetée par l’oligarchie à 80% simule les débats d’idées et les oppositions politiques entièrement composées sur une partition oligarchique.[...]
 
L’oligarchie est composée d’une petite poignée d’hommes d’affaires à la tête de méta-entreprises internationales : leurs chiffres d’affaire à ces méta-entreprises sont supérieurs aux PIB de nombreux pays européens. Ces hommes à leur tête peuvent à tout moment frapper à la porte de n’importe quel chef d’Etat de la planète pour y être reçus, écoutés. Ils tiennent entre leurs mains le sort de millions d’individus : par les conflits qu’ils peuvent déclencher (dans le cadre de l’énergie par exemple), ou des modifications économiques, sociales qu’ils peuvent imprimer à des pays entiers. Ils influencent le destin de l’humanité puisqu’ils sont ceux qui détiennent la quasi totalité des richesses mondiales [...]

A vous de vous faire votre idée. Pensez-vous vraiment être dans une démocratie ? Un système politique où, après réflexion et débat, les décisions ne sont prises que par une majorité de TOUS les citoyens ?

Attention, je dis bien "les citoyens". Pas leurs représentants élus, et indéboulonnables durant leur mandat. Non, vous et moi.

Comme le disent les Pinçon-Charlot dans "Le président des riches", le meilleur moyen de lutter contre l’oligarchie qui s’est emparée de notre démocratie, c’est de réaliser sa présence, puis de la dénoncer sans relâche. Parce que les oligarques et leurs sbires n’aiment rien tant que de rester dans l’ombre, avec une étiquette de démocrate.

En conclusion, un grand merci à Yovan Menkevick, et n’oubliez pas de Flattrer son article.

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47 – Le candidat du passif

Hier, le citoyen Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Pour mémoire, il est président de la République française depuis 5 ans, et, les 14 années précédentes, ministre durant 5 ans et demi.
Son action politique a donc largement façonné notre pays durant une décennie. Caractérisée par une hyperactivité entretenue, quelles en sont les conséquences?
C’est à cette question que Monique Charlot-Pinçon et Michel Pinçon ont répondu, dans un ouvrage très complet. Fort justement intitulé "Le président des riches", vous y trouverez, entre autres :

  • Le rappel des liens entre nos dirigeants politiques actuels et le monde des affaires, symbolisé par le dîner du Fouquet’s.
  • Les toutes premières mesures, à commencer par le bouclier fiscal visant à protéger les hauts revenus.
  • Les niches fiscales comme s’il en pleuvait.
  • Les avantages fiscaux pour les héritiers.
  • Le détail de l’oligarchie  au pouvoir.
  • Les récompenses officielles dévoyées en cadeaux aux amis (Sarkozy faisant Stéphane Richard chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2006 : "Stéphane, t’es riche, t’as une belle maison, t’as fait fortune… Peut-être plus tard y parviendrai-je moi-même… C’est la France que j’aime !")
  • La répression de la misère, présentée comme une cause de la délinquance plutôt qu’une conséquence des politiques menées.
  • La guerre psychologique menée avec le soutien objectif des grands médias.
  • Les antécédents de Nicolas Sarkozy en tant qu’avocat d’affaires.
  • Le mélange des genres entre l’État, la famille et le couple présidentiel (Jean Sarkozy, président de l’EPAD ?).
  • Les mots pour ne pas le dire ("Les paradis fiscaux, c’est ter-mi-né !").

Mais ce constat, fort bien réalisé, serait passablement déprimant s’il s’arrêtait là. Parce que face à cette mafia organisée au sommet de l’État et de l’argent, le citoyen se sent démuni. La vraie force de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, c’est dans le dernier chapitre qu’on la trouve.

Reprenant un titre à haute teneur historique, le chapitre "Que faire" donne des axes de travail, de résistance, tout à fait réalisables par chacun de nous. Quelques exemples :

  • La vigilance idéologique : faites attention aux mots employés, et aux réalités qu’ils cachent.
  • Faire connaissance avec l’oligarchie. A commencer par celle de votre commune. Exercice pratique : qui est votre maire ? Quels sont ses contacts professionnels ? Qui sont ses amis ? En répondant  ces trois questions, vous verrez probablement se dessiner les contours de l’oligarchie locale, et en particulier ses conflits d’intérêts…

Au-delà du niveau local et individuel, des principes collectifs sont mis en avant :

  • Abolir le cumul des mandats.
  • Rendre le vote obligatoire.
  • Nationaliser les banques.
  • Rendre l’impôt réellement progressif, par un prélèvement à la source sur les revenus du travail comme du capital.

Lisez ce livre, parlez-en autour de vous, c’est le meilleur médicament contre un (improbable) second mandat Sarkozy.


PS: ce bouquin est l’équivalent d’un déjeuner gastronomique. Que du bon, mais pas en quantité exagérée. Si vous voulez la version fast-food, voici 600 (bonnes) raisons de ne pas voter Sarkozy, par Samuel Duhamel, de Rue89.

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