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101 – Tendre l’autre joue. C’est quand même chaud, à faire vraiment.

Dès que l’on parle de non-violence, une icône vient à l’esprit : Gandhi.

L’histoire de son combat contre l’Empire britannique est resté célèbre. Notamment au travers de l’application de la non-violence.

« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? »

« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. »

Mais cette position a souvent été critiquée, moquée, par incompréhension. Alors que Gandhi lui-même ne l’excluait pas en toute situation.

« Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence. »

Ouais, mais on n’est pas dans un pays colonisé, si ?

Officiellement, non. Officieusement ? Ben, dans une oligarchie, on peut considérer qu’on est occupés par une bande de riches.

Mais au quotidien, à moins que vous ne soyez une femme battue, il est peu probable que l’on vous tape dessus. Ah, si, j’oubliais les enfants, à qui "une fessée n’a jamais fait de mal" (note : faire un article sur l’inutilité des châtiments corporels, aussi minimes soient-ils).

Par contre, il peut arriver que l’on fasse une mauvaise rencontre. Et qu’un maraud cherche à nous délester de notre portefeuille, sous la menace de violences.

Il peut aussi arriver de se faire enfler par une administration, et d’être submergé par l’envie de régler ça avec ses poings.

Eh bien, dans ces cas-là, la seule réponse constructive, c’est de ne pas répondre. De se laisser frapper. Humilier.

Mais ? C’est nul comme conseil !

Peut-être. Mais de toutes les réponses envisageables, c’est la moins pire.

Riposter ? C’est continuer le cycle. Toute réponse sur le même mode de communication ne peut qu’accroître la démonstration de violence de part et d’autre.

De nombreuses personnes se sont élevées en critiques de la non-violence, dont Léon Trotski, George Orwell et Malcolm X. Une de leurs critiques portait sur le fait que la non-violence dépossédait le peuple de sa meilleure arme.

Quand on voit à quel point les révolutions ont engendré leur lot de massacres, ça paraît être une arme à double tranchant. Alors que la non-violence est une excellente arme.

Une arme à la portée de n’importe qui.

Contrairement aux idées reçues, la non-violence est utilisable par le peuple contre ceux qui l’oppriment. Et comme n’importe quelle arme, il faut s’entraîner à la manier. Vous n’iriez pas vous battre à l’épée sans rien y connaître, bien sûr.

Fort heureusement, il y a des gens qui se sont attelés à la rédaction du manuel d’utilisation. "De la dictature à la démocratie" est un livre de Gene Sharp, publié par l’Institution Albert Einstein. Il donne, en 10 chapitres, le mode d’emploi d’une révolte non-violente réussie. Le tout est basé sur l’expérience des révoltes ratées et réussies du passé. Voici le sommaire.

  1. Faire face avec réalisme aux dictatures
  2. Les dangers de la négociation
  3. D’où vient le pouvoir ?
  4. Les faiblesses des dictatures
  5. L’exercice du pouvoir
  6. La nécessite de la planification stratégique
  7. La planification stratégique
  8. L’application de la défiance politique
  9. Désintégrer la dictature
  10. Les fondements d’une démocratie durable

Les conseils prodigués sont exclusivement tournés vers l’application. Pas de théorie absconse, pas de philosophie douteuse.

Extrait :

Les  modalités  et  implications  des solutions violentes sont bien connues, des armes physiques sont utilisées pour intimider, blesser, tuer et détruire.

La lutte non-violente est un moyen beaucoup plus complexe et multiforme. Son arsenal inclut des armes de nature  psychologique,  sociale,  économique  et  politique qui  sont  maniées  par  la  population  et  les  institutions sociales.  On  parle  de  protestations,  de  grèves,  de  non-coopération,  de  boycotts,  de  désaffection  ou  de  pouvoir du peuple.

Une des sources du problème.

Un des problèmes majeurs de la non-violence est résumé dans la première phrase de cet article. Quand je dis "non-violence", nous pensons tous au même type, un vieux en pagne, mort depuis 64 ans. En fouillant un peu plus loin dans notre mémoire, qui se présente ?

McGyver ? Ce n’était pas vraiment un saint.

Salvor Hardin ? Le personnage d’Isaac Asimov qui dit dans Fondation que "La violence est le dernier refuge de l’incompétence." ? Je n’ai retrouvé son nom que grâce à Google.

(Je compte sur vous pour m’indiquer d’autres héros non-violents dans les commentaires.)

Ce que je veux dire, c’est que le jour où on arrêtera de donner à nos enfants des idoles qui passent leur temps à se battre, le monde ira forcément mieux.

Comme le disait si bien avant-hier Alex Nikolavitch, dans "Le funko c’est funky", "Dans une société idéale, c’est le film de bouffe qui devrait être le genre majeur, et pas le film de guerre."

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