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2014-055 – [Myroie] L’interview. Partie 3 : Une rôliste débutante et enthousiaste

Cet article prolonge l’interview débutée ici, et poursuivie .

Tes tweets font parfois référence aux jeux de rôle. Depuis quand joues-tu ? Pourquoi ? Comment ?

J’ai toujours été intéressée par le Jeu de Rôle (enfin, à partir du moment où j’en ai entendu parler), mais les occasions m’ont souvent manquées parce que je fréquentais pas des cercles d’amis qui étaient vraiment passionnés par ce type de divertissement. J’avais tenté d’en faire une fois quand j’étais étudiante, mais c’était avec des gens que je connaissais pas très bien et finalement ça a vite capoté. Mais comme je l’ai dit, dernièrement, j’ai rencontré des tas de gens formidables, dont une rôliste (Keela Ciel d’Orage, sur twitter) qui a une imagination débordante et qui fait une excellente Maître du Jeu. Du coup, je joue à peu près une fois par mois avec elle et des amies qu’elle m’a présentées. C’est amusant parce qu’on est toutes sensibilisées au féminisme intersectionnel, du coup notre manière de jouer s’en ressent. Par exemple dans l’un de nos univers, je joue un « Nice Guy » parfaitement insupportable et ça créé pas mal de situations cocasses.

Pourquoi j’y joue, donc, ben parce que ça me plaît. En plus, je trouve que c’est un excellent moyen de développer son imagination et d’apprendre à improviser. Un peu comme au théâtre, avec les matchs d’impro. Plus ça va, plus je rentre dans mon personnage, plus je l’enrichis et plus je tente de jouer en fonction de son caractère. Des fois j’ai presque l’impression d’avoir un dédoublement de personnalité et c’est parfaitement jouissif.

Tu joues… uniquement avec des filles ? Ça existe, ça ? Blague sexiste à part, mon expérience de plusieurs clubs de jdr et de conventions est très majoritairement masculine. Vous faites le choix de jouer entre filles, ou c’est par absence de mec intéressé ?

Ouh, la vilaine blague : tu seras fouetté. Bref. Oui, effectivement, on est seulement entre femmes. Par hasard. Non, nous ne sommes pas des misandres castratrices, ça s’est juste fait comme ça. À mon avis, il y a bien plus femmes qu’on le croit qui sont intéressées par les milieux geeks, mais vu l’ambiance tendance misogyne qui règne dans les conventions, je comprends qu’elles les fuient. Personnellement, je suis toujours sur la défensive quand je me retrouve entourée de geeks masculins, parce que je sais que tous les délires de « fake geek girl » sont pas loin (avec les blagues pas drôles sur les sandwichs en bonus). Et comme ça m’emmerde de devoir me justifier auprès de mecs que je connais pas au sujet de mes passions et de mes loisirs, j’ai tendance à davantage me tourner vers celles qui me demandent pas de comptes… Et malheureusement, les personnes qui ne m’en demandent pas sont plus souvent des femmes. En fait, c’est tout juste si je fais ça consciemment. Je fréquente les personnes qui ne me jugent pas et qui sont bienveillantes. Je me retrouve donc plus facilement avec des personnes sensibilisées à l’intolérance et qui savent que toutes ces conneries de « fake geek girl » ne sont que des perpétuations du sexisme et de la mentalité de cloché (ne touche pas à mes passions, vil néophyte !). C’est con quand-même. Les gens sont près à tout pour se sentir originaux, y compris à rejeter les personnes qui s’intéressent aux mêmes choses qu’eux. Alors que bon, c’est chouette de rencontrer des gens qui aiment les mêmes choses que toi, je trouve. Et c’est pas grave s’ils connaissent moins ou s’ils s’y intéressent avec moins de passion, c’est toujours plaisant de partager des centres d’intérêts communs.

Mon expérience des filles en club, c’est plutôt un accueil respectueux. Bon, la plupart étaient des copines de joueurs. Mais je n’ai jamais été témoin du syndrome « fake geek girl ». Peux-tu me donner quelques exemples de ces déclarations misogynes ?

Oh, oui, bien sûr, il existe heureusement des cercles respectueux. Mais ce n’est pas la majorité, contrairement à ce que les geeks masculins de mauvaise foi veulent nous faire croire. De toute façon, quand on est un homme, on ne peut pas toujours se rendre compte de ce que c’est que vivre la misogynie. Une blague qui semblera anodine à ces messieurs sera blessante et lourde à porter pour une femme. C’est comme le harcèlement de rue : ce n’est pas parce que des hommes n’en ont jamais vu (forcément, ils n’en sont pas la cible !) que ça n’existe pas. Bref.

Je n’ai pas fréquenté de conventions de JDR donc je ne peux pas donner d’exemples dans ce milieu spécifiquement (même si j’ai déjà entendu des témoignages sur le sujet qui étaient pas super encourageants ; il ne faut pas se leurrer, aucun milieu n’est épargné par la misogynie). Par contre, j’ai déjà travaillé dans le milieu du jeu vidéo et j’ai été à quelques conventions de JV ou en rapport avec le Japon et les mangas (type Japan Expo). Ce sera toujours les mêmes problèmes (qui ont été très bien décrits dans l’article de Mar_Lard) : blagues lourdes sexistes, sous-entendus sur le physique de telle ou telle femme, dénégation de la capacité à jouer aussi bien qu’un homme (« alors tu joues à quoi, en dehors des sims ? »)… Comme exemple spécifique, je peux parler de ma première expérience de JDR : je jouais à Donjons & Dragons avec que des mecs. Ça peut paraître dérisoire, mais c’est toujours moi qui faisait à bouffer, et ils ne m’ont jamais remerciée pour ça, proposé de l’aide ou même proposé de faire la popote la fois suivante. Pour eux, que la seule femme se cogne la bouffe, c’était normal.

Autre exemple, durant un de mes stages en entreprise dans le milieu du Jeu Vidéo, j’ai été confrontée à un autre stagiaire qui voulait absolument me donner des directives sur mon travail alors qu’il n’avait pas à le faire. Ce même type a tenté de prendre mes fesses en photo un jour où je portais une jupe. Mais je l’ai pris en flagrant délit et je l’ai engueulé. En fait, quand je commence à y réfléchir j’ai des tas et des tas d’exemples qui me viennent en tête. Que ce soit du sexisme que j’ai subi, dont j’ai été témoin ou issu de témoignages que j’ai lus… Dans le milieu geek les exemples ne manquent pas. D’ailleurs, plusieurs twittos ont décidés de créer un site qui référence tous les exemples de sexisme qui existent dans ce milieu, et tristement, ils ont de quoi le remplir tous les jours.

Un exemple de réponse possible à ce genre de comportement :

Joli t-shirt de Batman. Je parie que tu ne lis même pas les bd / Joli maillot de sport. Je parie que tu ne suis même pas l'actualité de l'équipe.

Joli t-shirt de Batman. Je parie que tu ne lis même pas les bd / Joli maillot de sport. Je parie que tu ne suis même pas l’actualité de l’équipe. Et ce n’est pas un t-shirt de Batman, mais de Batgirl. Apprends tes logos.

Continuons sur le jeu de rôle. Quels sont tes jeux préférés ? Pourquoi ?

Je suis encore une novice, alors forcément, je connais peu de jeux. Du coup, de là à parler de mes jeux préférés… Jusqu’à maintenant, j’ai expérimenté trois univers : l’incontournable Donjon & Dragon, Lacuna et l’univers de mon amie MJ créé de toutes pièces et basé sur un de ses romans. J’ai aussi déjà joué à quelques « mini » Jeux de Rôles (ou « jeux d’ambiance ») du type Loup Garou ou Petits Meurtres et Faits Divers. Et impossible de dire lesquels je préfère, ils ont tous leurs particularités. En fait, je crois que dans ce genre de jeu, ce qui importe le plus c’est avec qui tu joues, pas le jeu en lui-même. Ceci dit, j’ai hâte de découvrir d’autres univers, peut-être qu’à terme, j’aurai effectivement des préférences.

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2014-054 – [Myroie] L’interview. Partie 2 : ses ambitions pour changer le monde

Cet article prolonge l’interview débutée ici.

Tu as donc pour ambition de changer le monde, et les humains qui le peuplent, notamment au travers de ton blog et d’échanges en ligne. C’est très ambitieux, non ? Et à la fois un peu dérisoire/insuffisant, non ?

Effectivement, ça peut paraître ambitieux. Voire utopique. On me le dit souvent, d’ailleurs. Pourtant, je ne fais qu’appliquer le principe du conte du Colibri (http://colibri91.net/colibri.html) : je fais « ma part ». Peu importe que les autres ne fasses pas la leur, je fais ce que je peux à mon échelle. Si j’arrive à apporter un peu d’amélioration à mon niveau et un peu de bonheur autour de moi, alors j’aurais fait mon travail à moi. D’une certaine manière, c’est un peu ma raison de vivre : améliorer les choses pendant mon vivant, aussi peu que ce soit. Mon but n’est pas vraiment de changer le monde et les gens, mais plutôt de permettre et d’encourager un changement vers du mélioratif. De créer des cercles vertueux ou de permettre à ceux dans lesquels je me trouve déjà de prospérer. En réfléchissant à toutes les injustices qui existent par exemple, j’ai compris comment elles pouvaient exister et blesser. Du coup, je tente de ne pas les renforcer, mais plutôt de les déconstruire. Ça peut paraître dérisoire, mais ça m’a permis déjà d’être plus bienveillante envers moi-même et envers les autres, et si c’est peu à l’échelle du Monde, dans mon univers à moi, c’est déjà énorme.

Tes combats sont très nombreux : végétarisme, féminisme, anti-capitalisme, droits LGBT, écologie… Tu n’as pas peur de te disperser ? Ne penses-tu pas qu’il faudrait prioriser un peu, et agir là où c’est le plus important ?

Je n’aime pas cette théorie selon laquelle il y aurait des combats plus importants. Selon moi, toute souffrance est à prendre en compte (tant qu’il ne s’agit pas de blessure à un ego mal placé). Toutes les intolérances doivent être déconstruites, il n’en existe pas de moins graves que d’autres. Et toutes les injustices humaines doivent cesser. Il y a urgence à tous les niveaux : il faut que nous apprenions à vivre tout en respectant notre environnement, sinon nous allons mourir ; il faut que notre système économique change, sinon il y aura de plus en plus de criminalité à cause des injustices qui frappent les plus démunis ; il faut que l’intolérance cesse, sinon ceux qui en sont frappés recracheront leur agressivité ailleurs et avec violence,perpétuant ainsi tous les cercles vicieux de notre société. Nous créons notre propre enfer et nos propres symptômes sociaux. À nous de nous soigner.

Imaginons qu’une personne est atteinte du cancer et d’une angine blanche. Tout bon médecin traiterait les deux maladies en même temps, même s’il y en a une qui a l’air plus destructrice que l’autre. Parce que ce médecin sait que si on ne soigne pas vite l’angine blanche en même temps que le cancer, et bien, l’angine va s’aggraver et plus tard, il sera bien plus complexe de la soigner, voire impossible. On peut se sentir concernés par toutes les causes. Après, on peut choisir de lutter pour celles qui sont le plus proches de nous. Moi-même, je suis plus active en tant que féministe, écolo et anti-spéciste (personne luttant pour le droit des animaux) parce que ce sont des sujets qui me touchent directement. Mais je pense qu’il est important de prendre en compte tous les problèmes sociaux afin de lutter sans encourager d’autres systèmes intolérants. Il faut avoir assez de connaissances pour au moins faire attention à ne pas encourager les autres systèmes d’oppressions. Selon moi, c’est le minimum.

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2014-038 – [myroie] Féminisme, les mots pour le dire

Après un excellent article sur l’humour, arme de défense et d’attaque, j’ai découvert un autre article de myroie. Elle y parle de sa contribution à une FAQ sur le féminisme. Je ne recopie ici que les titres des rubriques. Si l’une de ces remarques vous parle, je vous incite fortement à lire la réponse qui va avec.

(Je ne vous livre ceci qu’à titre documentaire, bien sûr. Il n’y a aucun fondement à ces élucubrations féministes. Chacun de mes lecteurs sait que la guerre des sexes est aujourd’hui terminée.)

Qu’est-ce que le sexisme ?

Oui, mais regarde, y’a plein de femmes que ça ne dérange pas.

Ça ne dérange que les féministes.

On a déjà fait de gros progrès en France/en Europe.

D’autres pays/certaines religions sont beaucoup plus sexistes.

Il n’y a pas des problèmes plus importants ? Pendant ce temps, des enfants meurent de faim en Afrique ! / Il y a pire ailleurs, soit content de ce que tu as.

Les féministes veulent instaurer une matriarchie / Vous voulez prendre le pouvoir.

Les féministes sont sexistes aussi / Et les hommes ? / Et le masculinisme ?

Vous les féministes, vous n’aimez pas les hommes de toute façon ! / Vous êtes des lesbiennes mal-baisées.

Moi de toute façon, je ne suis pas sexiste.

Y’a quand même des différences biologiques objectives.

Oui, mais les hommes ont un pénis et de la testostérone et les femmes des seins et des œstrogènes, et puis les femmes portent les enfants, c’est la nature.

Moi je crois que l’homme et la femme sont égaux mais complémentaires.

Je préfère le terme Anti-Sexisme.

Moi je suis pas féministe, je suis égalitariste/humaniste.

Moi j’aime pas les mots en « -isme »

Vous êtes vachement agressives quand même, ça ne sert pas votre cause.

Les féministes sont paranoïaques.

Les féministes veulent neutraliser toutes différences entres les individus, rendre la société homogène sans respecter les particularités de chacun.

Vous les féministes, vous n’avez pas d’humour.

Les femmes ne sont pas obligées de se maquiller, s’épiler, etc., elles le font uniquement par plaisir.

Vous parlez au nom de toutes les femmes sans leur demander leur avis !

Le féminisme défend les droits de la femme… bourgeoise !

Le féminisme s’attache à des luttes peu importantes, comme la suppression du terme « mademoiselle »

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169 – De l’influence des dessins animés sur l’éducation de nos enfants (et la nôtre !)

Connaissez-vous encore par coeur le générique des dessins animés de votre enfance ?

Test :

Et si je vous dis « Ce rêve bleu… », vous visualisez un mendiant du Proche-Orient ?

Mais que en dehors de ces souvenirs plus ou moins conscients, quelles sont les valeurs transmises ?

Je me souviens d’être tombé sur un épisode de Totally Spies, dont le méchant était un syndicaliste qui voulait empêcher les magasins d’ouvrir le dimanche. Oui oui, le méchant. Parce qu’il faut vraiment être un pourri pour empêcher les trois jeunes héroïnes-consommatrices de faire du shopping 24h/24 et 7j/7, n’est-ce pas ?

Mais bon, Totally Spies, tout le monde sait que c’est pas terrible. Qu’en est-il de nos grands classiques ? Les Walt Disney de notre enfance ? Les chers Pixar de nos enfants ?

Je vous invite à regarder cette vidéo sur les Walt Disney. C’est en anglais, mais les images parlent d’elles-mêmes.

Le résultat est clair : les hommes séduisants sont tous sur le même modèle, et les femmes sont soit soumises, soit imitatrices des hommes pour réussir.

Quant aux films Pixar… J’ai déjà dit tout le bien que je pense de Rebelle. Il n’empêche que les Indestructibles et Shrek 4 font très mal, lorsque l’on décortique leur contenu. Sexisme extrêmement lourd, et pourtant camouflé sous un saupoudrage de façade féministe. Vicelard, non ? Extraits.

Le film Les Indestructibles tourne autour d’un personnage masculin, Robert Parr, un père qui traverse une crise existentielle menaçant son bonheur et celui de sa famille. […]

Alors que sa femme attend de lui qu’il s’investisse plus dans les tâches parentales (« Il est temps que tu t’investisses ! », lui crie-t-elle un jour où elle est vraiment à bout de nerfs), il passe son temps à fuir l’univers oppressant du foyer, en allant par exemple retrouver son pote le soir pour discuter du bon vieux temps pendant que la mère s’occupe des gosses. Ce dont Robert a peur, c’est de perdre son statut d’être « exceptionnel », et d’être ainsi « sous-estimé » comme il l’avouera à la fin. Par la bouche de son héros, le film rend ainsi compte d’une peur qu’ont sûrement connue (et que connaissent encore) un grand nombre de « nouveaux pères » : la peur de perdre leur statut privilégié et prestigieux au sein de la famille. Et en effet, il y a des raisons d’avoir peur. Car en lui demandant de s’investir autant que la mère dans les tâches domestiques et parentales, on demande au « nouveau père » de partager avec elle sa condition féminine qui est loin d’être une sinécure, puisqu’elle consiste à accomplir quotidiennement et gratuitement un travail qui n’est pas du tout valorisé, et d’ailleurs même pas reconnu comme un travail à part entière. Robert incarne donc des peurs bien réelles chez les « nouveaux pères » : peur de voir sa vie sociale à l’extérieur du foyer fortement restreinte, peur de sombrer dans un quotidien morne et répétitif, peur de perdre la place la plus prestigieuse au sein de la famille, peur d’accomplir un travail complètement invisibilisé et par là même aucunement valorisé. En résumé : peur de subir ce que les hommes font subir aux femmes depuis des lustres…

Malheureusement, à aucun moment le film ne permettra une telle esquisse de critique du patriarcat, en montrant par exemple que ce qui est si difficile à supporter pour un homme l’est peut-être tout autant pour une femme… Non, ici, c’est avant tout l’homme qui souffre. La femme passe son temps à accomplir toutes les tâches ménagères et à s’occuper des enfants, elle n’a pas de travail ni de vie sociale en dehors de la maison, mais cela n’est pas du tout un problème pour elle. Sa condition n’est jamais présentée comme une possible source de souffrance. Ses seuls problèmes, ce sont les problèmes des autres (son fils intenable, sa fille mal dans sa peau, et surtout son mari dépressif). Le film nous dresse ainsi le portrait d’une mère qui accomplit parfaitement le rôle qui lui est imparti sous le patriarcat : celui d’un « être pour autrui » qui doit faire passer les autres avant soi, assurer l’unité et l’équilibre émotionnel de la famille pour que les autres individualités puissent s’y épanouir. Et jamais dans le film ce rôle n’est montré pour ce qu’il est réellement : une pure et simple exploitation, le produit d’un rapport de domination exercé par les hommes sur les femmes.

L’auteur du long article dont j’ai reproduit les extraits ci-dessus, Paul Rigouste, nous livre une analyse très détaillée des Indestructibles. Et ça fait mal. On renvoie à nos enfants que les femmes ne sont que des râleuses qui empêchent les hommes d’accomplir leur destin d’être exceptionnel. Et qu’elles sont très heureuses de leur situation de « responsable des tâches domestiques »…

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ça me laisse un goût amer dans la bouche. Et surtout, une montagne de boulot devant moi : il faut filtrer, ou au moins essayer, les dessins animés de nos enfants. Mais c’est mission impossible : on ne peut pas contrôler ce qu’ils verront chez des copains, chez les grands-parents ou ailleurs. On en revient donc à la première responsabilité des parents : expliciter le monde, discuter avec les enfants, et leur enseigner à prendre du recul sur ce qu’ils voient et entendent…

Y a des parents dans la salle ?

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135 – Eh mad’moizelle, z’êtes charmante !

Une vidéo a enflammé de nombreuses discussions entre internautes. Allez faire un tour sur Libération, et revenez.

Ah bah non, c’est une vidéo Youtube, je peux aussi bien la mettre là.

Cette vidéo a le mérite de remettre le machisme ambiant en lumière. Mais au-delà de la critique facile de ces comportements, critique qui n’amène guère de solution, tentons de nous intéresser aux causes du problème.

Prenons Matthieu. Matthieu est en centre-ville. Avec ses trois meilleurs potes, Edhi, Maxence et Dilanne. Ils aiment se poser, regarder passer les filles, leur donner des notes, et interpeler les plus jolies.

Pourquoi ? Suivez le plan :

  1. Siffler les filles dans la rue.
  2. Coucher.

Option 1 : ça marche !

Ok, il y a des refus. Mais le principal, c’est qu’il y a régulièrement des filles qui trouvent que Matthieu est trop mignon, quand il mentionne leur « joli p’tit cul ». Et qui l’entraînent derrière le bosquet du jardin municipal pour un 5 à 7 (minutes) torride.

Test : connaissez-vous une seule femme qui réponde positivement à ces sollicitations ? Ouais, moi non plus.

On peut imaginer qu’elles ont honte, et cachent leurs plaisirs coupables. Ouais, moi non plus.

Option 2 : ça ne marche pas !

Jour après jour, les remarques s’enchaînent, et les râteaux avec. « T’es trop bonne », « fais pas ta pute » et « vas-y, j’te parle » ne sont pas les phrases magiques espérées. Mais alors, pourquoi continuer ? On voit sur la vidéo ci-dessus que des hommes mûrs poursuivent l’expérience, sans aucun succès palpable. On peut même l’entendre dans leur voix : ils n’y croient pas eux-mêmes.

Sous-option 2.1 : si ça ne marche pas, c’est que je n’ai pas assez essayé.

Malgré toutes les déceptions antérieures, l’espoir guide les mots de nos jeunes désœuvrés. Ils le savent, ils en sont sûrs, le succès est au bout de leurs déclarations imagées et fleuries. De toute façon, les autres options sont trop compliquées à mettre en œuvre. Allez, on ne change pas une équipe qui perd.

Cette option me paraît déjà un peu plus crédible.

Sous-option 2.2 : si ça ne marche pas, je m’en fous, je vais me défouler quand même.

Ils le savent, que les femmes sont totalement insensibles aux soi-disant « compliments » qu’elles reçoivent dans la rue. La meilleure preuve, c’est que lorsque l’une d’entre elles, plus provocatrice ou plus exaspérée, les prend au mot façon « Ok, prends-moi, là, tout de suite maintenant », nos dragueurs amateurs se retrouvent bien dépourvus. Donc ils le font pour une autre raison. Quelques suggestions, liste non-exhaustive :

  • Souder le groupe.
  • Exprimer sa frustration sexuelle.
  • Critiquer l’évolution de la société, qui a permis aux femmes d’être plus exigeantes dans le choix de leur(s) partenaire(s).
  • Passer le temps
  • Maintenir la place de l’homme comme dominant par rapport aux femmes

J’en oublie sûrement un paquet. Mais à partir du moment où l’on sort du schéma « ils sont trop nuls pour draguer », on peut trouver de nombreuses explications à ces comportements. Et les expliquer, c’est déjà commencer à trouver une solution…

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