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2013-036 – Vers la sobriété heureuse, de Pierre Rahbi

Je lis mon premier livre écrit par Pierre Rahbi. Il s’agit de « Vers la sobriété heureuse« . Je vous remets ci-dessous un extrait, qui recouvre plusieurs thèmes abordés dans des articles de ce blog.

« Si l’on veut instaurer sur notre planète commune une équité inspirée par les impératifs moraux, on est amené à dire que, tant que l’ensemble des êtres humains n’a pas accès aux ressources vitales, il y a spoliation. Tant qu’un seul enfant naît dépourvu de ce qui lui revient légitimement en tant qu’être vivant, il y a usurpation car les biens venus de la terre, qui sont encore abondants, sont dédiés à tous les êtres vivants qu’elle héberge et non à ceux qui, par le pouvoir politique, la loi du marché, les finances ou les armes, s’en attribuent la légitimité. Un tel hold-up est aujourd’hui entériné par des lois qui en font une norme que l’on ne peut remettre en question. Tant que cette malhonnêteté ne sera pas considérée comme illicite selon l’ordre et l’intelligence de la vie, l’humanité ne pourra être pérenne. »

Ainsi, misère, pauvreté et richesse cohabitent sur notre planète commune et créent des hiérarchies de l’avoir et du pouvoir débouchant sur toutes les répressions – le tout imputable à l’idéologie du toujours-plus illimité. »

Les articles auxquels je ne peux m’empêcher de penser sont les suivants :

Il pose un diagnostic intéressant de nos sociétés occidentales, et trace une voie vers un avenir meilleur. Mais le point le plus intéressant est qu’il se penche aussi sur les contradictions inhérentes à son propre mode de vie. Pour diffuser ses idées au plus grand nombre, il est contraint de prendre part à la société capitaliste. La seule alternative étant le repli sur soi-même, il a choisi parmi tous les maux celui qui lui paraissait le moindre : propager son message passe avant sa propre exemplarité.

Je n’ai pas encore fini ce livre. Je sais cependant déjà qu’il prendra une grande importance dans mes réflexions.

Et vous ? Vous êtes-vous déjà penché sur la question de ce que vous pouviez changer en vous et autour de vous ?

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154 – De l’équilibre des règles dans le jeu de rôle

De nombreux jeux de rôles tentent d’équilibrer les capacités des personnages. Dans Donjons & Dragons, une boule de feu d’un magicien débutant doit faire à peu près aussi mal à un ennemi qu’un coup d’épée d’un guerrier débutant.

C’est une volonté louable. Pour un jeu de société. Je n’aimerais pas jouer au Monopoly si un des participants avait le droit de lancer deux fois les dés à chaque tour, et de choisir son résultat préféré. Mais pour un jeu de rôle ?

Nos récits préférés sont plein d’inégalités entre les protagonistes. Le classique des classiques reste la Communauté de l’Anneau, composée d’un magicien surpuissant, de guerriers vigoureux, et de quatre nabots rarement sortis de leur village. Difficile de faire plus déséquilibré. A moins de s’intéresser aux aventures d’un groupe composé d’un extra-terrestre surpuissant, d’une demi-déesse, et d’un détective humain amateur de gadgets…

Les exemples sont légion. Et impossible à reproduire avec la grande majorité des jeux de rôle publiés. On y joue des débutants, des novices, dont les capacités d’action doivent être relativement équivalentes.

Mais il y a une différence fondamentale entre les jeux de société et les jeux de rôle. On joue aux premiers pour gagner, et passer un bon moment. On joue aux seconds pour raconter une histoire, et passer un bon moment.

Est-il vraiment certain qu’un jeu de rôle soit plus amusant lorsque les capacités des personnages sont équilibrées ? N’y a-t-il pas du potentiel dramatique dans l’inégalité ?

Petite histoire…

Un paysan a fait une bonne récolte, et a pu s’acheter un puissant cheval pour labourer.

Son voisin lui rend visite, et le complimente pour sa bonne fortune.

Le paysan lui répond qu’il ne sait pas si c’est une bonne chose.

Le lendemain, le fils du paysan monte le puissant cheval, qui se cabre. Le fils du paysan se casse une jambe.

Son voisin lui rend visite, et se lamente sur la malchance qui a frappé son fils.

Le paysan lui répond qu’il ne sait pas si c’est une mauvaise chose.

Le lendemain, un bataillon de l’armée passe par le village, et enrôle de force tous les jeunes hommes valides. Le fils du paysan, avec sa jambe cassée, est laissé aux soins de ses parents.

Le voisin rend à nouveau visite, et complimente le paysan sur la bonne fortune qui lui a permis de garder son fils.

Devinez ce que répondit le paysan…

Cette histoire n’est peut-être pas la meilleure pour illustrer mon propos. Mais voyez-vous où je veux en venir ? Ce n’est pas parce qu’un personnage a plus de chance ou plus de possibilités que les autres, qu’il aura de meilleurs lendemains. Et les lendemains qui déchantent font de très bonnes histoires.

Cas pratique

Y a-t-il un seul jeu de rôle qui recommande de donner à un personnage débutant, et un seul, une arme surpuissante, unique dans cet univers ? (notez que les précisions écartent Bloodlust, un jeu où les armes surpuissantes pullulent).

Si vous jouez un scénario pré-écrit, avec en tête des personnages débutants, ce petit veinard va passer au travers des combats comme s’ils n’existaient pas. Pas très intéressant. Mais du point de vue de l’histoire, quelles conséquences peut-on imaginer ? Les exploits de ce personnage vont rapidement être connus. Après tout, un guerrier invincible est un excellent matériau de colporteur. Et des envieux vont tenter de le trouver, pour vérifier la véracité de l’histoire. Et s’emparer de son arme. Le personnage, et le joueur, réaliseront alors qu’il est difficile de ne jamais dormir. On peut imaginer qu’il se fasse voler son arme, mais qu’il réussisse à la reprendre. Après cet avertissement, continuera-t-il à l’utiliser aussi souvent ? Ou bien la cachera-t-il, pour éviter les convoitises ?

Un personnage débutant, novice, doté d’une arme surpuissante qu’il refuse d’utiliser. Voilà une histoire intéressante, qui peut générer de nombreux rebondissements amusants.

Cas pratique n°2

Cherchons maintenant du côté d’une aventure contemporaine. Vos personnages sont des étudiants sur un campus américain. Lorsque l’un d’entre eux développe la capacité de tuer n’importe qui, à portée de vue. Il regarde, il pense, la cible tombe, définitivement morte. Quelles conséquences ? Aux premiers essais, rien. Mais ensuite ? Il y a bien quelqu’un qui voudra creuser cette succession de morts mystérieuses. L’anomalie statistique provoquera une réaction des agences gouvernementales. Ou bien un témoin se doutera de quelque chose, et négociera son silence en demandant la disparition de son riche oncle. A moins qu’un journaliste ne découvre le coupable, et décide qu’une telle personne est trop dangereuse pour vivre…

A nouveau, une pincée de toute-puissance accordée à un personnage n’est pas un déséquilibre susceptible de rendre une partie de jeu de rôle inintéressante. C’est avant tout un moteur scénaristique, d’ailleurs utilisé dans une palanquée de films et de séries. Buffy ? N’importe quel super-héros ?

Conclusion

J’en viens à me demander si cette notion d’égalité/équité entre les personnages, issue des wargames, des jeux de société à l’origine du jeu de rôle, ne sont pas en totale contradiction avec l’idée même de dramaturgie. Et sans dramaturgie, un jeu de rôle n’est qu’un jeu de société sans plateau, avec des règles pleines de trous, non ?

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135 – Eh mad’moizelle, z’êtes charmante !

Une vidéo a enflammé de nombreuses discussions entre internautes. Allez faire un tour sur Libération, et revenez.

Ah bah non, c’est une vidéo Youtube, je peux aussi bien la mettre là.

Cette vidéo a le mérite de remettre le machisme ambiant en lumière. Mais au-delà de la critique facile de ces comportements, critique qui n’amène guère de solution, tentons de nous intéresser aux causes du problème.

Prenons Matthieu. Matthieu est en centre-ville. Avec ses trois meilleurs potes, Edhi, Maxence et Dilanne. Ils aiment se poser, regarder passer les filles, leur donner des notes, et interpeler les plus jolies.

Pourquoi ? Suivez le plan :

  1. Siffler les filles dans la rue.
  2. Coucher.

Option 1 : ça marche !

Ok, il y a des refus. Mais le principal, c’est qu’il y a régulièrement des filles qui trouvent que Matthieu est trop mignon, quand il mentionne leur « joli p’tit cul ». Et qui l’entraînent derrière le bosquet du jardin municipal pour un 5 à 7 (minutes) torride.

Test : connaissez-vous une seule femme qui réponde positivement à ces sollicitations ? Ouais, moi non plus.

On peut imaginer qu’elles ont honte, et cachent leurs plaisirs coupables. Ouais, moi non plus.

Option 2 : ça ne marche pas !

Jour après jour, les remarques s’enchaînent, et les râteaux avec. « T’es trop bonne », « fais pas ta pute » et « vas-y, j’te parle » ne sont pas les phrases magiques espérées. Mais alors, pourquoi continuer ? On voit sur la vidéo ci-dessus que des hommes mûrs poursuivent l’expérience, sans aucun succès palpable. On peut même l’entendre dans leur voix : ils n’y croient pas eux-mêmes.

Sous-option 2.1 : si ça ne marche pas, c’est que je n’ai pas assez essayé.

Malgré toutes les déceptions antérieures, l’espoir guide les mots de nos jeunes désœuvrés. Ils le savent, ils en sont sûrs, le succès est au bout de leurs déclarations imagées et fleuries. De toute façon, les autres options sont trop compliquées à mettre en œuvre. Allez, on ne change pas une équipe qui perd.

Cette option me paraît déjà un peu plus crédible.

Sous-option 2.2 : si ça ne marche pas, je m’en fous, je vais me défouler quand même.

Ils le savent, que les femmes sont totalement insensibles aux soi-disant « compliments » qu’elles reçoivent dans la rue. La meilleure preuve, c’est que lorsque l’une d’entre elles, plus provocatrice ou plus exaspérée, les prend au mot façon « Ok, prends-moi, là, tout de suite maintenant », nos dragueurs amateurs se retrouvent bien dépourvus. Donc ils le font pour une autre raison. Quelques suggestions, liste non-exhaustive :

  • Souder le groupe.
  • Exprimer sa frustration sexuelle.
  • Critiquer l’évolution de la société, qui a permis aux femmes d’être plus exigeantes dans le choix de leur(s) partenaire(s).
  • Passer le temps
  • Maintenir la place de l’homme comme dominant par rapport aux femmes

J’en oublie sûrement un paquet. Mais à partir du moment où l’on sort du schéma « ils sont trop nuls pour draguer », on peut trouver de nombreuses explications à ces comportements. Et les expliquer, c’est déjà commencer à trouver une solution…

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7 – Le mot racisme devrait quitter notre vocabulaire… …tout comme le mot antiracisme.

Racisme : Conviction qu’on peut

  • catégoriser les êtres humains en une série de races en se basant sur des critères physiques scientifiques,
  • surtout quand cela s’accompagne d’une hiérarchisation, consciente ou inconsciente, entre ces races.

Antiracisme : Opposition philosophique au racisme et à ses manifestations.

Mais cette opposition antiraciste vise parfois le 2. et pas le 1. J’ai donc croisé un certain nombre d’antiracistes qui prônaient l’égalité des races entre elles…

Alors qu’il n’existe qu’une, et une seule, race humaine!

Rentrer dans le débat sur l’égalité des races, c’est reconnaître l’existence de races différentes, et donc passer à côté de la bonne réponse. Je vous l’accorde, le mauvais exemple vient de très loin. Il suffit de lire le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 pour y trouver que « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. »

Je propose donc l’usage du terme xénophobie, régulièrement employé comme synonyme. Mais au lieu de voir ça comme une « conviction » qui pourrait se discuter, on utiliserait « phobie », qui souligne bien le côté irrationnel de la chose.

Je n’ai par contre pas d’idée pour remplacer « antiracisme ». Que proposeriez-vous ? Sain d’esprit ?

Et vous ? Des racistes déclarés dans votre entourage ? Comment réagissez-vous ?

PS: A titre d’illustration, je vous recommande l’excellent livre de Gaston Kelman, « Je suis noir et je n’aime pas le manioc ».

Le sommaire devrait suffire à vous convaincre :

  • Je suis noir et je suis civilisé
  • Je suis noir et je suis assimilé
  • Je suis noir et je suis bourguignon
  • Je suis noir et je suis cadre
  • Je suis noir et j’en ai une petite
  • Je suis noir et ma fille est marron
  • Je suis noir et je n’aime pas les blacks
  • Je suis noir et je n’en suis pas fier
  • Je suis noir et je me soigne

 

Edit: J’allais oublier de citer ce texte du grand Pierre Desproges : Les rues de Paris ne sont plus sûres.

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