Articles tagués EELV

144 – Le TSCG est un mauvais traité, purement libéral, et doit donc être combattu autant que possible

L’explication la plus simple et concise qu’on m’ait montré sur le TSCG.

Quant au faux débat sur pourquoi EELV a voté contre, et comment osent-ils, et pourquoi restent-ils au gouvernement, souvenez-vous juste que…

  • François Hollande a dit que c’était un mauvais traité il y a 6 mois. Le refus du traité Merkozy en l’état, et sa renégociation, étaient même une promesse de sa campagne présidentielle.
  • EELV a toujours été contre, bien avant que Cécile Duflot et Pascal Canfin ne soient choisis comme ministres.
  • Si EELV est censé quitter le gouvernement au premier désaccord… le PS compte-t-il exclure tous les parlementaires PS qui ont annoncé vouloir voter contre le traité ?
  • Enfin, puisque j’aime le raisonnement par l’absurde, j’attends avec impatience que Jean-Marc Ayrault nomme ministres quelques députés UMP qui vont voter pour le TSCG…

Mais la question qui me taraude vraiment, c’est… quand est-ce qu’on va s’occuper des chômeurs ?

Il y a quelques projets de loi en cours qui vont dans le bon sens :

  • Les emplois d’avenir vont permettre à quelques dizaines de milliers d’employeurs non-marchands d’embaucher.
  • Le projet de loi débattu à l’Assemblée depuis cet après-midi qui vise à mobiliser le foncier public pour construire du logement social va entraîner de l’activité dans le secteur du bâtiment.
  • En termes d’économie, chaque chômeur qui redeviendra actif entraînera mécaniquement une amélioration encore plus grande. Il dépensera son argent pour des tas de choses qu’il évitait avant. Ces dépenses entraîneront autant d’activité supplémentaire.
  • Les évolutions de la fiscalité prévues, censées taxer plus lourdement les plus riches, sont aussi une bonne chose. Espérons qu’elles iront assez loin.

Mais sera-ce assez ?

J’en doute, tant qu’un réel protectionnisme écologique et social ne sera pas mis en place. Mais ça, j’en parlerai un autre jour…

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126 – L’importance de l’uniforme en politique, et ailleurs.

Le jean de Cécile Duflot, lors du premier conseil des ministres, a fait un scandale, auprès de certains responsables politiques.
On pourrait dénoncer cette tendance réactionnaire, voire vitupérer contre cette maladie de la critique de l’apparence d’autrui. Mais…

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une critique de la différence, vainement déguisée en appel à la « dignité » et à « l’exemplarité » des plus hauts responsables de notre République. Mais qui définit les règles de la dignité ? Nadine de Rothschild ?

Bien sûr, les partisans de partis progressistes, comme les écologistes, sont exempts de ce type de comportement. Bien sûr ?

On veut du green…

En 2009, j’ai participé à un meeting d’Europe Écologie. Je sortais du boulot, j’étais en costume. Sans cravate, faut pas déconner. Que croyez-vous qu’il arriva ?
Les remarques se sont enchaînées.

J’étais un espion.

J’étais déguisé en patron.

Je serais plus à ma place à l’UMP.

Visiblement, je différais de la norme. Mais quelle norme ? Eh bien la mode actuelle en vigueur chez les écolos. Si j’ai bien observé, ça comporte une chemise ou une tunique en lin. Le col doit être de type Mao (sic), exceptionnellement de type vareuse. Le pantalon doit être en velours, éventuellement en jean, mais de couleur marron ou vert.

J’en fréquente peu, mais je pense que les militants UMP souffrent du même mal. Si tu viens à un meeting sans ton pull noué autour du cou par dessus ton polo Lacoste, tu deviens la risée du groupe.
Je n’ose imaginer la mode en vigueur lors des réunions privées du FN…

Dans l’ensemble, cette attitude trahit un travers très humain : l’appartenance à un groupe (politique ou non) entraîne l’adoption d’une série de codes vestimentaires, comportementaux et verbaux.
Et la conséquence logique est le rejet de l’autre. Autre qui est d’autant plus facilement repérable qu’il ne respecte pas le code en vigueur.

Je vous propose une technique simple. La prochaine fois que vous aurez envie de vous moquer de quelqu’un, dites-vous que si vous le trouvez bizarre, vous l’êtes au moins autant que lui. Parce que nous sommes tous bizarres

PS: Ouais, je sais, cet article sonne un peu bisounours. Mais franchement, est-ce un si gros effort d’essayer d’améliorer notre comportement individuel ?

Je parlerai du comportement collectif une prochaine fois…

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46 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 3/10 : les écolos ne sont pas crédibles pour exercer le pouvoir

2 semaines ont passé, mais je n’ai pas oublié cette série de posts. Pour ceux qui débarquent, allez lire les deux précédents : L’écologie, ça ne devrait pas être de la politique et L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. On y parle de cet ouvrage : le « Petit bréviaire écolo« .

Le troisième chapitre traite du manque de crédibilité des écologistes en politique.

Ce cliché vient d’abord d’une fausse image de la politique, qui voudrait que les postes à responsabilités soient à réserver aux « professionnels de la profession », à savoir les diplômés des Grandes Écoles, ENA, Sciences Po, etc. C’est une aberration typiquement française, liée à notre maladie du diplôme. Il faudrait être borné pour ne pas réaliser aujourd’hui que la situation économique de notre pays a été provoquée par nos chers Grands Écoliers…

Ensuite, contrairement à d’autres formations politiques (cf. les exemples de Vitrolles, Marignane et Dreux), les élus verts ont montré leur capacité à remplir leurs promesses électorales. Le livre donne de nombreux exemples, comme Marie-Christine Blandin, Jacques Boutault et Philippe Meirieu.

Bref, ce cliché ne s’approche de la réalité qu’en un seul point : les Verts n’ont pas l’air sérieux. Et dans notre société où, trop souvent, la forme prime sur le fond, c’est un handicap.

Ce qui me ramène à la même question que précédemment : votez-vous pour le candidat le plus sexy, ou pour celui qui a le meilleur programme ?

PS: je reviendrai sûrement sur la maladie du diplôme à la française. Cet article, par exemple, est confondant : « le sociologue Philippe d’Iribarne avait intitulé un de ses livres « La logique de l’honneur » (1989) et il y montrait combien le diplôme jouait dans la société française le même rôle que le titre nobiliaire dans l’ancien régime. Un diplôme acquis à 25 ans conditionne toute votre vie ensuite. »

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29 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 2/10 : ça ne devrait être ni de droite, ni de gauche.

Je vous contais la semaine dernière ma lecture du « Petit bréviaire écolo« .

Le second chapitre est dédié au reproche « L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. En plus, les Verts font toujours alliance avec le PS« .

Là encore, la réponse est double :

  • Lorsque l’on compare les programmes, il paraît évident qu’aucune alliance n’est possible avec le Modem, l’UMP ou le FN.
  • Les règles électorales favorisent les gros partis. Et donc, pour avoir un poids, même minime, sur la politique de notre pays, il faut en passer par des alliances.

C’est une des malhonnêtetés de notre système électoral : on prétend que la démocratie française permet au peuple de s’exprimer et d’être représenté. Mais il suffit de voir le nombre de gens qui comptent voter Hollande, parce que c’est le vote utile, pour se rendre compte que les règles électorales poussent à voter différemment de sa conscience.

Jetons un coup d’œil aux scores des Verts ces 10 dernières années:

  • 2002 : présidentielle, 5,3%
  • 2002 : législatives, 4,5%
  • 2004 : européennes, 7,4%
  • 2004 : cantonales, 4,1%
  • 2007 : présidentielle, 1,6%
  • 2007 : législatives, 3,3%
  • 2008 : cantonales, 4,2%
  • 2009 : européennes, 16,3%
  • 2010 : régionales, 12,2%
  • 2011 : cantonales, 8,2%

Je ne vais pas rentrer dans une analyse comparative des différents modes d’élection. Rapidement, on voit que dans un scrutin proportionnel, où chaque voix compte, les Verts font d’excellents scores. Dès qu’il s’agit d’un scrutin avec deux tours, il y a une nécessité de faire passer un candidat « acceptable » – à défaut de « meilleur » – au second tour. Du coup, au lieu de suivre un programme, on suit ce que disent les sondages.

Bref, pour survivre, les Verts doivent faire des alliances. Et du coup, le seul choix logique, ça reste le PS. Avec toutes les difficultés que ça comporte

Et vous ? Vous voterez « programme » ou vous voterez « utile » ?

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22 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 1/10

Un de mes meilleurs amis est militant écologiste depuis plus de 10 ans. Il n’a jamais caché son engagement, fait des efforts considérables pour vivre en accord avec ses convictions. A la fois pour laisser aux humains du futur une planète qui ne soit pas une poubelle, et parce qu’il connaît la valeur de l’exemple. Pour autant, il n’est pas vindicatif ni du genre à se mettre en scène. Simplement, il a choisi son style de vie en fonction de ses croyances.

Il est donc devenu l’écolo de service. Celui qu’on charrie en fin de soirée parce qu’il ne vit pas comme un ermite au fond des bois. Parce qu’il prend des douches au lieu de se gratter avec ses ongles. Parce qu’il est membre d’un parti minuscule et donc ridicule. Parce qu’il n’est pas un saint ou un martyr.

Et ils sont nombreux comme lui. A se faire gentiment moquer ou méchamment humilier. J’avoue, j’y ai joué aussi.

Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, je me rends compte du matraquage incessant que ça représente. C’est pour ça que j’applaudis des deux mains l’œuvre de Wilfrid Séjeau et Erwan Lecoeur. Ils ont écrit le « Petit bréviaire écolo », un livre basé sur le vécu d’un écolo de service, qui a synthétisé les questions – lire les reproches – les plus fréquemment faites aux militants politiques écologistes.

Le premier chapitre est consacré à la plus grosse tarte à la crème : L’écologie, ça ne devrait pas être politique.

Une idée que j’ai défendue pendant des années, d’ailleurs. Et qui, quand on la regarde de près, ne tient pas debout. Les écologistes ne viennent pas du monde politique. Ils viennent du monde associatif, où durant des années ils ont tenté de réfréner les abus des entreprises et des collectivités qui considèrent la nature comme un dépotoir. C’est l’inaction du personnel politique en place qui les a poussé à se lancer durant les années 80.

C’est très bien d’éduquer la population. Très bien de nous faire réaliser que tous nos actes ont des conséquences. Mais que je fasse du compost, ou non, ne changera rien aux lois qui rendent rentable la transformation de la Chine en usine-prison. Ce sont les règles politiques qui ont créé cette aberration, et c’est par la politique qu’il faudra les changer.

Les deux paragraphes ci-dessus sont ma propre réponse à la remarque « L’écologie, ça ne devrait pas être politique ». Le bouquin est à moins de 6€, et nettement mieux construit et argumenté que ce que j’ai pondu ci-dessus. Bref, lisez-le.

Ça va sans dire : si, vous aussi vous avez un point de vue concernant l’écologie politique, n’hésitez pas à le dire en commentaire !

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