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2014-070 – L’écriture, la face obscure de l’éducation française

Le ministre de l’éducation a annoncé la possibilité d’apprendre à coder à l’école primaire dès la rentrée. C’est marrant, il me semblait qu’un autre ministre avait déjà eu cette idée il y a 30 ans. Même qu’un paquet d’écoles ont été équipées avec un nano-réseau de MO5. Même qu’on pouvait programmer en LOGO dessus, et que c’était plutôt sympa. Il est certain que mon intérêt pour l’informatique a bénéficié de ces initiations précoces. Mais est-ce si important ?

Le journal Next Inpact a eu l’excellente idée de demander son avis à mon ami Benjamin Bayart. Sa réponse m’a autant surpris qu’enchanté.

Il y a besoin que les gens comprennent la programmation quand on veut fabriquer des programmes. Le rôle de l’école n’est pas forcément de former des professionnels. Quand on cherche à former des citoyens épanouis, la programmation n’est pas un enjeu significatif.

Aujourd’hui encore, on apprend aux enfants à écrire dans un contexte qui n’est pas fait pour être lu. On leur apprend à écrire pour répondre à la question du prof, et ils ne s’attendent pas à être lus par quelqu’un d’autre que le prof. Or s’exprimer en public, c’est quelque chose de très particulier. Et le moindre post Facebook, le moindre billet de blog, le moindre commentaire est une expression. Et ça, ça joue un rôle-clé dans la vie future des citoyens. Ça demande de la préparation, ça demande à y être entraîné. Je trouve qu’il y a un enjeu beaucoup plus fort sur le fonctionnement de la société à apprendre aux gamins à s’exprimer en public qu’à leur apprendre trois lignes de programmation.

Je ne dis pas qu’il faut enseigner l’informatique à personne, je dis que ce n’est pas urgent. Que les gamins doivent apprendre le code, c’est exactement comme une initiation à n’importe quoi d’autre : c’est intéressant d’en avoir vu, mais pas plus.

[…]

Les problèmes qui se posent sont beaucoup plus fondamentaux. S’exprimer en public est quelque chose de compliqué, qu’on ne peut pas apprendre tout seul en bricolant sur un logiciel. Ça, c’est un boulot de prof de français, de prof de philo, ça peut s’apprendre tout petit… Savoir qu’on ne dit pas la même chose sur Facebook devant tout le monde que ce qu’on dit dans la cour de récré ou entre copains, ça s’apprend. Et ça me parait être un enjeu beaucoup plus structurant que le fait de savoir écrire dix lignes de HTML.

Mais après ce que je vous avais dit sur l’importance d’écrire, ça ne doit pas vous surprendre, si ?

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2014-059 – [invité] [Thomas Munier] Sourire à la peur

J’étais déjà tombé sur le blog de Thomas Munier, sans prêter d’attention particulière à son auteur. C’est en découvrant la publication de Inflorenza que j’ai eu un coup de cœur. Pas pour l’univers de jeu qui ne me touche pas particulièrement, mais pour le considérable travail pour faire coller les règles à l’ambiance recherchée. S’il est nécessaire de le rappeler, les règles comptent. Ensuite, c’est le mode de commercialisation qui m’a parlé. Les règles sont en téléchargement libre, les règles illustrées en paiement « libre », le livre imprimé sur lulu.com à 18€, et enfin le livre imprimé et relié par l’auteur, à nouveau en prix libre. Ce choix de commercialisation innovant est en accord avec mes recommandations sur l’indispensable expérimentation pour renouveler le financement de la culture.

J’ai envoyé un message à Thomas, qui m’a dit être fan de mon blog et m’a proposé un article invité. En cette période de calme, c’est particulièrement bienvenu !
Voici donc sa présentation, et son article.


Thomas Munier anime le blog Outsider sur la créativité et les folklores personnels. Il est aussi auteur de romans (La Guerre en Silence), de nouvelles (Glossôs) et de jeux de rôles (Millevaux, Inflorenza, S’échapper des Faubourgs, Marins de Bretagne). Malgré son penchant pour l’horreur, il a peur de beaucoup de choses, mais il tente d’en sourire.

Nous avons tous des peurs.

La peur nous empêche d’être créatif. En matière de créativité, ce qui compte n’est pas la technique, le don, ni même le travail. Ce qui compte, c’est d’avoir envie, c’est d’oser.
Cette peur coupe nos envies et nos audaces comme le vertige peut nous couper les jambes. Peur d’aborder un nouveau média sans connaissances préalables, peur de commencer une œuvre sans être sûr de la terminer, peur de briser les codes, peur de choquer, peur d’être incompris, peur d’être ridicule, peur de décevoir, peur de l’indifférence, peur de se lancer dans une carrière créative à plein temps.

On ne peut pas annuler nos peurs. Ou du moins, c’est très difficile et ce n’est pas forcément souhaitable. Car la peur peut être une précieuse information.

On peut apprendre à ne plus fuir la source de nos peurs. À marcher aux côtés de la peur. À lui sourire. Pour cela, il suffit de faire un premier essai, le plus petit essai possible, la plus petite seconde à sourire à la peur au lieu de fuir, un essai qui paraît tellement sans conséquence qu’il vous est impossible de vous y dérober.

Tiens, si j’essayais ça ? Si la page blanche nous fait peur, juste y écrire un mot. Avec le sourire. Si l’originalité nous fait peur, juste concevoir une idée incongrue. Avec le sourire. Si l’avenir nous fait peur, juste se concentrer sur l’œuvre au présent, une seconde. Avec le sourire.

Quand on sourit à la peur, quand on se lance malgré le vertige, quand on se lance aux côtés du vertige, ce vieil ami qui nous connaît si bien, on s’expose à une telle joie !

Commencer à coudre un costume épique, juste une manche. Lire une page internet sur la rupture conventionnelle de contrat. Fabriquer son premier livre artisanal.

La peur nous a permis de nous préparer. Il y a des harnais de sécurité, il y a des personnes qui nous accompagnent, il y a des parachutes, et c’est juste un saut, après on retourne sur le plancher des vaches. On a jaugé les conséquences. Si je saute, et alors ? Qu’est-ce qui peut bien arriver de si grave ? Et même si je suis blessé, ce qui n’est pas si probable vu les précautions que j’ai prises, est-ce que ça ne vaut pas le coup d’essayer ? Au pire, j’en guérirai. Au pire, je continuerai à vivre avec cette blessure, et à sourire à d’autres peurs.

Et puis le grand saut. Se lancer dans le vide, avec un sourire féroce aux lèvres, et apprécier cette peur si grande qu’elle se transforme en joie.

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2014-058 – Dis, quand reviendras-tu ?

Dis, au moins le sais-tu ?
Eh bien, eh bien, eh bien…
C’est très silencieux ici.
On peut même y constater que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
En mai 2012, c’est la campagne électorale législative qui a pulvérisé mon rythme d’un article par jour.
Cette année, ce sont les municipales, qui ont commencé à entamer mon rythme. Étrangement, le (pseudo) remaniement ministériel m’offre une pause : l’Assemblée nationale avait suspendu ses travaux durant cinq semaines, c’est donc une sixième semaine à activité réduite qui s’annonce.
Mais les élections européennes s’annoncent intenses, et auront par ricochet une grande influence sur mon avenir professionnel. Je vais être très subtil en vous annonçant ma préférence : il nous faut un New Deal français et européen 🙂
En conclusion, sachez que je continue d’écrire, mais que je n’ai pas suffisamment de temps pour peaufiner mes articles. Ils arriveront donc au compte-gouttes jusqu’à fin mai.

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2014-057 – [Myroie] L’interview. Partie 5/5 : voyages dans le temps

Cet article prolonge l’interview débutée ici, et poursuivie , et .

Let’s do the time warp again : Quels ont été les éléments marquants qui t’ont amenés à être illustratrice ? (si c’est bien ton activité principale !)

C’est bien mon activité principale. Y a pas vraiment d’événement marquants, en fait. Boulet l’a dit, tous les enfants dessinent : il y a simplement ceux qui ne s’arrêtent pas. Là où j’ai commencé à envisager ça comme une potentielle carrière, c’est quand j’ai commencé à lire et à recopier des mangas. J’ai un nombre incalculable de reproductions des dessins de Dragon Ball Z, manga dont j’étais complètement fan. Mon but c’était de dessiner assez bien pour faire mon propre manga, avec mes copines dedans. Comme j’adorais faire des histoires me mettant en scène moi et mes amis, je n’ai jamais arrêté de dessiner, et à la fin du lycée, j’ai orienté mes études vers le dessin.

Après le flash-back, passons au futur antérieur. Il y a 10 ans, aurais-tu imaginé ta vie aujourd’hui telle qu’elle est ?

Voyons voir, il y a dix ans, j’avais quatorze ans et je m’apprêtais à entrer au lycée, en section Littéraire Art Plastique dans le but de devenir styliste ou mangaka. Et la politique, j’en avais rien à faire. Donc non, je ne crois pas que j’aurais pu l’imaginer. De toute façon, j’appréhendais le futur de manière très abstraite, pour moi la simple idée que je puisse devenir adulte c’était quelque chose de super lointain. Je m’imaginais grosso-modo devenir une sorte de réplique de mes parents avec la fibre artistique en plus. Le schéma classique, donc : boulot (artistique), mariage, famille, maison, voiture, dettes. Et aujourd’hui rien ne saurait être plus éloigné de ce à quoi j’aspire.

Il te reste le boulot artistique, quand même. Et dans 10 ans ? Mordue par la politique ? Caricaturiste pour un quotidien national ? Ou élue en charge des affaires culturelles ?

Je n’en sais rien. Je n’y pense pas, en fait. Je fais ce qui me semble important et enrichissant pour moi et les autres au jour le jour. Dans dix ans, je serai peut-être sur un bateau de Sea Shepherd, j’aurais peut-être déménagé en Californie, je ferai peut-être partie d’une troupe de cirque… Je n’en sais rien. Ce que j’espère c’est que je serai à un endroit où je rêve d’aller et pas clouée à un endroit qui me déplaît à me demander ce que j’ai bien pu faire ces dix dernières années.

Pourquoi choisir ? Tu pourrais monter une troupe de cirque californien à bord du Sea Shepherd ! Bref, un dernier mot, avant de clôturer cette interview ?

Faire les trois en même temps, je doute que ce soit possible. Mais faire les trois alternativement dans ma vie, j’aimerais beaucoup. L’avenir me le dira.
Et sinon, comme dernier mot, euh… Comment on conclut une interview normalement ? On va faire dans la valeur sûre : paix, licornes et paillettes sur vous tous.

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2014-056 – [Myroie] L’interview. Partie 4 : écrire, tous les jours

Cet article prolonge l’interview débutée ici, et poursuivie et .

As-tu des projets d’écriture autres que ton blog ? Roman, article, best-of de ton blog en impression à la demande…

Des projets d’écritures, j’en ai plein. J’adore écrire. Mais ce ne sera pas pour mon militantisme, cette fois. Mon blog et mon tumblr me prennent bien assez de temps comme ça. En fait, en dehors de mes actions militantes j’écris pour des tas de choses (mais j’en parle moins) : des poèmes en prose en écriture automatique (j’ai été fascinée par André Breton dès le lycée), des fanfictions, un projet de scénario visant à déboucher sur une bande dessinée érotique avec une amie et un autre scénario pour une bande dessinée que je voudrais faire seule, cette fois. Je ne sais pas si tous ces projets aboutiront, mais c’est un plaisir de me concentrer dessus chaque jour.

Aurais-tu des conseils à d’apprentis écrivains qui voudraient se lancer ?

Je sais pas si mes conseils vaudraient quelque chose puisque je suis moi-même apprentie, mais je peux répéter les conseils que j’applique des écrivains que j’aime bien comme JK Rowling, Stephen King ou Georges Martin : il faut écrire. Tous les jours. Tout le temps. Ne pas avoir peur, se contenter d’aligner les lettres. C’est en pratiquant qu’on s’améliore, y a pas de secret et c’est vrai pour tout.

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