Articles tagués écologie

2014-054 – [Myroie] L’interview. Partie 2 : ses ambitions pour changer le monde

Cet article prolonge l’interview débutée ici.

Tu as donc pour ambition de changer le monde, et les humains qui le peuplent, notamment au travers de ton blog et d’échanges en ligne. C’est très ambitieux, non ? Et à la fois un peu dérisoire/insuffisant, non ?

Effectivement, ça peut paraître ambitieux. Voire utopique. On me le dit souvent, d’ailleurs. Pourtant, je ne fais qu’appliquer le principe du conte du Colibri (http://colibri91.net/colibri.html) : je fais « ma part ». Peu importe que les autres ne fasses pas la leur, je fais ce que je peux à mon échelle. Si j’arrive à apporter un peu d’amélioration à mon niveau et un peu de bonheur autour de moi, alors j’aurais fait mon travail à moi. D’une certaine manière, c’est un peu ma raison de vivre : améliorer les choses pendant mon vivant, aussi peu que ce soit. Mon but n’est pas vraiment de changer le monde et les gens, mais plutôt de permettre et d’encourager un changement vers du mélioratif. De créer des cercles vertueux ou de permettre à ceux dans lesquels je me trouve déjà de prospérer. En réfléchissant à toutes les injustices qui existent par exemple, j’ai compris comment elles pouvaient exister et blesser. Du coup, je tente de ne pas les renforcer, mais plutôt de les déconstruire. Ça peut paraître dérisoire, mais ça m’a permis déjà d’être plus bienveillante envers moi-même et envers les autres, et si c’est peu à l’échelle du Monde, dans mon univers à moi, c’est déjà énorme.

Tes combats sont très nombreux : végétarisme, féminisme, anti-capitalisme, droits LGBT, écologie… Tu n’as pas peur de te disperser ? Ne penses-tu pas qu’il faudrait prioriser un peu, et agir là où c’est le plus important ?

Je n’aime pas cette théorie selon laquelle il y aurait des combats plus importants. Selon moi, toute souffrance est à prendre en compte (tant qu’il ne s’agit pas de blessure à un ego mal placé). Toutes les intolérances doivent être déconstruites, il n’en existe pas de moins graves que d’autres. Et toutes les injustices humaines doivent cesser. Il y a urgence à tous les niveaux : il faut que nous apprenions à vivre tout en respectant notre environnement, sinon nous allons mourir ; il faut que notre système économique change, sinon il y aura de plus en plus de criminalité à cause des injustices qui frappent les plus démunis ; il faut que l’intolérance cesse, sinon ceux qui en sont frappés recracheront leur agressivité ailleurs et avec violence,perpétuant ainsi tous les cercles vicieux de notre société. Nous créons notre propre enfer et nos propres symptômes sociaux. À nous de nous soigner.

Imaginons qu’une personne est atteinte du cancer et d’une angine blanche. Tout bon médecin traiterait les deux maladies en même temps, même s’il y en a une qui a l’air plus destructrice que l’autre. Parce que ce médecin sait que si on ne soigne pas vite l’angine blanche en même temps que le cancer, et bien, l’angine va s’aggraver et plus tard, il sera bien plus complexe de la soigner, voire impossible. On peut se sentir concernés par toutes les causes. Après, on peut choisir de lutter pour celles qui sont le plus proches de nous. Moi-même, je suis plus active en tant que féministe, écolo et anti-spéciste (personne luttant pour le droit des animaux) parce que ce sont des sujets qui me touchent directement. Mais je pense qu’il est important de prendre en compte tous les problèmes sociaux afin de lutter sans encourager d’autres systèmes intolérants. Il faut avoir assez de connaissances pour au moins faire attention à ne pas encourager les autres systèmes d’oppressions. Selon moi, c’est le minimum.

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2014-047 – La sobriété en pratique : l’éco-conduite

Oui, je sais, ça s’écrit plutôt écoconduite que éco-conduite. Mais je trouve ça nettement plus lisible avec un tiret. Bref. Arrêtez de m’interrompre. C’est un ensemble de techniques qui visent à adapter sa conduite pour limiter la consommation de carburant. Et donc économiser du pognon. Du pèze. Du flouze. Le tout en sauvant le monde détruisant le monde un peu moins vite.

Quelques exemples, dans le désordre :

  • Changer les rapports à bas régime moteur
  • Maintenir une vitesse stable
  • Anticiper le trafic
  • Arrêter le moteur du véhicule lorsqu’il n’est pas utile (soit dès que l’arrêt dépasse 20 secondes).

Je vous laisse tout lire. Entre wikipedia et les sites spécialisés, ce ne sont pas les idées qui manquent.

Une preuve de plus qu’écologie et finances peuvent faire bon ménage.

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2014-046 – La vague montante, de Marion Zimmer Bradley

Changer le monde, ça commence par changer les consciences.

J’en parlais il y a quelques temps, une bonne histoire a un poids de conviction énorme. Et c’est encore plus vrai lorsqu’elle est répétée.

Les (très) (très) (très très) nombreux articles de ce blog qui traitent d’écologie et d’action citoyenne font le plus souvent appel à la raison. Mais notre raison a besoin de repères pour se projeter. Par exemple, des séries comme Star Trek ont beaucoup fait pour préparer les humains à l’arrivée de la téléphonie mobile (et de multiples autres nouveautés technologiques).

Il me semble donc important de développer un corpus documentaire ET fictionnel montrant un futur correspondant à un mode de vie écologique. Pour le documentaire, je vous renvoie vers des articles précédents, notamment les œuvres de Marie-Monique Robin.

Pour la fiction, je suis tombé par hasard chez mon libraire sur une vieille histoire de Marion Zimmer Bradley. La vague montante (1955) vient d’être publiée par ‘le passager clandestin‘.

Ce court roman raconte l’arrivée sur Terre d’une navette expédiée par une lointaine colonie. Le choc des cultures est très bien décrit. Le pilote engagé à fond dans le progrès scientifique fait face aux limites de ses croyances. Ce texte visionnaire mériterait une adaptation cinématographique, pour toucher un plus large public.

8€, 144 pages, faites-vous plaisir !

Accessoirement, ce livre m’a rappelé que je n’ai jamais écrit à propos de la colossale saga de Marion Zimmer Bradley, le Cycle de Ténébreuse. Ce sera pour une autre fois…

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158 – Pour nourrir la planète, la seule solution est (d’abandonner) l’agriculture intensive.

On m’a régulièrement fait la remarque que le bio, c’était bien gentil, mais que pour nourrir 7 milliards d’humains, il fallait quand même être sérieux. Les rendements étant nettement inférieurs, il faudrait beaucoup plus de terres agricoles, et c’est pas possible.

N’étant pas un spécialiste de l’agriculture, j’en suis même arrivé à expliquer que c’était quand même important de produire des aliments de qualité, qu’on ne pouvait pas laisser les pesticides mener la danse. Jusqu’à ce que je vois deux documentaires qui déconstruisent point par point les arguments en faveur de l’agriculture « intensive ». Tous deux sont de Marie-Monique Robins. Le premier est « Le Monde selon Monsanto« . Sorti en 2005, il est devenu assez célèbre.

Je vous recommande donc son dernier documentaire, Les moissons du futur. C’est passionnant, ça passe tout seul, et ça vous montrera à quel point ceux qui ont un intérêt à la vente de pesticides ont réussi à tous nous enfumer…

Ajout du 03/12/2012

Je suis à la fois fier et honteux du premier commentaire de cet article, qui me vient ni plus ni moins de Marie-Monique Robin,  l’auteur de cet excellent documentaire. Sur ses recommandations, je rajoute donc ici les liens amazon vers le livre et le DVD !

 

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105 – Article invité 1/X : Sébastien nous parle de l’énergie du futur

Mercredi 21 mars 2010, Denis Baupin, adjoint (Europe Écologie – Les Verts) au maire de Paris, chargé du développement durable, de l’environnement et du plan climat, était à Caen pour une réunion publique. Le thème était « Se libérer de notre dépendance aux énergies fossiles et au nucléaire« .
Une des phrases qu’il a prononcé a fait réagir une personne présente dans la salle, qui a souhaité réagir. Comme je trouve sa réaction très intéressante, je lui ai proposé d’en faire un article pour ce blog. Il sera suivi d’autres articles, d’au moins un autre auteur.
Une petite réflexion suite à un argument avancé par Denis BAUPIN lors de la réunion publique EELV sur l’énergie au Quartier Ste Therese : « sortir du nucléaire c’est « facile ». « Regardez les japonais ont fermé toutes leurs centrales suite au drame de Fukushima… preuve que c’est une question de volonté politique« 
C’est oublier que pour compenser le Nucléaire, et malgré des actions de maîtrise de la demande d’électricité, les japonnais ont multiplié par 4 leur consommation de pétrole pour produire de l’électricité !!!
Il est urgent d’expliquer qu’il ne suffira pas d’isoler des bâtiments, de planter des éoliennes ou d’installer quelques centrales biomasse et que tout continuera comme avant.
La fin du pétrole bon marché, c’est la fin de notre économie et de notre modèle de société tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Bien sûr, dit comme ça, un peu brutalement ça peut sembler loufoque. Mais quand on creuse le sujet, il apparaît clairement que c’est ce qui nous attend (il suffit de lire les rapport vraiment indépendants sur le Pic Pétrolier pour s’en rendre compte).
Refuser de le dire, c’est refuser de l’anticiper, refuser de l’anticiper, c’est aller droit dans le mur… et je trouve que les écolos ne sont pas clairs sur ce point, loin de là.
Qu’on ne se trompe pas, je suis antinucléaire. Le Nucléaire n’est pas durable, point.
Mais d’une part il faut arrêter de dire n’importe quoi sur la facilité de sortie du nucléaire.
Ensuite en Basse Normandie, encore plus qu’ailleurs, le sujet du nucléaire occulte totalement la véritable question énergétique (suffit de relire les Communiqués de presse d’EELV BN). Et quand on pose le mauvais diagnostic, on ne peut pas trouver les bonnes réponses.
Pour approfondir le sujet voir le dernier article de l’excellent Blog de Matthieu Azanneau : Présidentielles : le débat sur l’énergie ne doit pas s’arrêter au nucléaire (bons baisers de Fukushima)

Dans sa réaction, Sébastien met le doigt sur un point crucial : même en utilisant des méthodes écologiquement aberrantes, comme la fracturation hydraulique ou le forage en haute-mer, le pétrole aura une fin. Et notre société actuelle, avec ses millions de kilomètres de route, n’existe que parce que le pétrole est notre principale source d’énergie. En conclusion, il faut imaginer dès maintenant les solutions pour nous sevrer de pétrole.

Oui, c’est sûr, c’est inquiétant. Et vivre sans pétrole aujourd’hui, c’est impossible. A titre individuel, on peut économiser, on peut réduire, mais on ne peut pas s’en passer. La solution sera collective, et c’est culpabiliser inutilement les citoyens de prétendre qu’ils sont individuellement responsables.

Cependant, ça n’empêche pas chacun de chercher une solution dans son coin, et ce sera l’objet d’un prochain article invité.

Et vous ? La fin du pétrole (dans quelques décennies) et la fin du pétrole pas cher (dès maintenant), ça vous inspire quoi ?

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