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126 – L’importance de l’uniforme en politique, et ailleurs.

Le jean de Cécile Duflot, lors du premier conseil des ministres, a fait un scandale, auprès de certains responsables politiques.
On pourrait dénoncer cette tendance réactionnaire, voire vitupérer contre cette maladie de la critique de l’apparence d’autrui. Mais…

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une critique de la différence, vainement déguisée en appel à la « dignité » et à « l’exemplarité » des plus hauts responsables de notre République. Mais qui définit les règles de la dignité ? Nadine de Rothschild ?

Bien sûr, les partisans de partis progressistes, comme les écologistes, sont exempts de ce type de comportement. Bien sûr ?

On veut du green…

En 2009, j’ai participé à un meeting d’Europe Écologie. Je sortais du boulot, j’étais en costume. Sans cravate, faut pas déconner. Que croyez-vous qu’il arriva ?
Les remarques se sont enchaînées.

J’étais un espion.

J’étais déguisé en patron.

Je serais plus à ma place à l’UMP.

Visiblement, je différais de la norme. Mais quelle norme ? Eh bien la mode actuelle en vigueur chez les écolos. Si j’ai bien observé, ça comporte une chemise ou une tunique en lin. Le col doit être de type Mao (sic), exceptionnellement de type vareuse. Le pantalon doit être en velours, éventuellement en jean, mais de couleur marron ou vert.

J’en fréquente peu, mais je pense que les militants UMP souffrent du même mal. Si tu viens à un meeting sans ton pull noué autour du cou par dessus ton polo Lacoste, tu deviens la risée du groupe.
Je n’ose imaginer la mode en vigueur lors des réunions privées du FN…

Dans l’ensemble, cette attitude trahit un travers très humain : l’appartenance à un groupe (politique ou non) entraîne l’adoption d’une série de codes vestimentaires, comportementaux et verbaux.
Et la conséquence logique est le rejet de l’autre. Autre qui est d’autant plus facilement repérable qu’il ne respecte pas le code en vigueur.

Je vous propose une technique simple. La prochaine fois que vous aurez envie de vous moquer de quelqu’un, dites-vous que si vous le trouvez bizarre, vous l’êtes au moins autant que lui. Parce que nous sommes tous bizarres

PS: Ouais, je sais, cet article sonne un peu bisounours. Mais franchement, est-ce un si gros effort d’essayer d’améliorer notre comportement individuel ?

Je parlerai du comportement collectif une prochaine fois…

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74 – Êtes-vous religieux ? Moi oui.

Si l’on vous pose la question « A quelle religion appartenez-vous ?« , que répondez-vous ?

La France, depuis 1905, vit dans un régime de séparation entre l’Église et l’État. C’est bien.

Mais ce n’est pas sans poser quelques problèmes : les bâtiments religieux – généralement des églises, mais pas que – sont la plupart du temps sous la responsabilité des municipalités. Qui, étant laïques, n’en sont pas les utilisatrices. Bref, dès qu’il y a un entretien à financer, ça n’est pas sans poser problème.

Ils font comment, les allemands-qu’il-faut-imiter-en-tout-sauf-pour-le-nucléaire ?

D’autres pays ont remis aux mains des citoyens la question du financement des religions. En Allemagne, l’impôt cultuel suit une procédure que je trouve personnellement bizarre. L’appartenance à une religion impose le paiement d’un impôt, prélevé à la source sur les salaires (tout comme l’impôt sur le revenu). Ce qui implique notamment que chaque employeur est informé de la religion de ses salariés. Il y a une procédure auprès du tribunal local qui permet de quitter simplement une religion. Mais l’administration de celle-ci en est informée, et peut vous refuser les sacrements.

Pour faire court : pour appartenir à une religion, tu es censé être à jour de tes impôts. Sinon, la porte !

Revenons en France, où rien ne vous oblige à déclarer votre religion.

Bien sûr, cela paraît assez incompatible avec la liberté de culte à la française. Chez nous, pas d’obligation de déclaration de sa religion, c’est une affaire purement privée. Non, nous, nous pratiquons simplement l’incitation fiscale à déclarer son adhésion à un syndicat. Ce n’est pas le même engagement, mais ça me choque tout autant d’être récompensé pour m’auto-dénoncer auprès du gouvernement…

(en passant, sachez que si dans votre déclaration d’impôts, vous souscrivez au principe des frais réels, vous devez y inclure votre cotisation syndicale. Ce qui a pour conséquence qu’au lieu de 66% de réduction de votre cotisation, c’est votre taux marginal qui s’applique. Soit 5,5%, 14% ou plus si vous êtes un syndicaliste riche. C’est nettement moins intéressant, et je ne vois pas ce qui le justifie…)

Revenons à nos moutons.

Et ailleurs ?  Le recensement australien de 2001 a provoqué de nombreuses protestations, lorsque plus de 70 000 citoyens  (0,37% de la pop) se sont déclarés Jedi. Ce mouvement a débordé les frontières de la grande île aux kangourous, pour atteindre le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande. Dans cette dernière, les scores sont encore plus impressionnants : 1,5% des croyants seraient des Chevaliers Jedi, soit plus que les Bouddhistes ou les Hindouistes !

Mais pourquoi ce titre ?

Parce que j’ai été touché par la grâce. Non, pardon, je n’ai pas voulu dire ça. J’ai été touché par Son Appendice Nouillesque.

Mes biens chers frères, mes biens chers soeurs, je suis venu à vous, comme humble pêcheur, pour vous annoncer ma conversation au Pastafarisme.

Bien sûr, il y a des jaloux, qui répandent sur Wikipedia que le prophète Bobby Henderson a inventé cette religion pour faire son intéressant devant le Comité d’Éducation de l’État du Kansas, et démontrer que l’enseignement public n’avait aucune raison d’inclure la théorie du Dessein Intelligent dans ses programmes scolaires.

Ces jaloux ont évidemment tort ! Parce que j’ai vu, dans la nuit la plus noire, l’Appendice Nouillesque du Monstre en Spaghettis Volant me montrer le chemin !

Le Monstre en Spaghettis Volant remet au capitaine Moÿse les tables des « trucs que j’aimerais autant que vous fassiez pas ».

Chers concitoyens français, il y a eu en France de nombreux débats concernant le port du voile, les prières de rue, et autres billevesées halal. Pourquoi ne prendrions-nous pas exemple sur l’Autriche ? Ce pays est assurément très avancé, comme l’a prouvé Niko Alm.

En juillet 2011, après 3 ans de démarches, un autrichien nommé Niko Alm obtint le droit de porter une passoire sur la photo d’identité de son permis de conduire. Niko Alm a été autorisé à porter cette coiffe inhabituelle car elle est considérée comme un accessoire directement lié à la pratique du Pastafarisme. Il souhaite maintenant faire une demande afin que l’Église du Monstre en Spaghettis Volant soit officiellement reconnue en Autriche.
 


C’est bien le problème de toute prise en compte de la religion dans nos lois : comme toute croyance irrationnelle, elle s’intègre assez mal dans un système censé être basé sur la raison. Bref, laissons chacun faire comme il l’entend, du moment qu’il ne met que lui-même en danger.

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70 – Les méthodes (pas trop) cachées du chef

Nous avons vu il y a trois semaines une des méthodes de notre gouvernement actuel : maintenir un état d’urgence, de crise, de choc.

Mais comment font-ils, pour maintenir cet état ?

Vous voulez savoir qui a raison ? Mais je vais vous le dire !

D’une part, des méthodes pas très récentes, issues de l’Art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer :

Extraits choisis :

32. Faire une association dégradante
Nous pouvons rapidement éliminer ou du moins rendre suspecte une affirmation de l’adversaire opposée à la nôtre en la rangeant dans une catégorie exécrable, pour peu qu’elle s’y rattache par similitude ou même très vaguement.

Exemple totalement imaginaire : « Êtes-vous du côté des voyous ou du côté des victimes ? Moi, je suis du côté des victimes. »

Et ainsi de suite, pour soutenir une atmosphère de conflit permanent. L’État est en guerre contre tout :  les les immigrés profiteurs, voyous, les chômeurs feignants, etc. A tel point que l’intervention de l’armée dans les banlieues est déjà planifiée, comme l’indiquait Fabrice Epelboin sur reflets.info il y a quelques jours.

Papy, raconte-moi une histoire.

D’autre part, des méthodes bien plus récentes, directement tirées des méthodes de storytelling des marketeux américains. Pour en savoir plus, emparez-vous vite de ce livre de Christian Salmon : « Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater des esprits« .

Au travers de nombreux exemples, Christian Salmon explique pourquoi et comment les communicants de la planète entière se sont tournés vers le storytelling pour améliorer leurs performances. Si vous avez la flemme de lire un livre de plus, voici une alternative : lisez l’excellent blog de Frank Plasse intitulé « storytelling, une autre communication« .

Et notamment sa série de billets, « storytelling, pourquoi ça marche« . 4 parties : 1, 2, 3 et 4

En passant, Franck est un parfait exemple de quelqu’un de bizarre : rôliste – auteur – éditeur, il est aussi père de famille, prof de communication et directeur de cabinet d’un maire de la banlieue parisienne.

Ajout du 11/03/2012 : Franck propose une version condensée ici. Voyez ça comme une mise en bouche à consommer avant sa série.

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44 – Je suis bizarre, mais c’est plutôt bon pour mon intégration sociale

Comme indiqué précédemment, je suis bizarre, et vous aussi.

Étude de cas.

Je suis un rôliste.

D’ailleurs, un blog ami m’a étiqueté « blog rôliste », ce qui me paraît exagéré vu le peu d’articles traitant de jeu de rôle ici. Du moins, pour l’instant.

Je pourrais expliquer en longueur en quoi ça consiste, mais d’autres l’ont fait mieux que moi. Et une image vaut mieux qu’un long discours…

Jeux de rôle. Ce que les gens voient. Ce que ma mère voit. Ce que mon voisin voit. Ce que JE vois.

Une fois sorti de ces clichés, qui ont un fond de vérité comme tous les clichés, qu’ai-je retiré de mes samedis à vivre dans des mondes imaginaires ?

Point 1 : socialisation

Rejoindre une association, apprendre à vivre avec des gens en dehors de cercles contraints comme la famille ou l’école, c’est tout aussi efficace pour les compétences relationnelles que de rejoindre un club sportif. En moins dangereux et fatigant.

Point 2 : foreign languages

Si j’ai pu prétendre avoir un excellent niveau d’anglais lors de mes premiers entretiens d’embauche, c’est grâce aux jeux de rôles. Et certainement pas grâce à notre système éducatif.

Point 3 : études

Cela dit, le fait de lire des tas de bouquins sur les sujets les plus improbables (histoire des armes à feu, véhicules et éléments de décoration du XIXe siècle, etc.) est un excellent moyen de réussir ses études.

Point 4 : gestion de projet

Ce n’est pas un hasard si parmi les rôlistes que je fréquente, une bonne partie a un job dans la gestion de projet. Informatique, administration publique, organisation, ressources humaines, et j’en passe. Malgré des apparences trompeuses, les heures passées à établir des plans pour envahir un royaume, cambrioler une banque, ou rendre une princesse amoureuse d’un crapaud, ne sont pas une perte de temps. Elles donnent un état d’esprit affûté pour réorganiser un service, ou phaser les étapes de déploiement d’un logiciel de comptabilité.

Point 5 : créativité

Ce point peut paraître évident. Mais je vois trop d’adultes qui se contentent de gober la culture prémâchée que leur fait ingurgiter la télé, sans aucun regard critique. Exercer son imagination est un réel bienfait pour le cerveau. Je n’ai pas retrouvé l’auteur de cette phrase, mais elle résume tout : « Ce n’est pas parce que l’on vieillit que l’on arrête de jouer. C’est parce que l’on arrête de jouer que l’on vieillit. »

Et vous ? Que vous a apporté votre bizarrerie ?

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11 – Nous sommes tous bizarres

Je joue aux jeux de rôles. Des gens me trouvent bizarre.

Des gens chassent. Je les trouve bizarres.

Je consomme énormément de livres et de séries, en anglais. Il m’arrive aussi de relire des livres. Plusieurs fois. Des gens me trouvent bizarre.

Des gens passent des heures devant des tableaux abstraits. Je les trouve bizarres.

Je suis pacifiste et antimilitariste, mais j’aime les jeux vidéos violents. Des gens me trouvent bizarre.

Des gens élèvent des pigeons. Juste pour les tuer et les manger. Je les trouve bizarres.

Je n’aime pas la moutarde, mais j’aime bien le boudin antillais. Ma femme me trouve bizarre.

Des gens ont pensé en 2007 que Nicolas Sarkozy allait améliorer leur vie. Il y en a même qui le pensent toujours en 2012. Et ce, sans faire partie de l’oligarchie qui a été la seule gagnante de son mandat. Je les trouve bizarres.

Je ne veux pas faire croire à mes enfants que le Père Noël existe. Des gens (pleins !) me trouvent bizarre.

 

Nous avons tous notre idée de la normalité. Mais si chacun a un point de vue différent, comment pourrait-il exister un concept tel que la normalité ?

Voici le point de vue de Seth Godin sur l’évolution récente de ce concept, développé dans son livre « We are all weird » :

« Durant l’Âge des Masses (marketing de masse, production de masse, éducation de masse, mouvements de masse), la clé était la normalité. La normalité était importante parce vous en aviez besoin pour trouver votre place. Les manufacturiers insistaient dessus parce que leurs profits en dépendaient.

Une alimentation normale facilitait le profit des géants de l’agroalimentaire. Des habitudes de conduite normales facilitaient le travail de l’industrie automobile. Un comportement normal vous rendait plus simple à contrôler.

Mais que se passe-t-il lorsque la masse disparaît ? Lorsque nous pouvons, par notre connexion au reste du monde, tout adapter et tout optimiser – qu’arrive-t-il à la normalité ?

La normalité est tellement imprégnée dans ce que nous faisons tous les jours qu’il est difficile de réaliser que votre tendance naturelle envers la normalité est maintenant obsolète. »

Tout ça pour dire que, depuis ma lecture de ce post, je me dis que :

  1. chaque fois que j’ai envie de me moquer de quelqu’un que je trouve bizarre, je pense « mais nous sommes tous bizarres ». Ce qui fait probablement de moi une meilleure personne (ou un paillasson, chacun son point de vue 🙂 )
  2. je devrais lire ce bouquin, déjà disponible en français (mais sous le titre ridicule « Nous sommes tous singuliers« )

Et vous ? Vous êtes bizarres ? Si oui, dites-moi en quoi dans les commentaires !

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