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2013-033 – Courtney Crumrin : les histoires qui font peur ont beaucoup à nous apprendre

J’ai eu la chance de croiser Ted Naifeh. Il dédicaçait ses BD lors de la sortie du tome 4 de Courtney Crumrin en 2008.

C’est toujours compliqué de parler d’une série de BD. Je pourrais vous brosser le portrait de l’héroïne. Ou introduire ses aventures. Ou vous dire que le dessin est très particulier et que je le trouve très beau. Ou que c’est un Harry Potter réaliste : la magie est dangereuse, sa découverte à l’adolescence est lourde de conséquences. Vous trouveriez cela utile ? D’autres ont déjà dû le faire, et mieux que moi.

Je vais donc me contenter de citer quelques mots tirés du dernier tome. C’est Kelly Crumrin, la compagne de l’auteur, qui les a écrit. Ils touchent très très très juste. Je me sens touché d’avoir pu bavarder avec elle lors de la dédicace. Même si je ne m’en rends compte que maintenant, c’est toujours un plaisir de rencontrer un vrai humain. Ou du moins, d’avoir la chance de voir ce qu’il y a derrière notre armure de parade quotidienne.

Allez, laissons la muse s’exprimer.

Toute histoire a un commencement, et c’est souvent un moment très exaltant. […]

Mais toutes les histoires ont une fin, et c’est toujours au moins un petit peu triste. Quand vous aimez les personnages de cette histoire, vous n’avez pas envie de tourner la dernière page. Il faut du courage pour faire face à l’idée de dire au revoir.[…]

C’est la peur qui est entrée dans ma vie en même temps que mon fils Max. On ne vous dit pas ce genre de choses dans les histoires. Dans les livres, si les gens ont un bébé, c’est juste une partie du happy end, jamais le point de départ de l’aventure.

Jusque là, j’avais surtout traversé la vie chaussée de grosses bottes coquées, plongée dans l’aventure jusqu’aux genoux. […]
J’ai appris beaucoup sur le monde est sur moi-même. L’aventure est excellente pour cela. […] Chaque décision que vous prenez forge votre caractère et votre avenir d’une manière que n’auriez pas pu imaginer alors.

Finalement, je me suis demandé s’il pouvait y avoir un autre genre d’aventure qui vaille le coup d’être vécue, et j’ai eu Max.

Et puis, soudainement, j’ai eu peur.

D’abord j’ai eu peur qu’il s’arrête de respirer au beau milieu de la nuit, que la petite étincelle de vie qui l’anime puisse juste doucement s’évanouir, sans prévenir, et que je ne puisse plus jamais revoir son joli sourire. Je ne le connaissais que depuis quelques heures, mais je savais déjà que je ne pourrais plus jamais vivre dans un monde où il ne soit pas présent, et que je l’aimerais pour le restant de mes jours.[…]

Lorsqu’il a commencé à marcher à quatre pattes et à se cogner la tête, je me suis demandé si je devais lui faire porter un casque jusqu’à ses dix ans pour être sûre de ne pas m’inquiéter.[…]

Dans la vraie vie, l’amour est la véritable clef de l’aventure, le vrai test pour notre courage. Max m’a appris ça. Tant que vous n’avez pas quelqu’un à aimer, sans qui vous ne pourriez pas imaginer de vivre, vous ne pouvez pas savoir si vous êtes courageux. L’aventure peut faire bien pire que de vous mettre en retard pour dîner.

Quand vous êtes responsable de quelqu’un, c’est là que vous comprenez qui vous êtes et de quoi vous êtes capable.
Quand vous aimez quelqu’un, c’est là que la véritable aventure commence.

Kelly Crumrin

Et deux histoires à propos de l’oncle de Courtney.

PS : Oui, Courtney Crumrin n’a pas de nez. Pourquoi ? C’est la question qui conclue l’interview à la fin du tome 6. Ted Naifeh répond qu’il ne voit pas de quoi il s’agit. En exclusivité mondiale, je vais vous révéler ce qu’il m’a dit après m’avoir dessiné un très joli Butterworm dans un bureau d’écolier. Courtney Crumrin n’a pas de nez parce que Ted n’a jamais réussi à lui en faire un qui lui convienne.

Logique, non ?

PPS : J’allais oublier. Un jeu de rôle qui cite Courtney Crumrin comme principale inspiration est sorti il y a quelques temps. Je ne l’ai pas lu, mais ça devrait mériter un coup d’œil non ? Ça s’appelle Everyday is Halloween, et, comme son nom l’indique, c’est une création française.

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119 – La danse de ballet m’ennuie. Mais j’ai adoré Polina.

J’ai rencontré Bastien Vivès au salon du livre de Caen l’année dernière. Invité du stand de La Cour des Miracles, il venait dédicacer ses livres, dont l’opus intitulé Polina.

Il raconte l’histoire d’une danseuse, depuis ses premières années à l’école de danse, jusqu’à l’apogée de sa carrière.

Dit comme ça, ça a l’air chiant à mourir. Surtout quand on n’est pas particulièrement fan de danse, classique ou non.

Mais… ce récit n’est pas centré sur la danse. La thématique centrale, c’est celle des choix que l’on doit faire en grandissant. A quel mentor accorderai-je ma confiance ? Comment savoir si c’est le bon ? Sa passion doit-elle devenir la mienne ?

J’aime à me rappeler que « choisir, c’est renoncer ». Ce livre en est une magnifique illustration. A tel point que, même à la relecture, je suis profondément ému par ce récit. Je ne saurais pas dire précisément pourquoi, la fin me touche énormément. Alors lisez-le, et racontez-moi ce que vous aurez ressenti.

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111 – Hellboy. J’ai tout lu, je suis fan, mais je ne suis pas sûr de savoir pourquoi.

Avant d’être une série de films (on peut dire série, il y en a eu 4), Hellboy est avant tout une BD américaine, dite comics.

Le personnage principal est un démon, un diable, un cornu, une grosse bête rouge avec un énorme bras en pierre.

Hellboy

Depuis 1984, cette série de BD aligne les tomes, et fait progresser une histoire qui devient bien plus large que le personnage de Hellboy. Tout d’abord parce que Hellboy fait partie d’une agence américaine (BPRD) chargée des phénomènes paranormaux. Et que cette agence ne contient pas que Hellboy, même si c’est la plus grande vedette. En 12 tomes, on découvre les raisons de la présence de Hellboy sur Terre. Ce dernier risque fort de provoquer la fin du monde, bien malgré lui.

L’histoire de Hellboy s’étend sur plusieurs décennies, à tel point que l’éditeur français, Delcourt, a mis en ligne un site web très bien foutu. Vous pourrez y parcourir les albums par ordre chronologique, ou personnage par personnage.

Après avoir lu les 12 tomes parus en français, je ne sais toujours pas  exactement pourquoi j’aime les histoires de Hellboy. Il y a de l’aventure, de l’exotisme, de la baston, de l’ésotérisme…

Mais surtout, surtout, il y a le dessin de Mike Mignola. A base d’aplats de noir, on reconnaît son style unique, pas moyen de rater la patte Mignola. Souvent imité, jamais égalé, il sait donner une touche d’étrange au moindre détail. Et rendre crédibles et inquiétants les monstres les plus improbables.

Il y a eu aussi un jeu de rôle Hellboy, mais il ne m’a pas laissé beaucoup de souvenirs.

Et vous ? Déjà fan ?

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17 – Les étoiles montantes reviennent

En 2001, Semic eut l’excellente idée de publier le comics Rising Stars. En 4 tomes. Alors que l’histoire en comporte 6. Bref, c’est une série inachevée en France. Mais, Gloria in excelsis Delcourt Et in terra pax hominibus bonae voluntatis, cette erreur sera corrigée, à compter de demain. Delcourt s’attaque à une réédition, et la qualité de cette oeuvre saura l’amener jusqu’à son tome final.

 

Ce que vous y trouverez :

  • Un scénario de J.M. « Babylon 5 » Straczynski, qui, comme d’habitude, savait en entamant l’histoire comment elle se finirait.
  • Un univers précurseur de la série Heroes : 113 enfants d’une petite ville ont reçu un pouvoir. La série raconte leur vie de leur enfance jusqu’à leur mort.
  • Des pouvoirs crédibles, avec une explication derrière leur apparition.
  • Une histoire écrite de 1999 à 2003, au cœur des préoccupations américaines de l’époque.

J’ai tellement aimé cette série que j’ai téléchargé la fin en VO pour savoir enfin comment finissent les enfants de Peterson. Et ils finissent à la fois bien et mal. Que demander de plus à une série ?

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3 – Les Légendes de la Garde

En février 2006, David Petersen nous offrit le premier tome de la série Mouseguard. Un univers où des souris intelligentes tente de survivre en étant très loin du sommet de la chaîne alimentaire.

Menacées par le climat, les prédateurs et les dissensions internes, les souris survivent grâce à la Garde. Ces volontaires consacrent leur vie à assurer les liaisons entre les villes, et surtout à éliminer les nombreux dangers de la Nature.

Le tome 1, Automne 1152, centré sur une tentative de coup d’état, voit le retour d’une légende que tous croyaient morte.

Le tome 2, Hiver 1152, suit le précédent et nous fait découvrir la plus grande peur des souris : leurs ennemis furets.

En 2010, Petersen se lance dans une anthologie participative, où d’autres auteurs vont raconter des histoires dans le monde de la Garde. C’est Legends of the Guard (non traduit).

En 2009, Luke Crane présente le jeu de rôle fidèlement tiré de la bande-dessinée, et magnifiquement illustré par Petersen.

En attendant de nouvelles traductions de la bande-dessinée, c’est le jeu de rôle qui fait l’actualité, avec une souscription ouverte pour la traduction française. Le montant nécessaire a été très rapidement atteint et largement dépassé. Si vous voulez un exemplaire, il est encore temps de vous rendre sur ulule : http://fr.ulule.com/les-legendes-de-la-garde/

Si je recommande cette série, c’est parce qu’elle cumule de nombreux avantages : un graphisme fouillé et accrocheur, des scénarios qui sortent de l’ordinaire, et des personnages profonds et bien marqués.
Enfin, mon fils de 5 ans a adoré, ce qui en fait une excellente lecture pour les enfants.

N’hésitez pas à faire un tour sur le site de l’auteur, il y a de magnifiques images, dont des fonds d’écran. Bonne lecture !

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