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Aimons les tueurs comme nous aimions leurs victimes. #JeSuisCharlie

Oui, je sais, ce titre va probablement choquer mes lecteurs. Et pourtant, pourtant, il ne s’agit pas d’un appât à clics, et pas plus d’une provocation facile. Encore moins d’un message religieux pas subtil.

Nous avons vu aujourd’hui des humains décider froidement, méthodiquement, d’éliminer d’autres humains, parce que leurs idées leur déplaisaient. C’est d’une rare inefficacité : les unes de Charlie Hebdo ont connu aujourd’hui un retentissement inégalable. Le monde entier les a vues.
Est-ce que les caricaturistes vont trembler et s’autocensurer à l’avenir ? J’en doute, les martyrs de Charlie Hebdo devraient plutôt provoquer une renaissance de la satire, et de nombreuses vocations.

Aveuglés par leurs croyances, ces assassins ont donc provoqué le résultat inverse de celui recherché. Pour leur action en faveur de la liberté d’expression future, nous pouvons déjà leur être reconnaissants.

Mais pour leur action contre la liberté d’expression passée, j’ai, comme vous peut-être, pensé un instant que ces meurtriers méritaient une exception à ma propre croyance en la non-violence, sous la forme de tortures longues et raffinées. Et puis, je me suis rappelé un proverbe de dresseur lu je ne sais où.

Si tu es gentil avec un chien, il sera gentil.
Si tu maltraites un chien, il deviendra agressif.
Si tu alternes sans raison apparente les bons et les mauvais traitements, il deviendra fou.

Je ne souhaite ni la mort, ni la souffrance de ces humains terroristes. Je souhaite qu’ils réalisent leurs erreurs, et qu’ils passent le reste de leurs jours à tenter de les réparer.
C’est pourquoi plutôt que de les haïr, je choisis de les aimer.

J’ai bien conscience qu’il est peu probable qu’ils me lisent, ou que la lecture de mes mots provoque une soudaine prise de conscience les menant à la rédemption.

Mais je sais qu’ils s’attendent à être punis un jour, et qu’ils espèrent probablement devenir des martyrs de leur cause. Ne leur laissons pas cette victoire.
Leur donner notre amour est le meilleur moyen de les perturber dans leur obstination.
Leur donner notre amour est le seul moyen qu’ils puissent redevenir bons un jour.

Qu’avons-nous à perdre à essayer ?

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2013-033 – Courtney Crumrin : les histoires qui font peur ont beaucoup à nous apprendre

J’ai eu la chance de croiser Ted Naifeh. Il dédicaçait ses BD lors de la sortie du tome 4 de Courtney Crumrin en 2008.

C’est toujours compliqué de parler d’une série de BD. Je pourrais vous brosser le portrait de l’héroïne. Ou introduire ses aventures. Ou vous dire que le dessin est très particulier et que je le trouve très beau. Ou que c’est un Harry Potter réaliste : la magie est dangereuse, sa découverte à l’adolescence est lourde de conséquences. Vous trouveriez cela utile ? D’autres ont déjà dû le faire, et mieux que moi.

Je vais donc me contenter de citer quelques mots tirés du dernier tome. C’est Kelly Crumrin, la compagne de l’auteur, qui les a écrit. Ils touchent très très très juste. Je me sens touché d’avoir pu bavarder avec elle lors de la dédicace. Même si je ne m’en rends compte que maintenant, c’est toujours un plaisir de rencontrer un vrai humain. Ou du moins, d’avoir la chance de voir ce qu’il y a derrière notre armure de parade quotidienne.

Allez, laissons la muse s’exprimer.

Toute histoire a un commencement, et c’est souvent un moment très exaltant. […]

Mais toutes les histoires ont une fin, et c’est toujours au moins un petit peu triste. Quand vous aimez les personnages de cette histoire, vous n’avez pas envie de tourner la dernière page. Il faut du courage pour faire face à l’idée de dire au revoir.[…]

C’est la peur qui est entrée dans ma vie en même temps que mon fils Max. On ne vous dit pas ce genre de choses dans les histoires. Dans les livres, si les gens ont un bébé, c’est juste une partie du happy end, jamais le point de départ de l’aventure.

Jusque là, j’avais surtout traversé la vie chaussée de grosses bottes coquées, plongée dans l’aventure jusqu’aux genoux. […]
J’ai appris beaucoup sur le monde est sur moi-même. L’aventure est excellente pour cela. […] Chaque décision que vous prenez forge votre caractère et votre avenir d’une manière que n’auriez pas pu imaginer alors.

Finalement, je me suis demandé s’il pouvait y avoir un autre genre d’aventure qui vaille le coup d’être vécue, et j’ai eu Max.

Et puis, soudainement, j’ai eu peur.

D’abord j’ai eu peur qu’il s’arrête de respirer au beau milieu de la nuit, que la petite étincelle de vie qui l’anime puisse juste doucement s’évanouir, sans prévenir, et que je ne puisse plus jamais revoir son joli sourire. Je ne le connaissais que depuis quelques heures, mais je savais déjà que je ne pourrais plus jamais vivre dans un monde où il ne soit pas présent, et que je l’aimerais pour le restant de mes jours.[…]

Lorsqu’il a commencé à marcher à quatre pattes et à se cogner la tête, je me suis demandé si je devais lui faire porter un casque jusqu’à ses dix ans pour être sûre de ne pas m’inquiéter.[…]

Dans la vraie vie, l’amour est la véritable clef de l’aventure, le vrai test pour notre courage. Max m’a appris ça. Tant que vous n’avez pas quelqu’un à aimer, sans qui vous ne pourriez pas imaginer de vivre, vous ne pouvez pas savoir si vous êtes courageux. L’aventure peut faire bien pire que de vous mettre en retard pour dîner.

Quand vous êtes responsable de quelqu’un, c’est là que vous comprenez qui vous êtes et de quoi vous êtes capable.
Quand vous aimez quelqu’un, c’est là que la véritable aventure commence.

Kelly Crumrin

Et deux histoires à propos de l’oncle de Courtney.

PS : Oui, Courtney Crumrin n’a pas de nez. Pourquoi ? C’est la question qui conclue l’interview à la fin du tome 6. Ted Naifeh répond qu’il ne voit pas de quoi il s’agit. En exclusivité mondiale, je vais vous révéler ce qu’il m’a dit après m’avoir dessiné un très joli Butterworm dans un bureau d’écolier. Courtney Crumrin n’a pas de nez parce que Ted n’a jamais réussi à lui en faire un qui lui convienne.

Logique, non ?

PPS : J’allais oublier. Un jeu de rôle qui cite Courtney Crumrin comme principale inspiration est sorti il y a quelques temps. Je ne l’ai pas lu, mais ça devrait mériter un coup d’œil non ? Ça s’appelle Everyday is Halloween, et, comme son nom l’indique, c’est une création française.

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94 – Dis maman, c’est quoi faire un procès à papa ?

J’ai plein d’idées d’articles, mais elles sont toutes trop longues pour mon état de motivation ce soir.

Alors je suis allé faire un tour sur lemonde.fr, à la recherche d’une inspiration courte.

Deux articles séparés de quatre mois se répondent de manière… intéressante :

Round one

Fais-moi l’amour, sinon je divorce !

point de vue de Daniel Borrillo, juriste qui analyse la condamnation d’un mari pour une raison que je n’imaginais pas possible. Extrait :

Un récent arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence condamne un homme au divorce à ses torts exclusifs et à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu’il ne lui a pas assez fait l’amour durant leurs vingt et un ans de mariage. Mais comment, dans un État démocratique, en sommes-nous arrivés là ? […]
La formule de l’article 215 du code civil « Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie » implique une double dimension, vivre ensemble – communauté de toit – et entretenir des rapports sexuels – communauté de lit.

La vache ! Quand madame l’adjointe au maire nous a lu les extraits du Code Civil, j’ai bien écouté, mais je n’ai pas vu les sous-titres ! Je savais pour la communauté de toit, mais pas pour la communauté de lit. C’est quand même assez incroyable que les juges aient à se prononcer sur ce qui se passe – ou pas – dans le lit conjugal – ou pas. Ça pose en passant l’amusante question de la charge de la preuve… A part des aveux du « réfractaire au devoir conjugal », comment prouver l’absence de vie intime ?

Bref, comme le conclut l’auteur, il est temps de mettre un terme à l’intrusion de l’État dans ce qui relève exclusivement de la vie privée d’un couple.

Round two

Le second article, par Martine Laronche,  est intitulé « Dis maman, c’est quoi faire l’amour ? »

Il est bien écrit, court et droit au but :

« Dès qu’on donne à l’enfant les premières informations sur la sexualité, la différence des sexes, le rôle du père dans la conception, la grossesse, l’accouchement, il faut lui expliquer l’interdit de l’inceste et de la pédophilie »

Je trouve ça assez bien vu pour aider les parents, parfois mal préparés à ces incontournables de la curiosité enfantine. Notamment au regard des difficultés de l’Éducation Nationale à traiter ces questions.

Fight : Faut-il vraiment tout dire ?

Parce que bon, si je relie les deux articles ensemble, j’arrive à une conclusion étrange. Dois-je expliquer à mes enfants que, oui, il arrive que Papa et Maman fassent l’amour, parce que sinon, ça peut se finir au tribunal ?

Plus le temps passe, et plus je trouve le job de parent compliqué… 😀

Et vous ? Des questions compliquées de la part de vos enfants ?

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45 – Un jour, il faudra me dire qui c’est, ce Valentin.

La Saint-Valentin. Parce que l'amour n'est pas assez compliqué en lui-même.

La Saint-Valentin. Parce que l'amour n'est pas assez compliqué en lui-même.

xkcd est LE web-comic geek. Cherchez pas ailleurs. Vous trouverez là-bas le summum de la geekitude. Attention, chaque strip a un commentaire qui apparaît lorsque l’on passe la souris dessus. Il peut arriver que le commentaire soit encore plus drôle que le strip. Donc ne passez pas à côté.

La bonne nouvelle, pour ceux qui prennent le train en marche, c’est qu’il y en a un peu plus de 1000 pages. De quoi vous occuper si vous êtes tout seul pour la Saint-Valentin…

Ce que cette image m’inspire, c’est une longue discussion avec plusieurs amis sur ce que la vie de couple nous a apporté. Le point principal, c’est l’apprentissage du compromis. Il faut avoir vécu plusieurs disputes sur LA bonne façon de plier les chaussettes pour savoir ce que je veux dire.

Je ne vais donc pas vous souhaiter une bonne Saint-Valentin. Je vais tout simplement vous souhaiter de trouver l’amour, aussi souvent que nécessaire, jusqu’à ce que vous trouviez quelqu’un qui mérite vos compromis et qui accepte d’en faire pour vous.

Et si ça ne marche pas… il vous reste les bds !

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