Archives de la catégorie religion

2013-021 – scénario : l’enfant qui rêvait le monde

Je ne me souviens quasiment jamais de mes rêves.

Mais un cauchemar de ma petite dernière m’a donné une idée de scénario. BD, court métrage, que sais-je. Si quelqu’un veut s’en servir, je rappelle que ce blog est sous licence CC-BY-NC 3.0

Un chercheur en neurosciences étudie le sommeil d’enfants. Il veut découvrir à partir de quel âge les rêves ont lieu. Ainsi que ce qui différencie le sommeil des enfants de celui des adultes.

Un de ses cobayes s’avère être différent. Chacun de ses rêves agités est lié à un évènement majeur : tremblement de terre, tempête, mouvement social de grande ampleur. Le chercheur, ne pouvant trouver une explication scientifique, réfute l’existence du lien entre le sommeil de l’enfant et le reste du monde. Les indices s’accumulent, jusqu’à ce que le chercheur accepte d’envisager que  sa propre théorie soit vraie. Il tente alors d’influencer l’enfant pour changer le monde. Mais son jeu d’apprenti-sorcier est très dangereux. On ne joue pas impunément avec le cerveau d’un enfant qui a les pouvoirs d’un dieu.

Je vois pas mal de potentiel à ce scénario. L’entourage du chercheur qui le croit fou. Les origines (forcément mystérieuses) de l’enfant. Les études sur la façon d’utiliser l’enfant pour influencer le monde. Y aurait de quoi faire, non ?

Et dire que j’ai horreur des histoires qui s’achèvent façon "ouf, heureusement que tout cela n’était qu’un rêve !"

 

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10e interruption des programmes : le résumé du blog

Arrêtez tout !

Le philosophe Michel Serres vient de publier Petite Poucette, qui est ni plus ni moins qu’un résumé des meilleurs articles de ce blog. Quoi, mes chevilles ?

Trois courts extraits de son interview, que je vous recommande chaudement :

notre monde traverse une phase de changements gigantesques. Comme on est obnubilé par l’économie, on ne pense la crise qu’en termes économiques, mais il y a tellement de choses plus importantes qui nous mettent en crise! Cette crise d’ailleurs, c’est principalement le malaise dans nos têtes devant les immenses changements qui sont à l’œuvre.

Par exemple… 
Nous étions 50% d’agriculteurs à la fin de la guerre et ils ne sont plus que 1%. Pendant ma vie humaine, et c’est unique dans l’histoire, la population mondiale a doublé deux fois! Quand je suis né, on était 2 milliards, on est 7 milliards aujourd’hui. Dans la même période, l’espérance de vie a triplé. C’est tout cela que l’on ne voit pas.

Pourquoi?
On sait qu’un tremblement de terre se passe en surface. Or la théorie des mouvements de plaques l’explique par des mouvements profonds. Ce que j’essaie d’expliquer, ce sont les mouvements profonds. La fin de l’agriculture, la victoire sur la douleur en médecine, l’allongement de l’espérance de vie. Tout cela a des conséquences énormes : quand mon arrière-grand-père se mariait, statistiquement, il jurait à sa compagne fidélité pour cinq à dix ans, maintenant c’est pour soixante ans.

Voilà pour le diagnostic.

Y a-t-il eu auparavant des moments d’inquiétude aussi forte qu’aujourd’hui?
Oui, bien sûr. Dans Petite Poucette , j’en décris deux autres, qui correspondent aux deux précédentes révolutions de l’humanité. La première se situe quand on est passé du stade oral au stade écrit. La deuxième, quand on est passé du stade écrit au stade imprimé. Maintenant, dans la troisième révolution, on bascule du stade imprimé au stade numérique. À chacune de ces trois révolutions correspondent les mêmes inquiétudes… À la première, Socrate fulminait contre l’écrit en disant que seul l’oral était vivant! Au moment de l’imprimerie, il y a des gens qui disaient que cette horrible masse de livres allait ramener la barbarie. Ils affirmaient d’ailleurs que personne ne pourrait jamais lire tous les livres, ce en quoi ils avaient raison. Il est donc naturel de retrouver les mêmes angoisses au moment d’une révolution qui est encore plus forte que les deux précédentes.

Voilà pour la mise en perspective historique.

Petite Poucette a 30 ans, et dans dix ans, elle prend le pouvoir. Dans dix ans, elle l’aura, et elle changera tout cela… Regardez le printemps arabe, le rôle des nouvelles technologies, le rôle des femmes alphabétisées dans ces pays, tout cela est déjà à l’œuvre. Et puis, reprenons l’histoire. En Grèce, avec l’écriture, arrivent la géométrie, la démocratie et les religions du Livre, monothéistes. Avec l’imprimerie arrivent l’humanisme, les banques, le protestantisme, Galilée, la physique mathématique… Il suffit de voir tout ce qui a changé lors du passage à l’écriture et à l’imprimerie. Ce sont des changements colossaux à chaque fois. On vit une période historique.

Et voilà pour le futur.

On vit une révolution, je vous l’ai déjà dit, non ?

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151 – De la justification des inégalités

Un lecteur est arrivé sur mon blog par la recherche "inégalités homme femme physiologique".
Il est pourtant d’autres inégalités, nettement plus intéressantes, qui sont peu questionnées.

Il y a 50 000 ans, l’homme des cavernes capable de tabasser son voisin pouvait manger plus et obtenir les meilleures armes. La classe dirigeante possédait donc les richesses en vertu de sa force.
Il y a 1 000 ans, le noble seigneur régnait de droit divin. La classe dirigeante possédait donc les richesses en vertu de sa capacité à asseoir sa supériorité spirituelle (et aussi de sa force).
Il y a 400 ans, l’aristocrate régnait de par son ascendance noble. La classe possédait donc les richesses en vertu du droit du sang.

Bien sûr, toutes ces légitimités à posséder et à gouverner nous paraissent totalement dépassées, erronées, intolérables. Personne n’a envie que le maire de sa ville obtienne ce poste exclusivement par nomination de l’évêque local. Personne n’a envie que le préfet doive son poste à la transmission de cette charge possédée auparavant par son père.

Aujourd’hui, il est normal d’être riche par héritage ou par rente.
Aujourd’hui, il est normal d’être riche en étant passé par les bonnes écoles, peu importe la qualité de leur enseignement (lien vers article ENA).
Aujourd’hui, il est normal d’être riche après avoir écrit une (et une seule) chanson à succès il y a 40 ans (trouver exemple).

Je me demande si, dans 200 ans, nous continuerons à trouver cela normal. Pas vous ?

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146 – Le sens des priorités (les femmes et les enfants d’abord ? Chiche !)

Au cas où vous seriez passé à côté, le président élu en mai 2012 a promis d’ouvrir la possibilité de se marier à tous les  couples, sans condition préalable d’équipement génital de types divergents. Les élections législatives de juin dernier ont fourni à ce même président la majorité parlementaire nécessaire pour voter les lois promises.

Mais de toutes les promesses, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est celle du mariage pour tous qui provoque le plus de d’hostilité. Plus surprenant encore, ce n’est pas le mariage en lui-même qui pose problème. Après tout, le PACS est passé par là. La reconnaissance sociale de l’union de deux personnes du même sexe est déjà dans les mœurs. Non, la ligne d’attaque des anti-mariage homo s’est centrée sur les enfants. Au nom de la protection de l’enfant, qui doit avoir un papa et une maman (#UnPapaUneMaman). Outre le fait qu’il n’y a aucune étude sérieuse qui démontrerait qu’un couple homosexuel est moins capable d’élever un enfant qu’un couple hétérosexuel, je m’interroge sur leur sens des priorités.

Quel est le premier problème des enfants ?


Si j’en crois l’observatoire des inégalités, 2 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté. Soit moins de 600 euros par mois. 20 euros, maximum, par jour. Deux conclusions s’imposent : tout d’abord, peut-on élever un enfant dans ces conditions ? Ensuite, est-on vraiment en situation d’élever un enfant en gagnant 25 euros par jour ? 30 ?
Chacun a le droit de s’inquiéter de l’avenir de certains enfants face aux évolutions de notre société. Mais on ne m’ôtera pas de la tête que l’accroissement des inégalités en France est incomparablement plus dommageable au bien-être de nombreux enfants que les quelques centaines de couples homosexuels qui élèveront un enfant parce qu’ils l’auront choisi.
Votre avis ?

Par exemple, je trouve qu’on aura fait un pas dans le bon sens le jour où le barème d’imposition cessera d’accorder une réduction d’impôts plus importante aux enfants de riches qu’aux enfants de pauvres. Ça paraît évident, hein ?

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101 – Tendre l’autre joue. C’est quand même chaud, à faire vraiment.

Dès que l’on parle de non-violence, une icône vient à l’esprit : Gandhi.

L’histoire de son combat contre l’Empire britannique est resté célèbre. Notamment au travers de l’application de la non-violence.

« Quelle différence cela fait-il aux morts, aux orphelins et aux sans-abri, que la destruction aveugle ait été amenée au nom du totalitarisme ou au nom sacré de la liberté et de la démocratie ? »

« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune cause pour laquelle je suis prêt à tuer. »

Mais cette position a souvent été critiquée, moquée, par incompréhension. Alors que Gandhi lui-même ne l’excluait pas en toute situation.

« Je crois que s’il y a seulement le choix entre la violence et la lâcheté, je conseille la violence. »

Ouais, mais on n’est pas dans un pays colonisé, si ?

Officiellement, non. Officieusement ? Ben, dans une oligarchie, on peut considérer qu’on est occupés par une bande de riches.

Mais au quotidien, à moins que vous ne soyez une femme battue, il est peu probable que l’on vous tape dessus. Ah, si, j’oubliais les enfants, à qui "une fessée n’a jamais fait de mal" (note : faire un article sur l’inutilité des châtiments corporels, aussi minimes soient-ils).

Par contre, il peut arriver que l’on fasse une mauvaise rencontre. Et qu’un maraud cherche à nous délester de notre portefeuille, sous la menace de violences.

Il peut aussi arriver de se faire enfler par une administration, et d’être submergé par l’envie de régler ça avec ses poings.

Eh bien, dans ces cas-là, la seule réponse constructive, c’est de ne pas répondre. De se laisser frapper. Humilier.

Mais ? C’est nul comme conseil !

Peut-être. Mais de toutes les réponses envisageables, c’est la moins pire.

Riposter ? C’est continuer le cycle. Toute réponse sur le même mode de communication ne peut qu’accroître la démonstration de violence de part et d’autre.

De nombreuses personnes se sont élevées en critiques de la non-violence, dont Léon Trotski, George Orwell et Malcolm X. Une de leurs critiques portait sur le fait que la non-violence dépossédait le peuple de sa meilleure arme.

Quand on voit à quel point les révolutions ont engendré leur lot de massacres, ça paraît être une arme à double tranchant. Alors que la non-violence est une excellente arme.

Une arme à la portée de n’importe qui.

Contrairement aux idées reçues, la non-violence est utilisable par le peuple contre ceux qui l’oppriment. Et comme n’importe quelle arme, il faut s’entraîner à la manier. Vous n’iriez pas vous battre à l’épée sans rien y connaître, bien sûr.

Fort heureusement, il y a des gens qui se sont attelés à la rédaction du manuel d’utilisation. "De la dictature à la démocratie" est un livre de Gene Sharp, publié par l’Institution Albert Einstein. Il donne, en 10 chapitres, le mode d’emploi d’une révolte non-violente réussie. Le tout est basé sur l’expérience des révoltes ratées et réussies du passé. Voici le sommaire.

  1. Faire face avec réalisme aux dictatures
  2. Les dangers de la négociation
  3. D’où vient le pouvoir ?
  4. Les faiblesses des dictatures
  5. L’exercice du pouvoir
  6. La nécessite de la planification stratégique
  7. La planification stratégique
  8. L’application de la défiance politique
  9. Désintégrer la dictature
  10. Les fondements d’une démocratie durable

Les conseils prodigués sont exclusivement tournés vers l’application. Pas de théorie absconse, pas de philosophie douteuse.

Extrait :

Les  modalités  et  implications  des solutions violentes sont bien connues, des armes physiques sont utilisées pour intimider, blesser, tuer et détruire.

La lutte non-violente est un moyen beaucoup plus complexe et multiforme. Son arsenal inclut des armes de nature  psychologique,  sociale,  économique  et  politique qui  sont  maniées  par  la  population  et  les  institutions sociales.  On  parle  de  protestations,  de  grèves,  de  non-coopération,  de  boycotts,  de  désaffection  ou  de  pouvoir du peuple.

Une des sources du problème.

Un des problèmes majeurs de la non-violence est résumé dans la première phrase de cet article. Quand je dis "non-violence", nous pensons tous au même type, un vieux en pagne, mort depuis 64 ans. En fouillant un peu plus loin dans notre mémoire, qui se présente ?

McGyver ? Ce n’était pas vraiment un saint.

Salvor Hardin ? Le personnage d’Isaac Asimov qui dit dans Fondation que "La violence est le dernier refuge de l’incompétence." ? Je n’ai retrouvé son nom que grâce à Google.

(Je compte sur vous pour m’indiquer d’autres héros non-violents dans les commentaires.)

Ce que je veux dire, c’est que le jour où on arrêtera de donner à nos enfants des idoles qui passent leur temps à se battre, le monde ira forcément mieux.

Comme le disait si bien avant-hier Alex Nikolavitch, dans "Le funko c’est funky", "Dans une société idéale, c’est le film de bouffe qui devrait être le genre majeur, et pas le film de guerre."

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