Archives de la catégorie religion

[Eros Sana] Nous ne somme pas en guerre

Mon ami Eros a écrit un très bon résumé des dangers des dernières déclarations gouvernementales. Extrait :

 

Nous ne sommes pas en guerre. « Entrer en guerre » signifierait accepter ce que les terroristes tentent justement d’imposer à notre société et à ses institutions : la division, la suspension ou la fin de plusieurs de nos libertés fondamentales, la fin de notre Etat de droit, la fin de notre démocratie. Entrer en guerre, adopter un état d’esprit guerrier – une « union sacrée » –, ne pas seulement répondre avec le déjà très étoffé arsenal répressif juridique et administratif, y ajouter des mesures « exceptionnelles », c’est abandonner ce qui fait de la France ce qu’elle est, un Etat de droit. On ne peut répondre à ces actes terroristes par l’instauration d’un régime d’exception. Pour chacun d’entre nous, ce serait sacrifier, consciemment ou non, une grande partie de nos libertés individuelles et de nos droits collectifs, sur l’autel d’une illusion sécuritaire. On combat les terroristes. On ne peut malheureusement pas éradiquer le terrorisme.

Pour le texte entier, je vous renvoie vers Basta!

Merci, Eros.

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Aimons les tueurs comme nous aimions leurs victimes. #JeSuisCharlie

Oui, je sais, ce titre va probablement choquer mes lecteurs. Et pourtant, pourtant, il ne s’agit pas d’un appât à clics, et pas plus d’une provocation facile. Encore moins d’un message religieux pas subtil.

Nous avons vu aujourd’hui des humains décider froidement, méthodiquement, d’éliminer d’autres humains, parce que leurs idées leur déplaisaient. C’est d’une rare inefficacité : les unes de Charlie Hebdo ont connu aujourd’hui un retentissement inégalable. Le monde entier les a vues.
Est-ce que les caricaturistes vont trembler et s’autocensurer à l’avenir ? J’en doute, les martyrs de Charlie Hebdo devraient plutôt provoquer une renaissance de la satire, et de nombreuses vocations.

Aveuglés par leurs croyances, ces assassins ont donc provoqué le résultat inverse de celui recherché. Pour leur action en faveur de la liberté d’expression future, nous pouvons déjà leur être reconnaissants.

Mais pour leur action contre la liberté d’expression passée, j’ai, comme vous peut-être, pensé un instant que ces meurtriers méritaient une exception à ma propre croyance en la non-violence, sous la forme de tortures longues et raffinées. Et puis, je me suis rappelé un proverbe de dresseur lu je ne sais où.

Si tu es gentil avec un chien, il sera gentil.
Si tu maltraites un chien, il deviendra agressif.
Si tu alternes sans raison apparente les bons et les mauvais traitements, il deviendra fou.

Je ne souhaite ni la mort, ni la souffrance de ces humains terroristes. Je souhaite qu’ils réalisent leurs erreurs, et qu’ils passent le reste de leurs jours à tenter de les réparer.
C’est pourquoi plutôt que de les haïr, je choisis de les aimer.

J’ai bien conscience qu’il est peu probable qu’ils me lisent, ou que la lecture de mes mots provoque une soudaine prise de conscience les menant à la rédemption.

Mais je sais qu’ils s’attendent à être punis un jour, et qu’ils espèrent probablement devenir des martyrs de leur cause. Ne leur laissons pas cette victoire.
Leur donner notre amour est le meilleur moyen de les perturber dans leur obstination.
Leur donner notre amour est le seul moyen qu’ils puissent redevenir bons un jour.

Qu’avons-nous à perdre à essayer ?

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2014-080 – En finir pour de bon avec le Père Noël

Melinda Wenner Moyer a publié un article intitulé « Continuez de dire à vos enfants que le Père Noël existe » sur Slate.fr. La position défendue est qu’il est bon pour les enfants de leur faire croire au Père Noël.

L’existence du Père Noël est un «bon mensonge», et fait travailler l’imagination de nos enfants, ce qui aide à leur développement.

Voici l’enchaînement du raisonnement :

Les enfants ont besoin de récits et de personnages imaginaires pour se développer.

Le Père Noël est un personnage imaginaire.

Les enfants ont besoin de croire au Père Noël, donc leurs parents doivent leur mentir pour leur bien.

En termes logiques, on appelle ce type d’enchaînement un sophisme. L’exemple habituel parle de chats et de Socrate. Je vais plutôt vous l’illustrer avec un de mes profs de fac. Ce monsieur a tenté durant son cours de promouvoir la nécessité de la gifle comme méthode éducative. Ça donnait : les enfants ont besoin d’un cadre, et ce cadre doit être mis en pratique par des sanctions. Donc la gifle est nécessaire.

Vous comprenez où ça coince ?

L’auteur finit pourtant par le reconnaître : Bien entendu, les enfants jouent à faire semblant même lorsqu’ils ne croient pas au Père Noël. Le personnage n’est en rien essentiel au bon développement de l’enfant. Une fois de plus, le titre de l’article finit par être démenti par son contenu. La mythologie grecque ou Bilbo le Hobbit sont tout aussi capables d’alimenter l’imaginaire de vos enfants. Sans jamais prétendre qu’il s’agit d’événements réels…

En conclusion, je vous invite à lire et faire lire aux enfants qui vous entourent « Agathe ne croit pas au Père Noël« , de Catherine Dumonteil-Kremen et Marie-Pierre Emorine. Vous y trouverez de quoi alimenter intelligemment l’histoire du Père Noël, sans faire croire n’importe quoi aux enfants.

Je ne vous renvoie pas vers Amazon, je soutiens le mouvement de grève de leurs (serfs) salariés.

Agathe ne croit pas au Père Noël. Pourtant, elle se réjouit à l’idée de donner et de recevoir, de participer aux préparatifs dans les moindres détails. La magie de Noël est bien là !

 

PS : merci à Emmanuel F. pour avoir publié l’article de Slate sur FB.

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2013-021 – scénario : l’enfant qui rêvait le monde

Je ne me souviens quasiment jamais de mes rêves.

Mais un cauchemar de ma petite dernière m’a donné une idée de scénario. BD, court métrage, que sais-je. Si quelqu’un veut s’en servir, je rappelle que ce blog est sous licence CC-BY-NC 3.0

Un chercheur en neurosciences étudie le sommeil d’enfants. Il veut découvrir à partir de quel âge les rêves ont lieu. Ainsi que ce qui différencie le sommeil des enfants de celui des adultes.

Un de ses cobayes s’avère être différent. Chacun de ses rêves agités est lié à un évènement majeur : tremblement de terre, tempête, mouvement social de grande ampleur. Le chercheur, ne pouvant trouver une explication scientifique, réfute l’existence du lien entre le sommeil de l’enfant et le reste du monde. Les indices s’accumulent, jusqu’à ce que le chercheur accepte d’envisager que  sa propre théorie soit vraie. Il tente alors d’influencer l’enfant pour changer le monde. Mais son jeu d’apprenti-sorcier est très dangereux. On ne joue pas impunément avec le cerveau d’un enfant qui a les pouvoirs d’un dieu.

Je vois pas mal de potentiel à ce scénario. L’entourage du chercheur qui le croit fou. Les origines (forcément mystérieuses) de l’enfant. Les études sur la façon d’utiliser l’enfant pour influencer le monde. Y aurait de quoi faire, non ?

Et dire que j’ai horreur des histoires qui s’achèvent façon « ouf, heureusement que tout cela n’était qu’un rêve ! »

 

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10e interruption des programmes : le résumé du blog

Arrêtez tout !

Le philosophe Michel Serres vient de publier Petite Poucette, qui est ni plus ni moins qu’un résumé des meilleurs articles de ce blog. Quoi, mes chevilles ?

Trois courts extraits de son interview, que je vous recommande chaudement :

notre monde traverse une phase de changements gigantesques. Comme on est obnubilé par l’économie, on ne pense la crise qu’en termes économiques, mais il y a tellement de choses plus importantes qui nous mettent en crise! Cette crise d’ailleurs, c’est principalement le malaise dans nos têtes devant les immenses changements qui sont à l’œuvre.

Par exemple… 
Nous étions 50% d’agriculteurs à la fin de la guerre et ils ne sont plus que 1%. Pendant ma vie humaine, et c’est unique dans l’histoire, la population mondiale a doublé deux fois! Quand je suis né, on était 2 milliards, on est 7 milliards aujourd’hui. Dans la même période, l’espérance de vie a triplé. C’est tout cela que l’on ne voit pas.

Pourquoi?
On sait qu’un tremblement de terre se passe en surface. Or la théorie des mouvements de plaques l’explique par des mouvements profonds. Ce que j’essaie d’expliquer, ce sont les mouvements profonds. La fin de l’agriculture, la victoire sur la douleur en médecine, l’allongement de l’espérance de vie. Tout cela a des conséquences énormes : quand mon arrière-grand-père se mariait, statistiquement, il jurait à sa compagne fidélité pour cinq à dix ans, maintenant c’est pour soixante ans.

Voilà pour le diagnostic.

Y a-t-il eu auparavant des moments d’inquiétude aussi forte qu’aujourd’hui?
Oui, bien sûr. Dans Petite Poucette , j’en décris deux autres, qui correspondent aux deux précédentes révolutions de l’humanité. La première se situe quand on est passé du stade oral au stade écrit. La deuxième, quand on est passé du stade écrit au stade imprimé. Maintenant, dans la troisième révolution, on bascule du stade imprimé au stade numérique. À chacune de ces trois révolutions correspondent les mêmes inquiétudes… À la première, Socrate fulminait contre l’écrit en disant que seul l’oral était vivant! Au moment de l’imprimerie, il y a des gens qui disaient que cette horrible masse de livres allait ramener la barbarie. Ils affirmaient d’ailleurs que personne ne pourrait jamais lire tous les livres, ce en quoi ils avaient raison. Il est donc naturel de retrouver les mêmes angoisses au moment d’une révolution qui est encore plus forte que les deux précédentes.

Voilà pour la mise en perspective historique.

Petite Poucette a 30 ans, et dans dix ans, elle prend le pouvoir. Dans dix ans, elle l’aura, et elle changera tout cela… Regardez le printemps arabe, le rôle des nouvelles technologies, le rôle des femmes alphabétisées dans ces pays, tout cela est déjà à l’œuvre. Et puis, reprenons l’histoire. En Grèce, avec l’écriture, arrivent la géométrie, la démocratie et les religions du Livre, monothéistes. Avec l’imprimerie arrivent l’humanisme, les banques, le protestantisme, Galilée, la physique mathématique… Il suffit de voir tout ce qui a changé lors du passage à l’écriture et à l’imprimerie. Ce sont des changements colossaux à chaque fois. On vit une période historique.

Et voilà pour le futur.

On vit une révolution, je vous l’ai déjà dit, non ?

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