Archives de la catégorie roman

Wattpad, mon excuse en béton

Ce blog s’appelle toujours Un Jour Une Idée. Aujourd’hui, c’est clairement un intitulé abusif. Un Mois Une Idée serait plus judicieux. Ou Un Jour Sur Deux Une Idée en 2012.

Pourtant, j’ai une bonne excuse. Si si. Elle s’appelle Wattpad. Ce site est un réseau social d’écriture, et donc de lecture. Imaginez Facebook, mais où seules des histoires, courtes ou longues, seraient partagées. Dis comme ça, ça ne fait pas forcément envie. Je vais tenter de faire mieux.

Est-ce que vous avez déjà lu un livre, et eu envie de laisser un mot à ceux qui liront après vous ? Pour commenter le livre, ou un chapitre, ou une simple phrase ? Ou eu envie de savoir ce que d’autres en ont pensé avant vous ? Wattpad vous offre ceci. C’est une possibilité fabuleuse. La lecture prend une dimension communautaire, au lieu d’être un plaisir solitaire difficile à partager.

Et il n’y a pas que les lecteurs qui échangent. Les auteurs sont avertis de tous les commentaires, et pour la plupart participent à la discussion.

Je vous invite notamment à découvrir l’exceptionnel One Minute, de Thierry Crouzet. Un chapitre publié par jour pendant un an (ça me rappelle quelque chose), une histoire qui pousse le concept de récit choral à son maximum, et qui rend tous ses lecteurs dépendants.

Tant qu’à faire, profitez-en pour jeter un oeil aux écrits de Neil Jomunsi, Stéphane « Alias » Gallay, Lionel « Ploum » Dricot et Pouhiou. Et pour les anglophones, l’incontournable Cory Doctorow.

C’est bien beau tout ça, mais en quoi ce site est-il une excuse valable pour mon absence sur ce blog, me direz-vous. Et je reconnais bien là l’esprit chafouin des lecteurs de ce blog. Petits coquinous !

La réponse est pourtant simple : j’ai débuté la publication d’un roman sur Wattpad. Je pourrais mettre un lien ici, mais… Je publie sous mon propre nom, et ce blog est toujours sous pseudonyme. Ce qui veut dire que beaucoup de mes proches savent que j’écris ici, mais qu’un internaute amené ici par des recherches telles que « le club des pervers« , « phase copulatoire » ou « art plastique : faire croire a une personne qu’on est un loup garou en dessin » ne trouvera pas de lien direct vers mon identité.

Vous avez donc deux options cher lecteur. Soit vous connaissez mon prénom, et vous le cherchez sur Wattpad. Soit vous ne le connaissez pas, et vous n’avez plus qu’à divaguer de texte en texte à la recherche d’un roman dont le style vous rappellera les centaines de billets qui prennent la poussière ici. Il est probable que vous trouverez sur Wattpad de bien meilleures histoires que la mienne. Si c’est le cas, revenez-ici et dites-le dans les commentaires !

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2014-067 – Projet Jason

La lecture de La Vague Montante m’a rappelé combien j’avais apprécié d’autres œuvres de Marion Zimmer Bradley. J’ai donc entrepris de relire quelques tomes de la Romance de Ténébreuse.

Cette saga raconte la colonisation terrienne accidentelle d’une planète déjà occupée par plusieurs races humanoïdes. Depuis le crash d’un vaisseau spatial, jusqu’à la redécouverte par l’empire terrien, en passant par des siècles de développement médiéval, les histoires et les thèmes abordés sont très riches.

Plusieurs niveaux de lecture

Les aventures à proprement parler sont propres à satisfaire les adolescents amateurs d’action. Les quelques pouvoirs psychiques présents, appelés laran, renforcent ce thème. D’ailleurs il y a beaucoup de points communs entre les télépathes présentés dans la série, et les surdoués que je connais. Évidemment, les surdoués ne disposent pas de pouvoirs psychiques. Mais leur hypersensibilité, et l’incompréhension de leur entourage, trouveront une résonance intéressante avec ces romans.

De plus, le soin apporté à la vie intérieure des personnages, notamment par des relations riches et des questionnements personnels, ajoutent un niveau de maturité propre à satisfaire l’adulte que je suis devenu.

Enfin, la démarche résolument féministe de l’auteur, sans idéalisme borné ni manichéisme, fait que cette série de science-fiction n’a pas vieilli d’un pouce.

Bien sûr, comme pour la plupart des auteurs du XXe siècle, le développement des technologies de l’information n’a pas été suffisamment anticipé. Mais le cadre particulier de cette planète explique le faible niveau technologique de l’Empire terrien sur place.

Je vous invite donc à découvrir la Romance de Ténébreuse. Cette série comporte plus d’une vingtaine de titres.  La plupart peuvent se lire seuls. Certains forment des suites, directes ou plus lointaines.

Par où commencer ?

Après cette longue présentation de la série, passons à ma première lecture. Le Projet Jason est le premier livre de la série dans l’ordre d’écriture. Qui n’est pas, mais pas du tout, l’ordre chronologique. C’est en façade un récit d’aventure. Une équipe de terriens doit atteindre une tribu d’humanoïdes des montagnes. Ils sont la clé d’un remède à une épidémie cyclique dévastatrice. Mais c’est aussi un formidable récit d’initiation. Le personnage principal revient sur les traces de son enfance, et se confronte à ce qu’il est devenu. À l’adulte sérieux et triste qui a renoncé à la fougue et aux passions de sa jeunesse.
C’est enfin une histoire d’amour. Qui, comme toutes ces histoires devraient le faire, rend le protagoniste meilleur qu’il n’était.

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2014-059 – [invité] [Thomas Munier] Sourire à la peur

J’étais déjà tombé sur le blog de Thomas Munier, sans prêter d’attention particulière à son auteur. C’est en découvrant la publication de Inflorenza que j’ai eu un coup de cœur. Pas pour l’univers de jeu qui ne me touche pas particulièrement, mais pour le considérable travail pour faire coller les règles à l’ambiance recherchée. S’il est nécessaire de le rappeler, les règles comptent. Ensuite, c’est le mode de commercialisation qui m’a parlé. Les règles sont en téléchargement libre, les règles illustrées en paiement « libre », le livre imprimé sur lulu.com à 18€, et enfin le livre imprimé et relié par l’auteur, à nouveau en prix libre. Ce choix de commercialisation innovant est en accord avec mes recommandations sur l’indispensable expérimentation pour renouveler le financement de la culture.

J’ai envoyé un message à Thomas, qui m’a dit être fan de mon blog et m’a proposé un article invité. En cette période de calme, c’est particulièrement bienvenu !
Voici donc sa présentation, et son article.


Thomas Munier anime le blog Outsider sur la créativité et les folklores personnels. Il est aussi auteur de romans (La Guerre en Silence), de nouvelles (Glossôs) et de jeux de rôles (Millevaux, Inflorenza, S’échapper des Faubourgs, Marins de Bretagne). Malgré son penchant pour l’horreur, il a peur de beaucoup de choses, mais il tente d’en sourire.

Nous avons tous des peurs.

La peur nous empêche d’être créatif. En matière de créativité, ce qui compte n’est pas la technique, le don, ni même le travail. Ce qui compte, c’est d’avoir envie, c’est d’oser.
Cette peur coupe nos envies et nos audaces comme le vertige peut nous couper les jambes. Peur d’aborder un nouveau média sans connaissances préalables, peur de commencer une œuvre sans être sûr de la terminer, peur de briser les codes, peur de choquer, peur d’être incompris, peur d’être ridicule, peur de décevoir, peur de l’indifférence, peur de se lancer dans une carrière créative à plein temps.

On ne peut pas annuler nos peurs. Ou du moins, c’est très difficile et ce n’est pas forcément souhaitable. Car la peur peut être une précieuse information.

On peut apprendre à ne plus fuir la source de nos peurs. À marcher aux côtés de la peur. À lui sourire. Pour cela, il suffit de faire un premier essai, le plus petit essai possible, la plus petite seconde à sourire à la peur au lieu de fuir, un essai qui paraît tellement sans conséquence qu’il vous est impossible de vous y dérober.

Tiens, si j’essayais ça ? Si la page blanche nous fait peur, juste y écrire un mot. Avec le sourire. Si l’originalité nous fait peur, juste concevoir une idée incongrue. Avec le sourire. Si l’avenir nous fait peur, juste se concentrer sur l’œuvre au présent, une seconde. Avec le sourire.

Quand on sourit à la peur, quand on se lance malgré le vertige, quand on se lance aux côtés du vertige, ce vieil ami qui nous connaît si bien, on s’expose à une telle joie !

Commencer à coudre un costume épique, juste une manche. Lire une page internet sur la rupture conventionnelle de contrat. Fabriquer son premier livre artisanal.

La peur nous a permis de nous préparer. Il y a des harnais de sécurité, il y a des personnes qui nous accompagnent, il y a des parachutes, et c’est juste un saut, après on retourne sur le plancher des vaches. On a jaugé les conséquences. Si je saute, et alors ? Qu’est-ce qui peut bien arriver de si grave ? Et même si je suis blessé, ce qui n’est pas si probable vu les précautions que j’ai prises, est-ce que ça ne vaut pas le coup d’essayer ? Au pire, j’en guérirai. Au pire, je continuerai à vivre avec cette blessure, et à sourire à d’autres peurs.

Et puis le grand saut. Se lancer dans le vide, avec un sourire féroce aux lèvres, et apprécier cette peur si grande qu’elle se transforme en joie.

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2014-046 – La vague montante, de Marion Zimmer Bradley

Changer le monde, ça commence par changer les consciences.

J’en parlais il y a quelques temps, une bonne histoire a un poids de conviction énorme. Et c’est encore plus vrai lorsqu’elle est répétée.

Les (très) (très) (très très) nombreux articles de ce blog qui traitent d’écologie et d’action citoyenne font le plus souvent appel à la raison. Mais notre raison a besoin de repères pour se projeter. Par exemple, des séries comme Star Trek ont beaucoup fait pour préparer les humains à l’arrivée de la téléphonie mobile (et de multiples autres nouveautés technologiques).

Il me semble donc important de développer un corpus documentaire ET fictionnel montrant un futur correspondant à un mode de vie écologique. Pour le documentaire, je vous renvoie vers des articles précédents, notamment les œuvres de Marie-Monique Robin.

Pour la fiction, je suis tombé par hasard chez mon libraire sur une vieille histoire de Marion Zimmer Bradley. La vague montante (1955) vient d’être publiée par ‘le passager clandestin‘.

Ce court roman raconte l’arrivée sur Terre d’une navette expédiée par une lointaine colonie. Le choc des cultures est très bien décrit. Le pilote engagé à fond dans le progrès scientifique fait face aux limites de ses croyances. Ce texte visionnaire mériterait une adaptation cinématographique, pour toucher un plus large public.

8€, 144 pages, faites-vous plaisir !

Accessoirement, ce livre m’a rappelé que je n’ai jamais écrit à propos de la colossale saga de Marion Zimmer Bradley, le Cycle de Ténébreuse. Ce sera pour une autre fois…

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2014-040 – Simplicité volontaire : le cas des livres

Je vous ai parlé, il y a longtemps, du Défi des 100 objets. Cette démarche d’auto-limitation dans l’accumulation d’objets me paraît importante, à la fois pour limiter notre impact sur l’environnement, et pour ne pas vivre encombré par ses possessions. Tonton Alias raconte aussi ailleurs ses démarches en ce sens.

J’ai commencé à faire un listing de mes possessions, mais… Je ne me suis jamais vraiment mis au projet. La première raison, c’est que je n’accumule pas tant d’objets que ça. Et que je n’y suis pas très attaché. La deuxième raison, c’est que ma collectionite s’applique aux livres. Et l’auteur du 100 Things Challenge m’avait fourni une excuse toute prête : il a compté sa bibliothèque comme un seul et unique objet.
Sauf que dans mon cas, c’est bien là qu’il fallait frapper. Après plusieurs mois à tourner autour de l’idée, j’ai fini par trouver un critère pertinent pour éliminer des livres de ma collection.

« Si je ne pense pas confier un livre à un de mes enfants un jour en lui conseillant de le lire, c’est qu’il n’est pas assez intéressant pour être gardé.  »

Ce simple critère m’a permis de dégager… quelques centaines de livres. Oui oui. Il en reste encore beaucoup après ce tri. Peut-être trouverai-je un jour un autre critère, plus restrictif encore.

Et vous ? Comment luttez-vous contre vos tendances à l’accumulation ?

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