Archives de la catégorie droit

Le jour d’après, par Kitetoa.

Le jour d’après… Changez-vous durablement si vous voulez changer le monde

http://reflets.info/le-jour-dapres-changez-vous-durablement-si-vous-voulez-changer-le-monde/

J’ai eu le plaisir de discuter quelques fois avec Kitetoa. Je suis 100% d’accord avec son diagnostic et ses conclusions. Et vous ? Qu’êtes-vous prêt à changer en vous pour changer le monde ?
Moi j’essaie. Je donne 2€ tous les mois à reflets.info pour qu’ils continuent d’exister, par exemple.
Je compte sur vous pour essayer aussi

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2014-062 – [ploum] Pourquoi je suis un pirate !

http://ploum.net/je-suis-un-pirate/

Un excellent article de Lionel Dricot, qui fait écho à mes réflexions sur la HADOPI, et le partage en général. Il y aborde même la question de l’exception pédagogique au droit d’auteur. Pour faire court : quand vous étiez en classe, vous avez regardé un film en entier ? C’était illégal.

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2014-061 – élections européennes du 25 mai, ne vous faites pas arnaquer par le mode de scrutin !

Demain, ce sont les élections européennes. Il est un sujet dont très peu de monde a parlé, c’est le mode de scrutin.
Le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne prévoit que chaque Etat peut décider de son mode de scrutin, du moment qu’il s’agit d’un scrutin universel direct, et proportionnel. D’autre part, le seuil minimum pour qu’une liste soit retenue ne doit pas dépasser 5%.

Votre pays, je vous en mets combien de tranches ?

En France, comme dans beaucoup d’autres pays européens, un scrutin par liste bloquée a été retenu. De plus, le vote a été régionalisé.
EP-constituencies
Sur cette carte, on peut voir que l’Allemagne a retenu un vote à l’échelle du pays. Le législateur français a décidé de découper la France en 8. Et qui plus est, en circonscriptions aux populations très différentes. Ainsi l’euro-circonscription Centre n’a que 5 sièges à pourvoir, quand l’Île-de-France en a 15.

Ces circonscriptions sont totalement artificielles. Elles ne correspondent pas une logique géographique, ni démographique, et encore moins administratives : les 74 eurodéputés français n’ont pas de territoire à administrer. L’argument de l’élu d’un territoire qui permet à ses habitants d’être représentés ne tient pas. Il n’est pas obligatoire d’habiter une eurocirconscription pour y être élu…

Attention au seuil, vous pourriez vous prendre les pieds dedans.

Idem pour le seuil minimum à 5%. Pourquoi écarter par principe des listes qui n’ont pas atteint 5% des suffrages ? 74 eurodéputés représentent 100% des Français. Il me paraît légitime qu’une liste qui recueille 100/74 = 1,35% des voix est légitime pour avoir un représentant élu, non ?

L’intérêt d’un scrutin proportionnel à la plus forte moyenne est de répartir équitablement les postes. L’ajout des eurocirconscriptions et du seuil de 5% modifient ce principe d’équité. Vous devinez dans quel sens ?

Des conséquence remarquables… et néfastes pour la démocratie !

Regardons les résultats des élections de 2009 , et comparons-les à ce qu’ils auraient été si la France n’avait pas été découpée en 8. Et à cette même France unifiée, en supprimant le seuil de 5% pour qu’une liste puisse avoir un élu.

Nom Voix nationales Sièges obtenus Sièges sans découpage Sièges sans découpage ni seuil à 5%
UMP 4 799 908 29 25 (-4) 22 (-7)
PS 2 838 160 14 15 (+1) 13 (-1)
Europe Écologie 2 803 759 14 15 (+1) 12 (-2)
Mouvement Démocrate 1 455 841 6 7 (+1) 6 (0)
Front de gauche + Alliance des outre-mers 1 115 021 5 5 (0) 5 (0)
Front National 1 091 691 3 5 (+2) 5 (+2)
Nouveau Parti Anticapitaliste 840 833 0 0 (0) 3 (+3)
Libertas 826 357 1 0 (-1) 3 (+2)
Alliance Ecologiste Indépendante 625 375 0 0 (0) 2 (+2)
Debout La République 304 585 0 0 (0) 1 (+1)

Qu’en pensez-vous ?

Peut-être découvrez vous qu’en 2009, le NPA a eu nationalement 840 000 voix, mais aucun élu ? Alors que le Front National, avec 251 000 voix de plus, à peine 30% de plus, en a eu 3 ? Et que Libertas, avec 14 476 voix de moins, en a quand même eu 1 ?

Les règles de 2009, encore appliquées au scrutin de demain, ont principalement un avantage. Elles profitent aux plus gros partis. Ceux qui sont déjà majoritaires à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Et qui ont voté ces règles.

Mais qu’est-ce qu’on y peut ?

Si vous votez pour un gros parti « pour que votre vote ne soit pas perdu », c’est comme si dans la cour d’école, vous donniez votre goûter avant même de vous faire taper : ça ne fait que conforter la grosse brute dans son comportement d’intimidation.

Si vous votez pour un petit parti, il y a deux options :

  • Votre candidat ne gagne pas, vous avez l’impression d’avoir voté pour rien, que vous auriez mieux fait de voter utile >> Votre seul bulletin n’aurait rien changé au résultat final.
  • Votre candidat gagne >> jackpot ! Vous avez réellement voté utile.

Le choix est simple, non ?

Épilogue

Vous pouvez aussi jeter un œil à l’excellent article de Lionel Dricot : Votez utile, votez pour un petit parti.

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2014-051 – Le déficit de l’indemnisation des femmes enceintes

Le Medef veut supprimer le régime des intermittents, au motif que les règles en feraient un régime déficitaire.

Le système d’indemnisation chômage, comme celui d’assurance maladie, est un système par répartition. Tout le monde paye, seuls ceux qui subissent le risque reçoivent de l’argent.
Dès qu’on isole une catégorie, il y a une chance sur deux qu’elle soit ‘déficitaire’ ! Par principe, il doit y avoir des catégories qui touchent plus qu’elles ne versent.

On pourrait donc aussi parler du déficit de l’indemnisation des femmes enceintes. Ben oui, si on ne regarde que les cotisations versées par des femmes enceintes, ça doit faire bien moins que le montant qu’elles touchent du fait de leur grossesse !

Le débat est biaisé sur le fond, puisque l’on présente comme anormale une situation voulue dès la conception.

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2014-042 – [english] Les sept péchés mortels du capitalisme

Désolé pour les non-anglophones, mais l’article du jour est en anglais. Darrin Drda l’a intitulé « The seven deadly sins of capitalism« . Je vais tenter de me faire pardonner en traduisant les principaux points.

Le philosophe slovène Slavoj Zizek a fait une remarque fameuse : pour la plupart des gens, il est plus facile d’imaginer la fin de la vie sur Terre que d’imaginer la fin du capitalisme. C’est peut-être encore plus vrai aux USA, ou malgré de nombreuses preuves de l’antagonisme entre le libre échange et la liberté, les deux sont devenus virtuellement synonymes dans la psyché populaire, et où les deux sont fréquemment défendus avec une passion admirable.
[…]
Ce qui suit est la liste des sept péchés mortels (ou vices capitaux) du capitalisme, présenté en ordre inverse.

  • 7. L’amoralité

[…]
Dans une société capitaliste, le motif derrière la production de nourriture n’est pas de nourrir des gens, les maisons ne sont pas construites pour les abriter, les vêtements ne sont pas faits pour les garder au chaud, et les soins médicaux ne sont pas offerts pour garder les gens en bonne santé. Toutes ces choses, qui sont et devraient être vus comme des droits fondamentaux, ne sont rien d’autres que des commodités – à acheter et à vendre – avec lesquelles faire un profit.
[…]

  • 6. L’inégalité intrinsèque

[…]Le capitalisme divise le monde entre possédants et non-possédants, et concentre inévitablement la richesse entre les mains des premiers – comme nous l’avons vu récemment et durant la période précédant la Grande Dépression – jusqu’à redistribution ou révolution.

  • 5. La pauvreté

Un des arguments les plus communs en faveur du capitalisme global est qu’il aide à alléger la pauvreté. Le problème est que les statistiques de la pauvreté sont générés par la Banque Mondiale, une institution explicitement conçue pour promouvoir la globalisation. Les critiques expliquent que (1) les nombres sont habituellement faussés par un ou deux pays en développement rapide, (2) la définition de la pauvreté extrême à un seuil de salaire de 1,25$/jour est fixée arbitrairement bas pour obtenir les stats désirées, et (3) le salaire quotidien ne dit rien de l’accès à l’eau potable, à une nutrition appropriée, à la santé, l’éducation, la communauté, ou d’autres choses qui déterminent la qualité de vie.

  • 4. L’externalisation

Externaliser un coût, c’est le passer à quelqu’un d’autre, typiquement au grand public et à l’environnement. L’exemple le plus évident est la pollution : quand l’entreprise X balance ses rejets toxiques dans une rivière, les populations en aval paient en problèmes de santé et en dégradation écologique. Un autre exemple est donné dans le livre classique « Story of Stuff » quand Annie Leonard parle de l’achat d’une radio à 4,99$ et de la réalisation que ce prix faible n’est possible qu’au travers de nombreux coûts externalisés et des gens qui les ont payés.

  • 3. Le Produit Intérieur Brut (PIB)

Le PIB est supposé mesurer le bien-être économique en additionnant tous les biens et les services échangés dans un lieu et une période donnée. Mais le PIB ignore coupablement ce qui est échangé, et donc la guerre, les désastres naturels, les accidents, les maladies, les crises, et d’autres éléments négatifs sont comptés comme positifs dans le PIB parce qu’ils génèrent des revenus, alors que les activités bonnes pour la vie, comme le bénévolat et les cadeaux ne sont pas comptés du tout. De plus, le PIB ignore la distribution de la richesse.

  • 2. La propriété privée

Les Romains ont été les premiers à avancer le concept légal de dominium, qui était considéré comme « le droit ultime, le droit qui n’a pas de droit sur lequel s’appuyer, le droit qui légitime tous les autres, tout en n’ayant pas besoin de légitimation… le droit ‘d’user, de jouir et d’abuser.' »
[…]
Les indigènes d’Amérique ont été brutalisés, la propriété foncière était un concept absurde, puisqu’il suggérait qu’un pouvoir supérieur (la nature) pouvait être possédé par un pouvoir inférieur (les humains).
[…]
En revanche, le capitalisme s’efforce de privatiser et de profiter de tout ; pas seulement les terres mais l’eau, le spectre éléctromagnétique, les espèces, les graines, les gènes, les chansons, les images, les idées, etc.

  • 1. L’usure

Si quelque chose peut être considéré comme la source de tout ce mal, c’est l’usure. Le fait de prêter de l’argent contre des intérêts est condamné par la plupart des religions […]. Le sous-entendu de violence est inhérent à l’usure, qui est simplement l’opposé d’un cadeau.

Dans notre système économique moderne, le vol institutionnel est l’affaire des banques commerciales et centrales, qui ont reçu le pouvoir de générer de l’argent, sous forme de dette avec intérêts. Puisque l’argent pour rembourser tous ces prêts (avec intérêts) n’existe pas, la société est dirigée par la compétition et une mentalité de pénurie. Pire, l’usure crée une demande pour une croissance économique continue (mesurée par le PIB), sans laquelle l’économie est promise à l’effondrement.

[…] une telle croissance est évidemment insoutenable et finalement suicidaire. Bien que nous soyons sur la route de la ruine, il n’est jamais trop tard pour changer de chemin.

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