Archives de août 2014

2014-072 – Pour sauver notre économie, fermons toutes les bibliothèques !

Je lis ici et là que l’économie française serait au plus mal. Pourtant, une solution simple existe. Le raisonnement coule de source :

Un argument fondateur de la lutte contre le piratage partage, c’est qu’un téléchargement, c’est une vente en moins. Avec son corollaire : un téléchargement empêché, c’est une vente en plus.

En appliquant ce raisonnement aux bibliothèques, on s’aperçoit qu’il suffit d’empêcher les prêts pour qu’immédiatement, les ventes de livres flambent !

M. Hollande, ce conseil est gratuit. Je sais, je devrais vous le vendre, pour faire augmenter le sacro-saint PIB. Mais premièrement, je suis un vilain pirate partageur, je ne vais pas me refaire. Et deuxièmement, vous avez l’air d’être déjà largement pourvu en conseils frelatés, je ferais probablement doublon. Merci d’avoir proposé, hein !

1 commentaire

2014-071 – [Franck Lepage] La culture

En cet été parfois pluvieux, je vous invite à vous occuper intelligemment.

Dans ce one-man-show / conférence érudit et hilarant, Franck Lepage vous expliquera la démocratisation culturelle. Il l’a vécue de l’intérieur. Ça part d’une bonne intention, de transmettre un bagage culturel à ceux qui n’en ont pas reçu un dès le berceau. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Écoutez seulement la première minute. Mais attendez d’avoir 2h devant vous. Une fois captivé, vous ne pourrez plus décrocher…

, , ,

Poster un commentaire

2014-070 – L’écriture, la face obscure de l’éducation française

Le ministre de l’éducation a annoncé la possibilité d’apprendre à coder à l’école primaire dès la rentrée. C’est marrant, il me semblait qu’un autre ministre avait déjà eu cette idée il y a 30 ans. Même qu’un paquet d’écoles ont été équipées avec un nano-réseau de MO5. Même qu’on pouvait programmer en LOGO dessus, et que c’était plutôt sympa. Il est certain que mon intérêt pour l’informatique a bénéficié de ces initiations précoces. Mais est-ce si important ?

Le journal Next Inpact a eu l’excellente idée de demander son avis à mon ami Benjamin Bayart. Sa réponse m’a autant surpris qu’enchanté.

Il y a besoin que les gens comprennent la programmation quand on veut fabriquer des programmes. Le rôle de l’école n’est pas forcément de former des professionnels. Quand on cherche à former des citoyens épanouis, la programmation n’est pas un enjeu significatif.

Aujourd’hui encore, on apprend aux enfants à écrire dans un contexte qui n’est pas fait pour être lu. On leur apprend à écrire pour répondre à la question du prof, et ils ne s’attendent pas à être lus par quelqu’un d’autre que le prof. Or s’exprimer en public, c’est quelque chose de très particulier. Et le moindre post Facebook, le moindre billet de blog, le moindre commentaire est une expression. Et ça, ça joue un rôle-clé dans la vie future des citoyens. Ça demande de la préparation, ça demande à y être entraîné. Je trouve qu’il y a un enjeu beaucoup plus fort sur le fonctionnement de la société à apprendre aux gamins à s’exprimer en public qu’à leur apprendre trois lignes de programmation.

Je ne dis pas qu’il faut enseigner l’informatique à personne, je dis que ce n’est pas urgent. Que les gamins doivent apprendre le code, c’est exactement comme une initiation à n’importe quoi d’autre : c’est intéressant d’en avoir vu, mais pas plus.

[…]

Les problèmes qui se posent sont beaucoup plus fondamentaux. S’exprimer en public est quelque chose de compliqué, qu’on ne peut pas apprendre tout seul en bricolant sur un logiciel. Ça, c’est un boulot de prof de français, de prof de philo, ça peut s’apprendre tout petit… Savoir qu’on ne dit pas la même chose sur Facebook devant tout le monde que ce qu’on dit dans la cour de récré ou entre copains, ça s’apprend. Et ça me parait être un enjeu beaucoup plus structurant que le fait de savoir écrire dix lignes de HTML.

Mais après ce que je vous avais dit sur l’importance d’écrire, ça ne doit pas vous surprendre, si ?

, , ,

Poster un commentaire

2014-069 – [Seth Godin] Ceci est à nous

Continuons sur la lancée avec le Seth Godin d’hier, This is ours.


Hier soir sur la piste cyclable j’ai croisé un citoyen bien habillé, qui marchait avec une bouteille d’eau. J’ai été stupéfait de le voir finir son eau et jeter la bouteille dans les bois.

Je me suis arrêté et j’ai dit, « Hey, merci de ne pas faire ça. »

Il m’a regardé, très surpris, et a dit « quoi ? » comme s’il n’avait pas compris ce que « ça » voulait dire. Sa conception du monde semblait être qu’il y a deux sortes de choses… à-lui et pas-à-lui. Le parc n’était pas à lui, alors ça allait de balancer ses déchets, après tout, pourquoi pas ?

Le défi de l’économie connectée, dans un monde bâti sur tant de ressources partagées et d’espaces numériques publics, est que certains persistent à agir comme si ce monde appartenait à quelqu’un d’autre. Quand ils crachent dans la piscine ou trollent anonymement, quand ils spamment ou cassent quelque chose, c’est comme s’ils le faisaient à quelqu’un d’autre, ou au pouvoir en place.

Trop souvent, nous acceptons ce vandalisme comme une loi de la nature, tels des termites qui vont inévitablement ronger le bois exposé des fondations d’une maison. Ce n’est pas inévitable. Encore et encore, nous voyons des tribus et des communautés et des organisations qui apprennent aux gens que ça leur appartient, que ça mérite d’être préservé et surtout, que les gens comme nous se préoccupent de choses comme ça.

Last night on the bike path I passed a well-dressed citizen, walking along with a bottle of water. I was stunned to see him finish his water and hurl the bottle into the woods.

I stopped and said, « Hey, please don’t do that. »

He looked at me with complete surprise and said, « what? » as if he didn’t understand what ‘that’ was. His conception of the world seemed to be that there was two kinds of stuff… his and not-his. The park wasn’t his, so it was just fine to throw trash, in fact, why not?

The challenge we have in the connection economy, in a world built on ever more shared resources and public digital spaces is that some people persist in acting like it belongs to someone else. When they spit in the pool or troll anonymously, when they spam or break things, it’s as if they’re doing it to someone else, or to the man.

Too often, we accept this vandalism as if it’s a law of nature, like dealing with the termites that will inevitably chew exposed wood on a house’s foundation. It doesn’t have to be this way. Over and over, we see that tribes and communities and organizations are able to teach people that this is ours, that it’s worth taking care of and most of all, that people like us care for things like this.

,

Poster un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :