2014-042 – [english] Les sept péchés mortels du capitalisme

Désolé pour les non-anglophones, mais l’article du jour est en anglais. Darrin Drda l’a intitulé « The seven deadly sins of capitalism« . Je vais tenter de me faire pardonner en traduisant les principaux points.

Le philosophe slovène Slavoj Zizek a fait une remarque fameuse : pour la plupart des gens, il est plus facile d’imaginer la fin de la vie sur Terre que d’imaginer la fin du capitalisme. C’est peut-être encore plus vrai aux USA, ou malgré de nombreuses preuves de l’antagonisme entre le libre échange et la liberté, les deux sont devenus virtuellement synonymes dans la psyché populaire, et où les deux sont fréquemment défendus avec une passion admirable.
[…]
Ce qui suit est la liste des sept péchés mortels (ou vices capitaux) du capitalisme, présenté en ordre inverse.

  • 7. L’amoralité

[…]
Dans une société capitaliste, le motif derrière la production de nourriture n’est pas de nourrir des gens, les maisons ne sont pas construites pour les abriter, les vêtements ne sont pas faits pour les garder au chaud, et les soins médicaux ne sont pas offerts pour garder les gens en bonne santé. Toutes ces choses, qui sont et devraient être vus comme des droits fondamentaux, ne sont rien d’autres que des commodités – à acheter et à vendre – avec lesquelles faire un profit.
[…]

  • 6. L’inégalité intrinsèque

[…]Le capitalisme divise le monde entre possédants et non-possédants, et concentre inévitablement la richesse entre les mains des premiers – comme nous l’avons vu récemment et durant la période précédant la Grande Dépression – jusqu’à redistribution ou révolution.

  • 5. La pauvreté

Un des arguments les plus communs en faveur du capitalisme global est qu’il aide à alléger la pauvreté. Le problème est que les statistiques de la pauvreté sont générés par la Banque Mondiale, une institution explicitement conçue pour promouvoir la globalisation. Les critiques expliquent que (1) les nombres sont habituellement faussés par un ou deux pays en développement rapide, (2) la définition de la pauvreté extrême à un seuil de salaire de 1,25$/jour est fixée arbitrairement bas pour obtenir les stats désirées, et (3) le salaire quotidien ne dit rien de l’accès à l’eau potable, à une nutrition appropriée, à la santé, l’éducation, la communauté, ou d’autres choses qui déterminent la qualité de vie.

  • 4. L’externalisation

Externaliser un coût, c’est le passer à quelqu’un d’autre, typiquement au grand public et à l’environnement. L’exemple le plus évident est la pollution : quand l’entreprise X balance ses rejets toxiques dans une rivière, les populations en aval paient en problèmes de santé et en dégradation écologique. Un autre exemple est donné dans le livre classique « Story of Stuff » quand Annie Leonard parle de l’achat d’une radio à 4,99$ et de la réalisation que ce prix faible n’est possible qu’au travers de nombreux coûts externalisés et des gens qui les ont payés.

  • 3. Le Produit Intérieur Brut (PIB)

Le PIB est supposé mesurer le bien-être économique en additionnant tous les biens et les services échangés dans un lieu et une période donnée. Mais le PIB ignore coupablement ce qui est échangé, et donc la guerre, les désastres naturels, les accidents, les maladies, les crises, et d’autres éléments négatifs sont comptés comme positifs dans le PIB parce qu’ils génèrent des revenus, alors que les activités bonnes pour la vie, comme le bénévolat et les cadeaux ne sont pas comptés du tout. De plus, le PIB ignore la distribution de la richesse.

  • 2. La propriété privée

Les Romains ont été les premiers à avancer le concept légal de dominium, qui était considéré comme « le droit ultime, le droit qui n’a pas de droit sur lequel s’appuyer, le droit qui légitime tous les autres, tout en n’ayant pas besoin de légitimation… le droit ‘d’user, de jouir et d’abuser.' »
[…]
Les indigènes d’Amérique ont été brutalisés, la propriété foncière était un concept absurde, puisqu’il suggérait qu’un pouvoir supérieur (la nature) pouvait être possédé par un pouvoir inférieur (les humains).
[…]
En revanche, le capitalisme s’efforce de privatiser et de profiter de tout ; pas seulement les terres mais l’eau, le spectre éléctromagnétique, les espèces, les graines, les gènes, les chansons, les images, les idées, etc.

  • 1. L’usure

Si quelque chose peut être considéré comme la source de tout ce mal, c’est l’usure. Le fait de prêter de l’argent contre des intérêts est condamné par la plupart des religions […]. Le sous-entendu de violence est inhérent à l’usure, qui est simplement l’opposé d’un cadeau.

Dans notre système économique moderne, le vol institutionnel est l’affaire des banques commerciales et centrales, qui ont reçu le pouvoir de générer de l’argent, sous forme de dette avec intérêts. Puisque l’argent pour rembourser tous ces prêts (avec intérêts) n’existe pas, la société est dirigée par la compétition et une mentalité de pénurie. Pire, l’usure crée une demande pour une croissance économique continue (mesurée par le PIB), sans laquelle l’économie est promise à l’effondrement.

[…] une telle croissance est évidemment insoutenable et finalement suicidaire. Bien que nous soyons sur la route de la ruine, il n’est jamais trop tard pour changer de chemin.

, , , , , , , , , , , ,

  1. Poster un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :