2014-041 – Les surdoués, c’est pas c’que vous croyez (parfois même si vous l’êtes, d’ailleurs)

Je n’ai parlé qu’une fois des surdoués sur ce blog, et c’était à propos d’Isaac Asimov. C’est pourtant un sujet qui m’intéresse, ayant eu la chance d’être identifié très jeune. C’est surtout un sujet méconnu, qui génère beaucoup d’incompréhension. Parmi les poncifs du genre, on retrouve :

  • Un surdoué, c’est quelqu’un qui excelle dans un domaine, un génie [faux]
  • Un surdoué, c’est quelqu’un qui réussit tout ce qu’il fait [faux]
  • Un surdoué, c’est un prétentieux qui ramène sa science tout le temps [y en a, mais beaucoup apprennent à cacher l’étendue de leur savoir]
  • Une surdouée, c’est…  Non, il n’y a pas de poncif sur les surdouéEs. Une des raisons avancées par les psychologues, c’est que les surdouées choisissent plus souvent de se couler dans le moule, et de nier leur différence. Donc elles sont moins visibles, donc on n’en parle pas. Ce qui ne veut pas dire qu’elles le vivent mieux que les hommes.

L’Express vient de publier trois articles plutôt intelligents. Le premier s’intitule Comment reconnaître un adulte surdoué.

Des surdoués, vous en avez sûrement autour de vous, mais vous n’avez peut-être jamais pensé à les identifier comme tels. Sans doute connaissez-vous quelqu’un qui vous fascine par ses connaissances, vous charme par son brio et son impertinence ou encore vous agace par de longues explications fourmillant de détails, ou vous interrompt par des questions qui paraissent sans rapport.
[…]
Le grand problème de celui-ci, qui le tenaille depuis l’enfance, est en effet d’essayer au maximum d’avoir l’air comme tout le monde, de ne pas en rajouter pour se faire remarquer, sauf peut-être dans le chahut et les bêtises ou là, son intelligence à faire le pitre pourra le rendre acceptable aux yeux de ses camarades.

Il a ainsi tendance à développer un « faux-self », c’est-à-dire une personnalité de façade qui intègre au maximum la norme, celle de son éducation familiale, celle de l’école ou celle des relations avec autrui, telles qu’il les perçoit.

Le deuxième s’intéresse aux (très nombreux) surdoués qui s’ignorent : Et si vous l’étiez sans le savoir ?

En l’absence d’un dépistage généralisé, des milliers d’enfants, et en conséquence des dizaines de milliers d’adultes, sont surdoués sans s’en douter le moins du monde, car ils ne se trouvent pas très au point justement. Ils partagent l’idée communément admise que quelqu’un de très intelligent, ça se voit, ça réussit ses études et ça poursuit une brillante carrière. Donc, en l’absence d’une telle réussite, ils ne peuvent se concevoir comme surdoués et lorsque vous émettez cette hypothèse les concernant, ils commencent par nier farouchement, vous dressant la liste de tous leurs échecs, éberlués par l’incongruité d’une affirmation aussi peu crédible à leurs yeux.
[…]
Vous ennuyiez-vous à l’école, sans comprendre pourquoi l’enseignant répétait plusieurs fois la même chose? Pour trouver le temps moins long, vous envoliez-vous dans vos rêves ou faisiez-vous le pitre plutôt? Aviez-vous des notes en dents de scie, selon ce qui vous passionnait sur le moment ou encore selon votre sympathie pour le professeur? Trouviez-vous difficile d’apprendre par coeur, alors que vous connaissiez vos cours sans les avoir révisés, si cela vous intéressait?

Et enfin, l’article peut-être le plus utile : Comment gérer cette différence ?

« Lorsqu’il s’agit de résoudre un problème, les surdoués détiennent souvent les réponses aux questions posées mais ils réfléchissent tellement vite qu’ils sont souvent dans l’impossibilité de justifier cette réponse, ce qui les met en difficulté et déstabilise leurs interlocuteurs ». A l’inverse, ils peuvent aussi considérer qu’un point de détail nécessite que l’on s’y arrête. « Difficile alors de les en dissuader, les surdoués sont en général des personnes dotées d’un sens très aiguisé des valeurs et d’une volonté de précision au dessus de la moyenne. » On imagine sans peine les conséquences au sein d’une équipe…
[…]
D’une manière générale, même s’il est possible de s’adapter pour mieux fonctionner ensemble, les deux psychologues s’accordent sur un point: il n’y a pas de mode d’emploi de la surdouance, ni pour les personnes concernées, ni pour leurs proches. « Il faut surtout que ces personnes acceptent d’être elles-mêmes ».

En conclusion, c’est un sujet très vaste et (habituellement) très maltraité, qui concerne pourtant 2 à 3% de la population, soit largement assez pour en trouver un ou deux dans toute assemblée de 30 ou 40 personnes. Je vous souhaite donc une bonne lecture de ces articles. Et je vous invite à regarder autour de vous… et pourquoi pas, dans un miroir ?

Bonus : le magazine de psychologie « Clés » a fait un dossier intéressant à ce sujet. Ne vous faites pas piéger comme moi, ne cliquez pas sur le bouton « 2 » pour passer à la page suivante. Il faut continuer à défiler la page, pour lire de très intéressants témoignages

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