2013-032 – Le droit du travail, cet inconnu

J’ai terminé mes études en 2002. J’ai eu la chance de signer rapidement un CDI dans une entreprise d’informatique. Mais ils ont commencé par me jouer un sale tour. En profitant de mon ignorance (et de celle d’une collègue), ils m’ont incité à prendre deux semaines de congés sans solde, sans que je l’ai réellement souhaité. J’en ai profité pour faire les vendanges en Beaujolais, mais le problème demeure : les jeunes diplômés sont la plupart du temps ignorants des principes du droit du travail.

J’ai fait mon apprentissage sur le tas : « poser des congés payés », « négocier une augmentation », « lire une convention collective »…

Je trouve criminel que tous les élèves qui quittent le système scolaire (et pas solaire, merci correcteur automatique) ne reçoivent pas une formation à ce sujet. A défaut, Pôle Emploi pourrait s’y coller, non ? Quoique

Il est crucial d’apprendre aux salariés qu’ils ne sont pas dans le même camp que leur patron. Gérard Filoche vient de le faire sur son blog d’une manière brève, synthétique et très efficace. Je recopie ci-dessous. Je ne doute pas qu’il trouve plus important de répandre ses idées que de faire respecter ses droits d’auteur.

Collaborateurs et subordonnés

La DRH : – « Bonjour Monsieur l’inspecteur, je vous présente mes collaborateurs… »
– Ah, vous avez des gens extérieurs à l’entreprise, ils ne sont pas déclarés ?
– Mais non, bien sûr, ils sont salariés. Ici, dans l’entreprise, bien sûr
– Pourquoi vous les appelez collaborateurs ?
– Mais on les appelle comme ça, ce sont des collaborateurs…
– Mais, Madame, vous savez ce qui caractérise un contrat de travail, c’est un « lien de subordination juridique permanente ». Je parle en droit. Tout salarié est « subordonné ». On ne peut à la fois, être « collaborateur » et « subordonné ».
– Monsieur l’Inspecteur on les appelle ainsi, par respect, pour les associer…
– Madame, le mot « collaborateur » n’existe pas une seule fois dans le Code du travail, restez donc sur un plan juridique, c’est clair : un « salarié » !
– Mais enfin monsieur l’Inspecteur, on a le droit d’appeler nos… nos collaborateurs comme on veut.
– Madame, vous faites de l’idéologie. S’il vous plait, pas avec moi.
– Comment ça ?
– C’est de l’idéologie que d’appeler un salarié « collaborateur ». Ça peut faire croire, qu’il est sur un pied d’égalité avec vous dans son contrat mais ce n’est pas le cas. C’est parce qu’il est subordonné qu’il a des droits. Le code du travail, c’est la contrepartie à la subordination. Supprimer la notion de subordination, ça enlève la contrepartie. Ça fait croire que dans l’entreprise, tous ont le même « challenge », le même « défi », sont dans le même bateau. Jusqu’à ce que le patron parte avec le bateau et que le salarié reste amarré sur le quai au Pôle emploi, et il s’aperçoit alors qu’il n’était pas collaborateur mais bel et bien subordonné… Le patron et le salarié n’ont pas les mêmes intérêts. L’un cherche à vendre sa force de travail le plus cher possible, l’autre veut la lui payer le moins cher possible.
– Là, monsieur l’inspecteur, c’est vous qui faites de l’idéologie !
– Vous croyez ? Bon alors, je propose d’arrêter tous les deux, et pour nous départager, de nous en tenir au droit, au seul droit, donc on parle de « salariés » désormais. Uniquement.
– Bien mais c’est dommage, j’utilise « collaborateur » parce que c’est valorisant…
– C’est vous qui le dites ! Vous ne vous demandez pas pourquoi on n’a pas mis le mot « collaborateur » en 1945-46 dans le code du travail ?
– C’est une question de génération…On n’a pas le même sens pour le même mot…
– C’est certain. « Collaborateur », c’est marqué d’infamie. On n’a donc pas la même approche. Allez, n’en parlons plus, mais encore une fois, soyez correcte : appelez vos salariés des salariés…

Gérard Filoche

Cet absence d’éducation au droit du travail pose question. Qui a intérêt à ce que les salariés soient ignorants à ce sujet ? Mmm… pas difficile de trouver à qui profite le crime…

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  1. #1 par Ouuuppsssss le 2013/08/04 - 23:10

    Cela ne concerne pas que les étudiants. Il y a tant à apprendre sur le sujet. Et lorsque ce savoir passe par un spectacle de qualité, autant ne pas s’en priver :

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