Archives de août 2013

2013-038 – HADOPI : le mythe de Sysiphe

En mars 2012, je vous racontais que la HADOPI ne sert à rien.

J’apprends ce matin que des mesures anti-piratagepartage et pro-filtrage seront proposées en janvier 2014. Elles viseront à empêcher les internautes de partager certains fichiers au moyen de streaming et de téléchargement direct.

Quelle meilleure preuve de l’actualité du Mythe de Sisyphe ?

Les pauvres tâcherons de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet ont péniblement mis en place un arsenal punissant les utilisateurs des réseaux d’échange peer-to-peer.

Qu’ont-ils constaté ? Que ce mode d’échange était moins utilisé, et que d’autres les remplaçait : le streaming (MegaUpload) et le Direct Download (RapidShare).

Comment vont-ils réagir ? En préconisant des mesures de punition pour ces usages.

Que croyez-vous qu’il arrivera ?

Les échanges vont s’arrêter ? Ou, plus probable, les internautes trouveront de nouveaux moyens d’échange ?

J’aimerais bien que ce soit du peer-to-peer chiffré et décentralisé, et donc incontrôlable…

En passant, je lance une idée : à quand un réseau de peer-to-peer « de proximité » dont les connexions ne se feraient pas par Internet ? On échangerait des listes de fichiers, une recherche nous dirait donc qui a les fichiers que nous cherchons. Il faudrait alors attendre de se croiser ou de se rendre visite pour que la copie de fichiers puisse se faire. Éventuellement, des Pirate Box pourraient servir de serveurs intermédiaires.

Cette technique perd l’instantanéité des échanges via Internet. Ce (gros) inconvénient est compensé par une sécurité quasi-totale : l’échange de listes de fichiers entre proches peut être solidement chiffré.

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2013-037 – [Seth Godin] L’amplification d’un message n’est pas linéaire

Je vous parlais il y a quelques jours de l’importance du storytelling en politique. Cela est vrai de tous les outils du marketing, dont Seth Godin est un expert. Voici sa livraison du jour : « Message amplification isn’t linear« .

Placez deux haut-parleurs côte à côte, et le son perçu n’est pas deux fois plus fort – et dix fois plus de haut-parleurs ne paraissent certainement pas dix fois plus forts.

Mais lorsque vous entendez une idée venant de deux personnes, elle compte deux fois plus que si vous l’entendez au hasard d’une seule personne. Et si vous entendez une idée de dix personnes, l’impact est complètement disproportionné si l’on compare à une seule personne qui murmurerait à votre oreille.

Coordonner et amplifier les évangélistes de votre idée est une part importante du secret du marketing d’impact.

Combien de personnes ont regardé Game of Thrones parce que X personnes leur en ont parlé ? Alors qu’ils n’auraient jamais accordé une seconde d’attention à des types en armure qui se battent sur un continent imaginaire ?

Je me souviens très bien avoir acheté la BD Asterios Polyp, de David Mazzucchelli, après que mon libraire ET un chroniqueur de France Inter l’ait recommandée.

Le marketing est souvent vu comme une technique « sale », un truc honteux. Je le vois comme un outil. Il peut être dévoyé, comme tous les outils. Il peut aussi être utilisé à des fins utiles.

La question centrale est celle de la manipulation. Je considère que la manipulation commence lorsque les finalités sont dissimulées. Lorsque des industriels de l’eau en bouteille financent un reportage critique sur la qualité de l’eau du robinet, et que ce reportage est présenté comme une information vers le public, c’est de la manipulation. Utiliser des techniques marketing pour promouvoir les éoliennes sans jamais cacher le but de développement des énergies renouvelables, c’est de la persuasion.

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2013-036 – Vers la sobriété heureuse, de Pierre Rahbi

Je lis mon premier livre écrit par Pierre Rahbi. Il s’agit de « Vers la sobriété heureuse« . Je vous remets ci-dessous un extrait, qui recouvre plusieurs thèmes abordés dans des articles de ce blog.

« Si l’on veut instaurer sur notre planète commune une équité inspirée par les impératifs moraux, on est amené à dire que, tant que l’ensemble des êtres humains n’a pas accès aux ressources vitales, il y a spoliation. Tant qu’un seul enfant naît dépourvu de ce qui lui revient légitimement en tant qu’être vivant, il y a usurpation car les biens venus de la terre, qui sont encore abondants, sont dédiés à tous les êtres vivants qu’elle héberge et non à ceux qui, par le pouvoir politique, la loi du marché, les finances ou les armes, s’en attribuent la légitimité. Un tel hold-up est aujourd’hui entériné par des lois qui en font une norme que l’on ne peut remettre en question. Tant que cette malhonnêteté ne sera pas considérée comme illicite selon l’ordre et l’intelligence de la vie, l’humanité ne pourra être pérenne. »

Ainsi, misère, pauvreté et richesse cohabitent sur notre planète commune et créent des hiérarchies de l’avoir et du pouvoir débouchant sur toutes les répressions – le tout imputable à l’idéologie du toujours-plus illimité. »

Les articles auxquels je ne peux m’empêcher de penser sont les suivants :

Il pose un diagnostic intéressant de nos sociétés occidentales, et trace une voie vers un avenir meilleur. Mais le point le plus intéressant est qu’il se penche aussi sur les contradictions inhérentes à son propre mode de vie. Pour diffuser ses idées au plus grand nombre, il est contraint de prendre part à la société capitaliste. La seule alternative étant le repli sur soi-même, il a choisi parmi tous les maux celui qui lui paraissait le moindre : propager son message passe avant sa propre exemplarité.

Je n’ai pas encore fini ce livre. Je sais cependant déjà qu’il prendra une grande importance dans mes réflexions.

Et vous ? Vous êtes-vous déjà penché sur la question de ce que vous pouviez changer en vous et autour de vous ?

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2013-035 – [Oupsss] L’homme-dé, de Luke Rhinehart

Enfin un nouveau billet invité. Cela faisait bien longtemps. Le pseudonommé Oupsss a choisi aujourd’hui de nous recommander « L’homme-dé ». Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a donné envie de le lire…

The Dice Man (L’Homme-dé) est un roman écrit en 1971, par George Powers Cockcroft, professeur de lettres.
Il s’agit d’une autobiographie fictive de Luke Rhinehart, psychiatre exerçant aux États-Unis au début des années 70, reconnu dans sa profession, ayant femme et enfants, ainsi qu’un brillant avenir qui s’offre à lui.
Autant le dire tout de suite, ce roman est subversif au possible.
Certes, c’était dans l’air du temps mais l’auteur s’en donne à cœur joie sur la société, le vie professionnelle, la famille, la sexualité, la psychanalyse… L’humour est omniprésent ; c’est un régal.

Au sujet de la psychanalyse, Luke Rhinehart considère qu’elle est plus apte à permettre aux personnes de ne pas souffrir de leurs situations, plutôt que de changer leurs situations. De là à en déduire que la psychanalyse n’est pas un outil de libération mais un instrument de domination sociale…

Considérant par ailleurs que les choix d’un être humain sont conditionnés par ses valeurs, son éducation, son vécu, ses choix passés… la notion de « libre arbitre » lui semble compromise.

Aussi afin de changer ce qu’il est, de « tuer son ego », notre psychiatre va prendre ses décisions en les tirant au dé. Plus exactement, pour un choix qui se pose à lui, il détermine 6 possibilités (dont certaines sont illégales, d’autres à l’encontre de ses valeurs…) puis tire un dé de 6 afin de savoir laquelle il mettra en œuvre. Cela l’amènera par exemple à envoyer son jeune enfant se promener seul dans Harlem.

Bien qu’ayant plus de 40 ans, cet ouvrage est encore aujourd’hui largement distribué.

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2013-034 – [Seth Godin] Même pas une fois ?

C’est l’été.

Donc soit vous bossez, et vous vous sentez seul dans votre bureau tout vide. Soit vous êtes en vacances, et vous râlez parce qu’il fait trop chaud/froid/sec/humide. Je vous offre donc une pause de deux minutes. Peut-être y découvrirez-vous que vous êtes capables de bien plus que vous ne le croyez…

La parole est à Seth Godin :

Il est si facile d’avoir une liste noir sur blanc des choses dont vous êtes incapable. Une dure limite, une frontière qui dit que vous n’avez pas les gènes pour créer de l’art, vous exprimer, écrire, prendre la parole, être drôle, être charmant, être mémorable, sortir du lot, survivre à une telle épreuve… c’est facile de laisser tomber.

En réponse, nous demandons « même pas une fois ?« . Vous n’avez jamais été une seule fois amusant ou inspiré ou engagé ? On ne vous a jamais fait confiance, ou trouvé enthousiaste ou original ? Vous n’avez jamais écrit une phrase que quelqu’un d’autre était heureux de lire, ou posé une question qui devait être posée ?

Maintenant que nous savons que c’est possible, la vraie question est « à quelle fréquence pouvez-vous le refaire ?« 

Oui oui, nous sommes tous des créateurs. Je sais, c’est une idée qui paraît exagérée. Et pourtant, il suffit de creuser un tout petit peu…

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