2013-014 – Virginie Despentes parle du livre numérique. Ou du moins, croit le faire.

Dans ce très intéressant article des Inrocks, Virginie Despentes parle du développement du livre numérique.

C’est juste dommage qu’elle ne parle que des quelques gros distributeurs.

J’ai mis du temps avant de lire sur tablette, j’avais des réticences. Mais à présent j’achète et lis souvent les romans français contemporains sur iPad. C’est essentiellement une question de place […]. Pour ce qui est de lire, je ne fais plus la différence. Au moment d’acheter le livre, c’est très différent – les plateformes e-book sont atroces, et je n’éprouve aucun plaisir à traîner sur Amazon, alors que j’aime vraiment les librairies, j’y passe énormément de temps, j’y vais souvent et j’y trouve toujours des livres improbables et géniaux que je ne cherchais pas du tout. C’est un vrai plaisir d’aller en librairie.

Donc ce que je redoute, c’est la fin de la librairie. […] La fin du livre papier, je ne sais pas. Il y a quand même quelque chose que le livre a, que n’avaient ni le cd ni le dvd : il reste plus pratique que son équivalent digital. Davantage que la fin du livre papier, je crains les facilités qu’offre le numérique : si on veut censurer une page, on l’efface dans toutes les liseuses. Si on veut retirer un roman, on l’efface dans toutes les liseuses, etc. Enfin le livre digital ne se prête pas. Ne s’offre pas. C’est ce qu’on a fait avec les livres, beaucoup, et c’est aussi comme ça qu’on lisait.

Elle vante les petits libraires qui font un travail de médiation remarquable. Et les compare aux gros opérateurs en ligne comme Amazon et Apple. Je vais mettre sa remarque sur le compte de l’ignorance. Parce qu’il existe l’exact équivalent des petits libraires qu’elle aime tant, sur internet. J’ai en tête, entre autres, publie.net, qui est réellement un modèle du genre.

Publie.net propose des ebooks sans DRM, qui sont donc copiables et offrables. Les tarifs sont raisonnables, généralement entre 4 et 5 euros le fichier. Oui, le fichier, pas une licence de lecture qui permet à Amazon de supprimer un livre en toute légalité. Un fichier ePub ou Mobi, on en est réellement propriétaire.

Il y a même un abonnement annuel au catalogue complet de cet éditeur. Pas façon « vous pouvez lire tout ce que vous voulez pendant un an, et après vous n’avez plus rien ». Non. « Vous pouvez tout lire pendant un an, et garder le catalogue complet de l’éditeur sur toutes vos machines. Pour 95€, ça paraît être un bon deal !

En conclusion, j’invite Virginie Despentes (et vous avec, hein) à faire en ligne ce qu’elle aime tant faire dans la vraie vie : ne pas acheter de livres dans les supermarchés, et privilégier les petits libraires. Oui, c’est plus compliqué. Il faut sortir de l’application préinstallée sur l’iPad. Il faut gérer ses fichiers.

C’est néanmoins la meilleure façon de ne pas gaver les gros éditeurs qui ne s’intéresseront jamais aux auteurs qui dérangent.

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