Archives de mars 2013

2013-015 – Flattr, un trou sans fond ?

J’ai vanté l’année dernière les mérites de Flattr.

Un sérieux problème m’est apparu depuis.

Quels sont les coûts de Flattr ? Lors d’un paiement par Paypal, le récipiendaire professionnel doit s’acquitter d’une taxe, de l’ordre de 5%. De plus, de nombreux serveurs gèrent tous les clics sur les boutons Flattr et les virements que cela déclenche ensuite. Tout cela coûte de l’argent

Quels sont les revenus de Flattr ?

Tout d’abord, un revenu peu visible : tout l’argent échangé entre flatteurs et flattés reste stocké sur les comptes de l’entreprise. Et cette trésorerie génère de l’argent.

Enfin, et c’est là que le système devient pernicieux, Flattr prélève une taxe de 10% sur toutes les transactions internes. Le taux n’est pas négligeable. Il est cependant appliqué à de petites sommes, de l’ordre de quelques centimes ou dizaines de centimes. Il passe donc inaperçu.

Avez-vous le truc ? L’argent est taxé à chaque transaction interne.

Imaginons que plus personne ne vire ni ne retire de fonds dans Flattr. Lors de virements internes la somme prélevée sur le compte du flatteur est supérieure à celle qui arrive sur le compte du flatté. La somme totale des comptes du site diminuera donc inexorablement.

Bien sûr, si vous n’êtes QUE flatté, vous allez gagner de l’argent. Si vous n’êtes QUE flatteur, vous serez taxé de 10%. Vous pouvez estimer que c’est un coût normal, mais il est écrit petit dans la description du principe de Flattr (les créateurs reçoivent 90% de l’argent que vous versez).

Et enfin, si vous êtes des deux côtés de la barrière, comme moi, vous subissez la double peine. Vous êtes taxé lorsque vous flattez quelqu’un. Puis lorsque vous êtes flatté.

Attention, je ne dis pas que Flattr est un service public. L’entreprise a des coûts de fonctionnement, elle doit bien les payer. Je pense tout de même qu’il y a tromperie sur les taxes appliquées.

Propositions

Il me paraîtrait plus honnête que la taxe ait lieu à l’entrée, mais j’ai peur que ce soit peu engageant. Pourquoi ne pas la mettre à la sortie ? Lorsque vous voulez sortir l’argent du système, des frais vous sont appliqués. En attendant, tous les virements internes deviennent gratuits. Puisque l’argent reste sur les comptes de l’entreprise, il génère des intérêts, pas de raison de le taxer en sus.

Il serait aussi appréciable que les comptes soient publiés. Pas dans le détail, et surtout pas sous forme de bilan comptable incompréhensible. Juste « voici le coût de fonctionnement du service (personnel + machines), voici le total des taxes à 10%, voici notre résultat ».

Ce point de vue est valable pour toutes les entreprises, cela dit. Celle-ci a cependant une vocation sociale affichée, qui est peu compatible avec un secret bancaire old school…

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2013-014 – Virginie Despentes parle du livre numérique. Ou du moins, croit le faire.

Dans ce très intéressant article des Inrocks, Virginie Despentes parle du développement du livre numérique.

C’est juste dommage qu’elle ne parle que des quelques gros distributeurs.

J’ai mis du temps avant de lire sur tablette, j’avais des réticences. Mais à présent j’achète et lis souvent les romans français contemporains sur iPad. C’est essentiellement une question de place […]. Pour ce qui est de lire, je ne fais plus la différence. Au moment d’acheter le livre, c’est très différent – les plateformes e-book sont atroces, et je n’éprouve aucun plaisir à traîner sur Amazon, alors que j’aime vraiment les librairies, j’y passe énormément de temps, j’y vais souvent et j’y trouve toujours des livres improbables et géniaux que je ne cherchais pas du tout. C’est un vrai plaisir d’aller en librairie.

Donc ce que je redoute, c’est la fin de la librairie. […] La fin du livre papier, je ne sais pas. Il y a quand même quelque chose que le livre a, que n’avaient ni le cd ni le dvd : il reste plus pratique que son équivalent digital. Davantage que la fin du livre papier, je crains les facilités qu’offre le numérique : si on veut censurer une page, on l’efface dans toutes les liseuses. Si on veut retirer un roman, on l’efface dans toutes les liseuses, etc. Enfin le livre digital ne se prête pas. Ne s’offre pas. C’est ce qu’on a fait avec les livres, beaucoup, et c’est aussi comme ça qu’on lisait.

Elle vante les petits libraires qui font un travail de médiation remarquable. Et les compare aux gros opérateurs en ligne comme Amazon et Apple. Je vais mettre sa remarque sur le compte de l’ignorance. Parce qu’il existe l’exact équivalent des petits libraires qu’elle aime tant, sur internet. J’ai en tête, entre autres, publie.net, qui est réellement un modèle du genre.

Publie.net propose des ebooks sans DRM, qui sont donc copiables et offrables. Les tarifs sont raisonnables, généralement entre 4 et 5 euros le fichier. Oui, le fichier, pas une licence de lecture qui permet à Amazon de supprimer un livre en toute légalité. Un fichier ePub ou Mobi, on en est réellement propriétaire.

Il y a même un abonnement annuel au catalogue complet de cet éditeur. Pas façon « vous pouvez lire tout ce que vous voulez pendant un an, et après vous n’avez plus rien ». Non. « Vous pouvez tout lire pendant un an, et garder le catalogue complet de l’éditeur sur toutes vos machines. Pour 95€, ça paraît être un bon deal !

En conclusion, j’invite Virginie Despentes (et vous avec, hein) à faire en ligne ce qu’elle aime tant faire dans la vraie vie : ne pas acheter de livres dans les supermarchés, et privilégier les petits libraires. Oui, c’est plus compliqué. Il faut sortir de l’application préinstallée sur l’iPad. Il faut gérer ses fichiers.

C’est néanmoins la meilleure façon de ne pas gaver les gros éditeurs qui ne s’intéresseront jamais aux auteurs qui dérangent.

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2013-013 – « Oui, Seigneur des Ténèbres », le jeu qui fait rire

J’ai testé ce jeu il y a quelques semaines. Fin de dîner, tout le monde a bien (trop ?) mangé. Quoi, un nouveau jeu ? Des explications alambiquées de ma part, n’ayant jamais joué. Difficile de donner envie.

Après 5 minutes de jeu, les plus réfractaires à mes explications étaient pliés en deux, les larmes aux yeux.

Oui, se retrouver dans la peau d’un gobelin qui explique pourquoi la mission a foiré (à cause des autres, forcément à cause des autres), c’est une expérience à vivre.

PS: j’allais oublier. Selon l’indispensable Grégory Pogorzelski, c’est bien un jeu de rôle. J’ai tendance à être d’accord avec lui. C’est un jeu de rôle très particulier, avec un champ très restreint. Mais ça le rend très efficace, et très abordable par les non-initiés. J’espère que le Surcapitaine Eric Nieudan saura faire aussi bien avec Danger Decks, son projet de jeu de rôle avec des cartes.

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2013-012 – Et vous, vous avez un avis sur le Samsung Galaxy S4 d’Ibrahimovic ?

Oui, je sais, ce titre sonne bizarrement sur ce blog. Sachez que c’est pour la bonne cause.

Nous allons voir aujourd’hui le retour du SEO, l’optimisation du classement par les moteurs de recherche. J’en ai déjà parlé dans l’article Zen SEO il y a tout juste un an. Donc retournez le lire, et revenez ici.

Une des méthodes utilisées par les moteurs de recherche est l’analyse du contenu de votre site, mot par mot, expression par expression. Ainsi, mon article le plus visité, et de très très loin, est Celle dont il ne faut pas mettre le bulletin dans l’urne, éloge de la difficulté. C’est malheureusement pour de mauvaises raisons. Les recherches tournent toutes autour des mots « Le Pen » et « Voldemort », en rapport avec l’image qui illustre cet article.

Donc, pour attirer du monde sur votre site, il faut utiliser des mots que les gens cherchent beaucoup. Le meilleur outil à cette fin est Google Trends. Voici une copie d’écran de cet outil aujourd’hui.

Zen_SEO2

Et voici, toute prête, une liste des mots à utiliser pour que les internautes aient plus de chance de consulter votre site. Alors oui, c’est sûr, il est difficile de tout caser dans un seul article.

On peut imaginer relier ceux qui vont le mieux ensemble. Mais voici quelques suggestions de titres pour intriguer vos lecteurs potentiels…

Ibrahimovic défie sur Facebook les joueurs de WRC sur PS4.

Cahuzac jailbreake son iphone durant the voice pour obtenir un rôle dans Avatar 2 !

Metzner en direct sur Youtube pour parler du rachat du PSG par Chypre !!

Bon, on en revient à mes remarques de l’année passée. Vaut-il vraiment la peine d’utiliser de tels subterfuges pour attirer des visiteurs ? Que retiendront-ils du passage sur ce site, à part une déception ? Plutôt que de chercher des effets de com’, je vous recommande de blinder le contenu de votre site. La régularité et le sérieux paient !

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2103-011 – Forcer ses clients à payer n’est pas la seule solution. Ni la plus rentable !

J’ai lu il y a quelques jours cet excellent article d’Authueil. Il y synthétise clairement l’évolution incontournable du commerce de l’art : lorsqu’un artiste ou une société de production n’est plus en position de forcer ses clients à payer, il ne reste plus qu’à leur demander.

Bien sûr, ça ne marche que si c’est fait intelligemment, gentiment et rapidement.

Or donc, je suis tombé hier sur une excellente démonstration de ce changement de paradigme. Le scénariste de bandes dessinées américain Brian K. « Ex Machina » Vaughan a publié sa nouvelle série au format électronique The Private Eye, au prix surprenant de « à vot’ bon coeur, m’sieurs dames« .

Ce qui inclut la possibilité de télécharger gratuitement. Si j’osais, je dirais qu’il propose « free », et qu’il a tout compris. Mais ça, c’est si j’osais…

Il y aura des petits malins pour dire qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Je les renverrai vers cette étude de l’Union européenne qui montre, une fois de plus, que le piratage partage ne nuit pas aux artistes, bien au contraire. Il aurait un effet légèrement positif.

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