170 – Le Hobbit, vraie daube ou conte à multiples facettes ?

J’ai découvert le Seigneur des Anneaux au CDI du collège, durant mon année de 5e. La Communauté de l’Anneau, emprunté un lundi, m’a duré l’après-midi et une bonne partie de la nuit. Je l’ai rendu le mardi, et j’ai pris Les Deux Tours. Que j’ai rendu le lendemain, pour prendre le Retour du Roi. Dans la nuit du mercredi, j’avais bouclé les centaines de pages de l’œuvre majeure de Tolkien. Une bonne claque dans ma tête de préado. Mais j’étais déjà tombé dans la marmite de la fantasy depuis quelques années, grâce aux livres dont vous êtes le héros, en CM1 et CM2…

Tout ça pour dire que les films du Seigneur des Anneaux, je les attendais de pied ferme. Idem pour le Hobbit, dont le premier épisode vient d’atteindre nos écrans. Une bande-annonce pour vous mettre dans l’ambiance.

Et une seconde pour la route

Ce film est-il critiquable ? Oui, bien sûr. Choisir de faire trois films de plus de deux heures et demi pour raconter un seul livre, ça peut paraître beaucoup. J’y allais d’ailleurs en m’attendant à m’ennuyer, au moins de temps en temps. Eh bien, ce premier écueil ne doit pas vous effrayer. Je n’ai pas une seule fois regardé ma montre durant ces 2h45.

Du point de vue des puristes, qui souhaite garder l’œuvre de Tolkien dans le formol, sans en changer la moindre virgule, ce film est une vraie daube. Vous trouverez donc nombre de critiques pour le descendre en flamme. Ce ne sera pas mon propos ici.

Pour vraiment comprendre ce film, il faut surtout prendre en compte qui raconte cette histoire. La scène d’introduction nous montre clairement qu’il s’agit du récit de Bilbon vieillissant, à destination de son jeune neveu. Il est donc évident que les images du film ne sont pas les évènements tels qu’ils se sont déroulés, mais les souvenirs qu’en a Bilbon. Ce qui explique d’ailleurs que seuls les évènements marquants sont montrés. Le ravitaillement n’est jamais évoqué, par exemple.

Mais est-ce bien la seule couche de subjectivité ? Ce récit est écrit pour Frodon. C’est donc probablement lui qui le lit. Et cette paire d’yeux est celle d’un jeune hobbit, qui découvre la vie aventureuse de son oncle.

Imaginez que vous découvriez lors d’un déménagement le journal de votre grand-oncle, soldat pendant la campagne de Normandie. Il serait probablement plein de détails inintéressants que vous oublieriez sitôt lus. Et vous seriez longuement marqués par sa description du débarquement, de son avancée mètre par mètre entre les haies du bocage, et de l’escarmouche où il a sauvé sa compagnie en lançant une grenade dans les chenilles d’un panzer allemand.

Avec cette idée en tête, le film prend tout son sens. Oui, c’est un récit d’aventure. Oui, les nains ont l’air de grands guerriers, capables d’affronter des milliers de gobelins sans qu’un seul ne soit blessé. Sachez-le avant de le voir, et vous ne serez pas déçu.

Ah, un dernier conseil. J’ai envisagé de le montrer à un enfant de bientôt 7 ans. Après la séance, j’ai remonté mon seuil à au moins 12 ans.

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  1. #1 par Stéphane Gallay le 2012/12/31 - 12:10

    Très bonne remarque, la subjectivité du récit! Ça m’avait aussi titillé pendant le film.

  2. #2 par shamyl33 le 2012/12/31 - 13:31

    Intéressant en effet, mais je ne suis pas sûr que cela tienne la route pour l’ensemble du film. Le passage avec Radagast et son hérisson n’a pas vraiment de témoins et n’existe que par le récit qui en est fait. Pourquoi le montrer alors ?

    De mon point de vue est d’ailleurs le vrai point faible du film que de mélanger des genres différents sans vraiment parvenir à donner une unité. En gros on navigue de Disney (Radagast hein…) à des choses plus profondes (la rancoueur et la haine des nains pour les Elfes, les Orcs) voire épiques.

    Ceci dit j’ai passé un bon moment.

    • #3 par unjouruneidee le 2012/12/31 - 13:53

      Je ne comprends pas ta remarque sur les témoins. Bilbon raconte tout ce qu’il sait, pas uniquement ce qu’il a vu. Il n’a par exemple pas vu non plus la réunion du conseil… Et surtout, qui sait combien de blancs il a remplis de lui-même ! Ça expliquerait la faiblesse des dialogues de cette scène, par exemple…
      Un autre auteur a poussé l’idée plus loin, en racontant l’histoire du point de vue des Orques.

      • #4 par shamyl33 le 2012/12/31 - 14:25

        Pas très sûr de savoir moi même😉

        En fait il m’étonnerait que Radagast ait raconté quoi que ce soit (d’assez clair pour être raconté), mais on peut bien sûr supposer que Bilbon le raconte. Mais je ne vois pas bien l’intérêt dans son récit.
        Mais bon ce n’est pas très réfléchi, j’ai eu un peu de mal avec ces passages dont il m’a semblé qu’ils étaient là pour occuper les trois heures du film. Un peu comme avec les géants de pierre.
        Ce qui ne m’a pas gâché mon plaisir, et n’enlève rien à l’intérêt de ton point de vue.

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