149 – L’impossible choix (ou comment le capitalisme nous arnaque)

Lorsque je discute avec mon entourage de l’intérêt du revenu universel, une des réponses les plus fréquentes est que mon projet mettrait au chômage un certain nombre de fonctionnaires. Ceux qui contrôlent la distribution des indemnités Pôle Emploi, des allocations CAF, des retraites, etc.

Il y a de nombreuses évolutions organisationnelles qui amènent à rendre obsolètes certains métiers :

  • La distribution de billets au guichet de la banque, où tout est fait pour que nous allions au distributeur à l’extérieur.
  • La caisse du supermarché, remplacée par une caisse automatique ou un pistolet-lecteur de codes-barre.
  • La caisse de la station essence.
  • Les « drives » des supermarchés
  • Les caisses automatiques et les Pass des péages d’autoroute

Nous nous retrouvons placé devant un système automatique plus rapide qu’un être humain, plus « efficace ». Nous sommes donc placés devant un choix : est-ce que je favorise l’emploi d’un humain, ou est-ce que je choisis la facilité ? Dans certains cas, l’entreprise va même jusqu’à faire payer le recours à un interlocuteur humain, comme le font certaines banques lors d’un retrait au guichet plutôt qu’au distributeur.

Et c’est là toute la beauté (tordue) du capitalisme : nous offrir ce qui apparaît comme un choix, mais n’est au mieux qu’une alternative entre sauter de la falaise ou devant le train. Ce « choix » n’a pas de bonne solution. Bonne au sens « satisfaisante pour toutes les parties impliquées ». Le seul gagnant, quel que soit notre choix, sera l’entreprise, qui sera la seule bénéficiaire du gain de productivité réalisé par l’utilisation d’une machine.

Fort heureusement, les citoyens ne sont pas sans ressources pour faire changer le monde.

Si personne n’utilise les caisses automatiques au supermarché, elles disparaîtront.

Si vous achetez vos livres chez un petit libraire, vous augmentez leur chance de survie face aux supermarchés. Et surtout, surtout, vous pouvez vous y faire de nouveaux amis. Pensez-y la prochaine fois que vous passerez une commande sur Amazon. Peut-être que vous pourriez patienter quelques jours, et découvrir un sympathique libraire près de chez vous ?

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  1. #1 par Achernar le 2012/11/02 - 14:33

    Je ne comprends pas l’intérêt de vouloir arrêter les gains de productivité. En quoi faire disparaître les caisses automatiques des supermarchés rendrait notre société meilleure ? Parce que ça ôte son salaire minimal à quelqu’un ? Mais tes articles défendent le revenu universel (une forme de redistribution de l’argent décorrélée du salariat). Si c’est une histoire de convivialité (les machines, Amazon…), certes, mais on peut aussi faire cohabiter caisses automatiques et caisses tenues par des caissiers. Tout le monde n’a pas forcément les mêmes besoins.
    Je suis d’accord pour voter avec mes pieds dans notre société en pleine transition. Avant on appelait ça le patriotisme économique. Maintenant la consommation citoyenne. Tout simplement, prendre conscience que nos achats ont des impacts autour de nous, de la même manière que les entreprises doivent prendre en compte le fait qu’elles n’existent pas indépendamment du reste du monde et qu’elles doivent s’intégrer harmonieusement dans la société.
    Ce n’est pas pour autant que les machines doivent être montrées du doigt ; à ce compte-là, pourquoi pas interdire les tracteurs. Ils ont tué plein d’emplois eux aussi, et on ne s’en porte pas plus mal.

    • #2 par unjouruneidee le 2012/11/03 - 19:59

      Ah, mais je ne suis pas contre les gains de productivité ! Je suis contre le fait que seules les entreprises en tirent un bénéfice !
      Par contre, ta remarque sur les tracteurs me semblent pleine de bon sens. Malheureusement, le bon sens est coupable de bien des erreurs…
      Je t’invite à regarder les documentaires « Solutions locales pour désordre global » et « Les moissons du futur« .
      Parce que le tracteur est peut-être bien responsable de nombreux maux…
      Tiens, j’en fait un article, comme ça tout le monde le verra.

      • #3 par Achernar le 2012/11/05 - 16:01

        Je note les recos, j’ai peut-être vu un des docus à la TV il y a quelques temps.

        Première remarque : en théorie, s’il n’y a pas de cartel ou de monopole, la concurrence entre entreprises doit permettre aux clients d’obtenir leur part du gâteau de la mécanisation.
        Rien que cette friction suffit à expliquer pourquoi le salaire du caissier remplacé par une machine n’est pas déduit de la facture servie aux clients.

        Ensuite, je ne traiterais pas à part l’usage des marges dégagées par la mécanisation. L’argent n’a pas de sens en soi ; c’est à chaque acteur de l’économie, entreprises aussi, de le lui donner. La raison d’être sociale de l’argent (telle que je la défends… personne ne m’a demandé mon avis ^^) est de permettre des échanges nombreux rendant meilleure la vie de chacun. Mais l’argent économisé par la mécanisation a pu permettre le lancement d’un projet économique à l’autre bout du monde. Sauf que dans la pratique le voyage de l’argent est tellement nébuleux, tellement hors de décalage avec nos perceptions d’hommes des cavernes, que nous sommes tentés d’exiger qu’il reste à portée de vue. Notre instinct nous hurle que l’argent qui quitte notre voisinage immédiat est gaspillé, change de nature, alors que notre raison et nos habitudes nous disent que l’argent est soumis aux mathématiques, qu’un euro ici est équivalent à un euro là. J’ai du mal à mettre le doigt exactement sur ce qui cloche dans le système, mais je crois que notre définition de l’argent est au coeur du problème. Si tu as des références, n’hésite pas !

        De toute façon, on en revient au couple action/réaction : si on consomme de plus en plus citoyen, l’offre deviendra de plus en plus citoyenne.

        Une comparaison idiote pour finir : si j’invente une machine à travailler, devrais-je accepter l’idée de mon patron qui veut sa part du gâteau et veut baisser mon salaire ?

  1. Flattr: rapport pour novembre 2012 | Blog à part: troisième époque

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