Archives de novembre 2012

159 – Project Unbreakable. Des victimes témoignent.

Je me souviens d’un long échange avec une amie sur Facebook. Je lui rappelais que les agressions sexuelles envers les enfants avaient principalement lieu dans le cercle familial ou amical de la famille. C’est triste. Mais c’est la réalité. Et pourtant, comme je le rappelais à cette amie, il est rare que nous prévenions nos enfants contre ce risque. Oh, on s’inquiète des inconnus dans la rue, des trajets où nos enfants sont sans surveillance, de la possibilité de les tracer par leur téléphone. Mais comment protéger des risques sur place ? Des risques encourus avec nos proches ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions. Mais le savoir, c’est déjà la première étape. Et pour ça, une victime a décidé de sensibiliser, en appelant des victimes à parler, à se montrer, à exprimer toute l’horreur de leur calvaire. Je vous invite donc à jeter un oeil à « Project Unbreakable« .

Les textes sont en anglais, mais les messages sont simples et directs.

Je salue celles et ceux qui ont eu l’immense courage de dévoiler ainsi l’agression dont ils ont été victimes, enfants ou adultes. C’est une démarche incroyable, d’oser sortir du silence et de se mettre en avant. Le slogan n’est pas sur le site, mais la manœuvre est la même : la honte doit changer de camp.

PS: Mumu, si tu lis ça, j’essaie pas de faire passer un message, hein. J’essaie juste de faire en sorte que d’autres aient la même chance d’avoir une enfance heureuse 😉

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158 – Pour nourrir la planète, la seule solution est (d’abandonner) l’agriculture intensive.

On m’a régulièrement fait la remarque que le bio, c’était bien gentil, mais que pour nourrir 7 milliards d’humains, il fallait quand même être sérieux. Les rendements étant nettement inférieurs, il faudrait beaucoup plus de terres agricoles, et c’est pas possible.

N’étant pas un spécialiste de l’agriculture, j’en suis même arrivé à expliquer que c’était quand même important de produire des aliments de qualité, qu’on ne pouvait pas laisser les pesticides mener la danse. Jusqu’à ce que je vois deux documentaires qui déconstruisent point par point les arguments en faveur de l’agriculture « intensive ». Tous deux sont de Marie-Monique Robins. Le premier est « Le Monde selon Monsanto« . Sorti en 2005, il est devenu assez célèbre.

Je vous recommande donc son dernier documentaire, Les moissons du futur. C’est passionnant, ça passe tout seul, et ça vous montrera à quel point ceux qui ont un intérêt à la vente de pesticides ont réussi à tous nous enfumer…

Ajout du 03/12/2012

Je suis à la fois fier et honteux du premier commentaire de cet article, qui me vient ni plus ni moins de Marie-Monique Robin,  l’auteur de cet excellent documentaire. Sur ses recommandations, je rajoute donc ici les liens amazon vers le livre et le DVD !

 

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157 – [JdR][Règles] La boîte à outils du créateur de jeu

Il existe de très nombreux textes qui expliquent comment jouer aux jeux de rôles, que l’on soit meneur ou joueur.

Sans oublier les nombreux excellents textes du site Places To Go, People To Be vf.

Mais il est un domaine que je trouve un peu délaissé. C’est celui des mécaniques de jeu. Je n’apprendrai à aucun rôliste que, si vous respectez les règles, elles modifient considérablement le déroulement de la partie. Et par déroulement, j’entends « tout ». Ce que les personnages peuvent être. Ce que les personnages peuvent faire. Ce qu’on les incite à faire. Ce qu’ils sont récompensés d’avoir fait.

Rapide exemple : Prenons 3 systèmes différents en un seul point : le premier vous permet d’augmenter les capacités de votre personnage si vous tuez des monstres. Le deuxième lorsque vous gagnez de l’argent. Le dernier lorsque vous vous faites des amis.

Les joueurs sont des créatures basiques. Si vous promettez que leur personnage deviendra meilleur que les autres en tuant des monstres, ils iront gaiement tuer des monstres. Des centaines de milliers de joueurs de Donjons & Dragons l’ont prouvé.

Je ne connais pas de jeu qui incite à se faire des amis. Mais je suis persuadé que si un tel jeu existait, le concours de popularité serait féroce.

Il en va de même pour les mécanismes aléatoires. Chaque créateur de jeu se pose la question : comment représenter les évènements aléatoires d’une partie ? Et chacun y trouve sa réponse. En partant des jeux auxquels il a déjà joué, en ajoutant ce qu’il imagine, en prenant en compte les suggestions de ses testeurs. C’est une démarche très artisanale. Comme l’ensemble du jeu de rôle, me direz-vous. Et pourtant, pourtant, il serait temps de sortir (un peu) de l’artisanat pour gagner en efficacité.

Je vois passer de nombreux jeux de rôles très innovants. Apocalypse World, et ses nombreuses variantes (Dungeon World, tremulus, Monsterhearts), qui réintègrent de nombreux mécanismes des jeux de société, mais sans nuire à l’histoire. Tenga et son principe d’écrire la destinée du personnage avant-même de le jouer (vous trouvez une histoire inintéressante quand on en connait la fin ? Combien d’entre vous sont allés voir Titanic ?). La création de personnage de Te Deum Pour Un Massacre.

Et toutes ces bonnes idées ne sont connues que de ceux qui les lisent. Un créateur de jeu ne peut pas avoir lu tous les jeux du monde. La solution serait donc de compiler les mécanismes de jeu les plus réussis, pour fournir aux créateurs des ressorts adaptés à leurs idées.

Vous voulez que les personnages aient des relations fortes avec certains pnjs ? Allez jeter un œil à la carte des relations de Smallville. Allez voir les règles de définition de relations d’Artesia.

Vous voulez que les joueurs puissent définir des éléments de l’univers de jeu en plus de leur personnage ? Regardez les règles d’Adventure! ou des Mille-Marches.

Cet article est donc un appel à la création d’un recueil, d’une boîte à idées, de mécanismes de jeu. Je ne suis pas persuadé qu’il y ait un marché pour un tel livre. Parce que s’il y a trop peu de maîtres de jeu pour rendre le marché du JdR florissant, le marché des créateurs doit être extrêmement réduit. Mais un tel outil pourrait être l’occasion de réhausser la qualité globale du JdR, et, pourquoi pas, de faciliter son adoption plus largement qu’aujourd’hui.

De valeureux volontaires pour mettre ça en place ? On peut toujours rêver…

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156 – La finance, cette inconnue.

Ces dernières années, j’ai donné quelques cours de « management d’entreprise » (notez le magnifique anglicisme, dénomination officielle de l’éducation nationale) à des étudiants de BTS commerciaux.

Le programme contenait notamment un passage sur la gouvernance des entreprises. Ce passage m’a permis de découvrir que mes étudiants, de 19 à 24 ans, ne savaient absolument pas qui dirige une entreprise, ni à quel titre. Oh, ils savent qu’il y a un patron. Mais les termes « part sociale« , « actions« , « conseil d’administration« , « assemblée générale des actionnaires« , « gérant« , « président » ou « directeur général » leur échappaient totalement. Et vous ?

Je ne vais pas vous faire un cours, ce serait long et chiant. Donc, je vous renvoie vers la page Droit des sociétés de wikipedia. Mais au-delà de ces règles, il est un mécanisme auquel j’ai assisté, et que je ne comprends toujours pas aujourd’hui. Ou du moins, je le comprends, mais ça ressemble tellement à une escroquerie que je n’arrive pas à comprendre comment on peut tomber dans le panneau.

Prenons une entreprise, dont toutes les actions sont dans les mains d’une seule personne. Création de l’entreprise, héritage, peu importe comment on en est arrivés là. Il décide d’entrer en bourse. Cela consiste à mettre en vente une partie des actions qui constituent les titres de propriété de l’entreprise. Il en vend 49%, ce qui lui garantit de toujours avoir la majorité lors des votes de l’assemblée générale des actionnaires. Pour simplifier, disons qu’il vend 49 actions à 100 000 euros. Pour un total de 4 900 000 euros.

Cette somme va directement dans sa poche. Il peut s’en servir pour investir dans l’entreprise, ou pas. La suite ne dépend pas de lui : les acheteurs des 49 premières actions peuvent les garder, ou les vendre. Si les acheteurs trouvent d’autres acheteurs prêts à racheter pour plus cher, on dira que le cours de l’action monte. S’ils acceptent au contraire de vendre à perte, et qu’ils trouvent des acheteurs, on dira que le cours de l’action baisse.

Il y a trois raisons pour lesquelles des gens achètent des actions :

  • dans le but de les revendre plus cher qu’ils ne les ont acheté.
  • dans l’espoir que l’entreprise versera un bonus à ses actionnaires de temps en temps. On parle de dividendes.
  • dans le but de prendre le contrôle de l’assemblée générale des actionnaires. Il faut pour cela disposer d’une majorité  (relative ou absolue) d’actions.

Imaginons que notre propriétaire, en possession d’une majorité absolue, ne verse pas de dividende, ou alors d’un montant minime. Les observateurs des marchés d’actions en tirent la conclusion qu’ils ne recevront pas de dividendes à la hauteur de leurs attentes. De plus, ils ne pourront jamais prendre le contrôle de l’entreprise pour la contraindre à le faire. Rapidement, le cours de l’action va descendre. Chaque fois que quelqu’un en vendra une, il sera obligé de concéder une baisse de prix pour trouver preneur. Imaginons que le cours atteigne la moitié du cours d’origine, 50 000 euros. Notre rusé propriétaire peut alors déclarer qu’il retire les actions du marché, lors d’une offre publique de rachat d’actions. Il s’engage à racheter toutes les actions du marché, à un prix bonifié. Disons 10%, soit 55 000 euros. Les propriétaires actuels, qui regardent le passé, voient que cette action n’a fait que baisser depuis son introduction. Dans cette perspective, faire un bénéfice de 10% sur leur achat est une aubaine inespérée. Ils acceptent en masse. Coût de l’opération pour notre propriétaire : 49 x 55 000 = 2 695 000 euros.

Bilan de la manœuvre :

  1. Notre propriétaire a gagné 4 900 000 euros. Il a pu les placer, contre des intérêts.
  2. L’entreprise a régulièrement versé de faibles dividendes aux actionnaires, d’un montant inférieur aux intérêts générés.
  3. Le propriétaire rachète les actions, pour un coût de 2 695 000 euros.

Il a donc, au total, récupéré 2 205 000 euros, plus quelques intérêts. Qui les a dépensés ? Tous les actionnaires intermédiaires, qui ont acheté, puis revendu, ces actions à la baisse.

Si un économiste passe par là, j’aimerais bien qu’il me signale une faille dans mon raisonnement…

Pour les autres, je vais paraphraser un avertissement sur le poker : si tu achètes des actions, mais que tu ne sais pas qui est en train de se faire arnaquer, c’est que c’est toi le pigeon !

PS: j’avais cette idée en tête depuis un moment, mais c’est le dernier Là-bas-si j’y suis qui m’y a fait penser.

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155 – [JdR] J’ai le Star Wars, qui me démange, alors…

Star Wars est un de mes premiers amours de rôliste. Bien avant ma première (vraie) partie, je suis tombé sur ce bouquin chez un copain du lycée.

La vue de ce bouquin suffit à éveiller beaucoup d’images, non ? Et sa lecture fait encore mieux.

C’est pourquoi l’annonce récente des projets de nouveaux films a (r)éveillé en moi l’envie de rejouer dans cet univers. Mais pas pour y faire n’importe quoi. De nombreux récits de l’Univers Étendu se contentent de rejouer des histoires similaires à la trilogie originale.

Mais je me souviens avoir lu une théorie très intéressante sur les motivations de l’Empereur Palpatine (mais je ne me souviens pas où je l’ai lue…)

Et si… Palpatine avait reçu des signes avant-coureurs de l’invasion de la galaxie par les Yuzzhan Vong ? Et s’il avait créé l’Empire dans le seul but de doter la Galaxie, alors en paix, d’une armée capable de vaincre une armée d’envahisseurs impitoyables ?

Bien sûr, le Côté Obscur l’a corrompu, et quelque peu éloigné de son objectif initial. Mais ce n’est pas forcément le cas de tous ses sbires.

5 ans après le Retour du Jedi, le dernier des Grands Amiraux de l’Empire, Thrawn, est de retour. Il était porté disparu. En réalité, il dirigeait les missions de reconnaissance contre les Yuzzhan Vong. Et il sait que si la Nouvelle République réussit à répandre la paix dans la Galaxie, les Yuzzhan Vong pourront la conquérir sans coup férir.

Après le cadre, les personnages-joueurs

Les personnages font partie de l’Empire. Soit des forces vaincues par l’Alliance rebelle, et qui tentent de survivre depuis 5 ans, alors que la Nouvelle République réduit l’Empire moribond planète après planète. Soit des membres des forces de Thrawn, qui découvrent un Empire en déliquescence. Si l’on rajoute les inévitables personnages ambigus, tels que des mercenaires ou des contrebandiers, l’éventail est assez large.

Pour les fanas de Jedis, il est tout à fait possible de jouer un soldat de l’Empire sensible à la Force. Et qui sait quels vieux Jedis rabougris ont pu aller se cacher dans le secteur reculé où évoluait le Grand Amiral Thrawn ?

L’autre côté du miroir

Mais on joue des méchants ? Pas forcément. Tout d’abord, les personnages, au service de Thrawn, savent qu’une armée d’invasion est en route. Ils comptent s’y opposer, ils sont donc forcément les gentils.

Mais l’Empire est rempli de pourris ? Oui. Mais est-ce vraiment mieux en face ? L’ambiance de libération doit donner lieu à de nombreuses exactions des peuples libérés. Exactions contre les anciennes forces d’occupation, c’est sûr. Mais il ne faut pas chercher loin dans nos livres d’histoire pour réaliser que ces périodes de guerre sont aussi l’occasion de régler de vieux comptes.

Il est donc tout à fait possible de faire passer les aventures d’un bord de la moralité à l’autre, en n’oubliant pas tout l’éventail de nuances entre les deux.

Cela dit, si vous voulez jouer les bad boys de l’Empire, c’est aussi une option.

Voilà, j’ai écrit tout ça pour que ça sorte de ma tête, je ne sais pas si ça servira un jour ou non. Mais bon, ça pourrait être l’occasion de tester la prochaine édition du jeu de rôle (la 7e, si je compte bien).

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