Archives de octobre 2012

148 – Star Wars épisode VII, 2015. Hypothèses

« Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »
Principe Shadok

En vertu de ce principe, en route pour une analyse des possibilités de Lucas Film pour tourner la 3e trilogie de la saga filmique Star Wars.

Pour ceux qui auraient raté LA news de la semaine, The Walt Disney Company vient de racheter LucasFilm, et d’annoncer dans la foulée la production d’une nouvelle trilogie, dont le premier épisode sortira en 2015. La question centrale est maintenant : de quoi parlera cette trilogie, placée après tous les autres films ? Disney ne part pas dans le vide, puisque depuis les années 70, Lucasfilm a produit de nombreuses histoires dans l’univers des films. Pour ces romans, ces BDs, ces dessins animés, ces jeux de rôle, on parle d’Univers Étendu (Extended Universe). Il existe donc déjà des trilogies qui se déroulent dans le futur des films que nous connaissons.

Problème de timing

Ce que toute la planète attend, c’est la suite des aventures de Luke, Han et Leia. Coup de bol, les acteurs sont toujours vivants. Par contre, ils ont un peu changé.

Han Solo dans la Cantina de Mos Esley

Vous voyez le problème ? Je vous passe Skywalker et la princesse Leia, notamment parce que j’ai la flemme de mettre les images. Et ça a l’air d’être le merdier pour aligner les images sous WordPress. Je ne sais pas comment ça rend en réalité.

Il y a trois solutions :

  • Faire jouer leurs rôles par d’autres acteurs. Compliqué.
  • Utiliser des images de synthèse. Beurk.
  • Placer l’histoire à une date cohérente avec l’âge des acteurs.

Étudions cette dernière possibilité.

Luke Skylwalker et la princesse Leia sont nés en 19 BBY (Before Battle of Yavin, avant la Bataille de Yavin, qui a lieu à la fin de l’épisode IV). Ils ont donc 19 ans durant l’épisode IV. Mark Hamill avait 26 ans, Carrie Fisher en avait 21.

Han Solo est censé avoir 29 ans durant l’épisode IV, alors que Harrison Ford en avait 35.

L’épisode VI, sorti en 1983, se déroule 6 ans plus tard, la chronologie interne est donc raccord avec la chronologie interne.

Notre épisode VII sortira en 2015. Soit 32 ans plus tard, 32 ABY. Luke et Leia devront avoir 51 ans, alors que leurs acteurs en auront 58 et 53. Han devra avoir 61 alors que Ford en aura 67. Rien d’insurmontable avec un bon maquillage.

Sauf qu’à la date 32 ABY, on tombe en pleine période du Nouvel Ordre Jedi, où des créatures venues d’une autre galaxie, les Yuzhaan Vong, envahissent celle de nos héros. Cette période est tout sauf intéressante.

Conclusion

Y a plus qu’à espérer que Disney décide de choisir une autre période. Comme celle de la trilogie de Timothy Zahn, située seulement en 9 ABY. Soit 3 ans après l’épisode VI. Cher M. Disney, voici ma liste pour Noël : oubliez les vieux acteurs, de toute façon ils seront peut-être morts avant le tournage de l’épisode IX. Et trouvez des nouveaux qui tiendront la route.

Chers lecteurs, j’attends vos propositions en commentaire.

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147 – Le Pouvoir Magique – les techniques du chamanisme managérial

Entrez avec moi dans un monde différent. Un monde peuplé de sorciers, de divination, de rituels, d’invocations et de quêtes chimériques. Je sais qu’un certain nombre d’entre vous ne se sent pas attiré, ni même concerné, par un tel monde. Mais que vous le vouliez ou non, ce monde, qui paraît si lointain, est pourtant adossé au nôtre. Ils sont indissociables, liés par une membrane parfois épaisse, et parfois fine comme du papier à cigarette.

Ce monde parallèle, c’est le monde de l’entreprise.

Je pourrais poursuivre ma comparaison plus avant, mais l’auteur de ce livre, Jean-Michel Théron, m’a mâché le travail grâce à son premier chapitre, qui nous explique en quoi la maîtrise de la magie est non seulement nécessaire au manager, mais en plus indissociable à toute activité humaine.

Extrait :

Les trois ressorts du besoin de magie

Le besoin de magie de l’homme obéit à trois ressorts très puissants : l’ignorance, l’impuissance et l’envie de tricher.

L’ignorance. Imaginons un paysan de la vallée du Nil, 4 000 ans avant Jésus-Christ. Son activité, son existence et celle de sa famille dépendent du fleuve. Il n’a jamais vu tomber une goutte de pluie. D’où vient cette eau ? Chaque année, à la même époque, le niveau du fleuve monte et le Nil vient fertiliser sa terre et assurer ses récoltes. Comment peut-il savoir que ce phénomène bienfaisant vient de pluies abondantes sur les hauts plateaux de l’Afrique équatoriale, quelques semaines auparavant ? S’il veut l’expliquer, ses rares options sont la magie et la religion. Ce sont d’ailleurs bien celles qu’il choisissait.

L’impuissance. Que peut un couple de primitifs dont l’enfant tombe gravement malade et souffre devant eux ? S’ils ne supportent pas le sentiment d’impuissance, s’ils veulent répondre à l’angoisse par l’action, s’ils ont les moyens d’acheter un peu d’espoir, ils iront trouver le chaman guérisseur. Celui-ci prodiguera quelques incantations et fera quelques dessins dan la poussière. Dans une proportion non négligeable de cas, les mécanismes naturels de défense du corps de l’enfant lui permettront de se rétablir. Les pouvoirs du chaman et l’efficacité des incantations se trouveront confirmés. Les parents ne seront pas restés impuissants devant la souffrance de leur enfant.

L’envie de tricher avec la réalité. L’idée d’éviter des efforts difficiles et fastidieux, de s’enrichir le plus facilement possible, de maximiser le ratio output sur input n’a pas attendu l’invention de la microéconomie. Chasser l’aurochs avec des silex taillés est une technique à la fois dangereuse et peu productive. Comment mettre le maximum de chances de son côté ? En dessinant sur la paroi de la caverne l’animal percé de projectiles, ce qui ne peut manquer de l’affaiblir. Comment éviter de galérer des semaines dans le désert, dans un sable mou et brûlant, en tirant par sa longe un chameau sans conversation ? Grâce au tapis volant, moyen de transport aussi rapide que confortable.  Comment gagner beaucoup d’argent très vite ? Avec la pierre philosophale, dont le business plan aurait fait pleurer de joie le plus coincé des contrôleurs de gestion.

[…]

Magie et management, une rencontre inévitable et nécessaire.

L’ignorance fait partie des angoisses quotidiennes du manager. L’éleveur de porc, qui est un manager de plein exercice, ne sait pas à quel prix du kilo il vendra dans trois mois les animaux qu’il engraisse aujourd’hui avec des aliments coûteux. […]

L’impuissance est aussi une sensation très répandue dans la vie des affaires. Le producteur de glaces à la pistache ne peut agir sur la météorologie estivale. Au-delà des phénomènes naturels, le résultat de l’entreprise dépend très largement du fonctionnement du marché. Le fonctionnement du marché est lui-même la résultante des comportements d’un très grand nombre d’intervenants. Un manager ne contrôle pas les agissements de ses concurrents, les décisions de ses clients, les interventions des autorités administratives. […]

L’envie de tricher est une tentation immédiate et permanente dès lors qu’on a l’objectif d’obtenir un maximum de résultats pour un minimum de coûts. Le manager peut tricher avec le fisc, ne pas payer les charges sociales, ne pas respecter une réglementation contraignante. Certains le font. La plupart sont respectueux des lois ou craignent les sanctions. Ils hésitent beaucoup moins à essayer de tricher avec la réalité, consciemment ou inconsciemment. […] Ils achètent des ouvrages qui décrivent des méthodes merveilleuses pour réussir en affaires. Ils cherchent à prédire le futur. Ils paient fort cher des gourous qui les rassurent et prétendent détenir des pouvoirs étonnants. Ils répètent à l’infini des incantations. Ils utilisent des mots sacrés. Ils retournent à l’animisme. Ils réorganisent leur entreprise.

En bref, ils revisitent toute la panoplie des arts de la magie à travers les siècles et les continents.

Cela leur est d’autant plus nécessaire que manager, comme le rappelle Le Management pour les nuls, c’est aussi l’art de faire travailler les autres. Faire travailler les autres devient de plus en plus compliqué. Longtemps a prévalu le modèle de l’esclavage. L’usage du fouet et le droit de vie et de mort assuraient en général au maître une collaboration sans discussion. Puis est apparue l’organisation militaire, reposant sur une hiérarchie stricte, des instructions non discutables et des sanctions systématiques pour tout manquement à la hiérarchie ou non-respect des instructions. Le modèle miiltaire, sous une forme plus ou moins atténuée, a largement inspiré les entreprises. Il y a encore quelques dizaines d’années, les chefs du personnel étaient souvent des officiers à la retraite.

Le manager d’aujourd’hui n’a, en principe, plus en face de lui des esclaves. Les lois sociales sont passées par là. Et les théories récentes du management soutiennent qu’il a en face de lui des collaborateurs qui ne demandent qu’à bien faire. Il lui est donc déconseillé d’exhiber systématiquement ses galons ou de recourir trop fréquemment à la menace d’une sanction. Il doit « animer », « impulser », « susciter l’adhésion », « faire sentir aux salariés qu’ils font partie d’une aventure collective », en bref, faire travailler les autres sans recourir à la coercition. Différentes possibilités s’offrent à lui pour cela. Il peut faire des promesses. Mais que se passera-t-il s’il ne les tient pas ? Il peut acheter les bonnes volontés, mais il n’aura pas les moyens d’acheter tout le monde tout le temps.

Il peut aussi recourir à cet outil économique et efficace qu’est la magie. En créant un mythe et en en faisant une croyance partagée, il entraînera ses collaborateurs dans une pseudo-aventure collective, baptisée par exemple projet d’entreprise ou projet de service. En accréditant l’idée qu’il est lui-même doté de pouvoirs magiques, qu’il peut prévoir le futur, assurer le succès des chasses commerciales, être entendu par les dieux du siège, il suscite effectivement l’adhésion à ses idées ou l’obéissance.

Quand bien même le manager n’aurait pas spontanément l’idée de faire appel à la magie, il y sera conduit par la demande des salariés. Pour eux aussi, l’univers de plus en plus mouvant des entreprises est devenu incompréhensible et angoissant. Pour ne pas perdre leur emploi, ils réclament des chefs dotés du pouvoir de conjurer la menace des concurrents ou de s’attirer les bonnes grâces du marché. Avec un sorcier pour manager les rassure.

[…]

Les ressorts qui poussent le management dans les bras accueillants de la magie – l’ignorance, l’impuissance et l’envie de tricher – sont ainsi clairement identifiables, universels et formidablement puissants. Conduites des affaires et des hommes, constructions mythiques et rituels magiques ne peuvent que se combiner en une alchimie inévitable et nécessaire.

Si avec ce (très) (long) extrait, je ne vous ai pas donné envie de lire ce livre, je ne sais pas quoi faire. Ah, si, je peux mentionner le chapitre sur Le chamanisme Microsoft. Ou comment Powerpoint et Excel ne sont que des outils magiques, et pas des outils scientifiques. Le déguisement est bon, hein ? Allez, lisez !

PS: ah, j’oubliais. Le droit d’auteur interdit explicitement ce que je viens de faire, à savoir recopier 3 pages d’un livre pour les mettre à disposition du grand public. J’attends avec impatience un procès condamnant mon action. Vu que ma seule source de rémunération sur ce blog provient de commissions lorsque quelqu’un achète un livre en cliquant sur l’image, ce serait rigolo d’être poursuivi pour avoir aidé à vendre un livre…

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146 – Le sens des priorités (les femmes et les enfants d’abord ? Chiche !)

Au cas où vous seriez passé à côté, le président élu en mai 2012 a promis d’ouvrir la possibilité de se marier à tous les  couples, sans condition préalable d’équipement génital de types divergents. Les élections législatives de juin dernier ont fourni à ce même président la majorité parlementaire nécessaire pour voter les lois promises.

Mais de toutes les promesses, aussi surprenant que cela puisse paraître, c’est celle du mariage pour tous qui provoque le plus de d’hostilité. Plus surprenant encore, ce n’est pas le mariage en lui-même qui pose problème. Après tout, le PACS est passé par là. La reconnaissance sociale de l’union de deux personnes du même sexe est déjà dans les mœurs. Non, la ligne d’attaque des anti-mariage homo s’est centrée sur les enfants. Au nom de la protection de l’enfant, qui doit avoir un papa et une maman (#UnPapaUneMaman). Outre le fait qu’il n’y a aucune étude sérieuse qui démontrerait qu’un couple homosexuel est moins capable d’élever un enfant qu’un couple hétérosexuel, je m’interroge sur leur sens des priorités.

Quel est le premier problème des enfants ?


Si j’en crois l’observatoire des inégalités, 2 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté. Soit moins de 600 euros par mois. 20 euros, maximum, par jour. Deux conclusions s’imposent : tout d’abord, peut-on élever un enfant dans ces conditions ? Ensuite, est-on vraiment en situation d’élever un enfant en gagnant 25 euros par jour ? 30 ?
Chacun a le droit de s’inquiéter de l’avenir de certains enfants face aux évolutions de notre société. Mais on ne m’ôtera pas de la tête que l’accroissement des inégalités en France est incomparablement plus dommageable au bien-être de nombreux enfants que les quelques centaines de couples homosexuels qui élèveront un enfant parce qu’ils l’auront choisi.
Votre avis ?

Par exemple, je trouve qu’on aura fait un pas dans le bon sens le jour où le barème d’imposition cessera d’accorder une réduction d’impôts plus importante aux enfants de riches qu’aux enfants de pauvres. Ça paraît évident, hein ?

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145 – Le changement d’heure, et si on arrêtait les conneries ?

Le principe de l’horaire d’été date de 1974, selon Wikipedia.

C’est quand même une idée tordue. Bon, ça remonte à presque quarante ans, mais pour faire des économies d’énergie, il y avait déjà d’autres solutions, non ?

J’aimerais vous faire une longue argumentation sur combien le changement d’heure me pourrit la vie, et celle de l’humanité en général. Mais une fois de plus, Wikipedia le fait mieux que moi. En gros, ça ne fait plus rien économiser, ça perturbe sérieusement les vaches, les enfants et les cardiaques.

Je demande donc ici, officiellement, qu’un Prix Nobel soit réservé au premier dirigeant qui parviendra à supprimer cette aberration temporelle. Qui soutient ma proposition ?

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