142 – Story Forge, un outil pour les auteurs, les dramaturges, les maîtres de jeu. Et les enseignants ?

J’ai fait l’acquisition d’un jeu de cartes Story Forge.

C’est un projet dont la réalisation a été rendue possible par la plate-forme Kickstarter. B.J. West a proposé de réaliser son jeu de carte si les internautes en achetaient pour 12.000$ avant de lancer la production. Bilan de l’opération : 21.737$ récoltés.

Mais c’est quoi ?

Story Forge est une boîte composée de 88 cartes et d’un livret. Présenté comme ça, ça fait envie, hein ?

Ces cartes comportent des éléments de base de la dramaturgie : personnalités, évènements, ressorts dramatiques, sentiments, destins, etc. Chacune en présente deux, placés tête-bêche. Ce sont généralement des éléments opposés. Le sens de la carte a donc son importance. Exemple :

Le Mouton noir : cette personne a toujours été considérée comme suspecte, ou rejetée par les autres, à cause de sa légendaire mauvaise réputation, qu’elle soit méritée ou non.

Le Prodige : L’enfant prodige est aimé et admiré de tous. On pense que cette personne ne peut faire aucun mal, que ce soit vrai ou non.

Je suis légèrement en train de vous mentir. Parce que, comme son nom l’indique, Story Forge n’est disponible qu’en anglais.

Mais à quoi ça sert ?

Excellente question, je vous remercie de l’avoir posée. Story Forge sert à créer des histoires. Base d’un roman, passé d’un personnage, création d’une scène et de ses enjeux, Story Forge sert à fournir des idées à un créateurs d’histoire. Testons cela avec un exemple. Je vais créer l’histoire d’un personnage de la Rome Antique, sous le règne de l’Empereur Tibère.

Je vais utiliser le tirage Character « Quick Pick », parce qu’il est plus rapide.

Nature du personnage : Self Defeat. Auto-sabotage. Ce n’est pas l’opposition extérieure qui causera sa perte, c’est sa propre faiblesse ou un défaut propre.

Son influence sur l’univers : The Secret Admirer. L’admirateur secret. Cette personne se tient dans l’ombre, soit parce qu’elle est trop timide pour admettre publiquement son adoration, ou parce que l’attention pourrait être mal reçue ou inappropriée.

Son talon d’Achille : Envy. L’envie. Lorsque l’on pense que l’univers récompense les autres injustement, l’amertume qui s’installe peut être dévorante.

L’influence de sa famille et/ou de ses amis : Victory. Victoire. La gloire se répand lorsque l’opposition est défaite et que le but est atteint.

La passion dominante du personnage : Restraint. Retenue. Quelque chose que le personnage désire est offert, mais c’est peut-être trop demander ou gênant d’accepter. Trouver la force de se retenir est nécessaire.

Le destin du personnage : Obsession. Une seule pensée domine toutes les autres. Le personnage fait un blocage sur quelqu’un ou quelque chose au point d’en être obsédé.

Ce qui se tient entre le personnage et son destin : Grifter. Arnaqueur. Quand un étranger propose son aide, ses motivations peuvent ne pas être altruistes ou sincère. Son assistance vient avec un prix.

Rassemblons le tout pour faire un personnage de la Rome antique cohérent.

Notre personnage s’appellera Lucius Claudius Aenobarbus. Il est membre d’une famille romaine à qui tout réussit. Elle est renommée pour les victoires de ses ancêtres, et sa bonne fortune actuelle. Mais Lucius ne s’y sent pas à la hauteur. Il admire en secret son cousin Caius, le tribun militaire à qui tout réussit : victoires militaires, honneurs civils, femmes… D’ailleurs, les deux cousins se ressemblent énormément.

Généreux, Caius lui a proposé plusieurs fois de le rejoindre, en tant que second lors de ses campagnes militaires. Effrayé par les responsabilités, Lucius a refusé, faisant preuve de retenue. C’est alors que l’admiration s’est muée en envie. Lucius fait maintenant un blocage sur Caius. Il s’habille comme lui, il boit toutes ses paroles, il le suit aussi souvent que possible.

C’est alors qu’un ami propose à Lucius de réaliser son rêve : devenir Caius. Caius doit partir en campagne en Germanie. S’il disparaissait en route et qu’un cousin lui ressemblant beaucoup prenait sa place, ses soldats ne s’en rendraient pas compte…

Bien sûr, l’ami en question a une idée derrière la tête. Une fois Caius éliminé et Lucius à sa place, il sera très facile de le faire chanter…

Est-ce bien utile ?

Aurais-je pu écrire cette histoire sans utiliser les cartes ? Bien sûr que oui. Mais l’avantage des cartes Story Forge, c’est de remplacer la page blanche par quelques idées bien utiles.

Les règles permettent de construire des histoires, des rebondissements, des historiques, avec des tirages variés, basés sur des systèmes éprouvés : voyage du héros, polar noir, histoires sentimentales, etc.

Je verrai à l’usage, mais Story Forge me paraît un excellent outil créatif. Ce qui peut donc concerner des enseignants, pour des exercices créatifs.

Et vous ? Avez-vous des outils pour stimuler votre créativité ?

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