138 – Big Fish. Voulons-nous vraiment connaître toute la vérité sur nos parents ?

En 2003, Tim Burton réalise Big Fish.

Dans ce film, un fils se plonge dans le passé de son père, Edward Bloom, vendeur itinérant de gadgets en tous genres. Père que l’on pourrait qualifier, sans exagérer, de gros mytho. Chaque évènement de son passé est l’occasion de raconter une histoire extraordinaire. A tel point que Will Bloom est persuadé de ne rien connaître du tout de son père.

Le film est une merveille de poésie. Mais il pose la question de ce que nous transmettons à nos enfants. Will Bloom a pour héritage une somme d’histoires merveilleuses, ce qu’il reproche à son père. Mais aurait-il préféré entendre la vérité ?

Les journées de porte à porte à se faire rembarrer ? Les restaurants et les hôtels miteux ? Les nuits passées dans la voiture pour économiser ? Les fins de mois à se demander comment la famille va manger ? La honte de passer ses journées à essayer de fourguer des gadgets pourris ?

Les tableaux de bord hebdomadaires, mensuels, trimestriels, quadrimestriels, semestriels, annuels ? Les chefs de secteurs agressifs et sans cœur ? Les réunions de service sans fin, peuplées d’incompétents et de lèches-bottes ?

Non, vraiment, voulons-nous vraiment tout dire à nos enfants de nos vies professionnelles ? Ou bien pouvons-nous tenter de les enchanter un peu, en améliorant le tableau ?

D’un côté, nous avons le pouvoir de leur donner espoir en l’avenir. De l’autre, on se rapproche dangereusement du mensonge organisé, qui les poussera pendant des années à se demander pourquoi ils se font autant chier alors que leurs parents s’amusaient autant…

Ah, choisir, choisir.

Et vous ? Vous raconterez quoi à vos enfants ?

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  1. #1 par Stéphane Gallay (@stephanegallay) le 2012/08/07 - 09:40

    Les enfants, c’est un truc de petit-bourgeois impérialiste. Mais, si j’avais des enfants, ils auraient accès à mon blog, mon flux Twitter et ma page Facebook.

    Plus sérieusement, j’essayerais de leur raconter comment la vie était avant le Web, quand il y avait encore une URSS et de la musique sur supports physiques. Pas parce que c’était mieux avant, mais parce que c’était différent.

    • #2 par unjouruneidee le 2012/08/07 - 09:47

      Ton blog, ton flux Twitter et ton compte Facebook sont-ils vraiment des reflets réalistes de ta vie ? Pour ce que j’en vois, tu n’y racontes – et c’est heureux – que ce que tu trouves intéressant. Tes hypothétiques enfants y apprendront 1625 noms de groupe de Métal. Devront-ils en conclure que c’était 50% de ton activité quotidienne ?

  2. #3 par Manue le 2012/08/07 - 11:02

    Je suis plutôt pour ne pas les encombrer avec nos propres galères, c’est pas à eux, enfants, de se préoccuper de ça. Dans le film, le fils reproche au père de lui raconter des histoires totalement loufoques. Ce n’est pas cacher la misère, c’est s’inventer une nouvelle vie, ça n’a rien à voir.

    Une fois devenus adultes, je ne crois pas qu’ils penseront qu’on s’éclatait pendant qu’eux galèrent, parce qu’ils auront atteint une maturité suffisante pour comprendre qu’on a autant galéré qu’eux. Sinon ça sera peut-être l’occasion de leur parler de ce qu’on a vécu quand ils étaient jeunes, à un moment de leur vie où ils sont prêts à entendre ce qu’elle peut leur réserver de moins sympa. Ils nous seront peut-être reconnaissants de ne pas les avoir aigris avec nos problèmes avant qu’ils aient besoin d’y être confrontés eux-même.

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