Archives de août 2012

142 – Story Forge, un outil pour les auteurs, les dramaturges, les maîtres de jeu. Et les enseignants ?

J’ai fait l’acquisition d’un jeu de cartes Story Forge.

C’est un projet dont la réalisation a été rendue possible par la plate-forme Kickstarter. B.J. West a proposé de réaliser son jeu de carte si les internautes en achetaient pour 12.000$ avant de lancer la production. Bilan de l’opération : 21.737$ récoltés.

Mais c’est quoi ?

Story Forge est une boîte composée de 88 cartes et d’un livret. Présenté comme ça, ça fait envie, hein ?

Ces cartes comportent des éléments de base de la dramaturgie : personnalités, évènements, ressorts dramatiques, sentiments, destins, etc. Chacune en présente deux, placés tête-bêche. Ce sont généralement des éléments opposés. Le sens de la carte a donc son importance. Exemple :

Le Mouton noir : cette personne a toujours été considérée comme suspecte, ou rejetée par les autres, à cause de sa légendaire mauvaise réputation, qu’elle soit méritée ou non.

Le Prodige : L’enfant prodige est aimé et admiré de tous. On pense que cette personne ne peut faire aucun mal, que ce soit vrai ou non.

Je suis légèrement en train de vous mentir. Parce que, comme son nom l’indique, Story Forge n’est disponible qu’en anglais.

Mais à quoi ça sert ?

Excellente question, je vous remercie de l’avoir posée. Story Forge sert à créer des histoires. Base d’un roman, passé d’un personnage, création d’une scène et de ses enjeux, Story Forge sert à fournir des idées à un créateurs d’histoire. Testons cela avec un exemple. Je vais créer l’histoire d’un personnage de la Rome Antique, sous le règne de l’Empereur Tibère.

Je vais utiliser le tirage Character « Quick Pick », parce qu’il est plus rapide.

Nature du personnage : Self Defeat. Auto-sabotage. Ce n’est pas l’opposition extérieure qui causera sa perte, c’est sa propre faiblesse ou un défaut propre.

Son influence sur l’univers : The Secret Admirer. L’admirateur secret. Cette personne se tient dans l’ombre, soit parce qu’elle est trop timide pour admettre publiquement son adoration, ou parce que l’attention pourrait être mal reçue ou inappropriée.

Son talon d’Achille : Envy. L’envie. Lorsque l’on pense que l’univers récompense les autres injustement, l’amertume qui s’installe peut être dévorante.

L’influence de sa famille et/ou de ses amis : Victory. Victoire. La gloire se répand lorsque l’opposition est défaite et que le but est atteint.

La passion dominante du personnage : Restraint. Retenue. Quelque chose que le personnage désire est offert, mais c’est peut-être trop demander ou gênant d’accepter. Trouver la force de se retenir est nécessaire.

Le destin du personnage : Obsession. Une seule pensée domine toutes les autres. Le personnage fait un blocage sur quelqu’un ou quelque chose au point d’en être obsédé.

Ce qui se tient entre le personnage et son destin : Grifter. Arnaqueur. Quand un étranger propose son aide, ses motivations peuvent ne pas être altruistes ou sincère. Son assistance vient avec un prix.

Rassemblons le tout pour faire un personnage de la Rome antique cohérent.

Notre personnage s’appellera Lucius Claudius Aenobarbus. Il est membre d’une famille romaine à qui tout réussit. Elle est renommée pour les victoires de ses ancêtres, et sa bonne fortune actuelle. Mais Lucius ne s’y sent pas à la hauteur. Il admire en secret son cousin Caius, le tribun militaire à qui tout réussit : victoires militaires, honneurs civils, femmes… D’ailleurs, les deux cousins se ressemblent énormément.

Généreux, Caius lui a proposé plusieurs fois de le rejoindre, en tant que second lors de ses campagnes militaires. Effrayé par les responsabilités, Lucius a refusé, faisant preuve de retenue. C’est alors que l’admiration s’est muée en envie. Lucius fait maintenant un blocage sur Caius. Il s’habille comme lui, il boit toutes ses paroles, il le suit aussi souvent que possible.

C’est alors qu’un ami propose à Lucius de réaliser son rêve : devenir Caius. Caius doit partir en campagne en Germanie. S’il disparaissait en route et qu’un cousin lui ressemblant beaucoup prenait sa place, ses soldats ne s’en rendraient pas compte…

Bien sûr, l’ami en question a une idée derrière la tête. Une fois Caius éliminé et Lucius à sa place, il sera très facile de le faire chanter…

Est-ce bien utile ?

Aurais-je pu écrire cette histoire sans utiliser les cartes ? Bien sûr que oui. Mais l’avantage des cartes Story Forge, c’est de remplacer la page blanche par quelques idées bien utiles.

Les règles permettent de construire des histoires, des rebondissements, des historiques, avec des tirages variés, basés sur des systèmes éprouvés : voyage du héros, polar noir, histoires sentimentales, etc.

Je verrai à l’usage, mais Story Forge me paraît un excellent outil créatif. Ce qui peut donc concerner des enseignants, pour des exercices créatifs.

Et vous ? Avez-vous des outils pour stimuler votre créativité ?

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141- Lu sur Médiapart : enfants Roms, 11 Août 2012 par Philippe Alain – Le blog de Gérard Filoche

http://www.filoche.net/2012/08/12/lu-sur-mediapart-enfants-roms11-aout-2012-par-philippe-alain/#.UCeDxsv-pSM.twitter

Lisez. C’est tout.

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140 – Un désespéré tente de s’immoler par le feu à la CAF. Qualifier ce geste d’imprévisible est un mensonge.

Un homme dont le versement du RSA était suspendu depuis le mois de mai, pour manque de pièces, s’est aspergé de white spirit avant de se mettre le feu, dans un bureau de la CAF de Mantes-la-Jolie. Les détails de l’affaire sont racontés sur le Monde.

Mais c’est sur France Inter que j’ai entendu la phrase la plus incroyable.

« De toute évidence il s’agit d’un acte désespéré, aussi soudain qu’imprévisible, selon Patrick Guéry, directeur financier de la CAF des Yvelines. »

Imprévisible ? Un homme qui survit avec le RSA (474€/mois), et qui depuis trois mois ne le perçoit plus, décide de commettre un geste désespéré ? C’est tout sauf imprévisible ! J’en parlais déjà en janvier, je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de tels gestes chaque semaine. Quand je me suis retrouvé menacé d’une suppression de mon allocation Pôle Emploi, la violence est devenue une tentation très palpable.

L’administration française chargée de distribuer les différentes allocations est un monstre kafkaïen. CAF, Pôle Emploi, les différentes branches de la CPAM, les mutuelles, les CCAS, Pajemploi, il est plus que temps de se débarrasser de ces reliques archaïques.

Plus facile à dire qu’à faire ? La solution existe pourtant. Elle s’appelle « Revenu Universel« .

On m’a déjà répondu qu’on ne pouvait pas supprimer toutes ces administrations, parce qu’elles représentaient trop d’emplois. Ce qui revient à dire que la solution contre le chômage serait de demander à tous les français de vider leurs sacs poubelle dans la rue. Pour ensuite créer de l’emploi en payant des centaines de milliers d’éboueurs.

Non, payer des gens à un travail inutile ne sert à personne. Parce qu’ils pourraient être bien plus utiles à la société à faire autre chose.

Pour en revenir au désespéré de Mantes-la-Jolie, il a toute ma sympathie. Je lui souhaite de ne pas avoir de séquelles, et d’avoir l’opportunité d’utiliser sa colère à des fins moins dangereuses pour lui-même. Bon courage.

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139 – Le droit d’auteur/copyright, un frein à la créativité

Prenons cette vidéo :

Elle est drôle.

Ne discutez pas.

Voir ce vieux ringard d’Enrico Macias s’agiter sur Highway to Hell d’AC/DC, c’est drôle.

Ça s’appelle un mashup. C’est drôle, mais c’est illégal.

En vertu des centaines de lois qui régissent le copyright, l’auteur de cette vidéo est un délinquant. Il a repris dans son intégralité une chanson d’AC/DC, sans leur demander leur avis. Et, encore plus grave, sans leur verser un centime. D’autre part, Enrico Macias serait fondé à se plaindre de l’usage qui est fait de son image, à nouveau sans autorisation et sans compensation financière.

Cet exemple vient confirmer que le droit d’auteur doit évoluer. Parce que si les gens qui se donnent du mal pour nous faire rire, en donnant de leur temps, sans toucher un centime en retour, sont des délinquants, il y clairement un problème. Non ?

Allez, chanson bonus pour finir.

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138 – Big Fish. Voulons-nous vraiment connaître toute la vérité sur nos parents ?

En 2003, Tim Burton réalise Big Fish.

Dans ce film, un fils se plonge dans le passé de son père, Edward Bloom, vendeur itinérant de gadgets en tous genres. Père que l’on pourrait qualifier, sans exagérer, de gros mytho. Chaque évènement de son passé est l’occasion de raconter une histoire extraordinaire. A tel point que Will Bloom est persuadé de ne rien connaître du tout de son père.

Le film est une merveille de poésie. Mais il pose la question de ce que nous transmettons à nos enfants. Will Bloom a pour héritage une somme d’histoires merveilleuses, ce qu’il reproche à son père. Mais aurait-il préféré entendre la vérité ?

Les journées de porte à porte à se faire rembarrer ? Les restaurants et les hôtels miteux ? Les nuits passées dans la voiture pour économiser ? Les fins de mois à se demander comment la famille va manger ? La honte de passer ses journées à essayer de fourguer des gadgets pourris ?

Les tableaux de bord hebdomadaires, mensuels, trimestriels, quadrimestriels, semestriels, annuels ? Les chefs de secteurs agressifs et sans cœur ? Les réunions de service sans fin, peuplées d’incompétents et de lèches-bottes ?

Non, vraiment, voulons-nous vraiment tout dire à nos enfants de nos vies professionnelles ? Ou bien pouvons-nous tenter de les enchanter un peu, en améliorant le tableau ?

D’un côté, nous avons le pouvoir de leur donner espoir en l’avenir. De l’autre, on se rapproche dangereusement du mensonge organisé, qui les poussera pendant des années à se demander pourquoi ils se font autant chier alors que leurs parents s’amusaient autant…

Ah, choisir, choisir.

Et vous ? Vous raconterez quoi à vos enfants ?

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