90 – Notre route est droite, mais la pente est forte

Ce titre n’a que peu de rapport avec le livre dont je souhaite vous entretenir aujourd’hui. À part un jeu de mots honteux sur le nom de son auteur, Virginie Despentes.
Ce manque de lien entre le titre et le propos est le premier reproche que j’adresse à cette dame : pourquoi diable choisir « King Kong Théorie » comme titre d’un manifeste féministe ? Pour être sûr que personne ne le lise ?

Passons l’introduction, assez rentre-dedans, et voyons le contenu proprement dit. Voici les thèmes des chapitres, suivis d’un court extrait.

  • Les rapports hommes-femmes : « Le sur-marquage en féminité ressemble à une excuse suite à la perte des prérogatives masculines, une façon de se rassurer, en les rassurant. »
  • Le viol : « Les hommes, en toute sincérité, ignorent à quel point le dispositif d’émasculation des filles est imparable, à quel point tout est scrupuleusement organisé pour garantir qu’ils triomphent sans risquer grand-chose, quand ils s’attaquent à des femmes. Ils croient, benoîtement, que leur supériorité est due à leur grande force.« 
  • La prostitution : « J’aime beaucoup entendre les hommes pérorer sur la stupidité des femmes qui adorent le pouvoir, l’argent ou la célébrité : comme si c’était plus con que d’adorer des bas résille…« 
  • La pornographie :  « Le problème que pose le porno, c’est d’abord qu’il tape dans l’angle mort de la raison. Il s’adresse directement aux centres des fantasmes, sans passer par la parole, ni par la réflexion. D’abord on bande ou on mouille, ensuite on peut se demander pourquoi. Les réflexes d’autocensure sont bousculés.« 
  • Ce que la société attend des femmes : « C’est à cette époque que je découvre, consternée, que n’importe quel connard doté d’un zgeg se sent le droit de parler au nom de tous les hommes, de la virilité, du peuple des guerriers, des seigneurs, des dominants, et – conséquemment – le droit de me donner des leçons de féminité. On s’en fout que le type mesure un mètre cinquante, soit plus large que haut, n’ait jamais fait preuve d’aucune masculinité, jamais, en rien. Il en est. Et moi, je suis de l’autre sexe. Il n’y a que moi que ça effare qu’on me remette systématiquement à ma place de femelle. On ne me compare qu’à d’autres femmes.« 
  • L’absence d’un masculinisme, pendant du féminisme : « Ils aiment parler des femmes, les hommes. Ça leur évite de parler d’eux. Comment explique-t-on qu’en trente ans aucun homme n’a produit le moindre texte novateur concernant la masculinité. ? Eux qui sont si bavards et si compétents quand il s’agit de pérorer sur les femmes, pourquoi ce silence sur ce qui les concerne ?« 

Mon second reproche, c’est un manichéisme un peu trop marqué : les femmes mariées sont forcément soumises, et dans un rapport de séduction permanent pour garantir l’attention de leur mâle. Ça accentue le côté extrémiste du propos, ce qui peut nuire à l’immense qualité du livre dans son ensemble.

Seulement deux reproches, c’est peu. Tout le reste est sans défaut. Donc, lisez ! 4€75, c’est même pas un paquet de clopes…

PS: merci pour le prêt, Fanny !

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  1. #1 par peinturelu le 2012/03/30 - 07:34

    a y est , commandé.je te dirais quand je l’aurais lu!

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