Archives de février 2012

7e interruption des programmes – un message venu du futur

J’affectionne particulièrement l’exercice consistant à imaginer le futur, au travers d’un texte d’époque. C’est ce qu’Anniceris (un rôliste philosophe, si si !) vient de faire, dans un article intitulé « En cas d’échec, vous n’entendrez plus parler de moi« .

Je me suis marré en le lisant, z’avez qu’à faire de même !

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60 – deuxième bilan mensuel

J’allais attaquer cet article avec quelques chiffres, genre l’article le plus consulté, l’article le plus commenté, bla bla bla…

Mais en fait on s’en fout. La seule chose qui compte, c’est vous. Non, ça sonne faux cul. La seule chose qui compte, c’est nous.

Par la création de ce blog, par l’acte d’écrire, par vos actes de lire, commenter et partager, nous avons créé une communauté.

Une toute petite communauté, que les statistiques de WordPress.com sont bien incapables de quantifier. Les vraies bonnes questions seraient :

  • Combien de personnes ont réellement lu jusqu’au bout un de mes articles?
  • Combien de personnes ont trouvé un usage à ce qu’ils ont appris, ou combien ont trouvé un contre-argument à m’opposer ?

Dans l’ensemble, les commentaires ont été intéressants, construits, et souvent inattendus. Que demander de mieux ?

Je suis justement connu pour en demander toujours plus. Donc si je devais exprimer une requête, ce serait d’avoir plus de retours.

Les +1, les J’aime, c’est sympa. Les partages sur les réseaux sociaux, c’est excellent pour la fréquentation. Mais ce qui m’intéresse principalement, ce sont les commentaires. Lire vos avis, compléter un article, pousser la réflexion un peu plus loin, c’est vraiment le cœur de ce qui me motive à continuer d’écrire, à ce rythme déraisonnable d’un article par jour.

Bien sûr, mes articles ne sont pas tous aussi aboutis les uns que les autres. On en revient à vos retours : si un sujet vous intéresse plus, faites-le moi savoir. Je serai d’autant plus motivé pour m’étendre dessus. C’est pas plus compliqué que ça 🙂

Sur ce, bonne journée à vous tous, et continuez de rêver !

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59 – Lequel de vos professeurs vous a marqué ?

Nous sommes tous passés par un système scolaire. Il est peu probable que vous ayez appris à lire tout seul (bien que ce soit le cas d’au moins une de mes lectrices, ainsi que d’Isaac Asimov, par exemple).

L’école est, après les parents (et encore, on peut discuter de l’ordre), le principal endroit où se forge notre personnalité. Les enfants sont très malléables. Un professeur qui suscite l’intérêt pour sa matière sera déterminant dans le développement d’un enfant.

D’après mon expérience, le professeur qui fera la différence, ce n’est pas celui qui tente de faire ingurgiter sa matière à ses élèves. C’est celui qui éveille la curiosité, et qui pousse l’élève à chercher une solution aux problèmes qu’on lui pose. Et à ceux qu’il se pose lui-même…

Jean-Paul Jouary a traité de l’éducation dans cet article, par le prisme des programmes des candidats à l’élection présidentielle. L’actuel gouvernement applique une conception bien précise de l’éducation : elle viserait à former des employés exécutants, incapables d’esprit critique. Je cite : « tout ce qui de près ou de loin est au cœur de la réflexion, de l’esprit critique, de l’épanouissement personnel, de la créativité, est ouvertement et activement attaqué, les horaires réduits, les postes supprimés, le travail en demi classe annulé« .

Que tous les enseignants qui reconnaissent leur situation commentent ci-dessous…

Le point central de l’article, c’est ce passage :

L’école doit-elle offrir des contenus à apprendre, c’est-à-dire à prendre tels qu’ils sont ? Ou bien l’école doit-elle, à travers l’enseignement de ces contenus, inviter à apprendre en apprenant à apprendre et à comprendre, ce qui suppose que chaque élève développe en lui une culture critique et active qui l’associe en profondeur aux événements pédagogiques ? Certes, toute éducation est bien forcée de lier ces deux dimensions, mais qui ne voit que la seconde devient une exigence croissante, à mesure que s’accroît la vitesse du mouvement des sociétés ?

Bref, la meilleure méthode pour produire des citoyens dociles, c’est de leur présenter un savoir achevé, indiscutable, qu’ils absorberont sans aucun recul.

Je me sens concerné par ces questions à trois niveaux. Tout d’abord, en tant qu’ancien élève. Réfléchir à mon parcours scolaire m’a aidé à comprendre pourquoi je bloquais sur certaines matières, et pas sur d’autres.

Ensuite, en tant qu’enseignant non formé à la pédagogie, il m’est nécessaire de réfléchir à ma pratique. Je reproduis souvent des techniques reçues (subies ?) durant ma scolarité. Mais sont-elles vraiment les meilleures pour que mes élèves apprennent bien ?

Enfin, en tant que parent. Quand j’apprends que 20% des 4 880 places offertes au capes 2011 n’ont pas été pourvues, faute de candidats, je me dis que trois conséquences sont prévisibles :

  • Soit mes enfants se retrouveront face à une chaise vide, faute de professeur pour l’occuper
  • Soit ils verront la chaise occupée par un septuagénaire, contraint de travailler pour combler son minimum vieillesse. Espérons qu’Alzheimer n’ait pas encore frappé à la porte.
  • Soit, et c’est le plus probable, ils seront face à un professeur recruté « par défaut ». Simplement parce qu’il aura pris la peine de s’inscrire au concours, dont plus personne ne veut faute d’intérêt à exercer ce métier mal payé, mal reconnu et mal encadré.

Bref, l’éducation est un sujet capital pour notre avenir. Et nous avons tous un rôle à y jouer. Comme beaucoup d’autres sujets, il est trop important pour être laissé entre les seules mains des enseignants ou des politiques…

Cet article est dédié à :

  • Mon prof de physique de 4e, ronchon mais toujours prêt à nous surprendre lors de ses expériences.
  • Mon prof d’histoire-géo de 2nde, qui n’hésitait pas à être dur, mais qui fut le premier à nous traiter en adultes. Ça passe ou ça casse !
  • Mon prof de théâtre de terminale, dont j’ai toujours les leçons en tête lorsque je prends la parole en public.
  • Ma prof de management de Master 2, notamment pour sa phrase : « Le manager, c’est celui qui ne fait rien. »

 
Ajout du 29/02/2012 : Pour ceux qui auraient des doutes sur la volonté affichée de démolir notre service public de l’éducation, allez lire « Pourquoi veulent-ils casser l’école ?« . Réponse à vos doutes assurée.

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58 – La vérité finit toujours par se savoir…

Après mon apologie du mensonge pour la bonne cause d’hier, je me devais de réhabiliter l’intérêt de la vérité.

Voici donc un nouveau site Web, le Véritomètre. Il me paraît bien parti pour rejoindre ces sites indispensables, dont on se demande comment on faisait avant leur invention.

Commençons par une image (qui vaut mieux), le long discours (qui vaut moins) est en-dessous.

Le véritomètre du 26/02/2012, à 11h36

Principes de fonctionnement

Cette application, conçue et réalisée par i>TÉLÉ et OWNI, vise à vérifier le discours politique des six principaux candidats (François Bayrou, François Hollande, Eva Joly, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy) durant la campagne présidentielle.

Elle propose un recensement et une vérification des interventions des six principaux candidats. Ces interventions sont vérifiées par OWNI à l’aide des bases de données de l’application mais également de sources externes.

Chaque citation vérifiée est notée entre « correct » (ce qui correspond à une note de 100%), « incorrect » (ce qui correspond à une note de 0%), et « imprécis » (50%). La catégorie « imprécis » nous permet de noter les citations trop floues ou approximatives, sans pour autant pouvoir être considérées comme entièrement vraies ou entièrement fausses.

La note globale d’une intervention est calculée en divisant le pourcentage obtenu par le nombre de citations vérifiées pour cette intervention. La note globale d’un candidat est calculée sur le même principe de moyenne.

Classement d’hier

L’image ci-dessus montre le classement de la « crédibilité » des candidats. Et je ne peux pas résister au plaisir de constater que les trois candidats de gauche présents ont un meilleur score que les trois candidats de droite…

Défauts

Le principal écueil de ce système de notation, c’est que chaque vérité compte de manière identique. Un candidat qui voudrait manipuler sa note n’a qu’à enchaîner quelques statistiques – correctement – recopiées de l’INSEE, et sa note montera mécaniquement.

De la même manière, toutes les approximations et les erreurs reçoivent la même importance. Se tromper de 10% dans les chiffres du chômage, ça donne la même pénalité que prétendre que la présence d’immigrés sur le territoire est responsable du chômage, de la délinquance, du mauvais temps et de ma tendinite.

Bref, le véritomètre serait meilleur avec quelques coefficients pondérateurs. Mais il faudra alors décider de leurs valeurs, ce qui posera à nouveau des difficultés.

Conclusion

Cette initiative d’Owni et i>TÉLÉ est utile et bien conçue. Elle présente quelques défauts de jeunesse, mais rien d’insurmontable. J’espère qu’elle recevra suffisamment d’attention, pour que les politiciens accordent plus d’importance aux faits. Enfin, elle remplit exactement le rôle prévu par xkcd dans ce dessin :

"Citation nécessaire"

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57 – Prêcher le faux pour savoir le vrai : démarche nécessaire ou malhonnêteté condamnable ?

Parmi les nombreux buzz de la semaine dernière, le licenciement de Gérald Dahan m’a marqué. Il a certes menti, pour faire parler Nicolas Dupont-Aignan, mais n’est-ce pas le seul moyen de percer le mur de la communication des professionnels de la politique ?

Mentir pour découvrir la vérité, c’est aussi la démarche d’Emeric Lhuisset, qui a créé une fausse société de mercenaires internationaux. Les CV reçus valent leur pesant de cacahouètes : ils viennent de partout, avec des parcours attendus (militaires) ou inattendus (policier municipal en France).

Bien sûr, ces exemples sont à relativiser. Ils sont relativement ponctuels. Cette discipline comporte quelques maîtres, à commencer par les Yes Men. Ce duo d’activistes politiques utilise des moyens très limités, pour des résultats spectaculaires.
Je vous invite donc à regarder The Yes men fix the world, en version intégrale augmentée spéciale diffusion gratuite P2P.

Le premier exploit de ce film, c’est d’avoir fait changer de position la US Chamber of Commerce. Elle soutenait que le réchauffement climatique n’existait pas, et ne devait donc pas donner lieu à un quelconque changement de politique aux USA. Je vous laisse voir comment deux hommes motivés ont réussi ce tour de force, premier d’une longue série.

Si vous voulez poursuivre plus loin la réflexion, la dernière émission d’Arrêt sur Images traite de ce sujet : « Les enregistrements pirates, cette nouvelle culture populaire »

Du coup, je suis bien embêté. Je répète à mes enfants qu’il ne faut pas mentir. Pourtant, les exemples ci-dessus montrent que c’est parfois nécessaire…

Et vous ? Comment parlez-vous du mensonge à vos enfants ? Et mentez-vous vous-même ? Souvent ?

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