28 – L’amour. What else ?

Je vous parlais hier du premier livre d’Alex Taylor, le « Journal d’un apprenti pervers« .

Au-delà de l’aspect hautement humoristique et auto-dérisoire des deux premières pages, cette autobiographie déroutante de sincérité est un manifeste pour la différence. Sa façon bien à lui de clamer haut et fort qu’il fait partie d’une tribu. Cette tribu, qu’on pourrait appeler « les homosexuels SM », a ses codes, ses rites, son histoire, qui la définissent tout autant que n’importe quelle autre tribu. Comme celle des supporters de foot, ou celle des chasseurs.

Aux yeux des étrangers, n’importe quelle tribu est bizarre. Et comme nous appartenons tous à au moins une tribu, nous sommes tous bizarres.

Alex Taylor a réussi une triple performance. Tout d’abord, il a su mettre en scène sa vie d’une façon qui rend la lecture passionnante. Ensuite, il présente ses préférences et ses aventures sexuelles sous un éclairage qui les rend simples. Il ne tombe ni dans le travers de la justification, ni dans celui du prosélytisme.

Enfin, il a réussi à écrire un livre qui rejoint un club extrêmement fermé. C’est le club des livres qui m’ont fait pleurer. Je vous mets au défi de lire l’histoire de son amour, du Sida, de la maladie, de la déchéance et de la mort, sans jamais sentir l’eau ruisseler le long de vos joues.

Si vous ne voyez pas de quoi je peux parler, imaginez-vous en (oh merde) 1993. J’ai eu le même coup derrière la tête qu’à la fin de Philadelphia. D’ailleurs…

Ah, si jeunesse savait… (tm Vieux Con)

J’ai donc attaqué ma journée avec cette tragédie en tête. Elle a rencontré un écho dès ce midi. Un de mes collègues m’a fait part de sa stupéfaction. Il venait d’aborder le sujet du Sida avec une quinzaine d’étudiants, âgés de 19 à 24 ans. Selon eux, le Sida était maintenant soigné. Être atteint de la maladie ne causait pas plus de désagrément qu’une longue grippe.

Quand Wikipedia m’informe en deux clics que « Les traitements ne sont pas généralement prescrits au début de la séropositivité au VIH, car ils présentent des effets indésirables, ainsi qu’une certaine toxicité« , je me dis qu’il vaut mieux avoir deux ans de grippe que le VIH…

Ce n’est pas la première fois que je découvre une telle ignorance chez des gens plus jeunes que moi, et donc bien plus susceptibles d’être confrontés à des situations à risque. Il serait tentant de se moquer de leur triste ignorance. Mais en sont-ils responsables ?

Faut-il faire une confiance aveugle à l’école pour enseigner les principes de la prévention en matière de MST ?

Je ne maîtrise pas les programmes enseignés au collège, mais je sais que si le sujet de la reproduction y est abordé, c’est souvent sous un angle purement physiologique – ce qui provoque déjà beaucoup de gloussements – et plus rarement sous un angle pratique.

Une amie me recommandait d’aborder le sujet avec mes enfants à la fin de l’école primaire. Parce qu’à cet âge, la curiosité l’emporte encore sur la gêne, et que les informations seront retenues de manière plus durables. C’est une remarque intéressante, mais je ne sais pas encore ce que j’en ferai.

Et vous ? Que recommandez-vous pour que les jeunes se protègent efficacement contre les MST ? A quel âge, et sous quelle forme, débuteriez-vous l’information ?

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  1. #1 par Lucie le 2012/01/28 - 09:58

    La  » reproduction de l’Homme et éducation à la sexualité  » est au programme du CM2.Maintenant, peu d’enseignants le font parce que ce n’est franchement pas évident à mettre en place, il faut quand même placer les mots « éjaculation » « érection » et les expliquer, je comprends que beaucoup de facteurs fassent que des enseignants (et en particuliers les hommes) ne soient pas spécialement à l’aise pour aborder le sujet.

    Faut dire que les manuels, d’une part abordent uniquement l’aspect « technique » de la chose, et d’autre part, restent très flous sur tout ça: exemple: « la fécondation qui marque le début de la grossesse se produit dans la partie supérieur de la trompe: les spermatozoïdes y arrivent quelques heures après l’acte sexuel. »
    voilà voilà. y a comme un blanc.
    Forcément, toutes les mains se lèvent comme un seul homme: « mais comment les spermatozoïdes…. »c’est vraiment à l’enseignant de se prendre en main et de réfléchir bien à son truc. maintenant moi je l’étudie tous les ans parce que ils ne savent tellement rien que même peu c’est déjà énorme. (suis-je claire?). Une fois qu’ils ont compris que les bébés ne sortent ni par les fesses ni par les seins et que personne ne pose de graine dans le nombril de la mère, ils ont une demande avide de renseignement.
    Forcément, tu parles de contraception, de sida, tous ont au moins une soeur/cousine/voisine qui a été enceinte à 15 ans, bref les séances sont riches en échanges et tu sais que ça ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.Et la prévention, elle commence là.
    Par contre quand ce sont tes gamins à toi perso qui te posent des questions tu fais moins ton malin.Mais t’y réponds quand même.
    Et c’est aussi au programme de quatrième, mais alors je plains vraiment les profs qui doivent en parler à ces ados. Je préfère nettement enseigner tout ça à des gamins de 11 ans, passés les trois ricanements obligatoires ils sont tout ouïe et vraiment inquiets et réceptifs.
    Pour répondre à ta question du début, je ne sais pas vraiment si on peut dire « à tel âge faut aborder… » mais faut être à l’écoute des questions (y en a toujours qui arrivent quand tu t’y attends pas) et y répondre le plus honnêtement possible.

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