Archives de janvier 2012

31 – bilan mensuel

Haha, un article pour parler des articles précédents, voilà un bon moyen de trouver un sujet sans trop se fouler.

Je pourrais vous faire des stats de fréquentation, des jolis graphiques en barre ou en camembert, mais on s’en fout un peu.

Ce que je retire comme conclusion :

  • Écrire tous les jours, c’est vraiment du boulot.
  • Du coup, ce n’est pas compatible avec un travail à temps plein. J’y reviendrai.
  • Je mets des liens Amazon, mais personne n’achète. Jamais. Pas grave, au moins ça m’évite de chercher des images ailleurs.
  • Par contre, j’ai déjà eu 3 clics Flattr. Il y a donc des gens prêts à me donner de l’argent pour ce que j’écris. Je n’en espérais pas tant !
  • Trouver des sujets, ce n’est pas trop difficile. Entre mon panthéon culturel personnel, les actualités et ma vie quotidienne, je pense que je pourrais tenir mes 366 jours. Il y aurait bien un peu de remplissage, mais ça resterait une faible minorité.
  • Écrire des articles intéressants, avec un angle (un peu) décalé, ça c’est vraiment dur. Mais c’était justement l’exercice auquel je voulais me confronter.

Le problème, c’est que mon temps partiel de prof va bientôt se compléter d’un mi-temps (pas de prof). Il me faudra alors choisir entre ma fréquence de publication et d’autres obligations, comme par exemple ma vie de famille. D’ailleurs, c’est déjà choisi, c’est la fréquence qui va baisser. Ce qui comblera ceux qui aiment mon blog, mais trouvent qu’il y a trop souvent de nouveaux articles.

Voici donc la question du jour : préférez-vous plusieurs petits articles par semaine, ou un seul long ?

PS: je profite de cet article sans contenu pour ajouter un bonus. J’ai osé écrire à propos de Pierre Desproges, sans mettre un seul de ses traits de génie en ligne. Cette impardonnable erreur est maintenant réparée :

, ,

4 Commentaires

30 – Un article sur le sexe, ça devrait grandement augmenter la fréquentation de ce blog

J’ai écrit avant-hier qu’il ne fallait pas accorder toute sa confiance au système scolaire pour enseigner à nos enfants les subtilités, les pièges et les grandeurs de la reproduction humaine.

Le premier commentaire de l’article m’a conforté dans mon idée. Je cite Lucie, enseignante de son état :

Faut dire que les manuels, d’une part abordent uniquement l’aspect “technique” de la chose, et d’autre part, restent très flous sur tout ça: exemple: “la fécondation qui marque le début de la grossesse se produit dans la partie supérieur de la trompe: les spermatozoïdes y arrivent quelques heures après l’acte sexuel.”
voilà voilà. y a comme un blanc.
Forcément, toutes les mains se lèvent comme un seul homme: “mais comment les spermatozoïdes….”c’est vraiment à l’enseignant de se prendre en main et de réfléchir bien à son truc. maintenant moi je l’étudie tous les ans parce que ils ne savent tellement rien que même peu c’est déjà énorme. (suis-je claire?). Une fois qu’ils ont compris que les bébés ne sortent ni par les fesses ni par les seins et que personne ne pose de graine dans le nombril de la mère, ils ont une demande avide de renseignement.

Ma chère Lucie, j’ai un début de commencement de réponse. Il est tiré d’un livre qui a beaucoup marqué mon adolescence. Le zoologiste Desmond Morris y étudie notre espèce comme si elle n’était qu’un animal parmi tant d’autres. L’approche scientifique fait beaucoup pour dédramatiser les descriptions. Lucie, voici quelques morceaux choisis du chapitre 2, sobrement intitulé « sexe« , qui pourront t’aider à raconter à tes élèves ce qui se passe avant l’arrivée des spermatozoïdes dans la trompe  :

Le comportement sexuel de notre espèce passe par trois phases caractéristiques : la formation du couple, l’activité pré-copulatoire et la copulation en général, mais pas toujours dans cet ordre. Le stade de la formation du couple, appelé généralement stade de la cour, se prolonge de façon très remarquable si on fait la comparaison avec les autres animaux, puisqu’il dure fréquemment des semaines, voire des mois. Comme chez bien d’autres espèces, il est caractérisé par un comportement hésitant, ambivalent, qui implique des conflits entre la peur, l’agression et l’attirance sexuelle. […]
Après le premier tade des manifestations visuelles et vocales, on procède à de simples contacts corporels. […]
Une grande partie de ce stade de la formation du couple peut avoir lieu en public, mais quand on passe à la phase pré-copulatoire, le couple recherche la solitude et les types de conduite suivants sont pratiqués dans la mesure du possible à l’écart des autres membres de l’espèce.[…]
Les contacts de bouche à bouche atteignent leur fréquence la plus élevée et leur durée la plus longue au cours de cette phase […]
Entre ces assauts de stimulation orale du partenaire et l’accompagnant avec fréquence, on observe aussi de nombreuses manipulations de la peau.[…]
Tels sont donc les stimuli sexuels prodigués au partenaire durant les poussées d’activité pré-copulatoire, et qui produisent une excitation suffisante, sur le plan physiologique, pour que la copulation se produise. La copulation commence par l’insertion du pénis du mâle dans le vagin de la femelle.[…] Le mâle commence alors une série de poussées rythmées du bassin.[…]
La phase copulatoire est en général beaucoup plus brève que la phase pré-copulatoire. Le mâle arrive dans la plupart des cas à l’éjaculation du sperme au bout de quelques minutes […]

Voilà. J’espère t’avoir aidé dans ta courageuse démarche d’éducation sexuelle de tes élèves. Si d’aventure les parents desdits élèves n’appréciaient pas les questions que ton cours ne manquera pas de provoquer à la maison, recommande-leur la lecture salutaire de cet excellent livre, Le Singe nu de Desmond Morris.

Comme tu pourrais tomber sur des géniteurs chafouins, qui auraient l’outrecuidance de te reprocher l’usage d’un livre daté de 1971, n’hésite pas à les renvoyer vers un livre bien plus récent (2005) du même auteur, et qui en reprend les grands thèmes : La Femme nue.

, , , , , ,

2 Commentaires

29 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 2/10 : ça ne devrait être ni de droite, ni de gauche.

Je vous contais la semaine dernière ma lecture du « Petit bréviaire écolo« .

Le second chapitre est dédié au reproche « L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. En plus, les Verts font toujours alliance avec le PS« .

Là encore, la réponse est double :

  • Lorsque l’on compare les programmes, il paraît évident qu’aucune alliance n’est possible avec le Modem, l’UMP ou le FN.
  • Les règles électorales favorisent les gros partis. Et donc, pour avoir un poids, même minime, sur la politique de notre pays, il faut en passer par des alliances.

C’est une des malhonnêtetés de notre système électoral : on prétend que la démocratie française permet au peuple de s’exprimer et d’être représenté. Mais il suffit de voir le nombre de gens qui comptent voter Hollande, parce que c’est le vote utile, pour se rendre compte que les règles électorales poussent à voter différemment de sa conscience.

Jetons un coup d’œil aux scores des Verts ces 10 dernières années:

  • 2002 : présidentielle, 5,3%
  • 2002 : législatives, 4,5%
  • 2004 : européennes, 7,4%
  • 2004 : cantonales, 4,1%
  • 2007 : présidentielle, 1,6%
  • 2007 : législatives, 3,3%
  • 2008 : cantonales, 4,2%
  • 2009 : européennes, 16,3%
  • 2010 : régionales, 12,2%
  • 2011 : cantonales, 8,2%

Je ne vais pas rentrer dans une analyse comparative des différents modes d’élection. Rapidement, on voit que dans un scrutin proportionnel, où chaque voix compte, les Verts font d’excellents scores. Dès qu’il s’agit d’un scrutin avec deux tours, il y a une nécessité de faire passer un candidat « acceptable » – à défaut de « meilleur » – au second tour. Du coup, au lieu de suivre un programme, on suit ce que disent les sondages.

Bref, pour survivre, les Verts doivent faire des alliances. Et du coup, le seul choix logique, ça reste le PS. Avec toutes les difficultés que ça comporte

Et vous ? Vous voterez « programme » ou vous voterez « utile » ?

, , , , , , , , , ,

Poster un commentaire

Démenti

Une bête recherche google vient de me montrer que le nom « Un jour une idée » avait déjà servi, notamment par un site de broderie (risque de confusion faible), et par une série de vidéos de Manuel Valls (risque de confusion plus élevé).

Je précise donc ici que ce blog a été conçu en toute ignorance de cet illustre prédécesseur. Je ne suis pas Manuel Valls, et je ne le soutiens d’aucune manière.

De son côté, j’espère qu’il aura l’honnêteté de publier un démenti similaire. Cela clarifierait la situation. D’autant que je n’aimerais pas qu’il cherche à utiliser ma renommée à son profit. Ce serait un peu facile, monsieur Valls. Tenez-le vous pour dit.

,

6 Commentaires

28 – L’amour. What else ?

Je vous parlais hier du premier livre d’Alex Taylor, le « Journal d’un apprenti pervers« .

Au-delà de l’aspect hautement humoristique et auto-dérisoire des deux premières pages, cette autobiographie déroutante de sincérité est un manifeste pour la différence. Sa façon bien à lui de clamer haut et fort qu’il fait partie d’une tribu. Cette tribu, qu’on pourrait appeler « les homosexuels SM », a ses codes, ses rites, son histoire, qui la définissent tout autant que n’importe quelle autre tribu. Comme celle des supporters de foot, ou celle des chasseurs.

Aux yeux des étrangers, n’importe quelle tribu est bizarre. Et comme nous appartenons tous à au moins une tribu, nous sommes tous bizarres.

Alex Taylor a réussi une triple performance. Tout d’abord, il a su mettre en scène sa vie d’une façon qui rend la lecture passionnante. Ensuite, il présente ses préférences et ses aventures sexuelles sous un éclairage qui les rend simples. Il ne tombe ni dans le travers de la justification, ni dans celui du prosélytisme.

Enfin, il a réussi à écrire un livre qui rejoint un club extrêmement fermé. C’est le club des livres qui m’ont fait pleurer. Je vous mets au défi de lire l’histoire de son amour, du Sida, de la maladie, de la déchéance et de la mort, sans jamais sentir l’eau ruisseler le long de vos joues.

Si vous ne voyez pas de quoi je peux parler, imaginez-vous en (oh merde) 1993. J’ai eu le même coup derrière la tête qu’à la fin de Philadelphia. D’ailleurs…

Ah, si jeunesse savait… (tm Vieux Con)

J’ai donc attaqué ma journée avec cette tragédie en tête. Elle a rencontré un écho dès ce midi. Un de mes collègues m’a fait part de sa stupéfaction. Il venait d’aborder le sujet du Sida avec une quinzaine d’étudiants, âgés de 19 à 24 ans. Selon eux, le Sida était maintenant soigné. Être atteint de la maladie ne causait pas plus de désagrément qu’une longue grippe.

Quand Wikipedia m’informe en deux clics que « Les traitements ne sont pas généralement prescrits au début de la séropositivité au VIH, car ils présentent des effets indésirables, ainsi qu’une certaine toxicité« , je me dis qu’il vaut mieux avoir deux ans de grippe que le VIH…

Ce n’est pas la première fois que je découvre une telle ignorance chez des gens plus jeunes que moi, et donc bien plus susceptibles d’être confrontés à des situations à risque. Il serait tentant de se moquer de leur triste ignorance. Mais en sont-ils responsables ?

Faut-il faire une confiance aveugle à l’école pour enseigner les principes de la prévention en matière de MST ?

Je ne maîtrise pas les programmes enseignés au collège, mais je sais que si le sujet de la reproduction y est abordé, c’est souvent sous un angle purement physiologique – ce qui provoque déjà beaucoup de gloussements – et plus rarement sous un angle pratique.

Une amie me recommandait d’aborder le sujet avec mes enfants à la fin de l’école primaire. Parce qu’à cet âge, la curiosité l’emporte encore sur la gêne, et que les informations seront retenues de manière plus durables. C’est une remarque intéressante, mais je ne sais pas encore ce que j’en ferai.

Et vous ? Que recommandez-vous pour que les jeunes se protègent efficacement contre les MST ? A quel âge, et sous quelle forme, débuteriez-vous l’information ?

, ,

1 commentaire

%d blogueurs aiment cette page :