Bonne année Bertrand !

Après des centaines d’articles en 2012, des dizaines en 2013, et des unités en 2014 et 2015, vous avez pu royalement lire un article en 2016 sur ce blog. On dit que ce n’est pas la quantité qui compte, je crois… Je vais quand même tenter de faire mieux en 2017. Déjà avec un article maintenant, je fais aussi bien que 2016 !

Oui, c’est de la pensée positive ! Et c’est bon pour votre cerveau, essayez, et il vous remerciera. Attention, penser positivement, ce n’est pas penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. C’est chercher des solutions plutôt que des coupables.

Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, la nouvelle année a été plusieurs fois l’occasion de me lancer des défis personnels. Ce blog en 2012. 2013 sans alcool. Cette année 2017 n’y échappera pas. J’ai pris une grande résolution sportive : plus de journée sans un minimum de sport. Si je n’ai pas marché plus de 5000 pas, ou nagé, ou pédalé, je devrai achever ma journée par une séance de sport. En toute logique, 2018 sera l’année du bodybuilding… ou de mon décès prématuré.

Vous avez lu jusqu’ici, c’est bien. Vous souvenez-vous encore du titre ? J’y souhaitais une bonne année à Bertrand. Je vous entends déjà : « mais c’est qui Bertrand ? » La vraie bonne question, c’est « il revient quand Bertrand ? »

Je vous laisse en tête-à-tête avec cette excellente websérie de Ioudgine, une excellente scénariste qui vide son fiel un peu partout sur la toile, et tout simplement indispensable.

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[nouvelle] Le Napoléon du commissariat

Le bureau de l’officier est en métal. Je ne saurais pas dire précisément lequel. De l’aluminium ? Ca existe, les bureaux en aluminium ? Il est peint en gris, un écran plat d’ordinateur y trône avec un clavier. Et, dans un coin, un buste de Napoléon est fixé à la colle forte. Le mec qui a fait ça est un vrai sagouin, la colle a carrément débordé, et formé un rouleau de pâte grise autour du socle.

Le buste aussi est en métal. Probablement du bronze. J’y connais rien, mais c’est en bronze, les statues, non ?
Quel genre de flic colle un buste de Napoléon à son bureau ? C’est autorisé ? Être fan à ce point, c’est limite une religion. Ah ça, pour gueuler contre le voile, y a du monde, mais contre le napoléonisme ostentatoire, y a plus personne.

– Eh oh ! Vous m’entendez ?

Zut, j’ai rien entendu.

– Euh, oui, pardon ?

– Je vous demande votre nom et votre prénom.

– Antoine Lulouix.

Ses doigts s’agitent sur le clavier. Question après question, mon portrait-robot est enregistré dans l’ordinateur, à petits coups d’index rageurs. Jamais un autre doigt, non monsieur. C’est peut-être un tabou, chez les napoléonistes pratiquants.

– Eh ! Ca fait trois fois que je vous demande ce qui vous est arrivé !

J’étais encore parti. Loin, visiblement. Faut que je me concentre.

– Excusez-moi, c’est toute cette histoire, ça m’a retourné.

– Je comprends, mais j’aimerais bien finir votre déposition avant la fin de mon service.

– Bien sûr, bien sûr.  Alors, j’étais chez moi quand c’est arrivé.

– Chez vous ? Mes collègues ont dit qu’ils vous avaient retrouvé dans une boucherie.

– C’est ça, chez moi. J’habite dans une boucherie.

– Vous êtes boucher, donc.

– Non, pas du tout. Pourquoi ?

– Qu’est-ce que vous fou… fichez dans une boucherie alors ?

– Vous savez combien c’est dur de trouver un logement à Paris ? Y en a qui héritent d’un studio sympa de leurs parents, moi j’ai hérité d’une boucherie. Alors c’est là que j’habite.

– Mais, euh, c’est toujours une boucherie ? Un commerce ?

– Ah non, pas du tout. Y aurait pas la place. Et en plus, je suis végétarien. Alors vous imaginez, ce serait compliqué de dormir entre les tranches de jambon.

– Oui, bon, je ne vais pas écrire tout ça.

– Donc, comme j’ai dit à vos collègues, j’étais chez moi, dans ma boucherie, donc, quand j’ai entendu frapper à la porte. Peut-être que ça va vous surprendre, mais ça arrive souvent. Des gens voient le panneau boucherie, et veulent entrer, alors que j’ai mis un panneau « fermé ». Bon, là, il était 10h du soir, c’était vraiment inhabituel.

– D’accord, continuez.

Le ton de l’officier me paraît agacé. Je vais essayer d’accélérer.

– J’ouvre la porte, et une personne me bouscule pour entrer précipitamment. Je commence à râler, « monsieur, vous n’êtes pas dans une boucherie, là », comme d’habitude, mais je suis arrêté quand elle se retourne pour refermer la porte. C’est là que je réalise que c’est une femme. Comprenez-moi, c’était pas évident, elle faisait ma taille. Un mètre soixante-quinze, c’est pas grand pour un homme, mais je dépasse la plupart des femmes, enfin, sauf quand elles trichent avec des talons.

– Dites, je ne suis pas sûr de voir où vous voulez en venir.

– Pardon, j’aime bien être précis quand je raconte. Sinon, ce serait plat. Vous imaginez. Une femme me bouscule, elle fait un mètre soixante-quinze, ça fait très chirurgical. Bref, elle referme la porte. Pourtant, je n’ai rien vu dehors. Juste les échafaudages sur la façade de l’immeuble en face. Pas un chat. J’étais encore en train d’y penser, lorsque j’ai découvert son visage. Si vous l’aviez vu, vous comprendriez. C’est pas tant qu’elle était belle, ou même jolie, c’est surtout qu’elle pétillait. J’ai cru sur le moment que c’était parce qu’elle avait couru, que le sang battait à ses temps, mais non. Elle dégageait en permanence une énergie folle. J’étais là, dans ma boucherie, et sa grande silhouette sombre se découpait devant les vitrines vides de ma boucherie, sous l’éclairage violent des néons. Bouche bée. Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi. Elle avait l’air contente de me voir, comme si j’étais un vieil ami. C’est elle qui a rompu le silence.

« Merci de m’avoir ouvert, ils allaient me rattraper ! »

« De rien », j’ai dit un peu automatiquement, en pensant aux remontrances de ma mère lorsque j’oubliais les formules de politesse. « Mais c’est qui, ils ? »

« J’ai un peu honte de le dire. Je voulais me prouver que j’étais capable de vivre mes rêves. Petite, j’adorais le Louvre. Je venais tous les mois le visiter avec mes grands-parents. J’avais l’impression de faire le tour du monde à chaque fois, et même le tour du passé. C’est quelque chose qui me manquait dans la danse. J’adore danser, mais il me manque toujours un fond de réalité. Alors ce soir, je suis restée après la fermeture. J’avais repéré un coin sans caméra. Quand ils ont fermé, j’ai enfilé un masque sur mon visage, abandonné mon manteau, et j’ai commencé ma chorégraphie. Ils ne mettent pas tout de suite les alarmes en route, les gardiens font d’abord le tour. J’ai réussi à traverser toutes les antiquités étrusques et romaines avant d’être repérée. Je suis remontée par les escaliers, j’ai esquivée les gardiens qui tentaient de m’attraper, je me suis mêlée aux derniers visiteurs qui traînaient du côté des boutiques, et ça n’a pas suffi. C’est grâce à vous que je les ai semés.

Ils doivent encore me chercher. »

J’étais un peu incrédule, devant son histoire.

« Mais pourquoi vous avez fait ça ? »

« Pour la beauté du geste. Pour pouvoir dire à mes enfants qu’un jour, leur mère a dansé dans le beau musée de son enfance. Vous avez des enfants ? »

« Euh, non. Enfin, je n’ai pas été prévenu… » Je voulais passer pour un malin, vous comprenez ?

« Auriez-vous de l’eau ? Je n’ai pas franchement l’habitude de courir aussi vite ! »

– Bon, je vous résume la suite, elle est à la fois extraordinaire, et très ordinaire. Enfin, pour moi. Nous avons discuté, elle a voulu visiter ma boucherie, elle a eu froid dans la chambre froide, je l’ai réchauffée, elle m’a réchauffé en retour… Je vous passe les détails.

– Et tout ça nous amène où ?

L’officier ne me paraissait plus fâché. Plutôt rêveur.

– Et bien ça m’amène à ce matin. Lorsque je me suis réveillé, j’ai cru que j’avais rêvé tout ça. Personne dans la maison, et ma porte d’entrée fermée à clé. J’étais à la fois triste que tout ça ne soit pas arrivé, et heureux que mon cerveau m’ait proposé une si belle balade nocturne. J’ai pris mon thé du matin, et je suis retourné dans ma chambre. C’est là que je l’ai trouvé.

Je sors de ma poche ma trouvaille et la pose sur le bureau. L’officier contemple, incrédule, le chausson de danse.

– Je l’ai trouvé sous mon lit. Croyez-moi, inspecteur, je n’ai jamais fait de danse de ma vie. Donc j’ai besoin de vous.

– Besoin de moi pour quoi ?

– Ben, pour la retrouver, tiens ! J’ai rencontré la femme de ma vie, et ce chausson doit être plein de son ADN. J’ai envie de dire : à vous de jouer !

– Mais monsieur, la police ne s’occupe pas de ce genre d’affaire !

– Et pourquoi, je vous prie ?

– Parce qu’aucun délit n’a été commis, voyons, ça ne relève pas de la justice !

– Ah. Je m’en doutais. Et si… et si je déclarais que j’ai été volé ?

– Volé ?

– Oui, volé. Cette femme m’a pris mon cœur.

– Soyez sérieux. Tout ce que je vois, c’est que vous avez trouvé un chausson en trop, vous n’avez rien perdu de tangible. Votre histoire est touchante, mais je ne peux rien y faire.

– Et bien justement ! Je déclare le vol de l’autre chausson. Après tout, puisque j’en ai un, il me manque l’autre pour faire la paire, non ?

– … c’est vrai. Vous avez une preuve d’achat ?

– Non. Vous le savez bien.

– Bon, c’est pas grave. Je la prends, votre plainte. Qui sait, quelqu’un aura peut-être vu une femme avec un seul chausson de danse dans la rue ce matin.

L’officier imprime ma déclaration, me la fait signer, et me souhaite bonne chance.

Une fois sorti du commissariat, je me lance dans une petite danse de la joie, ridicule comme il se doit. Encore un qui s’est laissé attendrir par mon histoire.  Plus que 29 avant de battre le record du monde de plaintes imaginaires.

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Wattpad, mon excuse en béton

Ce blog s’appelle toujours Un Jour Une Idée. Aujourd’hui, c’est clairement un intitulé abusif. Un Mois Une Idée serait plus judicieux. Ou Un Jour Sur Deux Une Idée en 2012.

Pourtant, j’ai une bonne excuse. Si si. Elle s’appelle Wattpad. Ce site est un réseau social d’écriture, et donc de lecture. Imaginez Facebook, mais où seules des histoires, courtes ou longues, seraient partagées. Dis comme ça, ça ne fait pas forcément envie. Je vais tenter de faire mieux.

Est-ce que vous avez déjà lu un livre, et eu envie de laisser un mot à ceux qui liront après vous ? Pour commenter le livre, ou un chapitre, ou une simple phrase ? Ou eu envie de savoir ce que d’autres en ont pensé avant vous ? Wattpad vous offre ceci. C’est une possibilité fabuleuse. La lecture prend une dimension communautaire, au lieu d’être un plaisir solitaire difficile à partager.

Et il n’y a pas que les lecteurs qui échangent. Les auteurs sont avertis de tous les commentaires, et pour la plupart participent à la discussion.

Je vous invite notamment à découvrir l’exceptionnel One Minute, de Thierry Crouzet. Un chapitre publié par jour pendant un an (ça me rappelle quelque chose), une histoire qui pousse le concept de récit choral à son maximum, et qui rend tous ses lecteurs dépendants.

Tant qu’à faire, profitez-en pour jeter un oeil aux écrits de Neil Jomunsi, Stéphane « Alias » Gallay, Lionel « Ploum » Dricot et Pouhiou. Et pour les anglophones, l’incontournable Cory Doctorow.

C’est bien beau tout ça, mais en quoi ce site est-il une excuse valable pour mon absence sur ce blog, me direz-vous. Et je reconnais bien là l’esprit chafouin des lecteurs de ce blog. Petits coquinous !

La réponse est pourtant simple : j’ai débuté la publication d’un roman sur Wattpad. Je pourrais mettre un lien ici, mais… Je publie sous mon propre nom, et ce blog est toujours sous pseudonyme. Ce qui veut dire que beaucoup de mes proches savent que j’écris ici, mais qu’un internaute amené ici par des recherches telles que « le club des pervers« , « phase copulatoire » ou « art plastique : faire croire a une personne qu’on est un loup garou en dessin » ne trouvera pas de lien direct vers mon identité.

Vous avez donc deux options cher lecteur. Soit vous connaissez mon prénom, et vous le cherchez sur Wattpad. Soit vous ne le connaissez pas, et vous n’avez plus qu’à divaguer de texte en texte à la recherche d’un roman dont le style vous rappellera les centaines de billets qui prennent la poussière ici. Il est probable que vous trouverez sur Wattpad de bien meilleures histoires que la mienne. Si c’est le cas, revenez-ici et dites-le dans les commentaires !

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[Seth Godin] Comparé à…

Il a suffi que je traduise un billet de Seth Godin hier pour qu’il en ponde un très bon aujourd’hui. Alors vous y avez droit !

Sans aucun doute, il y a quelqu’un de plus grand que vous, de plus rapide que vous, de plus mignon que vous.

Nous n’avons pas besoin de chercher très loin pour trouver quelqu’un mieux payé, plus respecté et qui récolte plus que sa part de crédit.

Et sur les médias sociaux : bien sûr il y a des gens avec plus de followers, plus de « j’aime » et plus de n’importe quoi de mesurable.

Et alors ?

A quoi sert la comparaison ?

Est-ce que votre job, c’est d’être « le plus quelque chose » ? » Peut-être que si vous jouez au baseball, votre but est d’avoir la meilleure moyenne de présence sur les buts. Mais vous feriez peut-être mieux de vous concentrer sur la victoire de toute l’équipe.
Le fait que quelque chose puisse être relevé, ou comparé, ou débattu n’implique pas que ce soit important, ou même pertinent.

Il est préférable, selon moi, de décider ce qui est important, ce qui a besoin de changer, ce qui mérite d’être accompli. Et ensuite d’ignorer toute comparaison qui ne s’y rapporte pas. La comparaison la plus importante, en fait, est de comparer votre travail à ce dont vous êtes capable.

Bien sûr, comparez. Mais comparez les choses qui importent avec votre voyage. Le reste n’est que du bruit.

Compared to…

Without a doubt, there’s someone taller than you, faster than you, cuter than you.

We don’t have to look very far to find someone who is better paid, more respected and getting more than his fair share of credit.

And social media: Of course there are people with more followers, more likes and more of just about anything you’d like to measure.

So what?

What is the comparison for?

Is your job to be the most at a thing? Perhaps if you play baseball, the goal is to have the highest on-base percentage. But it’s probably more likely that you should focus on the entire team winning the game.

Just because a thing can be noticed, or compared, or fretted over doesn’t mean it’s important, or even relevant.

Better, I think, to decide what’s important, what needs to change, what’s worth accomplishing. And then ignore all comparisons that don’t relate. The most important comparison, in fact, is comparing your work to what you’re capable of.

Sure, compare. But compare the things that matter to the journey you’re on. The rest is noise.

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[Seth Godin] La règle simple pour le succès d’une application

Une fois n’est pas coutume, voici un très bon billet de Seth Godin.

La technologie, c’est bien, mais le secret c’est la communauté.

Lorsqu’une technologie prend, la copier n’est pas particulièrement difficile, donc une compétition centrée sur l’outil technologique fera probablement une course vers un prix nul.

Lorsqu’un contenu propriétaire prend, le copier n’est pas difficile, et continuer à produire du matériel original aussi bon est incroyablement difficile.

Par contre, une application qui est au centre d’une communauté crée deux types de valeur, et ce, pour une longue durée.

Non seulement les logiciels communautaires comme Facebook, mais aussi des outils comme Photoshop et Word – ceux qui fonctionnent mieux quand d’autres les utilisent aussi.

Les logiciels sont magiques parce qu’avoir un usager supplémentaire est gratuit. Mais un logiciel en ligne est puissant parce qu’il fonctionne mieux quand plus de gens l’utilisent.

L’Internet est une machine à connecter.

The simple rule for successful online apps

Technology is nice, but community is the secret.

Once a technology begins to catch on, copying that tech isn’t particularly difficult, so a technology-only tool competition will likely race to a price of zero.

Once proprietary content begins to catch on, copying it isn’t hard, and continuing to produce original material that’s just as good is incredibly difficult.

On the other hand, an app that is at the center of a community creates two kinds of value, and does so for a long time to come.

Not just obvious community software like Facebook, but tools like Photoshop and Word–ones that work better when others use them too.

Software is magic because one more user is free. But online software is powerful because it works better when more people use it.

The internet is a connection machine.

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