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63 – Message à François F. et Antoine A. : Non, il n’y a rien à garder dans HADOPI. Rien du tout.

Je l’ai déjà dit. Mais comme le message n’est pas passé, je le redis (la prochaine fois, François, il faudra écouter et retenir, hein ?).

Je te cite, François :

nous ne considérons pas le piratage comme un problème mineur. Nous soutiendrons et rendrons plus efficaces les actions judiciaires visant à tarir à la source la diffusion illégale des œuvres protégées.

Bref, une HADOPI 3, probablement sous un autre nom, histoire de faire "je suis de gauche" ?

Prenons l’exemple de la musique. Comment est né le système actuel de la diffusion de la musique ?

Il est né de trois contraintes :

  1. La difficulté d’accéder aux créateurs : avant 1995, le grand public ne pouvait pas physiquement accéder à l’ensemble des artistes. D’où la nécessité d’intermédiaires, qui sélectionnaient parmi les artistes ceux qui seront proposés au public.
  2. La rareté des compétences de production : accéder à un studio n’était pas simple pour un jeune groupe. D’où la nécessité d’intermédiaires, qui proposaient des ingénieurs du son, des directeurs artistiques et du matériel d’enregistrement coûteux.
  3. Le coût élevé de la diffusion : enregistrer un 33 tours ou un CD, le produire en milliers/millions d’exemplaires, le distribuer dans tout le pays, ça demande un réseau et des investissements considérables. D’où la nécessité d’intermédiaires spécialisés dans cette activité.

Que reste-t-il de ces contraintes aujourd’hui ?

  1. Je peux proposer une chanson, via Youtube ou Myspace, en quelques minutes, à la planète entière. Exit le besoin d’intermédiaire pour proposer mon œuvre au grand public.
  2. Le matériel d’enregistrement n’a jamais été aussi bon marché : il y a des caméras HD dans tous les supermarchés.
  3. Une fois mon œuvre en ligne, le coût de diffusion est nul. Il se trouve des dizaines de plate-formes en ligne pour offrir ce service.
  4. (3bis, en fait) Vous voulez produire une œuvre sur un support papier ? Les plate-formes de financement par souscription sont en plein boom :
  • kickstarter.com (généraliste, en anglais) : le dessinateur de Order Of The Stick, une bd INTEGRALEMENT GRATUITE sur Internet, vient de recevoir 1,254,120 $ (oui oui, 1,25 millions de dollars) de la part de ses fans pour rééditer les premiers albums.
  •  ulule.com (généraliste, en français) : l’éditeur Footbridge a reçu 23.108€ pour publier les Légendes de la Garde, soit 355% des besoins du projet.
  • MyWittyGames : vous avez une idée de jeu de société ? Demandez aux internautes de financer la production de votre bébé.
  • On ne présente plus MyMajorCompany

Bref, le modèle économique du XXe siècle du secteur musical n’a plus de raison d’être.

Il est tard, j’ai pas le temps de vous détailler à quel point mettre en place des logiciels de filtrage dans toute notre architecture réseau est une idée stupide et dangereuse. Cory Doctorow en parlait encore aujourd’hui.

Je rappellerai donc juste deux choses :

  • MegaUpload se faisait des millions de dollars. Il y a donc toujours des gens prêts à payer pour la culture. Et qui auraient préféré payer les artistes plutôt qu’un site pirate. Seulement, les Majors n’ont proposé aucune alternative à leur modèle dépassé.
  • Le transfert de données informatiques ne va pas disparaître. Il faut donc s’y adapter, plutôt que de tenter de le ralentir au maximum. Imaginez le même personnel politique lorsque la téléportation sera inventée. Tenteront-ils de l’interdire, pour concurrence déloyale envers Total, Renault et la SNCF ?

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