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66 – Prospective 4/X : Les imprimantes 3D bis

Je vous ai déjà parlé des imprimantes 3D.

Une de mes recommandations était d’apprendre dès maintenant à utiliser des logiciels de modélisation 3D, pour créer vos propres plans.

Il semblerait que certains se soient déjà penchés sur la question pour vous mâcher le boulot : un logiciel utilisant la double caméra Kinect de la XBox 360 permet de générer un fichier de coordonnées 3D en plaçant un objet devant l’objectif.

On peut imaginer que ce fonctionnement puisse être reproduit avec n’importe quel appareil présentant deux capteurs vidéos, comme les derniers smartphones 3D (LG Optimus 3D, etc.)

Vous entrez dans un magasin de déco. Vous prenez trois photos d’un objet sous trois angles différents. Vous rentrez chez vous. Vous lancez l’impression 3D, dans un coloris adapté à votre intérieur. Vous pensez que la production chinoise a encore de l’avenir ?

Oui, pour produire des imprimantes 3D :D

Merci pour l’info, Korben.

Et pour le plaisir des yeux, voici deux vidéos d’un Makerbot en action.

Bien sûr, pour l’instant, ça a l’air d’un gadget. Mais ce ne sont que les balbutiements d’une révolution. Attendez que des bases de données vous proposent des millions de plans. Ah, tiens, The Pirate Bay le fait déjà

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23 – Prospective 3/X : les réplicateurs utérins

Deux points sont à relever dans notre façon actuelle de nous reproduire (et je parle bien de la reproduction, pas de ce qui la provoque. Gardons ça pour un autre billet, ou, mieux, allez voir une professionnelle). Deux points, disais-je :

  1. Les naissances prématurées sont de moins en moins mortelles pour les bébés (et tant mieux pour eux !)
  2. Les césariennes sont de plus en plus fréquentes. La volonté des mères de ne pas accoucher par voie basse serait la première cause (mais pas la seule).

Imaginez le moment où la technologie des couveuses aura atteint le niveau de performance d’un utérus. On pourra alors extraire un embryon de sa mère pour le transférer dans un utérus artificiel, où il pourra tranquillement grandir durant ses 6 derniers mois.

Vous me direz que c’est bien joli, mais que ça ne se passera pas sans quelques problèmes :

  • Le développement neuropsychologique se joue par les interactions de l’enfant avec sa mère. Ce problème se pose déjà pour les prématurés. Une piste pour le régler sera que l’enfant perçoive ce que vit sa mère. Ca tombe bien, elle sera enregistrée en permanence. Il n’y aura plus qu’à assurer la connexion. Je prédis aussi des faux ventres pour maman, où un simulateur lui fera ressentir les mouvements de son enfant, à distance.
  • Qui acceptera de sortir son enfant de son ventre pour le confier à une maternité ? Eh bien tout d’abord toutes celles dont l’utérus ne permet pas de mener une grossesse à terme. Et puis toutes celles qui ont une vie dangereuse (militaire, humanitaire, etc.) et pour qui cette solution sera un moindre mal. Lorsque les taux de réussite auront dépassé ceux des grossesses standard, cette solution deviendra LA solution raisonnable. Les mauvaises mères seront celles qui voudront égoïstement garder leur enfant dans leur ventre. Alors qu’il pourrait être en sécurité à l’hôpital…

Ces hypothèses ont été mentionnées dans deux séries de SF, qui ont en commun un développement de la technologie global, et pas seulement militaire. Allez donc jeter un oeil à la Saga Vorkosigan, et aux derniers tomes du Honorverse.

Et vous, chères lectrices ? Envisageriez-vous d’avoir des enfants hors de votre ventre ? (je sais qu’il y en a au moins une en pleine grossesse pénible. Qu’elle me pardonne si je l’ai fait rêver à ce qui ne sera accessible qu’à ses petits-enfants :)

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21 – Prospective 2/X : la fin de la mémoire ?

Souvenez-vous, je vous disais il y a peu que l’impossible pouvait devenir possible…

Ambiance familiale vespérale

- Je t’avais dit de prendre les enfants en rentrant du boulot !
- Si tu me l’avais dit, je l’aurais fait !
- Je te l’ai dit, tu m’as même dit d’accord !
- N’importe quoi !
- De toute façon, je vais vite le savoir : "Activer / recherche / parole prononcée par moi entre 7h30 et 8h / mots clés prendre, enfants".
Une occurence trouvée. Aujourd'hui, à 7h36, "Il faut que tu prennes les enfants ce soir".
Tu vois ? Je te l’ai bien dit ce matin !

- Mais oui tu l’as dit, très bien, et alors ? Moi aussi je peux jouer : "Activer / recherche / parole entendue ce matin entre 7h30 et 8h / mots clés prendre, enfants".
Aucune occurence enregistrée.
Donc, conclusion, la prochaine fois que tu veux me dire quelque chose, tu vérifies que je peux t’entendre, banane !

Bienvenue dans le futur. En 2015, les premiers enregistreurs permanents seront mis en vente auprès du grand public. Disponibles sous forme d’un kit comprenant un bracelet-montre et des lunettes, en 99 coloris incluant l’argile, le papaye, l’avocat et le sarcelle (voir note 1).
Les fonctions sont simples :

  1. Enregistrer tout ce que vous voyez et entendez, en permanence.
  2. Rechercher qui a dit quoi.

Le slogan ? "Lui n’aura pas Alzheimer." ™

Le résultat ? A court terme, la fin des disputes basées sur "qui a dit quoi". A long terme, la fin de notre mémoire. Du moins ce que nous appelons aujourd’hui notre mémoire.

Ton cerveau change, ce n’est pas sale.

Les chercheurs sont unanimes, l’utilisation d’Internet change notre façon de penser et de nous souvenir. Par contre, ils se disputent encore pour savoir si ça nous rend plus malins ou plus cons. Quel que soit votre avis sur la question, l’arrivée des enregistreurs permanents va accélérer cette mutation de nos cerveaux.

Aujourd’hui, je sais qu’il m’arrive souvent de ne pas retenir une information, mais seulement le moyen de la retrouver. Et je m’interroge : je suis un geek (au sens pionnier) qui teste pas mal de nouveautés technologiques. Et je sais aussi que celle-là me tentera énormément. Quand j’aurai mon Alzheimer à 35 ans, je repenserai à cet article entre mes séances de rééducation devant la Wii.

Ah, en 2035, on mettra en vente les premiers enregistrements des vies de stars, en intégrale totalement inregardable. Ben oui, si ça dure le temps d’une vie, il faudra le temps d’une vie pour tout voir…

note 1: Vous avez l’impression que ces couleurs sont ridicules et que je les ai inventées ? Premièrement, elles existent. Deuxièmement, si vous trouvez ça ridicule, rejoignez-moi et boycottez le Taupe. Boycottez le Corail. Boycottez le Gris Souris Morte En Couche.

 

Ajout du 08/02/2012 : L’enregistreur sous forme de lunettes existe, et il arrive !

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18 – Prospective 1/X : Les imprimantes 3D

Avant-hier, j’ai énuméré un certain nombre de nouveautés technologiques. Ce billet est le premier d’une série qui approfondira ces quelques prévisions. Commençons par la révolution qui est déjà là : les imprimantes 3D.
Avertissement : une partie des idées de cet article proviennent du roman Makers de Cory Doctorow. Le roman n’est pas exceptionnel, mais son analyse de cette révolution technologique à venir est extrêmement pertinente. Le reste des idées vient de la lutte actuelle des grandes sociétés qui tirent leurs bénéfices de l’exploitation des droits d’auteur.

En quoi est-ce nouveau?

Il y a 100 ans, j’imagine que les objets quotidiens étaient produits localement. Une partie par des artisans, et l’autre partie directement par les usagers : le tricot n’était pas un passe-temps, mais une façon concrète de produire ses vêtements.
Aujourd’hui, la majeure partie des objets quotidiens (et high-tech) sont importés. Ils sont produits par des ouvriers dans des conditions misérables à l’autre bout de la planète (note: parler de la théorie libérale qui tente de justifier cette aberration).
Les imprimantes 3D annoncent le mouvement retour. Pourquoi se déplacer dans un magasin proposant des produits chinois de mauvaise qualité lorsque vous pouvez les produire, à la demande, dans une machine chez vous ? Vous n’aurez plus qu’à acheter la matière première, une pâte biodégradable, et utiliser la machine.

Ce que cela pourrait changer dans notre quotidien

Pour commencer, moins d’avions et de bateaux traversant la planète, donc moins de pollution. Plus prosaïquement, gagner notre indépendance envers les supermarchés. Vous n’aurez plus à parcourir des rayons pendant des heures à la recherche du produit qu’il vous faut. A la place, vous parcourerez des bases de données de plans, tranquillement installé dans votre canapé.

La destruction créatrice, ou les conséquences négatives à grande échelle

Bien sûr, le développement à grande échelle d’une alternative crédible à une bonne partie des produits des magasins de décoration, d’équipement et de meuble aura des conséquences. Ces enseignes devront se recentrer sur des produits impossibles à produire avec les imprimantes 3D. La baisse de la demande entraînera des troubles en Chine. Des usines fermeront et des ouvriers se retrouveront sans emploi. Difficile de prédire dans quelles proportions, sachant que leur capacité de production pourra en partie être orienté vers la consommation locale plutôt que l’export.

Les tentatives de blocage

Vous allez visiter Eurodisney. Vous y prendrez quelques photos d’un mug trop mignon. En partant des photos, votre ordinateur reconstitue un modèle 3D que vous imprimez, logos et illustrations compris. Vous croyez que Disney va apprécier ?
Il y aura bien sûr des tentatives de blocage, notamment par la loi, de cette possibilité des imprimantes. On voit aujourd’hui le succès des mesures légales visant à empêcher l’usage de fichiers mp3 non payés à leurs légitimes propriétaires. Même si une hypothétique loi Hadopi 23 visait à interdire la production d’objets protégés par copyright ou par brevet, elle aura probablement autant de succès que l’actuelle
Aujourd’hui, nous payons une taxe sur tous les supports d’enregistrement numérique (CD/DVD/BR vierges, clés USB, disques durs, etc.) au motif que nous pouvons en faire un usage illégal, et qu’il faut donc dédommager ceux qui subissent ce préjudice supposé. Voyez-vous le parallèle ? Au motif que les imprimantes 3D pourront être utilisées à des fins de contrefaçons, elles seront taxées, ainsi que les matières premières utilisées. On verra alors apparaître des machines qui utiliseront des produits basiques pour fonctionner (farine de maïs ?), ce qui empêchera toute taxation ciblée.

En quoi c’est inéluctable

Il suffit de regarder le succès des machines à pain. Même si le pic de vente est probablement derrière nous, la possibilité de fabriquer notre propre pain et de s’affranchir des contraintes d’accès aux boulangeries est une forte incitation. Économiquement, ce n’est probablement pas une bonne affaire : appareil cher et très spécifique, coût à l’unité élevé.

Imaginez l’engouement que provoqueront les avantages d’une machine générique, capable de produire un cendrier en quelques secondes, ou une chaise solide (en kit) en quelques minutes…

Plus besoin d’acheter de Legos à vos enfants pour Noël. Vous pourrez fabriquer toutes les pièces à volonté.

Plus besoin de vous battre avec les dimensions non-standard de votre appartement. Tous vos meubles seront sur mesure.

Et après?

L’arrivée de telles machines étant annoncée, il vous reste à :

  • Vous tenir au courant, pour éblouir vos voisins en étant précurseur
  • Apprendre la modélisation 3D, pour être prêts à créer vos propres plans dès que les machines inonderont le marché
  • Vous lancer dans la culture des matières premières utilisées, qui seront probablement des céréales type maïs.

Et vous ? Que feriez-vous d’une imprimante 3D ?
 

Edit: on me signale un dossier (en anglais) du magazine Wired sur le sujet et, plus globalement, sur la vague du DIY (Do It Yourself, Fais-Le Toi-même).

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16 – (Im)possible (?)

Vous connaissez la série Fringe ?

Quelques bonnes idées, mais une saison 1 un peu confuse, et une saison 3 qui tourne en rond. Le protagoniste, c’est une agent du FBI, chargée d’enquêter sur des évènements mystérieux. Elle découvre qu’un vieux scientifique amnésique, Walter Bishop, est le découvreur des machines à l’origine des phénomènes. Il faut donc le babysitter – comme dans "nourrir", "surveiller", et surtout "changer les couches" – en attendant que ses souvenirs refassent surface. C’est d’ailleurs Walter, en élément comico-dramatique, qui est le vrai personnage marquant de la série.

Le point important, c’est que les connaissances scientifiques actuelles sont gaiement emplafonnées : téléportation, croissance accélérée, transfert de mémoire, lecture de pensée, métamorphose…

Un chercheur en informatique m’a confié aimer la série, avant d’ajouter "mais bon, tout ça, c’est impossible". Un chercheur. Un type dont le métier est de rendre de nouvelles choses possibles. Qui utilise un smartphone dont les fonctions n’étaient imaginées que dans Star Trek au moment de sa naissance.

Allez, petit flashback. J’utilise Internet quotidiennement depuis 1997. A l’époque, ça révolutionnait le courrier, ce qui était déjà beaucoup.

Est-ce que j’imaginais Facebook ? Non, mais ce n’est jamais qu’une variante du mail.

Est-ce que j’imaginais avoir un GPS dans mon téléphone en 2008 ? Non, certainement pas.

Est-ce que j’imaginais Google Maps, et ses photos Streetview ? Pfff…

Nos smartphones nous donnent accès aujourd’hui à une approximation de plusieurs superpouvoirs : omniscience, télécommunication, vision à distance, et je dois en oublier…

Tout cela était de la science-fiction il y a 20 ans. Affirmer aujourd’hui que quelque chose est impossible, c’est quand même gonflé :)

En supposant que j’atteindrai l’espérance de vie moyenne de ma classe d’âge, j’ai au moins 50 ans à vivre devant moi. Jouons aux pronostics, par ordre de proximité dans le temps :

  • Les imprimantes 3D. Je n’ai aucun mérite, elles sont déjà là. La Marketbot Replicator est disponible à 2 000$, il n’y a aucune raison pour que les prix s’arrêtent de baisser. Nous pourrons donc, dans un avenir proche, produire chez nous des objets de consommation courante. Si j’étais vous, je m’inscrirais dès aujourd’hui à des cours de modélisation 3D, la demande va exploser !
  • L’enregistrement permanent : dans les prochaines années, il sera tout à fait possible d’avoir des lunettes incorporant une caméra HD, qui enregistrera tout ce que nous verrons et entendrons durant une journée. Ce qui manque encore, ce sont les outils pour exploiter autant de données. Il faudra que les paroles prononcées, ainsi que ceux qui les prononcent, soient reconnues et accessibles au format texte. On pourra alors fouiller précisément les paroles échangées, définir précisément le vocabulaire que nous employons. C’est en cours de développement : à quoi croyez-vous que servira le générateur de sous-titres de Youtube ?
  • Les interfaces neurales : une connexion directe entre un cerveau et un ordinateur. On pourra recevoir des informations, stocker une partie de notre mémoire, et commander des machines par la pensée. C’est déjà en test, notamment pour des membres cybernétiques implantés à des amputés.
  • Les utérus artificiels. Parce que faire grandir son embryon dans une salle blindée, c’est plus sécurisant, et reposant ! Vous verrez même que les avantages l’emporteront tellement que ce sera le seul choix raisonnable.
  • Les intelligences artificielles. Gaffe à Skynet !
  • Les nanotechnologies. Ca, c’est vraiment flippant. Pour ce qu’on en sait, nous sommes peut-être déjà tous porteur de traceurs invisibles et indétectables…

Cela dit, il reste de nombreuses choses difficiles aujourd’hui. Au point d’être qualifiées d’impossibles par certains. Comme écrire votre premier livre, par exemple. Seth Godin a écrit un livre qui peut vous aider si, comme moi, vous avez tendance à commencer plein de trucs et à rarement les finir : Le DIP : Un petit livre qui vous enseignera quand renoncer (et quand persévérer)

Et vous ? Qu’attendez-vous du futur ?

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