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46 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 3/10 : les écolos ne sont pas crédibles pour exercer le pouvoir
Publié par unjouruneidee dans écologie, politique le 2012/02/15
2 semaines ont passé, mais je n’ai pas oublié cette série de posts. Pour ceux qui débarquent, allez lire les deux précédents : L’écologie, ça ne devrait pas être de la politique et L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. On y parle de cet ouvrage : le "Petit bréviaire écolo".
Le troisième chapitre traite du manque de crédibilité des écologistes en politique.
Ce cliché vient d’abord d’une fausse image de la politique, qui voudrait que les postes à responsabilités soient à réserver aux "professionnels de la profession", à savoir les diplômés des Grandes Écoles, ENA, Sciences Po, etc. C’est une aberration typiquement française, liée à notre maladie du diplôme. Il faudrait être borné pour ne pas réaliser aujourd’hui que la situation économique de notre pays a été provoquée par nos chers Grands Écoliers…
Ensuite, contrairement à d’autres formations politiques (cf. les exemples de Vitrolles, Marignane et Dreux), les élus verts ont montré leur capacité à remplir leurs promesses électorales. Le livre donne de nombreux exemples, comme Marie-Christine Blandin, Jacques Boutault et Philippe Meirieu.
Bref, ce cliché ne s’approche de la réalité qu’en un seul point : les Verts n’ont pas l’air sérieux. Et dans notre société où, trop souvent, la forme prime sur le fond, c’est un handicap.
Ce qui me ramène à la même question que précédemment : votez-vous pour le candidat le plus sexy, ou pour celui qui a le meilleur programme ?
PS: je reviendrai sûrement sur la maladie du diplôme à la française. Cet article, par exemple, est confondant : "le sociologue Philippe d’Iribarne avait intitulé un de ses livres « La logique de l’honneur » (1989) et il y montrait combien le diplôme jouait dans la société française le même rôle que le titre nobiliaire dans l’ancien régime. Un diplôme acquis à 25 ans conditionne toute votre vie ensuite."
39 – Le vote utile (de qui ? pour qui ? contre qui ? avec qui ? selon qui ?)
Publié par unjouruneidee dans politique le 2012/02/08
L’article de rue89, sobrement intitulé « Le vote utile, je me torche avec », a fait résonner pas mal de choses en moi.
J’ai beaucoup entendu ces arguments :
- Il faut faire partir Sarkozy.
- Il faut éviter un 21 avril.
- Il n’y a qu’une solution pour avoir un candidat de gauche au second tour.
Je ne démonterai pas ces arguments. Ils sonnent plutôt comme des justifications pour voter sans regarder le programme (cf. "François H : le vide tranquille (analyse de la présidentielle)" de Yovan Menkevick )
Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est l’origine du lien entre vote utile et candidat PS.
Qui a décidé que le PS avait les meilleures chances d’être présent au second tour ? Les médias, sur la foi des instituts de sondage. Ces instituts ne sont pas bénévoles, ils bossent pour des financeurs. Qui savent très bien indiquer les résultats les plus souhaitables. Ces mêmes instituts ont aussi porté aux nues un certain nombre de favoris, certains de gagner. Patrice Carmouze en a même fait un livre, de ces favoris qui ont tous perdu :
À l’exception du cas atypique du général de Gaulle, jamais, dans l’histoire de la Ve République, le favori de l’élection ne l’a emporté. Tous favoris, les Poher, Chaban, Rocard, Balladur, Jospin, Royal, Strauss-Kahn n’ont pas réussi accéder à la fonction suprême.Si vraiment, François Hollande voulait éviter un 21 avril, que ferait-il ? Il éviterait l’erreur de Jospin, et tenterait de rassembler les candidats (qui semblent) moins bien partis, dans le cadre d’un programme d’union.
Mais c’est plus difficile à faire, lorsque par exemple, on proclame depuis des années que l’énergie nucléaire garantit l’indépendance énergétique de la France. Les mines d’uranium du Poitou, du Nord et de l’Hérault font la fierté de notre pays depuis si longtemps…
Bref, enfiler l’habit du sauveur rassembleur, ça ne suffit pas à l’être réellement. Je sais que je suis un peu borné avec ça, mais que diriez-vous de baser votre choix sur un programme plutôt que sur une stratégie électorale douteuse, issue de sondages trafiqués ?
Votez avec votre conscience, pas avec votre trouille. Bref, votez pour, et pas contre.
29 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 2/10 : ça ne devrait être ni de droite, ni de gauche.
Publié par unjouruneidee dans écologie, politique le 2012/01/29
Je vous contais la semaine dernière ma lecture du "Petit bréviaire écolo".
Le second chapitre est dédié au reproche "L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. En plus, les Verts font toujours alliance avec le PS".
Là encore, la réponse est double :
- Lorsque l’on compare les programmes, il paraît évident qu’aucune alliance n’est possible avec le Modem, l’UMP ou le FN.
- Les règles électorales favorisent les gros partis. Et donc, pour avoir un poids, même minime, sur la politique de notre pays, il faut en passer par des alliances.
C’est une des malhonnêtetés de notre système électoral : on prétend que la démocratie française permet au peuple de s’exprimer et d’être représenté. Mais il suffit de voir le nombre de gens qui comptent voter Hollande, parce que c’est le vote utile, pour se rendre compte que les règles électorales poussent à voter différemment de sa conscience.
Jetons un coup d’œil aux scores des Verts ces 10 dernières années:
- 2002 : présidentielle, 5,3%
- 2002 : législatives, 4,5%
- 2004 : européennes, 7,4%
- 2004 : cantonales, 4,1%
- 2007 : présidentielle, 1,6%
- 2007 : législatives, 3,3%
- 2008 : cantonales, 4,2%
- 2009 : européennes, 16,3%
- 2010 : régionales, 12,2%
- 2011 : cantonales, 8,2%
Je ne vais pas rentrer dans une analyse comparative des différents modes d’élection. Rapidement, on voit que dans un scrutin proportionnel, où chaque voix compte, les Verts font d’excellents scores. Dès qu’il s’agit d’un scrutin avec deux tours, il y a une nécessité de faire passer un candidat "acceptable" – à défaut de "meilleur" – au second tour. Du coup, au lieu de suivre un programme, on suit ce que disent les sondages.
Bref, pour survivre, les Verts doivent faire des alliances. Et du coup, le seul choix logique, ça reste le PS. Avec toutes les difficultés que ça comporte…
Et vous ? Vous voterez "programme" ou vous voterez "utile" ?