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113 – Pour nos gouvernants, Internet est un gadget. Diraient-ils la même chose des voitures ou de l’électricité ?
Publié par unjouruneidee dans économie, éducation, politique, vie quotidienne le 2012/04/22
J’aurais pu faire un article sur le groupe de Rap 113, mais en fait, non.
Je parlais il y a 2 mois des révolutions technologiques en cours.
Évidences
Il vous paraît évident que n’importe quelle entreprise a besoin d’une route a proximité de ses locaux. On n’installe pas son usine ou son magasin au sommet d’une montagne accessible par hélicoptère, ou à dos de mulet.
Il vous paraît évident que n’importe quelle entreprise a besoin d’électricité pour fonctionner. Ne serait-ce que pour l’éclairage de ses locaux.
Il vous paraît évident que l’immense majorité des entreprises a besoin d’un téléphone. Même si aujourd’hui les téléphones mobiles ont tendance à rendre les téléphones fixes moins indispensables.
Et pourtant…
Et pourtant, rien n’a été fait par le gouvernement pour développer dans tout le pays un réseau Très Haut Débit digne de ce nom.
Alors qu’aujourd’hui, c’est le nouveau réseau nécessaire au développement économique. Comme l’a été le réseau routier en son temps. Comme l’a été le réseau électrique en son temps. Comme l’a été le réseau téléphonique en son temps.
Paroles, paroles, paroles
Oh, bien sûr, nous avons eu droit en 2008 à l’annonce d’un grand Plan Numérique 2012.
Le journal reflets.info a publié un bilan de ce plan. Je vous laisse le lire, c’est édifiant.
Deux points sont représentatifs de l’importance accordée au secteur numérique en France :
Et en 2012, la réalité numérique de la France, c’est qu’on vient à peine de dépasser la Roumanie en terme de pseudo très haut débit mais toujours pas en fibre optique ! La France est un quart-monde numérique.
Et surtout, sur le site du ministère de l’industrie, la partie traitant du Plan Numérique 2012 est définie comme ne devant pas apparaître dans les moteurs de recherche.
Conclusion
De la même manière que l’agriculture en son temps, suivie par l’industrie, les transports, le téléphone fixe, puis mobile, le développement d’Internet doit être la priorité du développement économique.
La question n’est pas de savoir combien ça va coûter. La question est tout simplement que ne pas mettre en place cette infrastructure, c’est exactement comme refuser de construire des routes, des chemins de fer ou des réseaux électriques durant le siècle passé. Ça paraît con. C’est pourtant ce qui est en train de se passer.
Probablement parce que la majorité des sexagénaires, des septuagénaires et des octogénaires qui occupent les plus hautes fonctions de l’État ne voient en Internet qu’un moyen un peu plus rapide d’envoyer une lettre. Alors que nous n’avons pas fini de voir ce que la communication quasi-instantanée entre plusieurs centaines de millions d’humains peut produire. Loin de là.
98 – Internet est un réseau décentralisé. Sauf là où il ne l’est pas.
Publié par unjouruneidee dans droit, Internet, politique le 2012/04/07
Internet, le réseau des réseaux, est né durant les années 60. L’idée de connecter des ordinateurs entre eux pour échanger des données a depuis révolutionné le monde.
Un des points fondamentaux du fonctionnement d’Internet, c’est son principe de décentralisation. Chaque nœud du réseau fonctionne indépendamment des autres. Ainsi, si un nœud est en panne, les communications sont maintenues, au prix d’un détour plus ou moins long. Cette précaution visait à rendre le réseau peu sensible aux pannes et aux attaques.
Malheureusement, le gouvernement américain a depuis mis son nez dedans. Tout d’abord, en maintenant sous tutelle du gouvernement des USA l’ICANN. C’est ni plus ni moins que l’annuaire central de toutes les adresse Web. Quand vous tapez "www.wikipedia.org" dans votre navigateur internet, c’est grâce à l’ICANN que votre ordinateur sait qu’il doit contacter l’ordinateur répondant au doux nom "91.198.174.225".
C’est notamment grâce à l’ICANN américain que le FBI a pu aussi facilement couper l’accès à MegaUpload.
Mais aujourd’hui, les USA ne se satisfont plus de cette mainmise. Ils voudraient pouvoir surveiller TOUT ce qui est échangé sur Internet. Si ce n’est pas la définition même d’une violation du secret de la correspondance, je ne sais pas ce que c’est.
En conséquence, je vous invite à me rejoindre et à signer la pétition lancée par Aavaz.org contre le projet de loi CISPA. Parce que demain, ce sont tous vos échanges qui seront surveillés.
"Moi, j’m'en fous, je fais rien de mal, donc j’ai rien à cacher à la police"
Au-delà de l’expérience de toutes les dictatures passées, où ce genre de raisonnement a très vite montré ses limites, il y a un autre problème.
Une fois les outils informatiques de surveillance mis en place, combien de temps faudra-t-il pour qu’un pirate informatique trouve le moyen d’y accéder ? Et ne vende au plus offrant tout ce que vous faites sur Internet ?
Vous ne faites rien de répréhensible ? Peut-être. Mais si vous achetez sur des sites marchands, votre numéro de carte bleue sera plus facile à intercepter. Le mot de passe de votre mail aussi. Qui sait ce qui sera envoyé depuis votre adresse mail, à votre insu.
Pour protéger les voyageurs, les USA ont mis en place des scanners corporels. En gros, le contrôleur d’embarquement vous voit tout nu, pour vérifier que vous ne portez pas d’arme. Que croyez-vous qu’il advint de ces images ?
Instituer une surveillance automatique, c’est ouvrir la porte à tous les abus. Donc, signez.
68 – La tête dans les nuages, mais les pieds dans mon disque dur
Publié par unjouruneidee dans Internet, vie quotidienne le 2012/03/08
La fermeture de Megaupload l’a prouvé, utiliser un service distant pour stocker ses fichiers, c’est risqué.
Jusqu’à hier, mon coeur balançait entre deux services pour sauvegarder mes fichiers.
Dropbox
J’utilise depuis longtemps Dropbox, qui me fournit les services suivants :
- Sauvegarde automatique : chaque fois que je crée ou modifie un fichier dans le dossier Dropbox de mon ordinateur, l’application la met à jour dans mon espace perso sur leur site.
- Synchronisation : une fois la mise à jour vers leur site terminée, chacun de mes autres ordinateurs reçoit une copie locale de chaque fichier concerné. Bien sûr, il faut avoir plusieurs ordinateurs.
- Versioning : Dropbox conserve durant un mois chaque modification apportée. Si j’ai supprimé un fichier par erreur, ou si Word a décidé de le vider de son contenu, la version-de-la-veille-qui-marchait-bien-mais-qui-aujourd’hui-ne-marche-plus-je-sais-pas-pourquoi est toujours disponible, intacte.
- Accès sans connexion : comme Dropbox copie réellement les fichiers, ils sont disponibles même sans connexion Internet. Précision évidente : les modifications qui ont eu lieu depuis la déconnexion de l’ordinateur ne sont, elles, pas présentes.
- Partage : je peux donner l’accès à un dossier de ma Dropbox à une autre personne, si elle dispose d’un compte.
- Lien de téléchargement : un fichier placé dans le sous-dossier Public peut être téléchargé par n’importe qui, SI et seulement si vous lui donnez le lien qui correspond.
Dans le cadre de mon nouveau travail du moment, j’ai mis en place un partage de dossier via Dropbox. Ca marche très bien, mais il y a un problème majeur : si je fais des modifications sur un fichier, en même temps qu’un de mes collaborateurs, il y a un risque de se retrouver avec deux versions. Dropbox sait le détecter, et garde les deux versions. Mais il ne sait pas dire laquelle est la bonne – pour autant qu’il y en ait une qui ait la priorité sur l’autre. La solution attendue des utilisateurs peut être la fusion des deux documents comme la suppression de l’un ou de l’autre.
Bref, pour du travail collaboratif simultané, y a un blème.
Google Documents
J’utilise depuis longtemps Google Docs, qui me fournit les services suivants :
- Suite bureautique en ligne : si l’on reste loin des millions de fonctionnalités de la suite Microsoft Office (Word, Excel, Powerpoint, etc.), la suite Google Docs remplit tout de même sa fonction : traitement de texte et tableur, accessibles depuis n’importe quel navigateur et simple à l’emploi (à part les formules du traitement de texte qui, si elles sont standard, doivent être saisies en anglais…)
- Sauvegarde automatique : chaque fois que je crée ou modifie un fichier dans Google Docs, l’application la met à jour dans mon espace perso sur leur site.
- Synchronisation : une fois un fichier modifié, il est accessible depuis n’importe quel autre navigateur.
- Versioning : Google Docs conserve chaque modification apportée. J’ai la flemme de vérifier s’il y a une limite de quantité ou de durée.
- Partage : je peux donner l’accès à un fichier de mon Google Docs à une autre personne. Celle-ci peut alors, selon le niveau de droits définis, lire, commenter ou modifier le contenu.
- Lien de téléchargement : un fichier Google Docs peut être téléchargé, dans les formats classiques de Microsoft Office et OpenOffice.org
Mais… il y a deux problèmes majeurs.
- L’accès sans connexion Internet n’est pas possible. Ce qui est triste, c’est qu’il a existé, via le défunt Google Gears. Cette fonction est censée revenir bientôt, depuis… longtemps. Les possesseurs de smartphone sous Android sont favorisés, cette fonction est apparue il y a un mois.
- Comme tout est stocké
dans le cloud, pardon, dans l’informatique en nuage, vous êtes totalement dépendant de Google.
Je résume : si vous n’avez pas d’accès Internet, ou si Google Docs est en panne, ou si Google décide de désactiver votre compte sans raison particulière, dites au revoir à vos documents. Bien sûr, vous pouvez télécharger chaque fichier après toute modification. Mais une sauvegarde n’est efficace que si elle est automatique.
Et Korben a encore annoncé le logiciel qui vient régler mes problèmes :
InSync
InSync a une fonction simple : il surveille votre compte Google Docs, et télécharge chaque fichier modifié. Vous voilà donc avec une copie de chacun de vos fichiers, disponible sur votre ordinateur, et toujours à jour.
Il suffit de placer le dossier d’InSync dans votre Dropbox, et vous obtenez enfin le meilleur des deux mondes : le travail collaboratif sur Google Docs, avec une sauvegarde hors ligne automatique et accessible sur n’importe lequel de vos ordinateurs, toujours à jour.
Si vous n’avez rien compris à cet article, rassurez-vous c’est probablement que vous n’en avez pas besoin. Ou que vous allez demander conseil à votre geek de service. Qui, vu l’audience (pour l’instant) réduite de ce blog, a de fortes chances d’être moi.
Arg, je viens probablement d’augmenter ma propre charge de travail, là…
51 – Une révolution, ça se voit quand on est dedans ?
Publié par unjouruneidee dans économie, futur, histoire, Internet, livre, mobile, téléphonie, vie quotidienne le 2012/02/20
Révolution industrielle
La révolution industrielle désigne le processus historique du XIXe siècle qui fit basculer une société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle. Cette transformation affecta profondément l’agriculture, l’économie, la politique, la société et l’environnement.Ca, nous l’avons appris à l’école. Il est – relativement – facile d’étudier une révolution longtemps après son avènement. La suivante est plus récente, nos grands-parents l’ont vécu (changez en parents si vous faites partie des baby-boomers ou arrière-grands-parents si vous êtes de la Génération Y).
Révolution des déplacements voitures
Tout au long du XXe siècle, l’explosion du nombre de voitures a fait rétrécir le monde. Les populations qui, depuis des siècles, avaient pour seul horizon leur village, ont pu le quitter. Pour ce faire, il a fallu que, face à des véhicules parfois capricieux et sensibles, de nombreux bricolos mettent les mains dans le cambouis. Après ces pionniers qui ont défriché le terrain, le grand public a voulu profiter des mêmes avantages. Pour éviter des plaintes à répétition, les constructeurs ont choisi de verrouiller, de plus en plus, leurs produits. Il devient de plus en plus compliqué de faire soi-même sa vidange, par exemple. C’est à ce prix que les neuneus de la mécanique – comme moi – peuvent conduire une voiture.
Révolution ordinateurs
Les mécanos des années 60-70 ont vu leurs enfants passer leurs journées enfermés, le nez dans de drôles de boîtes. Certains pensaient même que ce n’était pas très sérieux, et qu’il n’y aurait jamais de travail pour ces bricolos-là. Ce qui montre bien l’aveuglement d’une génération pour la révolution à venir, voire en cours.
Que constatons-nous aujourd’hui ? L’évolution des ordinateurs est exactement la même que celle des voitures. Les fabricants s’orientent vers des boîtes noires, où l’utilisateur ne peut rien modifier. Un indice : les supermarchés ne vendent plus de disques durs internes, du moins dans mon département.
Révolution Internet
La dernière révolution reconnue comme telle, c’est le déploiement d’Internet. J’en arrive même à me demander ce que je faisais avec mon ordinateur avant d’être connecté, au siècle dernier.
Malheureusement (mais logiquement), cette révolution s’accompagne d’une contre-révolution, celle de la surveillance et du filtrage.
Mais celle-ci date déjà de plus de dix ans. Il doit bien y en avoir une autre en cours. Peut-être que nous avons tellement le nez dedans que nous ne la voyons pas.
Révolution smartphones
Les smartphones ne sont que de petits ordinateurs portables, connectés en permanence à Internet. Dit comme cela, ça n’a rien de transcendant. Pourtant, c’est bien la révolution en cours. A tel point que certains pourraient vouloir se cryogéniser pour voir la suite…
Nous ne sommes qu’aux balbutiements de l’expression du potentiel des smartphones. J’ai déjà parlé de quelques applications actuelles, mais les prochaines nous donneront probablement l’impression d’avoir été des dinosaures.
Révolution suivante ? Imprimante 3D ? Connexion neurale ?
Pas la peine d’aller si loin : il y en a une autre en cours. Si Internet est un formidable moyen de communication, il ne sert pas qu’à ça.
Dans Nous sommes tous singuliers : exit le marketing de masse!, Seth Godin énonce quatre forces qui sont les principaux moteurs de changement de nos civilisations. La première force nouvelle est la facilité de création.
Ce que j’écris ici, une part conséquente de la population mondiale pourra venir le lire dès que j’aurai cliqué sur "publier". Et pourtant, le principe des blogs date à peine de 15 ans. Lorsque quelqu’un peint un tableau, il est facile de le mettre en ligne, visible par tous les connectés. Vous avez écrit un livre ? Oubliez les vieilles maisons d’édition, il existe d’autres solutions pour trouver des clients. Et encore, je ne parle que des éléments que je connais bien. Je suis sûr qu’il y a des milliers d’activités créatives que nous n’imaginons pas.
Nous avons, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, des possibilités de création inimaginables par tous les humains nous ayant précédé.
Et vous ? Que faites-vous de ces révolutions ?
Vous les ignorez ?
Vous les subissez ?
Vous en profitez ?
Vous les créez ?
25 – Les idées données
Publié par unjouruneidee dans humour, vie quotidienne le 2012/01/25
Vous, moi, tout le monde, nous croyons à la vérité d’un paquet de choses. Et ces idées sur le monde, elles nous viennent bien de quelque part. Pour qu’il y ait des idées reçues, il faut bien qu’il y ait des idées données.
Et bien je peux vous dire qu’il y a beaucoup d’idées reçues qui ne sont qu’un torchon d’âneries.

Okay les enfants. Nous sommes le premier mardi de février. De part la loi, nous devons passer la matinée à lire l'article Wikipedia "Liste d'idées reçues", pour que le reste de vos vies se déroule un peu moins dans l'erreur. Les invités de toutes les soirées où vous irez nous remercient par avance. - J'aimerais vivre dans cet univers !
La version française est moins pleine que l’anglaise, mais il s’y trouve quelques pépites : Liste d’idées reçues.
Quelques exemples :
- La mémoire des poissons rouges n’est pas limitée à quelques secondes.
- Réveiller un somnambule n’est pas dangereux.
- Les êtres humains possèdent bien plus de cinq sens.
- Les êtres humains n’utilisent pas que 10% de leur cerveau.
- L’alcool ne réchauffe pas. Dommage. Mais il ne détruit pas non plus les neurones. C’est déjà ça !
Et encore, je ne vous parle pas des approximations douteuses du genre "On voit des arc-en-ciel parce que le spectre de la lumière se décompose dans les gouttes d’eau". D’accord, mais pourquoi ça donne une forme d’arc ?
Et vous ? De quelles idées reçues avez-vous dû vous débarrasser ?
