Articles tagués éducation

159 – Project Unbreakable. Des victimes témoignent.

Je me souviens d’un long échange avec une amie sur Facebook. Je lui rappelais que les agressions sexuelles envers les enfants avaient principalement lieu dans le cercle familial ou amical de la famille. C’est triste. Mais c’est la réalité. Et pourtant, comme je le rappelais à cette amie, il est rare que nous prévenions nos enfants contre ce risque. Oh, on s’inquiète des inconnus dans la rue, des trajets où nos enfants sont sans surveillance, de la possibilité de les tracer par leur téléphone. Mais comment protéger des risques sur place ? Des risques encourus avec nos proches ?

Je n’ai pas de réponse à ces questions. Mais le savoir, c’est déjà la première étape. Et pour ça, une victime a décidé de sensibiliser, en appelant des victimes à parler, à se montrer, à exprimer toute l’horreur de leur calvaire. Je vous invite donc à jeter un oeil à "Project Unbreakable".

Les textes sont en anglais, mais les messages sont simples et directs.

Je salue celles et ceux qui ont eu l’immense courage de dévoiler ainsi l’agression dont ils ont été victimes, enfants ou adultes. C’est une démarche incroyable, d’oser sortir du silence et de se mettre en avant. Le slogan n’est pas sur le site, mais la manœuvre est la même : la honte doit changer de camp.

PS: Mumu, si tu lis ça, j’essaie pas de faire passer un message, hein. J’essaie juste de faire en sorte que d’autres aient la même chance d’avoir une enfance heureuse ;)

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94 – Dis maman, c’est quoi faire un procès à papa ?

J’ai plein d’idées d’articles, mais elles sont toutes trop longues pour mon état de motivation ce soir.

Alors je suis allé faire un tour sur lemonde.fr, à la recherche d’une inspiration courte.

Deux articles séparés de quatre mois se répondent de manière… intéressante :

Round one

Fais-moi l’amour, sinon je divorce !

point de vue de Daniel Borrillo, juriste qui analyse la condamnation d’un mari pour une raison que je n’imaginais pas possible. Extrait :

Un récent arrêt de la cour d’appel d’Aix-en-Provence condamne un homme au divorce à ses torts exclusifs et à verser 10 000 euros de dommages et intérêts à son ex-épouse au motif qu’il ne lui a pas assez fait l’amour durant leurs vingt et un ans de mariage. Mais comment, dans un État démocratique, en sommes-nous arrivés là ? [...]
La formule de l’article 215 du code civil "Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie" implique une double dimension, vivre ensemble – communauté de toit – et entretenir des rapports sexuels – communauté de lit.

La vache ! Quand madame l’adjointe au maire nous a lu les extraits du Code Civil, j’ai bien écouté, mais je n’ai pas vu les sous-titres ! Je savais pour la communauté de toit, mais pas pour la communauté de lit. C’est quand même assez incroyable que les juges aient à se prononcer sur ce qui se passe – ou pas – dans le lit conjugal – ou pas. Ça pose en passant l’amusante question de la charge de la preuve… A part des aveux du "réfractaire au devoir conjugal", comment prouver l’absence de vie intime ?

Bref, comme le conclut l’auteur, il est temps de mettre un terme à l’intrusion de l’État dans ce qui relève exclusivement de la vie privée d’un couple.

Round two

Le second article, par Martine Laronche,  est intitulé "Dis maman, c’est quoi faire l’amour ?"

Il est bien écrit, court et droit au but :

"Dès qu’on donne à l’enfant les premières informations sur la sexualité, la différence des sexes, le rôle du père dans la conception, la grossesse, l’accouchement, il faut lui expliquer l’interdit de l’inceste et de la pédophilie"

Je trouve ça assez bien vu pour aider les parents, parfois mal préparés à ces incontournables de la curiosité enfantine. Notamment au regard des difficultés de l’Éducation Nationale à traiter ces questions.

Fight : Faut-il vraiment tout dire ?

Parce que bon, si je relie les deux articles ensemble, j’arrive à une conclusion étrange. Dois-je expliquer à mes enfants que, oui, il arrive que Papa et Maman fassent l’amour, parce que sinon, ça peut se finir au tribunal ?

Plus le temps passe, et plus je trouve le job de parent compliqué… :D

Et vous ? Des questions compliquées de la part de vos enfants ?

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91 – King Kong Théorie, illustration

Vous trouvez que les propos de Virginie Despentes, dans King Kong Théorie, vont trop loin ?

Que l’égalité homme-femme, c’est un combat achevé et terminé depuis longtemps ?

Bien évidemment, l’égalité homme-femme n’est encore qu’un rêve. Mes félicitations la semaine dernière sont arrivées bien trop tôt. Voici quelques tristes exemples :

Bien sûr, il est facile de s’indigner devant les actes qui sont déjà condamnés par la loi. Mais quand verra-t-on une loi qui interdise de bourrer le crâne de nos petites filles, en leur faisant croire que leur principale qualité, c’est leur apparence et leur capacité à séduire ?

Quand on voit de quoi la littérature pour la jeunesse est capable, une telle loi ne paraît pas si extrême. Pour faire court, Margot, 12 ans, écrit à ce magazine pour dire que « Au collège, on se moque de moi, car je ressemble à un garçon ! J’ai essayé […] de changer de look, mais rien n’y fait et je veux rester moi-même. »

Réponse d’Okapi, qui part bien : « Margot, ne te laisse pas “traiter” ni intimider par ce garçon qui ne t’arrive pas à la cheville. Tout dans l’apparence et la peur du jugement, rien dans les sentiments […] »

Mais finit très (très) (très très) mal : « Avec quelques efforts, rassure Okapi, et un peu de patience, tu deviendras vite une belle jeune fille. »

Face aux moqueries d’un garçon, la seule solution serait donc de… faire des efforts pour lui plaire. Lisez l’article en entier, c’est à vomir.

Sur ce, je m’en vais réfléchir à comment éduquer ma fille pour qu’elle ne soit pas obsédée par son apparence. C’est loin d’être aussi simple qu’il n’y paraît…

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87 – Talking ’bout my generation.

Quittons un peu le chemin de l’école. Si l’école est responsable de notre instruction, c’est avant tout auprès de nos parents que nous découvrons le monde. Et avec eux aussi que nous apprenons nos premiers principes.

Taper, c’est mal (ou pas).

Voler, c’est mal (ou pas).

Les filles sont moins fortes que les garçons (ou pas).

Dieu te surveille de tout là-haut (ou pas).

Mais il serait illusoire de penser être totalement responsable de ce que nous transmettons à nos enfants. Certes, chaque parent peut décider d’agir comme ses propres parents. Ou, à l’inverse, choisir de faire le contraire, pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Mais une grande part de la transmission se déroule sans décision consciente.
En tant que parent, je me retrouve à recevoir, de ma coparente, des explications sur des traits qu’elle pense avoir transmis à nos enfants. Et j’en ai autant à lui expliquer sur ce que j’ai transmis, volontairement ou non.

Et je n’ai pas encore parlé de tout ce qu’on veut absolument transmettre. Ces projets que l’on forme pour ses enfants, et qui généralement ratent lamentablement.

Tous ces sujets, Alexandre Astier et François Rollin les abordent dans un livre, sobrement intitulé "Astier et Rollin posent les bases de la pensée moderne. Entretien libre sur la transmission entre générations."

En 204 pages, les deux compères dissertent sur l’éducation, le savoir, la morale, la responsabilité, le patrimoine et les sentiments. Bien sûr, le thème de l’humour traverse tout leur discours, bien incapables qu’ils sont de s’en passer. Mais ce n’est pas un recueil des Grosses Têtes, hein.

Si les noms des deux auteurs, ainsi que ma recommandation, ne vous poussent pas à acquérir ce bijou, c’est que vous êtes un cas désespéré. Sachez-le !

Et tant qu’à commencer cet article avec The Who, autant le conclure de même.

PS: En passant, M. Astier a rejoint Twitter, sous le pseudonyme de @SgtPembry. Vous pourrez lui dire tout le bien que vous pensez de sa prose.

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59 – Lequel de vos professeurs vous a marqué ?

Nous sommes tous passés par un système scolaire. Il est peu probable que vous ayez appris à lire tout seul (bien que ce soit le cas d’au moins une de mes lectrices, ainsi que d’Isaac Asimov, par exemple).

L’école est, après les parents (et encore, on peut discuter de l’ordre), le principal endroit où se forge notre personnalité. Les enfants sont très malléables. Un professeur qui suscite l’intérêt pour sa matière sera déterminant dans le développement d’un enfant.

D’après mon expérience, le professeur qui fera la différence, ce n’est pas celui qui tente de faire ingurgiter sa matière à ses élèves. C’est celui qui éveille la curiosité, et qui pousse l’élève à chercher une solution aux problèmes qu’on lui pose. Et à ceux qu’il se pose lui-même…

Jean-Paul Jouary a traité de l’éducation dans cet article, par le prisme des programmes des candidats à l’élection présidentielle. L’actuel gouvernement applique une conception bien précise de l’éducation : elle viserait à former des employés exécutants, incapables d’esprit critique. Je cite : "tout ce qui de près ou de loin est au cœur de la réflexion, de l’esprit critique, de l’épanouissement personnel, de la créativité, est ouvertement et activement attaqué, les horaires réduits, les postes supprimés, le travail en demi classe annulé".

Que tous les enseignants qui reconnaissent leur situation commentent ci-dessous…

Le point central de l’article, c’est ce passage :

L’école doit-elle offrir des contenus à apprendre, c’est-à-dire à prendre tels qu’ils sont ? Ou bien l’école doit-elle, à travers l’enseignement de ces contenus, inviter à apprendre en apprenant à apprendre et à comprendre, ce qui suppose que chaque élève développe en lui une culture critique et active qui l’associe en profondeur aux événements pédagogiques ? Certes, toute éducation est bien forcée de lier ces deux dimensions, mais qui ne voit que la seconde devient une exigence croissante, à mesure que s’accroît la vitesse du mouvement des sociétés ?

Bref, la meilleure méthode pour produire des citoyens dociles, c’est de leur présenter un savoir achevé, indiscutable, qu’ils absorberont sans aucun recul.

Je me sens concerné par ces questions à trois niveaux. Tout d’abord, en tant qu’ancien élève. Réfléchir à mon parcours scolaire m’a aidé à comprendre pourquoi je bloquais sur certaines matières, et pas sur d’autres.

Ensuite, en tant qu’enseignant non formé à la pédagogie, il m’est nécessaire de réfléchir à ma pratique. Je reproduis souvent des techniques reçues (subies ?) durant ma scolarité. Mais sont-elles vraiment les meilleures pour que mes élèves apprennent bien ?

Enfin, en tant que parent. Quand j’apprends que 20% des 4 880 places offertes au capes 2011 n’ont pas été pourvues, faute de candidats, je me dis que trois conséquences sont prévisibles :

  • Soit mes enfants se retrouveront face à une chaise vide, faute de professeur pour l’occuper
  • Soit ils verront la chaise occupée par un septuagénaire, contraint de travailler pour combler son minimum vieillesse. Espérons qu’Alzheimer n’ait pas encore frappé à la porte.
  • Soit, et c’est le plus probable, ils seront face à un professeur recruté "par défaut". Simplement parce qu’il aura pris la peine de s’inscrire au concours, dont plus personne ne veut faute d’intérêt à exercer ce métier mal payé, mal reconnu et mal encadré.

Bref, l’éducation est un sujet capital pour notre avenir. Et nous avons tous un rôle à y jouer. Comme beaucoup d’autres sujets, il est trop important pour être laissé entre les seules mains des enseignants ou des politiques…

Cet article est dédié à :

  • Mon prof de physique de 4e, ronchon mais toujours prêt à nous surprendre lors de ses expériences.
  • Mon prof d’histoire-géo de 2nde, qui n’hésitait pas à être dur, mais qui fut le premier à nous traiter en adultes. Ça passe ou ça casse !
  • Mon prof de théâtre de terminale, dont j’ai toujours les leçons en tête lorsque je prends la parole en public.
  • Ma prof de management de Master 2, notamment pour sa phrase : "Le manager, c’est celui qui ne fait rien."

 
Ajout du 29/02/2012 : Pour ceux qui auraient des doutes sur la volonté affichée de démolir notre service public de l’éducation, allez lire "Pourquoi veulent-ils casser l’école ?". Réponse à vos doutes assurée.

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