Articles tagués économie
165 – LE cadeau idéal pour les fêtes (jeu-concours !)
Je sais, il est un peu tard. Vous avez tous fini d’acheter vos cadeaux le 15 novembre. Mais comme je ne peux pas exclure que l’un d’entre vous sorte tout juste du coma, et soit donc en panique à 9 jours de Noël, voici ma recommandation.
"La crise et moi", d’Anne-Sophie Jacques
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Si vous en avez marre des trois cent vingt-six plans de sauvetage de la Grèce…
Si vous vous demandez au service de qui est réellement le ministère de l’économie et des finances…
Si vous voulez comprendre pourquoi les grandes réformes économiques aboutissent à des pétards mouillés…
Si le matraquage médiatique sur Lacrise vous paraît délirant…
…Ce petit livre est un excellent début de réponse.
Et le fait qu’il soit édité par le journal Arrêt sur Images (@si pour les intimes) est un bonus appréciable.
Peut-être est-il trop tard pour en commander un pour les fêtes. Qu’à cela ne tienne, j’enfile mon manteau rouge de Père Noël, et j’offre un exemplaire à mes charmantes lectrices et lecteurs. Qui plus est, j’offre un exemplaire dédicacé par l’auteur !
La règle du jeu est simple : laissez un commentaire sous cet article pour expliquer en quoi ce livre vous intéresse, avant mardi 18/12/2012 à 16h. Je choisirai le meilleur, je ferai dédicacer le livre à 19h (…), et je le posterai mercredi 19.
(Les lecteurs ne résidant pas en France ont le droit de jouer !)
PS: si vous le voulez pour Noël, pour vous ou pour offrir, le plus sûr reste de le commander !
158 – Pour nourrir la planète, la seule solution est (d’abandonner) l’agriculture intensive.
Publié par unjouruneidee dans écologie, économie, droit, film, futur, histoire, politique, santé, vie quotidienne le 2012/11/28
On m’a régulièrement fait la remarque que le bio, c’était bien gentil, mais que pour nourrir 7 milliards d’humains, il fallait quand même être sérieux. Les rendements étant nettement inférieurs, il faudrait beaucoup plus de terres agricoles, et c’est pas possible.
N’étant pas un spécialiste de l’agriculture, j’en suis même arrivé à expliquer que c’était quand même important de produire des aliments de qualité, qu’on ne pouvait pas laisser les pesticides mener la danse. Jusqu’à ce que je vois deux documentaires qui déconstruisent point par point les arguments en faveur de l’agriculture "intensive". Tous deux sont de Marie-Monique Robins. Le premier est "Le Monde selon Monsanto". Sorti en 2005, il est devenu assez célèbre.
Je vous recommande donc son dernier documentaire, Les moissons du futur. C’est passionnant, ça passe tout seul, et ça vous montrera à quel point ceux qui ont un intérêt à la vente de pesticides ont réussi à tous nous enfumer…
Ajout du 03/12/2012
Je suis à la fois fier et honteux du premier commentaire de cet article, qui me vient ni plus ni moins de Marie-Monique Robin, l’auteur de cet excellent documentaire. Sur ses recommandations, je rajoute donc ici les liens amazon vers le livre et le DVD !
156 – La finance, cette inconnue.
Publié par unjouruneidee dans économie le 2012/11/26
Ces dernières années, j’ai donné quelques cours de "management d’entreprise" (notez le magnifique anglicisme, dénomination officielle de l’éducation nationale) à des étudiants de BTS commerciaux.
Le programme contenait notamment un passage sur la gouvernance des entreprises. Ce passage m’a permis de découvrir que mes étudiants, de 19 à 24 ans, ne savaient absolument pas qui dirige une entreprise, ni à quel titre. Oh, ils savent qu’il y a un patron. Mais les termes "part sociale", "actions", "conseil d’administration", "assemblée générale des actionnaires", "gérant", "président" ou "directeur général" leur échappaient totalement. Et vous ?
Je ne vais pas vous faire un cours, ce serait long et chiant. Donc, je vous renvoie vers la page Droit des sociétés de wikipedia. Mais au-delà de ces règles, il est un mécanisme auquel j’ai assisté, et que je ne comprends toujours pas aujourd’hui. Ou du moins, je le comprends, mais ça ressemble tellement à une escroquerie que je n’arrive pas à comprendre comment on peut tomber dans le panneau.
Prenons une entreprise, dont toutes les actions sont dans les mains d’une seule personne. Création de l’entreprise, héritage, peu importe comment on en est arrivés là. Il décide d’entrer en bourse. Cela consiste à mettre en vente une partie des actions qui constituent les titres de propriété de l’entreprise. Il en vend 49%, ce qui lui garantit de toujours avoir la majorité lors des votes de l’assemblée générale des actionnaires. Pour simplifier, disons qu’il vend 49 actions à 100 000 euros. Pour un total de 4 900 000 euros.
Cette somme va directement dans sa poche. Il peut s’en servir pour investir dans l’entreprise, ou pas. La suite ne dépend pas de lui : les acheteurs des 49 premières actions peuvent les garder, ou les vendre. Si les acheteurs trouvent d’autres acheteurs prêts à racheter pour plus cher, on dira que le cours de l’action monte. S’ils acceptent au contraire de vendre à perte, et qu’ils trouvent des acheteurs, on dira que le cours de l’action baisse.
Il y a trois raisons pour lesquelles des gens achètent des actions :
- dans le but de les revendre plus cher qu’ils ne les ont acheté.
- dans l’espoir que l’entreprise versera un bonus à ses actionnaires de temps en temps. On parle de dividendes.
- dans le but de prendre le contrôle de l’assemblée générale des actionnaires. Il faut pour cela disposer d’une majorité (relative ou absolue) d’actions.
Imaginons que notre propriétaire, en possession d’une majorité absolue, ne verse pas de dividende, ou alors d’un montant minime. Les observateurs des marchés d’actions en tirent la conclusion qu’ils ne recevront pas de dividendes à la hauteur de leurs attentes. De plus, ils ne pourront jamais prendre le contrôle de l’entreprise pour la contraindre à le faire. Rapidement, le cours de l’action va descendre. Chaque fois que quelqu’un en vendra une, il sera obligé de concéder une baisse de prix pour trouver preneur. Imaginons que le cours atteigne la moitié du cours d’origine, 50 000 euros. Notre rusé propriétaire peut alors déclarer qu’il retire les actions du marché, lors d’une offre publique de rachat d’actions. Il s’engage à racheter toutes les actions du marché, à un prix bonifié. Disons 10%, soit 55 000 euros. Les propriétaires actuels, qui regardent le passé, voient que cette action n’a fait que baisser depuis son introduction. Dans cette perspective, faire un bénéfice de 10% sur leur achat est une aubaine inespérée. Ils acceptent en masse. Coût de l’opération pour notre propriétaire : 49 x 55 000 = 2 695 000 euros.
Bilan de la manœuvre :
- Notre propriétaire a gagné 4 900 000 euros. Il a pu les placer, contre des intérêts.
- L’entreprise a régulièrement versé de faibles dividendes aux actionnaires, d’un montant inférieur aux intérêts générés.
- Le propriétaire rachète les actions, pour un coût de 2 695 000 euros.
Il a donc, au total, récupéré 2 205 000 euros, plus quelques intérêts. Qui les a dépensés ? Tous les actionnaires intermédiaires, qui ont acheté, puis revendu, ces actions à la baisse.
Si un économiste passe par là, j’aimerais bien qu’il me signale une faille dans mon raisonnement…
Pour les autres, je vais paraphraser un avertissement sur le poker : si tu achètes des actions, mais que tu ne sais pas qui est en train de se faire arnaquer, c’est que c’est toi le pigeon !
PS: j’avais cette idée en tête depuis un moment, mais c’est le dernier Là-bas-si j’y suis qui m’y a fait penser.
130 – PSA ferait des voitures ? En tout cas, s’ils le font, ce n’est pas pour l’argent !
Publié par unjouruneidee dans économie, médias le 2012/07/19
Après Yovan Menkevic, c’est un nouveau journaliste que je découvre chez reflets.info. Pierre Deruelle commente de manière décalée le Plan de Sauvegarde de l’Emploi de PSA à Aulnay-sous-Bois (notez ce bel emploi du novlangue : un plan qui vise à licencier des salariés, donc à détruire des emplois, est devenu un Plan de Sauvegarde de l’Emploi…).
L’article étant un peu long, je me permets de le résumer ici : PSA est connu pour les voitures qu’il fabrique. Ça, c’est la vision du grand public. Mais en réalité, au sein du groupe, l’activité véhicules, en termes de revenus, est totalement éclipsée par les autres filiales, notamment les totalement inconnues filiales banques et assurances. Remarquez, c’est courant, que les filiales installées dans les paradis fiscaux soient méconnues. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y envoie les bénéfices des autres activités.
Il a bon dos, notre fleuron national. Une fois de plus, on nous leurre avec de grands mots. Mais avez-vous un reportage qui traitait de la totalité du groupe PSA sur les grandes chaînes publiques ? Non, il est tellement plus simple de faire pleurer à chaudes larmes sur les pauvres ouvriers, et leur combat désespéré pour garder leur boulot. Rappelez-moi de vous parler de l’inutilité de ces combats, un jour…
113 – Pour nos gouvernants, Internet est un gadget. Diraient-ils la même chose des voitures ou de l’électricité ?
Publié par unjouruneidee dans économie, éducation, politique, vie quotidienne le 2012/04/22
J’aurais pu faire un article sur le groupe de Rap 113, mais en fait, non.
Je parlais il y a 2 mois des révolutions technologiques en cours.
Évidences
Il vous paraît évident que n’importe quelle entreprise a besoin d’une route a proximité de ses locaux. On n’installe pas son usine ou son magasin au sommet d’une montagne accessible par hélicoptère, ou à dos de mulet.
Il vous paraît évident que n’importe quelle entreprise a besoin d’électricité pour fonctionner. Ne serait-ce que pour l’éclairage de ses locaux.
Il vous paraît évident que l’immense majorité des entreprises a besoin d’un téléphone. Même si aujourd’hui les téléphones mobiles ont tendance à rendre les téléphones fixes moins indispensables.
Et pourtant…
Et pourtant, rien n’a été fait par le gouvernement pour développer dans tout le pays un réseau Très Haut Débit digne de ce nom.
Alors qu’aujourd’hui, c’est le nouveau réseau nécessaire au développement économique. Comme l’a été le réseau routier en son temps. Comme l’a été le réseau électrique en son temps. Comme l’a été le réseau téléphonique en son temps.
Paroles, paroles, paroles
Oh, bien sûr, nous avons eu droit en 2008 à l’annonce d’un grand Plan Numérique 2012.
Le journal reflets.info a publié un bilan de ce plan. Je vous laisse le lire, c’est édifiant.
Deux points sont représentatifs de l’importance accordée au secteur numérique en France :
Et en 2012, la réalité numérique de la France, c’est qu’on vient à peine de dépasser la Roumanie en terme de pseudo très haut débit mais toujours pas en fibre optique ! La France est un quart-monde numérique.
Et surtout, sur le site du ministère de l’industrie, la partie traitant du Plan Numérique 2012 est définie comme ne devant pas apparaître dans les moteurs de recherche.
Conclusion
De la même manière que l’agriculture en son temps, suivie par l’industrie, les transports, le téléphone fixe, puis mobile, le développement d’Internet doit être la priorité du développement économique.
La question n’est pas de savoir combien ça va coûter. La question est tout simplement que ne pas mettre en place cette infrastructure, c’est exactement comme refuser de construire des routes, des chemins de fer ou des réseaux électriques durant le siècle passé. Ça paraît con. C’est pourtant ce qui est en train de se passer.
Probablement parce que la majorité des sexagénaires, des septuagénaires et des octogénaires qui occupent les plus hautes fonctions de l’État ne voient en Internet qu’un moyen un peu plus rapide d’envoyer une lettre. Alors que nous n’avons pas fini de voir ce que la communication quasi-instantanée entre plusieurs centaines de millions d’humains peut produire. Loin de là.