Articles tagués écologie
158 – Pour nourrir la planète, la seule solution est (d’abandonner) l’agriculture intensive.
Publié par unjouruneidee dans écologie, économie, droit, film, futur, histoire, politique, santé, vie quotidienne le 2012/11/28
On m’a régulièrement fait la remarque que le bio, c’était bien gentil, mais que pour nourrir 7 milliards d’humains, il fallait quand même être sérieux. Les rendements étant nettement inférieurs, il faudrait beaucoup plus de terres agricoles, et c’est pas possible.
N’étant pas un spécialiste de l’agriculture, j’en suis même arrivé à expliquer que c’était quand même important de produire des aliments de qualité, qu’on ne pouvait pas laisser les pesticides mener la danse. Jusqu’à ce que je vois deux documentaires qui déconstruisent point par point les arguments en faveur de l’agriculture "intensive". Tous deux sont de Marie-Monique Robins. Le premier est "Le Monde selon Monsanto". Sorti en 2005, il est devenu assez célèbre.
Je vous recommande donc son dernier documentaire, Les moissons du futur. C’est passionnant, ça passe tout seul, et ça vous montrera à quel point ceux qui ont un intérêt à la vente de pesticides ont réussi à tous nous enfumer…
Ajout du 03/12/2012
Je suis à la fois fier et honteux du premier commentaire de cet article, qui me vient ni plus ni moins de Marie-Monique Robin, l’auteur de cet excellent documentaire. Sur ses recommandations, je rajoute donc ici les liens amazon vers le livre et le DVD !
105 – Article invité 1/X : Sébastien nous parle de l’énergie du futur
Publié par unjouruneidee dans écologie, économie, futur, politique le 2012/04/14
Une petite réflexion suite à un argument avancé par Denis BAUPIN lors de la réunion publique EELV sur l’énergie au Quartier Ste Therese : "sortir du nucléaire c’est "facile". "Regardez les japonais ont fermé toutes leurs centrales suite au drame de Fukushima… preuve que c’est une question de volonté politique"C’est oublier que pour compenser le Nucléaire, et malgré des actions de maîtrise de la demande d’électricité, les japonnais ont multiplié par 4 leur consommation de pétrole pour produire de l’électricité !!!Il est urgent d’expliquer qu’il ne suffira pas d’isoler des bâtiments, de planter des éoliennes ou d’installer quelques centrales biomasse et que tout continuera comme avant.La fin du pétrole bon marché, c’est la fin de notre économie et de notre modèle de société tel que nous le connaissons aujourd’hui.Bien sûr, dit comme ça, un peu brutalement ça peut sembler loufoque. Mais quand on creuse le sujet, il apparaît clairement que c’est ce qui nous attend (il suffit de lire les rapport vraiment indépendants sur le Pic Pétrolier pour s’en rendre compte).Refuser de le dire, c’est refuser de l’anticiper, refuser de l’anticiper, c’est aller droit dans le mur… et je trouve que les écolos ne sont pas clairs sur ce point, loin de là.Qu’on ne se trompe pas, je suis antinucléaire. Le Nucléaire n’est pas durable, point.Mais d’une part il faut arrêter de dire n’importe quoi sur la facilité de sortie du nucléaire.Ensuite en Basse Normandie, encore plus qu’ailleurs, le sujet du nucléaire occulte totalement la véritable question énergétique (suffit de relire les Communiqués de presse d’EELV BN). Et quand on pose le mauvais diagnostic, on ne peut pas trouver les bonnes réponses.Pour approfondir le sujet voir le dernier article de l’excellent Blog de Matthieu Azanneau : Présidentielles : le débat sur l’énergie ne doit pas s’arrêter au nucléaire (bons baisers de Fukushima)
Dans sa réaction, Sébastien met le doigt sur un point crucial : même en utilisant des méthodes écologiquement aberrantes, comme la fracturation hydraulique ou le forage en haute-mer, le pétrole aura une fin. Et notre société actuelle, avec ses millions de kilomètres de route, n’existe que parce que le pétrole est notre principale source d’énergie. En conclusion, il faut imaginer dès maintenant les solutions pour nous sevrer de pétrole.
Oui, c’est sûr, c’est inquiétant. Et vivre sans pétrole aujourd’hui, c’est impossible. A titre individuel, on peut économiser, on peut réduire, mais on ne peut pas s’en passer. La solution sera collective, et c’est culpabiliser inutilement les citoyens de prétendre qu’ils sont individuellement responsables.
Cependant, ça n’empêche pas chacun de chercher une solution dans son coin, et ce sera l’objet d’un prochain article invité.
Et vous ? La fin du pétrole (dans quelques décennies) et la fin du pétrole pas cher (dès maintenant), ça vous inspire quoi ?
46 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 3/10 : les écolos ne sont pas crédibles pour exercer le pouvoir
Publié par unjouruneidee dans écologie, politique le 2012/02/15
2 semaines ont passé, mais je n’ai pas oublié cette série de posts. Pour ceux qui débarquent, allez lire les deux précédents : L’écologie, ça ne devrait pas être de la politique et L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. On y parle de cet ouvrage : le "Petit bréviaire écolo".
Le troisième chapitre traite du manque de crédibilité des écologistes en politique.
Ce cliché vient d’abord d’une fausse image de la politique, qui voudrait que les postes à responsabilités soient à réserver aux "professionnels de la profession", à savoir les diplômés des Grandes Écoles, ENA, Sciences Po, etc. C’est une aberration typiquement française, liée à notre maladie du diplôme. Il faudrait être borné pour ne pas réaliser aujourd’hui que la situation économique de notre pays a été provoquée par nos chers Grands Écoliers…
Ensuite, contrairement à d’autres formations politiques (cf. les exemples de Vitrolles, Marignane et Dreux), les élus verts ont montré leur capacité à remplir leurs promesses électorales. Le livre donne de nombreux exemples, comme Marie-Christine Blandin, Jacques Boutault et Philippe Meirieu.
Bref, ce cliché ne s’approche de la réalité qu’en un seul point : les Verts n’ont pas l’air sérieux. Et dans notre société où, trop souvent, la forme prime sur le fond, c’est un handicap.
Ce qui me ramène à la même question que précédemment : votez-vous pour le candidat le plus sexy, ou pour celui qui a le meilleur programme ?
PS: je reviendrai sûrement sur la maladie du diplôme à la française. Cet article, par exemple, est confondant : "le sociologue Philippe d’Iribarne avait intitulé un de ses livres « La logique de l’honneur » (1989) et il y montrait combien le diplôme jouait dans la société française le même rôle que le titre nobiliaire dans l’ancien régime. Un diplôme acquis à 25 ans conditionne toute votre vie ensuite."
29 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 2/10 : ça ne devrait être ni de droite, ni de gauche.
Publié par unjouruneidee dans écologie, politique le 2012/01/29
Je vous contais la semaine dernière ma lecture du "Petit bréviaire écolo".
Le second chapitre est dédié au reproche "L’écologie, ça ne devrait être ni de droite ni de gauche. En plus, les Verts font toujours alliance avec le PS".
Là encore, la réponse est double :
- Lorsque l’on compare les programmes, il paraît évident qu’aucune alliance n’est possible avec le Modem, l’UMP ou le FN.
- Les règles électorales favorisent les gros partis. Et donc, pour avoir un poids, même minime, sur la politique de notre pays, il faut en passer par des alliances.
C’est une des malhonnêtetés de notre système électoral : on prétend que la démocratie française permet au peuple de s’exprimer et d’être représenté. Mais il suffit de voir le nombre de gens qui comptent voter Hollande, parce que c’est le vote utile, pour se rendre compte que les règles électorales poussent à voter différemment de sa conscience.
Jetons un coup d’œil aux scores des Verts ces 10 dernières années:
- 2002 : présidentielle, 5,3%
- 2002 : législatives, 4,5%
- 2004 : européennes, 7,4%
- 2004 : cantonales, 4,1%
- 2007 : présidentielle, 1,6%
- 2007 : législatives, 3,3%
- 2008 : cantonales, 4,2%
- 2009 : européennes, 16,3%
- 2010 : régionales, 12,2%
- 2011 : cantonales, 8,2%
Je ne vais pas rentrer dans une analyse comparative des différents modes d’élection. Rapidement, on voit que dans un scrutin proportionnel, où chaque voix compte, les Verts font d’excellents scores. Dès qu’il s’agit d’un scrutin avec deux tours, il y a une nécessité de faire passer un candidat "acceptable" – à défaut de "meilleur" – au second tour. Du coup, au lieu de suivre un programme, on suit ce que disent les sondages.
Bref, pour survivre, les Verts doivent faire des alliances. Et du coup, le seul choix logique, ça reste le PS. Avec toutes les difficultés que ça comporte…
Et vous ? Vous voterez "programme" ou vous voterez "utile" ?
22 – Pour en finir avec les clichés sur l’écologie 1/10
Publié par unjouruneidee dans écologie, économie, livre, vie quotidienne le 2012/01/22
Un de mes meilleurs amis est militant écologiste depuis plus de 10 ans. Il n’a jamais caché son engagement, fait des efforts considérables pour vivre en accord avec ses convictions. A la fois pour laisser aux humains du futur une planète qui ne soit pas une poubelle, et parce qu’il connaît la valeur de l’exemple. Pour autant, il n’est pas vindicatif ni du genre à se mettre en scène. Simplement, il a choisi son style de vie en fonction de ses croyances.
Il est donc devenu l’écolo de service. Celui qu’on charrie en fin de soirée parce qu’il ne vit pas comme un ermite au fond des bois. Parce qu’il prend des douches au lieu de se gratter avec ses ongles. Parce qu’il est membre d’un parti minuscule et donc ridicule. Parce qu’il n’est pas un saint ou un martyr.
Et ils sont nombreux comme lui. A se faire gentiment moquer ou méchamment humilier. J’avoue, j’y ai joué aussi.
Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, je me rends compte du matraquage incessant que ça représente. C’est pour ça que j’applaudis des deux mains l’œuvre de Wilfrid Séjeau et Erwan Lecoeur. Ils ont écrit le "Petit bréviaire écolo", un livre basé sur le vécu d’un écolo de service, qui a synthétisé les questions – lire les reproches – les plus fréquemment faites aux militants politiques écologistes.
Le premier chapitre est consacré à la plus grosse tarte à la crème : L’écologie, ça ne devrait pas être politique.
Une idée que j’ai défendue pendant des années, d’ailleurs. Et qui, quand on la regarde de près, ne tient pas debout. Les écologistes ne viennent pas du monde politique. Ils viennent du monde associatif, où durant des années ils ont tenté de réfréner les abus des entreprises et des collectivités qui considèrent la nature comme un dépotoir. C’est l’inaction du personnel politique en place qui les a poussé à se lancer durant les années 80.
C’est très bien d’éduquer la population. Très bien de nous faire réaliser que tous nos actes ont des conséquences. Mais que je fasse du compost, ou non, ne changera rien aux lois qui rendent rentable la transformation de la Chine en usine-prison. Ce sont les règles politiques qui ont créé cette aberration, et c’est par la politique qu’il faudra les changer.
Les deux paragraphes ci-dessus sont ma propre réponse à la remarque "L’écologie, ça ne devrait pas être politique". Le bouquin est à moins de 6€, et nettement mieux construit et argumenté que ce que j’ai pondu ci-dessus. Bref, lisez-le.
Ça va sans dire : si, vous aussi vous avez un point de vue concernant l’écologie politique, n’hésitez pas à le dire en commentaire !