Archives de la catégorie télévision
85 – A long time ago, we used to be friends.
Publié par unjouruneidee dans Séries, télévision le 2012/03/25
Veronica est au lycée. Elle est mal dans sa peau, mais le cache bien. D’autant plus mal que sa meilleure copine Lilly Kane a été assassinée. Et que le père de Veronica, le Sheriff Keith Mars, a accusé le frère de Lilly, Duncan Kane. Cette accusation infondée lui a d’ailleurs valu sa place de Sheriff. Depuis, Veronica est la paria du lycée huppé où elle tente de poursuivre ses études, tout en suivant toute piste susceptible d’expliquer la mort de Lilly.
La série Veronica Mars a souvent été déconsidérée, cataloguée "série pour ado". Si c’est effectivement une partie de sa cible, ça ne lui retire rien. Vous y trouverez donc :
- Des personnages profonds et pleins de surprises.
- Trois saisons qui se suivent, mais qui constituent chacune une histoire complète.
- Une pure ambiance de polar noir, où chacun a quelque chose à cacher. Chaque gentil peut cacher un salaud, et aucun salaud n’est à l’abri de la rédemption.
- Un univers crédible, où les mauvaises actions ne restent jamais sans conséquences. C’est moins vrai pour les bonnes.
- Un seul meurtre pour la première saison. Il faudra m’expliquer comment des gens peuvent encore rester à Wisteria Lane. 36 morts en 8 saisons, c’est pas le signe qu’il faut déménager rapidement ? Ne serait-ce que parce qu’aucun assureur sain d’esprit ne peut accepter de contrat à cette adresse. Bien sûr, on reste loin d’un Jack Bauer, qui atteint gaiement les 267 meurtres en 8 saisons.
- Une bande-son pop-rock soignée – sauf quand Kristen Bell chante, ce qui arrive très rarement, heureusement.
A 9,70€ la première saison, ça ne fait pas cher l’essai. Attention, pour une raison qui m’échappe, l’intégrale revient deux fois plus cher que les saisons séparées.
Et vous ? Déjà vu ? Déjà fan ?
47 – Le candidat du passif
Publié par unjouruneidee dans économie, politique, télévision le 2012/02/16
Hier, le citoyen Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle. Pour mémoire, il est président de la République française depuis 5 ans, et, les 14 années précédentes, ministre durant 5 ans et demi.
Son action politique a donc largement façonné notre pays durant une décennie. Caractérisée par une hyperactivité entretenue, quelles en sont les conséquences?
C’est à cette question que Monique Charlot-Pinçon et Michel Pinçon ont répondu, dans un ouvrage très complet. Fort justement intitulé "Le président des riches", vous y trouverez, entre autres :
- Le rappel des liens entre nos dirigeants politiques actuels et le monde des affaires, symbolisé par le dîner du Fouquet’s.
- Les toutes premières mesures, à commencer par le bouclier fiscal visant à protéger les hauts revenus.
- Les niches fiscales comme s’il en pleuvait.
- Les avantages fiscaux pour les héritiers.
- Le détail de l’oligarchie au pouvoir.
- Les récompenses officielles dévoyées en cadeaux aux amis (Sarkozy faisant Stéphane Richard chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2006 : "Stéphane, t’es riche, t’as une belle maison, t’as fait fortune… Peut-être plus tard y parviendrai-je moi-même… C’est la France que j’aime !")
- La répression de la misère, présentée comme une cause de la délinquance plutôt qu’une conséquence des politiques menées.
- La guerre psychologique menée avec le soutien objectif des grands médias.
- Les antécédents de Nicolas Sarkozy en tant qu’avocat d’affaires.
- Le mélange des genres entre l’État, la famille et le couple présidentiel (Jean Sarkozy, président de l’EPAD ?).
- Les mots pour ne pas le dire ("Les paradis fiscaux, c’est ter-mi-né !").
Mais ce constat, fort bien réalisé, serait passablement déprimant s’il s’arrêtait là. Parce que face à cette mafia organisée au sommet de l’État et de l’argent, le citoyen se sent démuni. La vraie force de Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, c’est dans le dernier chapitre qu’on la trouve.
Reprenant un titre à haute teneur historique, le chapitre "Que faire" donne des axes de travail, de résistance, tout à fait réalisables par chacun de nous. Quelques exemples :
- La vigilance idéologique : faites attention aux mots employés, et aux réalités qu’ils cachent.
- Faire connaissance avec l’oligarchie. A commencer par celle de votre commune. Exercice pratique : qui est votre maire ? Quels sont ses contacts professionnels ? Qui sont ses amis ? En répondant ces trois questions, vous verrez probablement se dessiner les contours de l’oligarchie locale, et en particulier ses conflits d’intérêts…
Au-delà du niveau local et individuel, des principes collectifs sont mis en avant :
- Abolir le cumul des mandats.
- Rendre le vote obligatoire.
- Nationaliser les banques.
- Rendre l’impôt réellement progressif, par un prélèvement à la source sur les revenus du travail comme du capital.
Lisez ce livre, parlez-en autour de vous, c’est le meilleur médicament contre un (improbable) second mandat Sarkozy.
PS: ce bouquin est l’équivalent d’un déjeuner gastronomique. Que du bon, mais pas en quantité exagérée. Si vous voulez la version fast-food, voici 600 (bonnes) raisons de ne pas voter Sarkozy, par Samuel Duhamel, de Rue89.
36 – Megaupload est mort, vive Megaupload !
Publié par unjouruneidee dans économie, film, Internet, musique, Séries, télévision le 2012/02/05
Je ne vous expliquerai pas en quoi Megaupload était une horreur technologique et financière, d’autres l’ont déjà fait.
Bon, allez, si, j’explique :
- Megaupload remplaçait un système gratuit et décentralisé (le P2P) par un système payant et centralisé.
- Megaupload encourageait le piratage pour se faire de l’argent. On est loin du modèle de partage gratuit de la culture…
Le commentaire le plus intéressant que j’ai lu au sujet de cette entreprise, c’était (de mémoire) que, les usagers, accusés par les majors de vouloir tout gratuitement, avaient quand même déboursé plusieurs millions de dollars pour accéder à quelques films.
Le plus drôle, et le seul à détailler les motivations cachées du FBI, c’est celui de ioudgine. Have fun !
PS: faites-vous partie des milliers qui ont pleuré la fermeture de ce site ? Korben a pensé à vous.
27 – Continentales, vous vous souvenez ?
Publié par unjouruneidee dans livre, télévision le 2012/01/27
C’était une émission différente, sur FR3, au début des années 90. Une émission qui passait des séries en VO sous-titrée, et présentée par un english pur jus, Alex Taylor. Remember.

C’est notamment là que j’ai découvert Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Maintenant que j’y repense, ces dernières ont très nettement gardé ma préférence. Pareil pour Alex Taylor, on en reparlera plus loin.
Du coup, l’année dernière, lorsqu’Amazon m’a proposé "Bouche bée, tout ouïe : comment tomber amoureux des langues", j’ai tenté l’expérience. Résultat, un excellent bouquin. Dont je vous reparlerai un jour, lorsque le faquin à qui je l’ai prêté me l’aura rendu.
Non, le sujet d’aujourd’hui, c’est le premier livre d’Alex Taylor. La couverture se passe de commentaires.
Je tiens à préciser que je n’ai lu que les deux premières pages. Que je vais d’ailleurs, à titre de citation, recopier ici. Elles devraient amplement suffire à vous décider (ou pas) à le lire.
Il arrive à certains moments clé dans notre vie que surgisse ce type de questions : Comment ai-je fait pour en arriver là ? Quel est le sens de la trajectoire que j’ai tracée ? Pourquoi celle-ci et pas une autre ? Quel regard porter sur tout ce qui m’a inéluctablement amené à être la personne qui vit cet instant précis de son existence ? La dernière fois que je me suis posé ces questions, j’étais habillé d’une combinaison intégrale de latex noir, le dos ruisselant de sueur. Si je transpirais autant, c’est que j’étais attaché à l’aide de grosses sangles en cuir à un radiateur mural chauffant à environ 30°. Ma tête, elle, était enfermée dans un masque à gaz, ce qui ne faisait qu’accroître la possibilité dans un avenir plus ou moins proche d’une combustion quasi spontanée de ma personne. Le masque à gaz était relié à un énorme tuyau en caoutchouc à double usage. Dans un sens j’avais la possibilité d’aspirer un peu d’air. Dans l’autre, un homme en uniforme de cuir noir pouvait, lui, souffler en direction de ma bouche et de mes narines des bouffées de fumée émanant d’un énorme cigare Churchill, bague numéro 7, sur lequel il s’appliquait à tirer longuement et puissamment. Ce n’était pas sa seule occupation. De temps à autre il délaissait son cigare pour tapoter sur une télécommande qui lui permettait d’augmenter ou de diminuer le courant des électrodes qu’il avait auparavant installées sur mon pénis et sur mes testicules. Le fait que je payais ce monsieur quelques centaines d’euros pour mener à bien ce scénario ne faisait qu’ajouter au caractère pressant des questions qui se présentaient à moi, emmitouflé que j’étais dans ce nuage de fumée nauséabonde… Les réponses que j’ai pu apporter, vous les avez entre vos mains. Je ne sais pas si l’on peut tirer quelques conclusions de mes expériences : je les donne en tout cas à titre de témoignage. J’ai écrit ce livre à l’aube de mes cinquante ans, comme si j’obéissais à une impérieuse nécessité. Parfois je me suis demandé si je voulais vraiment le publier. Il a fallu que j’attende d’en écrire les toutes dernières lignes pour comprendre pourquoi je n’avais pas le choix…Alors ? Intéressé-e ?