Archives de la catégorie politique
2013-019 – Le Monde est-il encore un journal d’information ?
Publié par unjouruneidee dans économie, médias, politique le 2013/04/30
Le tout premier article de ce blog traitait déjà des médias, au travers du prisme des soi-disant informations boursières.
Ce ne sont pas des informations, tout juste des données. Pour devenir des informations, il leur manque un contexte qui permette de mettre les données en perspective.
Hier, le Monde a publié un article intitulé "Travail, capital, consommation… La France, pays à la fiscalité élevée en Europe". Deux extraits choisis vont me permettre d’illustrer le total abandon de la moindre prétention journalistique.
1/ La France reste un pays au taux d’imposition élevé
Tout d’abord au global. Ce premier graphique présente le taux global d’imposition, en pourcentage du PIB. Avec 43,9% en 2011, la France est le 4e pays européen en matière de fiscalité, derrière le Danemark, la Suède et la Belgique. Notre pays a réduit légèrement ce taux depuis 2000, mais l’a augmenté entre 2010 et 2011.
Imaginez. Je vous annonce que, rendez-vous compte, de tout mon quartier, c’est ma voiture qui a coûté le plus cher. Et je vous fournis un graphique des coûts de toutes les voitures du quartier.
Est-ce que c’est une information ? Non.
Parce que toutes les voitures sont différentes, et que je ne vous en dis rien.
Parce que la mienne durera peut-être deux fois plus longtemps, ou consommera deux fois moins. Son coût d’achat n’est donc qu’une donnée. Elle ne peut devenir pertinente que si vous avez le reste du contexte.
Dans le cas de l’article du Monde, quels éléments de contexte sont manquants ? Oh, trois fois rien, juste la question de l’usage qui est fait de ces impôts. Ils servent (entre autres) à payer une scolarité gratuite et obligatoire jusqu’à 16 ans ? Et des universités très peu chères ? Nos voisins doivent payer bien plus ?
Aucune importance, notre taux d’imposition est le plus élevé. Avec le sous-entendu que c’est une mauvaise chose.
Second extrait.
En matière de tranche maximale de l’impôt sur le revenu, une manière de comparer les politiques fiscales européennes, la France n’est pas spécialement en décrochage. Elle se situe même légèrement en-deçà de l’Allemagne, et dans la moyenne européenne.
Tranches d’imposition : la France impose un peu moins que l’Allemagne
En matière de tranche maximale d’imposition des revenus des personnes physiques, la France avec 45% en 2013 est en dessous de l’Allemagne (47,5) et proche de la moyenne de la zone euro (43,3).
Comparer les tranches maximales d’imposition n’a aucun sens. Une rapide consultation Wikipedia, au hasard la page Fiscalité en Europe – Impôt sur le revenu, suffit à constater que la réalité de l’imposition est complexe. Les taux de 45% et de 47,5 s’appliquent après de très nombreux calculs. Je ne vais pas vous faire un cours de fiscalité, mais l’imposition réelle est forcément inférieure à ces taux. A titre indicatif, on peut très bien atteindre la tranche d’imposition à 14%, tout en ne payant que 5% d’impôt sur ses revenus.
Notez le choix des mots. Si la France avait le plus fort taux d’imposition, elle serait en situation de "décrochage". La critique est maintenant explicite : un fort taux d’imposition est forcément une mauvaise chose. A aucun moment n’est posée la question des contreparties de cet impôt.
En conclusion, l’article du Monde incriminé n’est qu’une laborieuse reformulation d’un rapport d’Eurostat. A toutes fins utiles, je tiens à rappeler que la charte d’éthique professionnelle des journalistes dit que tout journaliste digne de ce nom "Refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication".
2013-018 – [IMPORTANT] Le revenu de base inconditionnel est LA solution pour sauver nos démocraties
Publié par unjouruneidee dans écologie, économie, droit, futur, médias, politique, santé, sociologie, vie quotidienne le 2013/04/21
Je vous en ai parlé il y a à peine plus d’un an. Le revenu citoyen est une façon de réformer durablement nos insupportables bureaucraties. C’est aussi la meilleure façon de concrétiser la démocratie.
Enfin, c’est une réponse au financement de très nombreuses activités jugées indispensables mais inadaptées au modèle de financement capitaliste, notamment dans le domaine de l’art ou celui du journalisme.
Si j’en reparle aujourd’hui, c’est pour vous annoncer le lancement de l’initiative citoyenne pour le revenu de base universel. Il s’agit en gros d’un sondage, contraignant pour l’Union Européenne.
Suivez les étapes, et terminez par la saisie de votre numéro de carte d’identité. N’ayez pas peur de cette étape. Le serveur est sécurisé, et votre numéro de carte d’identité tout seul ne sert à rien.
Et surtout, surtout, faites passer le mot autour de vous !
PS: la voie de "bonne gestion" prônée actuellement est inefficace et dangereuse.
2013-016 – Référendum en Alsace : élections, piège à con ?
Publié par unjouruneidee dans politique le 2013/04/07
La question s’est posée aujourd’hui : y aura-t-il assez de votants en Alsace pour que le résultat du référendum portant sur la fusion des administrations départementales et régionale soit valable (source : Le Monde).
Les règles de ce vote sont : il faut 50,01% des voix pour que le OUI l’emporte, ET que au moins 25% des électeurs inscrits aient voté.
Les estimations tournent autour de 29%. Imaginons que ces 29% d’électeurs inscrits votent à 60% pour et 40% contre. Le référendum serait donc positif. Imaginons que les "contre" aient fait campagne pour inciter à l’abstention au lieu du vote "non"…
Il n’y aurait eu que 29% x 60% = 17,4% de participants.
Et paf, le référendum tombe.
Donc, en partant d’une bonne idée (ne prendre en compte que les votes où il y a suffisamment de participants), on obtient un effet pervers non voulu (il est plus intéressant stratégiquement de ne pas voter que de voter contre).
Je résume : si le vote "pour" l’emporte, ce sera grâce aux électeurs qui se sont déplacés pour voter "contre".
Quand je vous dis que pour les élections, le système a une importance capitale !
(et on peut se demander à qui profite la complexité des systèmes électoraux actuels…)
2013-010 – L’animal social, c’est nous !
Publié par unjouruneidee dans éducation, livre, politique, sociologie le 2013/03/12
Je suis fan des études psychologiques qui révèlent à quel point nous ne contrôlons pas nos actes. Vous aussi ?
Il en est de graves, comme la fameuse expérience de Milgram.
Il en est de joyeuses, comme l’expérience de Ash.
Et une petite vidéo pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur les liens ci-dessus.
Si vous aimez cela, ce livre est exactement ce qu’il vous faut. Si vous n’aimez pas cela, vous devriez quand même y trouver un intérêt. Cool, non ?
Ce livre est basé sur plusieurs milliers de ces études. Mais au lieu d’un catalogue qui finirait par être ennuyeux, l’auteur David Brooks a eu l’excellente idée d’utiliser le principe de base du storytelling. Il a conçu l’histoire d’un couple, que nous suivons de leur naissance à leur mort, en passant par leur rencontre. Et ces deux personnes servent d’illustration à de nombreux principes psychologiques et sociologiques, voire philosophiques.
Bien sûr, nous ne parlons pas ici de principes fondamentaux, comme ont pu les poser Pierre Bourdieu ou Noam Chomsky. Ce livre devrait néanmoins vous éclairer sur de nombreux aspects de votre vie. Ce qui est déjà beaucoup, non ?
2013/01/26 – Inutile de passer à la semaine de 20h de travail : c’est déjà fait !
Publié par unjouruneidee dans économie, droit, politique, sociologie, vie quotidienne le 2013/01/26
Les économistes et les politiques qui prônent la réduction de la durée hebdomadaire de travail passent pour de doux rêveurs. Quel parti sérieux oserait dire que la semaine de 32h est une solution d’avenir ?
Ce qui est amusant, c’est que dans la réalité, la durée moyenne de travail hebdomadaire doit déjà être nettement inférieure à 32h. Si l’on prend en compte les contrats à temps partiel, les contrats intermittents et tous les sans-activités (chômeurs ou non), le temps moyen travaillé est forcément inférieur à 32h.
Bien sûr, cette moyenne cache une réalité où certains travaillent beaucoup (voire trop), et d’autres pas du tout. Ceux qui travaillent trop ne profitent pas de la vie. Ceux qui ne travaillent pas non plus.
Plutôt qu’une nouvelle réduction du temps de travail, c’est un nouveau partage du temps de travail qui s’impose.
Ça ne vous paraît pas évident ?